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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Bugeaud, la grande répression de 1871 en Kabylie, célébrés dans les rues de Marseille

Marseille s’est développée au XIXème siècle en lien étroit avec l’essor de l’empire colonial français et plusieurs monuments le célèbrent encore aujourd’hui. Une exposition coloniale a eu lieu en 1906 avant celle organisée dans la capitale l’année suivante à l’Est du Bois de Vincennes. Une autre en 1922 de nouveau dans l’espace qui deviendrait le parc Chanot a précédé la grande exposition coloniale internationale de Paris en 1931. Cela a laissé dans la ville de nombreuses traces dans l’architecture et la toponymie. Nous reproduisons un article d’Alain Castan qui en relève quelques unes.

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Les méthodes de l'armée française

Paul Teitgen, Fernand Iveton
et la fable des tortionnaires
par Fabrice Riceputi

La revue « 20 & 21. Revue d’histoire » publie dans son numéro d’avril-juin 2019 un long article intitulé « Paul Teitgen et la torture pendant la guerre d’Algérie, une trahison républicaine ». Son auteur, Fabrice Riceputi, revient ici sur ce témoin capital des crimes de l’armée française durant la guerre d’Algérie, secrétaire général de la Préfecture d’Alger d’août 1956 à septembre 1957, qui fut confronté à la généralisation de la torture et des exécutions sommaires par l’armée française à ce moment. Il commente un extrait du film d’André Gazut, « Hommage au général Bollardière » qui présente, en 1974, le témoignage de Paul Teitgen.

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Foulard et voile

Pour la sociologue Zahra Ali
le rejet du foulard en France
dévoile
un héritage colonial inassumé

En France, le féminisme n’en finit pas de se déchirer sur la question du foulard islamique. La sociologue Zahra Ali, qui a milité en France contre l’exclusion des élèves portant le foulard, estime que, si on peut s’opposer au port du voile sans être raciste, son rejet dans ce pays montre que la laïcité est falsifiée par des positions racistes et islamophobes. Elle invite à un examen critique des féminismes musulmans, notion qui apparaît à tort comme un oxymore. Pour elle, il faut contextualiser, historiciser et rejeter les essentialismes. Une condition nécessaire à la création d’un féminisme international, anticapitaliste et pluriel.

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L'assassinat d'Henri Curiel

Une plaque a été apposée
à Paris
à la mémoire d’Henri Curiel

Le 25 avril 2019, à l’entrée de la rue Rollin, dans le 5e arrondissement de Paris, où Henri Curiel a été assassiné, une plaque a été apposée à sa mémoire. Son meurtre, le 4 mai 1978, a fait suite à une campagne de presse déclenchée par l’hebdomadaire « Le Point » sur le thème : « Henri Curiel, le patron des terroristes ». Ci-dessous l’intervention de son fils, Alain Gresh, lors de cette inauguration, et une émission de « France inter » de 2015 faisant état de la volonté de la famille de voir aboutir l’enquête, qui a été réouverte en janvier 2018.

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Portugal

L’exposition
« Refuser la guerre coloniale,
une histoire portugaise »

A la maison du Portugal de la Cité universitaire internationale de Paris a lieu une exposition sur l’engagement des années 1960 et 1970 contre les guerres coloniales menées par le Portugal en Guinée-Bissau, Angola et Mozambique. Elle traite de l’exil parisien des 200 000 Portugais déserteurs et insoumis à cette guerre. A propos d’un livre qui rend compte d’un acte de solidarité anticolonialiste, la sortie collective clandestine du Portugal, en 1961, d’une soixantaine d’étudiants des colonies portugaises, nous reproduisons le témoignage d’Albano Cordeiro.

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Racisme et islamophobie

Comme le montre l’historien
Pierre Serna,
c’est le XIXe siècle
qui a inventé
le racisme anti-noirs

Pour l’historien spécialiste de la Révolution française, Pierre Serna, c’est en contredisant l’œuvre de celle-ci, qui a aboli l’esclavage, que le XIXe siècle a « inventé » le Noir, pour le rabaisser racialement afin d’en rétablir et d’en étendre la servitude. Le rétablissement de l’esclavage en 1802 s’est accompagné d’un changement de regard sur les différentes catégories de population. Et c’est à ce moment qu’en France, une partie des savants ont accompagné les ambitions coloniales du moment en inventant, à partir de la noirceur de la peau, une nouvelle stigmatisation de l’Autre.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

L' »Encyclopédie de la colonisation française »,
un ouvrage de référence

L' »Encyclopédie de la colonisation française », que publie depuis 2016 les éditions « Les Indes savantes » est une entreprise ambitieuse puisqu’elle couvre une large période historique : des Croisades jusqu’à nos jours. Si, dès son premier volume, elle a annoncé qu’elle ne traite pas de la période post-coloniale, elle a néanmoins souligné que, dans la période que nous vivons, subsistent, au terme de l’ère des empires, de nombreuses séquelles de ces siècles qui ont profondément marqué la planète et dont l’histoire lointaine reste trop mal connue.

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

« A Mansourah, tu nous as séparés »,
un film de Dorothée Myriam Kellou

Pendant la guerre d’Algérie, 2 350 000 millions de personnes ont été déplacées par l’armée française et regroupées dans des camps. 1 175 000 ont été forcés de quitter leur lieu d’habitation déclaré « zone interdite » pour un espace contraint loin de leurs ressources. La cinéaste Dorothée-Myriam Kellou a recueilli auprès de son père, dans son village natal de Mansourah, ses souvenir de cette transplantation. Nous publions également un article à ce sujet de l’historien Michel Cornaton, auteur de « Les camps de regroupement de la guerre d’Algérie ».

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L'enseignement

Un projet pédagogique
autour du 17 octobre 1961

Au lycée des métiers René Cassin à Rive-de-Gier (Loire), une équipe pédagogique a impulsé pour les élèves de bac pro et de CAP un travail autour de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris. Une importante documentation a été rassemblée, films, livres et photographies. Sur cette base, les élèves ont réalisé un montage de photos et de textes et préparé de nombreuses questions destinées à une rencontre avec deux auteurs venus échanger avec eux, dont Marie-Odile Terrenoire, fille du ministre Louis Terrenoire, alors porte-parole du général de Gaulle au moment des faits.

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Le « maintien de l'ordre » en France

La répression en France en 2019 et le précédent de la guerre d’Algérie

Pour Fanny Layani, enseignante en lycée, doctorante en histoire à l’université Paris-I, les dispositifs policier et judiciaire à l’œuvre en France en 2019 contre les contestataires ne sont pas sans rappeler les méthodes utilisées pendant la guerre d’Algérie contre les indépendantistes. Dans un article publié dans l’hebdomadaire « Politis », elle pointe que des mesures liberticides comparables à celles prises pendant la guerre d’Algérie visent désormais, de ce côté de la Méditerranée, tout mouvement social, dont celui des gilets jaunes.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

L’indigénat et son application en Nouvelle-Calédonie,
par Isabelle Merle
et Adrian Muckle

Une historienne et un historien de la colonisation spécialistes de l’histoire du Pacifique et plus particulièrement de la Nouvelle-Calédonie, Isabelle Merle et Adrian Muckle, ont publié un livre important qui offre, pour la première fois, une histoire du régime de l’indigénat sur la longue durée. Depuis ses origines les plus lointaines dans l’Algérie de la conquête jusqu’aux héritages les plus contemporains en Nouvelle-Calédonie, l’ouvrage débouche sur une réflexion sur l’exception coloniale à travers l’histoire singulière de la Nouvelle-Calédonie dont la mémoire continue de hanter les débats contemporains.

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Le travail forcé dans les colonies

la reconnaissance du travail forcé dans l’empire colonial

Dans une tribune publiée par « Le Monde », le 11 avril 2019, intitulée « Le travail forcé colonial dans l’empire français doit être reconnu comme un crime contre l’humanité », Olivier Le Cour Grandmaison, politiste, et Aminata Traoré, ancienne ministre de la culture malienne, rappellent l’extraordinaire brutalité des grandes compagnies et de l’administration coloniale dans l’empire français. Légitimé et défendu, sous la IIIe République, par de nombreux responsables politiques, juristes et professeurs d’université, le travail forcé n’a été aboli que le 11 avril 1946. Nous reproduisons également l’article publié par le premier de ces auteurs pour les 70 ans de cette abolition.

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