
« Le Nègre est à peu près un homme comme les autres », Onésime Reclus (1926)
« La Géographie vivante » pour le cours préparatoire et le CM1, d’Onésime Reclus.

« La Géographie vivante » pour le cours préparatoire et le CM1, d’Onésime Reclus.

Dans les dernières années du XIXe siècle, les partisans de la « France des cinq parties du monde » se sont regroupés. Ils ont formé un « parti colonial » composé de députés, géographes, militaires, hommes d’affaires, qui a exercé une influence décisive et souvent occulte sur la politique française. Il fut l’une des forces agissantes de la IIIe puis de la IVe République. Cet article de Charles-Robert Ageron est paru dans Le temps des colonies, hors série de la revue L’Histoire, n° 11, en avril 2001.
Ce texte est le chapitre consacré à l’Exposition coloniale de 1931 dans le premier tome – La République – des Lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora, publié chez Gallimard en 1984. Il a été repris sur ce site en 2005, afin de rendre ce texte largement accessible, au moment où les problèmes de la mémoire coloniale étaient aux centre d’un large débat provoqué par la loi du 23 février 2005 qui incitait les enseignants à montrer les « aspects positifs de la colonisation1 » .

Comment cela a-t-il été possible ? Les Européens sont-ils capables de prendre la mesure de ce que révèlent les « zoos humains » de leur culture, de leurs mentalités, de leur inconscient et de leur psychisme collectif ? Double question alors que s’ouvre enfin, à Paris, au cœur du temple des arts – le Louvre -, la première grande exposition sur les arts premiers.2 Ci-dessous la première partie de l’article de Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire3, paru dans Le Monde Diplomatique d’août 2000.

En 2005, après la publication de la loi dite Taubira et celle du 23 février 2005 voulant inciter les enseignants à montrer les « aspects positifs de la colonisation », des polémiques ont éclaté à propos de l’esclavage et de sa qualification. Ci-dessous quelques rappels historiques. Ainsi qu’un article, dans Le Monde du 5 mars 2005, intitulé « Traite négrière : les détournements de l’histoire », publié par Olivier Pétré-Grenouilleau, professeur d’histoire à l’université de Lorient, membre de l’Institut universitaire de France.
Le Code noir est l’édit de Louis XIV « sur la police de l’Amérique française », préparé par Jean Baptiste Colbert (le « grand » Colbert) à partir de 1681, et signé par son fils Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, qui lui succède en mars 1685. C’est lui qui co-signera le Code noir en cette année 1685 qui est aussi l’année de la révocation de l’Édit de Nantes.

En 1899, deux officiers français, Paul Voulet et Julien Chanoine, un capitaine et son lieutenant, partirent avec leurs hommes à la conquête du Tchad, au cœur de l’Afrique. Leur colonne infernale a laissé une longue traînée de sang à travers le Niger actuel, pillant et massacrant tout sur son passage. Le ministère des colonies tenta de les arrêter, mais à Paris l’affaire en resta là. L’opinion admettait fort bien que la soumission de l’Afrique s’accompagnât de telles tueries. Articles publiés par Le Monde du 26 Septembre 1999.
Onésime Reclus (1837-1916), est un géographe, tout comme son frère Elisée Reclus. Mais autant Elisée a été critique du colonialisme, autant Onésime en a été un défenseur. C’est sous sa plume qu’apparaît le mot « francophonie » vers 1880, dans le cadre de sa réflexion sur le destin colonial français. Cette notion lui paraissait être la meilleure réponse de la France au jeu des forces à l’œuvre dans le monde en cette fin du XIXe siècle, dans lequel le facteur linguistique était pour lui essentiel.4

Les deux grandes nations européennes qu’étaient la France et la Grande-Bretagne étaient, à la fin du XIXe siècle, lancées toutes deux en Afrique dans des conquêtes prétendument civilisatrices. Elles faillirent se jeter l’une contre l’autre pour la possession d’une région que les conquérants avaient eux-mêmes décrite comme « un pays de marécages et de fièvres » (Robert Salisbury) ou comme « un pays peuplé par des singes et par des Noirs pires que des singes » (Gabriel Hanotaux). C’est l’épisode de la « mission Marchand » (Loango, juin 1896 – Djibouti, mai 1899).
L’empereur de Chine, Xianfeng, a abandonné Pékin aux troupes anglo-françaises qui, le 6 octobre 1860, envahissent sa résidence d’été, d’une beauté exceptionnelle, la saccagent, la dévastent. Ce pillage, qui marquera la seconde guerre de l’opium, indigne certains témoins occidentaux. Victor Hugo, lui, ne connaît cette « merveille du monde » qu’à travers le récit des voyageurs, mais, d’emblée, il prend le parti des civilisés, les Chinois, contre les barbares.5

La LDH a connu des débats internes sur la question coloniale, mais son congrès de 1931, l’année de l’exposition coloniale, a finalement prôné une « colonisation démocratique ». Attentive au respect des droits des individus, elle n’a pas pris en compte le droit collectif d’un peuple à disposer de lui-même. Nous reproduisons le texte sur ce sujet publié dans la brochure l’Exposition coloniale de 1931 – Le débat colonial de l’époque, publiée en 2002 par section Paris XII de la LDH.

L’exposition coloniale internationale de Paris, dans le Bois de Vincennes, en 1931, est restée dans les mémoires comme l’apothéose de la colonisation française. C’était une immense opération de propagande vivante en faveur de l’œuvre coloniale, à destination de la population de tous les âges, des adultes aux enfants des écoles. Nous reproduisons à son sujet un extrait de la brochure que la section Paris XII de la LDH a consacrée en 2002 à l’Exposition coloniale de 1931.