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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

L'enseignement

Enseigner les traites, les esclavages,
les abolitions et leurs héritages
Un regard sur les pratiques scolaires
dans le monde

L’histoire des traites, esclavages, abolitions et de leurs héritages est trop mal connue. La demande sociale est pourtant forte et de grandes enquêtes scientifiques éclairent les questions d’aujourd’hui autour de la construction des identités politiques et des discriminations. Mais beaucoup reste à faire car les avancées de l’histoire scolaire ne sont jamais acquises. Enseigner les traites, les esclavages, les abolitions et leurs héritages, publié en janvier 2021 aux éditions Karthala, offre un tour d’horizon international sur les programmes scolaires et les pratiques pédagogiques de l’école élémentaire au lycée, en Afrique, en Amériques et en Europe. De nombreux retours d’expérience et des propositions pédagogiques pluridisciplinaires enracinées dans la recherche sont présentées. Un livre qui s’adresse aux spécialistes de l’école ainsi qu’à un large public intéressé par le croisement des regards sur les représentations de l’esclavage dans le monde. Ci-dessous l’introduction et la table des matières.

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Maroc

1925, Maroc, Guerre du Rif
Pétain et Franco s’allient contre Abd El Krim
par Alain Ruscio

Le Rif, à l’extrême nord du Maroc, a toujours été un pays rebelle à l’égard des autorités. Mohammed ben Abdelkrim El-Khattabi, couramment appelé Abd el Krim, un Rifain issu d’une grande famille vivant dans la partie espagnole du Maroc, leva en 1921 l’étendard de la révolte contre l’occupant espagnol et lui infligea des défaites. En avril 1925, les troupes d’Abd el Krim devenant menaçantes pour le Maroc français, la France y envoie un corps expéditionnaire. C’est l’occasion pour le maréchal Pétain de rencontrer pour la première fois Franco, puis d’en être nommé commandant en chef, ce qui provoque la démission de Lyautey qu’une forte inimitié opposait à Pétain. En mai 1926, Abd el Krim est vaincu. Mais son combat est la préfiguration des luttes d’indépendance du Maghreb d’après la Seconde Guerre mondiale, qu’il soutiendra jusqu’à sa mort au Caire en 1963.

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Le racisme postcolonial

L’histoire des immigrations postcoloniales
et de leurs luttes
éclairée par d’importants travaux

Le mouvement antiraciste du printemps 2020, avec l’irruption de ce qu’on a appelé « la génération Adama », a suscité de nombreux articles de chercheurs et chercheuses montrant que ce mouvement populaire, loin d’être une « importation américaine », est l’héritier direct d’une histoire importante mais largement ignorée. L’histoire et la sociologie des immigrations postcoloniales en France, particulièrement celles des luttes antiracistes menées en leur sein, longtemps quasi inexistantes ou bien faites uniquement du point de vue des politiques migratoires et toujours très peu enseignées, ont pourtant fait l’objet, depuis la révolte des quartiers populaires de 2005, de travaux importants. Nous présentons ici quelques unes de ces publications, toutes disponibles en ligne, qui mettent en lumières trois temps forts principaux : 1973, 1983 et 2005.

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1945-1962

Harkis : une mémoire à vif
par Rachida El Azzouzi, Fatima Besnaci-Lancou
et Gilles Manceron

Le terme de harki désigne deux réalités : les supplétifs recrutés par l’armée française durant la guerre d’Algérie, sous différents noms qui ont laissé place à la désignation générique de harki ; et le groupe social, dont la plus grande partie était composée de femmes et d’enfants, qui ont été transportés en France en raison des violences qui les menaçaient lors de l’indépendance. De part et d’autre de la Méditerranée, leur histoire complexe n’a cessé de faire l’objet d’instrumentalisations, de mensonges et d’anathèmes. Pour Mediapart Rachida El Azzouzi a abordé la mémoire à vif liée à cette histoire dans une émission réunissant Fatima Besnaci-Lancou – qui a quitté enfant l’Algérie en 1962 et a partagé la relégation scandaleuse de ce groupe social dans la France postcoloniale, et est devenue historienne -, et Gilles Manceron, dont nous reproduisons un article sur le sort de ces Algériens plongés dans la violence de la colonisation et de ses suites.

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Le racisme postcolonial

La race tue deux fois,
par Rachida Brahim

La race tue deux fois, à paraître en janvier 2021 aux éditions Syllepse, fait l’histoire des crimes racistes postcoloniaux en France jusqu’en 2000. Il met au jour ce « long désastre qui sait taire sa source » et dont l’occultation à peu près complète permet un déni officiel persistant, comme l’actualité récente l’a montré. De la grande vague de violence de 1973 dans le sud de la France aux crimes policiers des années 1990 en passant par les crimes racistes jalonnant les années 1980, l’ouvrage de Rachida Brahim, issu d’une base de données de plus de 700 cas, nous invite à prendre la mesure de cette histoire à l’heure où le racisme institutionnel et l’action de la police continuent chaque année à être à l’origine de nombreux morts. Nous en publions ici l’introduction, la table des matières ainsi que le film de trois minutes où elle présente sa thèse.

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Racisme et islamophobie

Insultes racistes.
La persistance de l’impensé colonial

Le livre d’Alain Ruscio, Des racines coloniales du racisme « à la française ». Petit dictionnaire des insultes racistes, est une plongée dans les mots qui remontent à la période coloniale où la dévalorisation des êtres à la peau noire, brune ou jaune mena à des comparaisons insultantes. Les Maghrébins étaient des « bicots », des « crouïats », des « troncs »…, les Noirs des « négros », des « bamboulas », des « chocolats »…, les Indochinois des « nha-qués »… Parfois, des mots migraient : ainsi, « bougnoules » passa des Noirs aux Maghrébins. Ci-dessous, l’article que Roland Laffitte, président de la Société d’études linguistiques et étymologiques françaises et arabes (Selefa), a consacré à cet ouvrage dans la revue en ligne Orient XXI.

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L'accès aux archives coloniales

Hommage à Brigitte Lainé (1942-2018)
par Philippe Grand

L’archiviste et historienne de l’art Brigitte Lainé est morte le 2 novembre 2018. Philippe Grand fut durant des décennies son collègue aux Archives de Paris et son ami. Il fut aussi celui qui témoigna en 1999 avec elle, contre Maurice Papon et pour Jean-Luc Einaudi, de ce que contenaient les archives sur le 17 octobre 1961. Tous deux contribuèrent ainsi à faire admettre à la Justice que la police parisienne commit alors un massacre de manifestants algériens. Ils subirent pour cela de lourdes sanctions déguisées pendant six ans. A ce jour, l’injustice manifeste dont ils furent les victimes n’est toujours pas officiellement reconnue et réparée. Dans cette notice destinée à une publication de l’Ecole des Chartes, Philippe Grand rappelle quelle archiviste exceptionnelle et quelle citoyenne exemplaire fut Brigitte Lainé.

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Réconciliation et réparations

Le Prix Audin de mathématiques
remis le 16 décembre 2020
simultanément en France et en Algérie

Le Prix Audin de mathématiques a été remis le 16 décembre 2020 en France et en Algérie à quatre jeunes chercheurs des deux pays. Diffusée en visioconférence en raison du contexte sanitaire, la cérémonie a été animée par la directrice de l’Institut Henri Poincaré de mathématiques et présidente du jury, Sylvie Benzoni. Ci-dessous le communiqué commun de l’Association Josette et Maurice Audin, de la Société mathématique de France et de la Société des mathématiques appliquées et industrielles, ainsi que les interventions lors de cette remise de Cédric Villani, ancien directeur de l’Institut Henri Poincaré, ancien président du jury du Prix Audin et député, et de Pierre Audin, fils de Josette et Maurice Audin. Nous y ajoutons le texte où l’écrivaine algérienne de France Leila Sebbar a rendu hommage à Josette Audin, qu’elle a eu comme professeure de mathématiques au lycée du quartier de Kouba à Alger durant la guerre d’indépendance.

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

Continuités algériennes
À propos du livre de Neil MacMaster,
« La guerre dans les djebels »

Le sociologue et historien algérien Aïssa Kadri a publié dans El Watan, le 15 décembre 2020, un article présentant le livre de Neil MacMaster, La Guerre dans les djebels. Société paysanne et contre-insurrection en Algérie (1918-1958), que nous reproduisons ci-dessous. Selon lui, l’historien britannique Neil MacMaster a publié un ouvrage important, novateur par sa perspective d’approche, original par les faits et les données d’analyse de nouvelles archives récemment ouvertes, stimulant par la thèse centrale qui consiste à explorer les profondes continuités de l’histoire algérienne, afin de comprendre les séquences historiques passées, particulièrement la guerre de Libération nationale, voire le présent. Un ouvrage majeur qui réinterroge et renouvelle les approches socio-historiques sur la guerre d’Algérie.

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La société française au temps des colonies

L’école aux colonies,
par Carole Reynaud-Paligot

La volonté de « civiliser » les populations colonisées grâce à l’école fut hautement proclamée par les colonisateurs français, mais qu’en fut-il réellement ? Alors que certains mobilisent encore parfois la légende d’un apport scolaire « positif » dans le bilan colonial d’une République française « institutrice de l’humanité en retard », dans L’école aux colonies Carole Reynaud-Paligot révèle la pratique quotidienne de l’administration coloniale. Elle expose aussi les mobiles et la mise en pratique du projet éducatif, l’entêtement d’une partie des acteurs politiques à maintenir coûte que coûte un enseignement différencié et à priver les colonisés d’une culture émancipatrice, ainsi que les stratégies de résistance, de contournement de la part des colonisés. Son étude embrasse la totalité de l’empire colonial français, de la Restauration à 1940. Nous en publions l’introduction et la table des matières.

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Afrique subsaharienne et océan Indien

Le régime de Vichy face aux sociétés coloniales

Avec le développement des études sur le fait colonial, des travaux ont commencé à porter sur la politique outre-mer du régime de Vichy. Edenz Maurice et Raberh Achi y ont consacré un dossier dans la revue Genèses qui montre que la défense de l’empire colonial fut une de ses obsessions. Le contrôle des colonies dites « loyales » — Algérie, Afrique-Occidentale française, Guadeloupe, Guyane, Indochine, La Réunion, Madagascar, Martinique, Saint-Pierre-et-Miquelon — lui servait à préserver, malgré la défaite, le mythe de la puissance française. Et, à l’abri des pressions allemandes, il y a appliqué ses mesures discriminatoires avec une plus grande célérité qu’en métropole, même quand le nombre de personnes visées était parfois minime. Le « vichysme colonial » renseigne aussi bien sur le fait colonial que sur les fondements racistes du régime de Vichy.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

En Kanaky Nouvelle-Calédonie
le pouvoir colonial joue la tension

Une mobilisation massive est en cours en Kanaky Nouvelle-Calédonie sur le sort de l’usine Vale, dite usine du Sud. La multinationale brésilienne Vale a mis l’usine en vente et a annoncé le 9 décembre, l’avoir cédée au consortium Prony Ressources, contrôlé en partie par le courtier suisse Trafigura. C’est la souveraineté du peuple de ce territoire sur ses ressources minières qui est en cause. Or le pouvoir colonial joue la tension et répond par la répression. Il a été violemment mis en cause par le Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS, indépendantiste), mais aussi par l’Instance coutumière autochtone de négociation (Ican). En solidarité avec les protestations en cours en Kanaky Nouvelle-Calédonie, l’Association Information et Soutien aux Droits du Peuple Kanak (AISDPK) organise un rassemblement statique à Paris le mercredi 16 décembre.

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