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Édition du 3 janvier au 15 janvier 2026

La société française au temps des colonies

La société française au temps des colonies

L’aide discrète de Simone Veil aux résistants algériens

A l’occasion de l’entrée, le 1er juillet 2018, de Simone Veil au Panthéon, de nombreux articles rappellent son passé de déportée et son action en faveur des droits des femmes. Mais peu mentionnent la manière dont, secrétaire générale de l’administration pénitentiaire sous l’autorité du ministre de la Justice Edmond Michelet de 1959 à 1961, elle a sauvé la vie de nombreux condamnés algériens et œuvré à de meilleures conditions de détention et de vie pour les détenus du FLN et les membres des réseaux de soutien à celui-ci dans les prisons françaises.

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La société française au temps des colonies

les souvenirs de la rencontre d’un libraire lyonnais avec Frantz Fanon

Le grand militant anticolonialiste et penseur du fait colonial qu’a été Frantz Fanon (1925-1961), né en Martinique, a vécu plusieurs années à Lyon au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il y a notamment rencontré en 1948 le libraire lyonnais Raymond Péju. A l’occasion de son récent décès, le 19 avril 2018, à Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), à l’âge de 93 ans, nous publions le récit qu’il avait fait de sa rencontre et de ses conversations avec Fanon, tel qu’il a été reproduit dans l’ouvrage « Ecrits sur l’aliénation et la liberté. Œuvres II » de Frantz Fanon, publié en 2015 par les éditions La Découverte.

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L’histoire de l’immigration algérienne au XXe siècle par Emmanuel Blanchard

L’historien et politiste Emmanuel Blanchard, auquel on doit notamment une importante étude sur « La Police parisienne et les Algériens, 1944-1962 » (Nouveau Monde, 2011) — qui replace la répression d’octobre 1961 dans une histoire plus longue —, publie une synthèse des plus nécessaires sur l’histoire de l’immigration algérienne en France au XXe siècle. Une immigration qui a commencé dans la période coloniale et s’est poursuivie au-delà. Outre la présentation de l’éditeur et la table des matières, on en lira ci-dessous l’introduction.

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Guillaume Duval : l’aventure coloniale, une honte pour le pays, un handicap pour son économie

La constitution du second empire colonial français au XIXe siècle avait pu donner l’illusion que la France avait acquis un rayonnement mondial. Il n’en est rien, et les Français ont aujourd’hui le sentiment d’un déclin ininterrompu de leur pays, par rapport à un « âge d’or » fantasmé. Dans un livre intitulé La France ne sera plus jamais une grande puissance ? Tant mieux !, publié aux éditions La Découverte, Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques, montre que ce déclin incontestable n’a pourtant rien de catastrophique : on peut vivre — et bien vivre — sans avoir besoin de s’imposer au reste du monde.

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La société française au temps des colonies

« L’école des colonies »,
de Didier Daeninckx

Dans son ouvrage, L’Ecole des colonies, Didier Daeninckx s’attaque au mythe des bienfaits de la colonisation en matière scolaire. Il répond aux questions : Qu’enseignait-on dans les écoles des colonies, en Algérie, en Afrique sub-saharienne, en Asie, aux Antilles, quand l’empire français s’étendait sur 11 millions de kilomètres carrés et comptait 48 millions d’habitants ? Quel était le pourcentage d’enfants indigènes scolarisés ? Que cherchait-on à former : des citoyens, une élite, de bons et loyaux serviteurs ? Les compte rendus de François Nadiras et de Séverine Kodjo-Grandvaux.

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Jaurès et le colonialisme,
par Gilles Candar

Jaurès a été contemporain de la période d’essor de la colonisation. Il l’a d’abord approuvée en adhérant au discours de Jules Ferry, puis l’a critiquée, d’abord avec mesure, puis de plus en plus catégoriquement. L’évolution de Jaurès face au colonialisme, de l’approbation à la critique, a été considérable. Comme le montre Gilles Candar, président de la Société d’études jaurésiennes et auteur de nombreux ouvrages à son sujet1, dans cet article de la revue Alternatives non-violentes.

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La société française au temps des colonies

Aimé Césaire :
“Discours sur le colonialisme” (1950)

Aimé Césaire, poète et homme politique, a été maire de Fort de France (1945-2001), et député de la Martinique (1945-1993) ; il a obtenu la départementalisation de la Martinique en 1946. Né en 1913 à la Martinique, il est mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. En dehors de ses œuvres d’écrivain, dont Cahier d’un retour au pays natal (1939), La tragédie du roi Christophe (1963), il a écrit en 1950 son important Discours sur le colonialisme. Nous en publions ci-dessous le début, précédé d’une lecture publique par Antoine Vitez en 1989 à Avignon.

[Mise en ligne le 23 mars 2005 – Le document audio a été mis à jour le 22 février 2017]
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Sur le chantier du Congo-Océan (1921-1934).
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Elikia M’Bokolo : « Le travail forcé, c’est de l’esclavage »

De la fin du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale, le travail forcé a été général sur le continent africain. Tous les colonisateurs l’ont imposé. En Afrique, existait un esclavage domestique, ainsi qu’un commerce plus large, en Angola et dans les îles, aussi bien du côté atlantique que du côté de l’océan Indien. Mais, à partir des années 1880, tous les colonisateurs européens développent le « travail forcé » qui est une variante de l’esclavage. Un phénomène dont on imagine mal l’ampleur. Nous publions l’entretien avec Elikia M’Bokolo, directeur d’études à l’EHESS, qu’a publié la revue L’Histoire en octobre 2005.

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Affiche pour l'exposition coloniale de 1931 (Milleret)
La société française au temps des colonies

La construction d’une certaine image
de l’Afrique
sur fond d’idéologie coloniale

Des débuts des conquêtes aux années 1990, l’idéologie coloniale, en particulier le discours missionnaire, contribuèrent à forger des représentations stéréotypées des Africains, inspirées des doctrines raciales européennes. Cette question est abordée dans la thèse de Sophie Pontzeele, « Burundi 1972/Rwanda 1994 : L’efficacité “dramatique” d’une reconstruction idéologique du passé par la presse ». Nous reproduisons le début de son premier chapitre, intitulé « Les représentations du continent africain en France, des débuts de la conquête coloniale aux années 1990 ».

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Guerre du Tonkin, prise de Lang-Son (1885) (imagerie d'Épinal).
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Gilles Manceron : “1885, le tournant colonial de la République”

Lors du débat public de 2005 en France sur la question coloniale, on a souvent oublié que la République n’a jamais été vraiment unanime sur ce sujet. Ainsi, en 1885, quand certains républicains ont repris à leur compte l’idée monarchique de conquêtes coloniales, cela a donné lieu à des affrontements à la Chambre des députés à l’issue desquels le projet colonial ne s’est imposé que de justesse. D’où l’intérêt de relire les débats parlementaires de juillet et décembre 1885, lors du vote de crédits pour la poursuite de la conquête de Madagascar et de l’Indochine. Nous publions une partie de l’introduction de l’ouvrage de Gilles Manceron, 1885 : le tournant colonial de la République.

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La République française et la question coloniale : quelques dates clés (1792-1962)

Cette chronologie a été établie par l’historien Gilles Manceron, en annexe de l’ouvrage reproduisant le passionnant verbatim des débats parlementaires français de 1885, sous le titre 1885 : le tournant colonial de la République. Jules Ferry contre Georges Clemenceau, et autres affrontements parlementaires sur la conquête coloniale (Éditions La Découverte, 2006). Nous la reprenons sur ce site avec ‘accord de l’auteur et de l’éditeur.

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Le 16 pluviose an II : la première abolition française de l’esclavage

Il a fallu attendre près de cinq ans après la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen pour que l’esclavage soit déclaré aboli par un décret de la Convention nationale, le 16 pluviose an II. Mais certaines colonies comme la Martinique et la Réunion n’en connurent aucune application et Napoléon rétablira l’esclavage en 1802. Il faudra attendre 1848 pour qu’un décret de la Deuxième République l’abolisse de nouveau. Selon les territoires, cette abolition sera parfois très lente, et des formes nouvelles, sous couvert d’« engagement », seront mises en place. Sans compter le travail forcé qui a été, en Afrique et à Madagascar, une forme d’esclavage.

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