Après la polémique provoquée par les démantèlements de campements roms décidé au cours de l’été 2010, on avait accueilli avec soulagement la déclaration du candidat François Hollande, dans sa lettre du 27 mars 2012 à Romeurope: «on ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution». La circulaire interministérielle du 26 août 2012 prévoyant de proposer une solution d’hébergement lors des expulsions semblait aller dans le même sens d’une prise en compte de l’aspect humain des problèmes.
Le bilan pour l’année 2012 montrant que près de 12 000 Roms avaient été évacués de campements illégaux, dont les deux tiers au second semestre, aurait dû nous alerter. D’autant plus que sur les 63 évacuations de sites réalisées entre juillet et fin décembre, seules 15 ont été accompagnées d’une solution partielle de relogement.
Aujourd’hui les mots nous manquent : nous apprenons en effet que le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a annoncé jeudi 14 mars la poursuite des démantèlements de camps de Roms : «Plus que jamais les démantèlements sont nécessaires et se poursuivront, il en va du respect de la loi et de la sécurité de leurs résidents», a-t-il déclaré dans une interview publiée jeudi 14 mars par Le Parisien/Aujourd’hui en France, ajoutant : «nous procéderons avec humanité» sans oublier, « quand c’est possible, l’accès à un logement … ».
Et comment le ministre justifie-t-il cette politique ? par le fait que, selon lui, « les occupants des campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution» …
[Mis en ligne le 15 mars 2013, mis à jour le 16]