La mémoire comme outil politique, par Benjamin Stora
Le questionnement de la France sur son passé colonial est à l’image des débats mémoriels qui se développent dans de nombreux pays. 1
Le questionnement de la France sur son passé colonial est à l’image des débats mémoriels qui se développent dans de nombreux pays. 1

En septembre 1857 fut écrasée en Inde la première grande insurrection contre un empire colonial européen : la révolte des cipayes, soldats indigènes, contre leurs chefs britanniques, porteurs des « valeurs » occidentales. Londres apprit à ses dépens que nulle force ne peut venir à bout de fondamentalismes religieux qui se nourrissent de l’occupation étrangère. Cette leçon n’a été entendue ni par les Etats-Unis ni par Israël. Ni même, paradoxalement, par M. Anthony Blair.
Cet article de William Dalrymple2, version abrégée d’un texte publié dans la New York Review of Books, est paru dans Le Monde diplomatique d’août 2007.

Des Hereros, on connaît surtout les coiffes exubérantes de leurs femmes et les couleurs vives des vêtements qu’elles arborent lors des fêtes. Mais peu de gens savent que ce peuple a subi un massacre au début du XX-ème siècle. Ce massacre est d’ailleurs considéré, à juste titre, comme « le premier génocide du siècle ». 3
Le 14 août 2004, lors d’une cérémonie marquant le centième anniversaire du soulèvement des Hereros contre leurs colons allemands, une ministre a présenté les excuses du gouvernement allemand pour ce massacre.
Tony Blair a condamné, lundi 27 novembre, la traite des Noirs et exprimé sa « profonde douleur » à son propos. Mais il n’est pas allé jusqu’à présenter des excuses pour le « rôle actif » que la Grande-Bretagne a joué dans le développement de l’esclavage avec ses ports et son industrie.

Pour mieux comprendre le cours tumultueux de l’histoire irlandaise, et en particulier l’origine du conflit nord-irlandais, il faut rappeler à quel point cette dernière a profondément été marquée, à partir des XVI-XVIIe siècle, par sa subordination coloniale à la Grande-Bretagne voisine. La politique de soumission brutale des catholiques et le peuplement de l’Ulster par des colons protestants commencent à semer les germes de la confrontation. La libération du Sud à l’issue de la guerre d’indépendance de 1919-1921 aboutit, l’année suivante, à la partition de l’île, le Nord, à majorité protestante et unioniste (favorable à l’union avec la Grande-Bretagne), restant sous suzeraineté britannique.

Le vent se lève, dernier film de Ken Loach, Palme d’Or au festival de Cannes 2006, aborde la question irlandaise à travers le destin de deux frères amenés à s’affronter4.

Pour la sixième fois consécutive, le Premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, a bravé hier l’interdit du sanctuaire de Yasukuni en y honorant autant ses morts que ses démons. En allant prier de nouveau dans ce haut lieu controversé du patriotisme nippon, il honore aussi les quatorze grands criminels de guerre qui y reposent aux côtés de plus de deux millions de Japonais morts pour le pays depuis 1868. Parmi les «quatorze de Yasukuni» figure le général Tojo, artisan des campagnes d’agression nippones en Asie, condamné et exécuté par les Alliés.5
[Publié le 16 août 2006 – mis à jour le 18 août 2006]
Cet article est paru le 16 juillet 2006 sur le site http://www.jeuneafrique.com/ avec l’intitulé «Le “fardeau de l’homme blanc” » se refait une jeunesse». Il a pour origine l’article The story peddled by imperial apologists is a poisonous fairytale publié dans le Guardian du 28 juin 2006.

Au même titre que les Français, les Belges se sont trouvés confrontés à la violence de leur passé colonial. Mais, alors qu’en France le débat est resté crispé, faussé par une tentative d’imposer des réponses par une loi affirmant le « côté positif » de la colonisation, il semble que les Belges ont mieux su regarder ce passé en face : ils lui ont donné une place dans un grand musée et ont ouvert un véritable débat à son sujet.
La plupart des illustrations de cette page sont des reproductions d’oeuvres de Tshibumba Kanda Matulu (TKM), artiste-peintre congolais qui a mystérieusement disparu au cours des années 80.

La Grande Bretagne est le pays qui a été le plus impliqué dans la traite des Noirs en Afrique. Dans le documentaire « L’Empire s’acquitte de sa dette», diffusé lundi dernier (le 15 août 2005) sur Channel 4, Robert Beckford invite le peuple britannique à faire le point sur cette période de son histoire.
Traduction d’un article du Guardian
datant du 15 août 2005.
Par Seumas Milne6
Article paru dans le Monde Diplomatique de mai 2005.

Alors que le débat se développe en France sur le « négationnisme colonial » 7,
des articles récents attirent l’attention sur quelques autres exemples de « négationnisme historique ».
[Page mise à jour le 15 mai 2005]