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Édition du 1er au 15 mars 2026

La société française au temps des colonies

Guerre du Tonkin, prise de Lang-Son (1885) (imagerie d'Épinal).
La société française au temps des colonies

Gilles Manceron : “1885, le tournant colonial de la République”

Lors du débat public de 2005 en France sur la question coloniale, on a souvent oublié que la République n’a jamais été vraiment unanime sur ce sujet. Ainsi, en 1885, quand certains républicains ont repris à leur compte l’idée monarchique de conquêtes coloniales, cela a donné lieu à des affrontements à la Chambre des députés à l’issue desquels le projet colonial ne s’est imposé que de justesse. D’où l’intérêt de relire les débats parlementaires de juillet et décembre 1885, lors du vote de crédits pour la poursuite de la conquête de Madagascar et de l’Indochine. Nous publions une partie de l’introduction de l’ouvrage de Gilles Manceron, 1885 : le tournant colonial de la République.

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La République française et la question coloniale : quelques dates clés (1792-1962)

Cette chronologie a été établie par l’historien Gilles Manceron, en annexe de l’ouvrage reproduisant le passionnant verbatim des débats parlementaires français de 1885, sous le titre 1885 : le tournant colonial de la République. Jules Ferry contre Georges Clemenceau, et autres affrontements parlementaires sur la conquête coloniale (Éditions La Découverte, 2006). Nous la reprenons sur ce site avec ‘accord de l’auteur et de l’éditeur.

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La société française au temps des colonies

Le 16 pluviose an II : la première abolition française de l’esclavage

Il a fallu attendre près de cinq ans après la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen pour que l’esclavage soit déclaré aboli par un décret de la Convention nationale, le 16 pluviose an II. Mais certaines colonies comme la Martinique et la Réunion n’en connurent aucune application et Napoléon rétablira l’esclavage en 1802. Il faudra attendre 1848 pour qu’un décret de la Deuxième République l’abolisse de nouveau. Selon les territoires, cette abolition sera parfois très lente, et des formes nouvelles, sous couvert d’« engagement », seront mises en place. Sans compter le travail forcé qui a été, en Afrique et à Madagascar, une forme d’esclavage.

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Des conquêtes louis-quatorziennes à l'expansion républicaine, les soldats de France apportent « progrès, civilisation, commerce » aux peuples coloniaux asiatiques, africains, maghrébins ou indiens.
La société française au temps des colonies

Le « parti colonial », par Charles-Robert Ageron

Dans les dernières années du XIXe siècle, les partisans de la « France des cinq parties du monde » se sont regroupés. Ils ont formé un « parti colonial » composé de députés, géographes, militaires, hommes d’affaires, qui a exercé une influence décisive et souvent occulte sur la politique française. Il fut l’une des forces agissantes de la IIIe puis de la IVe République. Cet article de Charles-Robert Ageron est paru dans Le temps des colonies, hors série de la revue L’Histoire, n° 11, en avril 2001.

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L’exposition coloniale de 1931, par Charles-Robert Ageron

Ce texte est le chapitre consacré à l’Exposition coloniale de 1931 dans le premier tome – La République – des Lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora, publié chez Gallimard en 1984. Il a été repris sur ce site en 2005, afin de rendre ce texte largement accessible, au moment où les problèmes de la mémoire coloniale étaient aux centre d’un large débat provoqué par la loi du 23 février 2005 qui incitait les enseignants à montrer les « aspects positifs de la colonisation1 » .

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La société française au temps des colonies

Ces zoos humains de la République coloniale

Comment cela a-t-il été possible ? Les Européens sont-ils capables de prendre la mesure de ce que révèlent les « zoos humains » de leur culture, de leurs mentalités, de leur inconscient et de leur psychisme collectif ? Double question alors que s’ouvre enfin, à Paris, au cœur du temple des arts – le Louvre -, la première grande exposition sur les arts premiers.2 Ci-dessous la première partie de l’article de Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire3, paru dans Le Monde Diplomatique d’août 2000.

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Esclavage et traite atlantique

En 2005, après la publication de la loi dite Taubira et celle du 23 février 2005 voulant inciter les enseignants à montrer les « aspects positifs de la colonisation », des polémiques ont éclaté à propos de l’esclavage et de sa qualification. Ci-dessous quelques rappels historiques. Ainsi qu’un article, dans Le Monde du 5 mars 2005, intitulé « Traite négrière : les détournements de l’histoire », publié par Olivier Pétré-Grenouilleau, professeur d’histoire à l’université de Lorient, membre de l’Institut universitaire de France.

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Le Code noir

Le Code noir est l’édit de Louis XIV « sur la police de l’Amérique française », préparé par Jean Baptiste Colbert (le « grand » Colbert) à partir de 1681, et signé par son fils Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, qui lui succède en mars 1685. C’est lui qui co-signera le Code noir en cette année 1685 qui est aussi l’année de la révocation de l’Édit de Nantes.

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Julien Chanoine
La société française au temps des colonies

La colonne infernale de Voulet-Chanoine

En 1899, deux officiers français, Paul Voulet et Julien Chanoine, un capitaine et son lieutenant, partirent avec leurs hommes à la conquête du Tchad, au cœur de l’Afrique. Leur colonne infernale a laissé une longue traînée de sang à travers le Niger actuel, pillant et massacrant tout sur son passage. Le ministère des colonies tenta de les arrêter, mais à Paris l’affaire en resta là. L’opinion admettait fort bien que la soumission de l’Afrique s’accompagnât de telles tueries. Articles publiés par Le Monde du 26 Septembre 1999.

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Onésime Reclus, inventeur du mot « francophonie » et militant de l’expansion coloniale

Onésime Reclus (1837-1916), est un géographe, tout comme son frère Elisée Reclus. Mais autant Elisée a été critique du colonialisme, autant Onésime en a été un défenseur. C’est sous sa plume qu’apparaît le mot « francophonie » vers 1880, dans le cadre de sa réflexion sur le destin colonial français. Cette notion lui paraissait être la meilleure réponse de la France au jeu des forces à l’œuvre dans le monde en cette fin du XIXe siècle, dans lequel le facteur linguistique était pour lui essentiel.4

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photo Dominique Hasselmann
La société française au temps des colonies

La « mission Marchand » et Fachoda

Les deux grandes nations européennes qu’étaient la France et la Grande-Bretagne étaient, à la fin du XIXe siècle, lancées toutes deux en Afrique dans des conquêtes prétendument civilisatrices. Elles faillirent se jeter l’une contre l’autre pour la possession d’une région que les conquérants avaient eux-mêmes décrite comme « un pays de marécages et de fièvres » (Robert Salisbury) ou comme « un pays peuplé par des singes et par des Noirs pires que des singes » (Gabriel Hanotaux). C’est l’épisode de la « mission Marchand » (Loango, juin 1896 – Djibouti, mai 1899).

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