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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

le point sur l’affaire des crânes au musée

La chaîne France24 a diffusé le 28 septembre 2016 une émission consacrée à un chapitre relativement peu connu de la conquête coloniale de l’Algérie : l’histoire de combattants algériens fusillés, puis décapités au milieu du XIXème siècle pour avoir combattu la colonisation française.

Plus de 150 ans après leur mort, les crânes de ces résistants font partie des collections anthropologiques du Musée de l’Homme à Paris. Comment sont-ils arrivés là ? Seront-ils un jour rapatriés en Algérie, comme le demande une pétition qui a reçu près de 30 000 signatures venant des deux rives de la Méditerranée ? Gilles Manceron, historien de la colonisation, donne son point de vue.

[Mis en ligne le 30 septembre 2016, mis à jour le 1er octobre]

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nos ancêtres les Gaulois, selon Nicolas Sarkozy

« Nos ancêtres étaient les Gaulois », mais aussi « les tirailleurs musulmans morts à Monte Cassino », a dit Nicolas Sarkozy, samedi 24 septembre, lors d’un meeting à Perpignan, où il a rendu hommage aux harkis, des « Français musulmans morts pour notre drapeau ».

Il tentait ainsi de rattraper la déclaration qu’il avait faite quelques jours auparavant à Franconville : « Nous ne nous contenterons plus d’une intégration qui ne marche plus, nous exigerons l’assimilation. Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois. »

Bernard Girard montre ci-dessous que Nicolas Sarkozy n’est pas le seul.
Lecture complémentaire conseillée : nos ancêtres les Gaulois, par Suzanne Citron.

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à Oran, Fernand Iveton retrouve sa rue

Fernand Iveton avait 30 ans lorsqu’il a été condamné à mort pour avoir posé une bombe dans son usine à Alger, en 1956, deux ans après le début de la guerre de libération. Français d’Algérie anticolonialiste, délégué CGT, membre du Parti communiste algérien rallié au FLN, il voulait alerter l’opinion sans intention de tuer. L’explosif a été désamorcé, ne faisant ni dégât ni victime. Fernand Iveton a été guillotiné le matin du 11 février 1957, avec deux de ses camarades algériens, après une journée de procès sommaire et une demande de grâce rejetée par le président René Coty et François Mitterrand, alors garde des Sceaux.

On ignore les raisons qui ont incité les autorités municipales d’Oran à débaptiser la rue portant son nom en la renommant “rue du Chahid Bouachir Bouamer”, mais la réaction de protestation de la population a été vive. Finalement, sous la pression de jeunes citoyens, les autorités municipales d’Oran ont remis à sa place la plaque portant le nom de celui qui déclarait : «?Je ne suis pas musulman […] mais je suis algérien d’origine européenne?».

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Le Congrès de la Soummam s'est tenu ici, le 20 août 1956
Les mouvements nationalistes

2016, le colloque d’Akfadou sur le congrès de la Soummam

Il y a 60 ans, s’est tenu dans les montagnes de Kabylie le congrès de la Soummam, réunissant les principaux responsables de la guerre d’indépendance algérienne de l’intérieur du pays (la délégation du FLN au Caire n’étant pas venue). Ce fut un moment unique de réflexion sur la nation algérienne et la participation de ses différentes composantes à la lutte pour l’indépendance. Sur les modalités de cette lutte, il a affirmé en particulier la primauté du politique sur le militaire.

Les 25 et 26 août 2016, sur les lieux où s’est tenu ce congrès, un public nombreux et attentif a pris part à des échanges sereins mais passionnés sur une réunion importante dont les travaux ont eu tendance à être oubliés ensuite 1.
De nombreux médias algériens ont rendu compte du colloque 2.
Nous reproduisons ci-dessous l’article que lui a consacré le quotidien Liberté. 3

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Burkinis : le mauvais feuilleton de l’été va-t-il enfin s’arrêter ?

Le tribunal administratif de Toulon a suspendu le 29 août 2016, l’arrêté pris par le maire de la commune de Fréjus interdisant l’accès aux plages publiques et à la baignade à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité.

Ci-dessous, un compte-rendu de cette audience, suivi de déclarations de Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH.

[Mis en ligne le 1er septembre 2016, mis à jour le 4]

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Il y a 60 ans, le congrès de la Soummam

Les 25 et 26 août prochains : un colloque international consacré au Congrès de la Soummam est organisé par la commune d’Akfadou, sur le lieu où le congrès s’était tenu en 1956.

Ci-dessous, à la suite d’un article du Matin d’Algérie, présentant ce colloque, les résumés de leurs interventions que deux des historiens intervenants, Dalila Aït-El-Djoudi et Gilles Manceron, nous ont permis de reprendre.

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Le monument en hommage aux goumiers à Marseille (photo Robert Poulain)
Les « tirailleurs sénégalais »

soldats indigènes : devoir de mémoire ou de vérité ?

Chaque année, au mois d’août, la Provence célèbre sa libération de l’occupation nazie : il y a 72 ans, le 15 août 1944, une armée alliée forte de 350 000 hommes débarquait sur les plages du Var.

Nombre de villes et de villages rendent chaque année hommage à ceux qui les libérèrent. Pourtant, parmi ces libérateurs, certains sont rarement évoqués. Lors des célébrations, les soldats indigènes de l’armée française ne sont presque jamais représentés et leurs témoignages souvent ignorés. Ils représentaient la moitié des troupes françaises débarquées, mais ils eurent bien plus de tués et de blessés que leurs frères d’armes. Comment expliquer ces faits ?

Seule une investigation minutieuse dans les archives militaires peut apporter des éléments de réponse à ces questions complexes. L’article inédit ci-dessous rend compte d’un travail sur ce sujet. Son auteur, l’historien Grégoire Georges-Picot, a été, en 2003, l’un des commissaires de l’exposition Nos libérateurs -Toulon 1944 présentée au Musée d’Art de la ville. Ce site en a fait le compte-rendu.

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entre justice et raison d’État : les archives dans La bataille d’Einaudi

On peut être étonné de l’ignorance de beaucoup de jeunes adultes concernant l’histoire contemporaine de notre pays. Les plus âgés d’entre nous ont vécu cette période ; quant aux plus jeunes, ils en ont entendu parler à l’école. Entre les deux, de nombreux concitoyens ne peuvent faire le rapprochement entre l’immigration d’origine africaine ou maghrébine et la période coloniale de la France.

Le livre de Fabrice Riceputi, La bataille d’Einaudi, fait partie de cette catégorie d’ouvrages qui rappellent des épisodes relativement récents de notre histoire, qui sont mal connus.

Ci-dessous, la note de lecture de cet ouvrage publiée dans Archivistes !, revue de l’AAF – Association des archivistes français – ce qui, espérons-le, incitera à le lire.

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les crânes oubliés de la conquête de l’Algérie

La présence au Musée de l’homme de restes mortuaires d’Algériens qui avaient résisté à la conquête de leur pays par la France, commence à être connue. Une pétition demandant le retour en Algérie des dépouilles de ces combattants, a été signée par plus de 28 000 personnes de l’une ou l’autre des deux rives de la Méditerranée. La Ligue des droits de l’homme et d’autres associations soutiennent cette demande …

Mais, apparemment, côté gouvernements rien ne bouge.

Aidez-nous en signant et en diffusant la pétition autour de vous !
cliquez

Vous pouvez écouter un reportage audio de Anaëlle Verzaux et Rosa Moussaoui
sur ce sujet

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La résistance à Zaâtcha.
Les crânes d'Algériens au Musée de l'homme

“les crânes de résistants algériens” n’ont rien à faire au Musée de l’homme

Il y a quelques années, des restes mortuaires de résistants algériens du milieu du 19e siècle ont été retrouvés au Musée de l’homme à Paris. Depuis lors, la demande se fait jour de rapatrier ces dépouilles humaines en Algérie ; un collectif d’historiens et d’universitaires apporte son soutien dans une tribune, publiée dans Le Monde daté des 10 et 11 juillet, qui appelle au retour de ces restes en Algérie, ce qui permettrait de leur donner une sépulture digne, comme cela s’est fait pour les rebelles maori et pour les résistants kanak (Ataï).

La Ligue des droits de l’homme s’exprime de façon analogue dans un communiqué. Et vous pouvez vous joindre à ces soutiens en signant la pétition en ligne.

[Mise en ligne de la tribune le 10 juillet 2016 – mise à jour le 11]

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