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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

La reconnaissance du passé colonial

Le 11 juin 2021
nouvel hommage à Josette et Maurice Audin
au cimetière du Père-Lachaise

Comme l’année précédente, un hommage a été organisé le 11 juin 2021 devant le cénotaphe de Maurice Audin au cimetière du Père-Lachaise à Paris. C’est le seul monument érigé en France à la mémoire d’un militant de l’indépendance algérienne. Maurice Audin a été arrêté à Alger le 11 juin 1957 par des militaires français et le président de la République, Emmanuel Macron, a reconnu le 13 septembre 2018 que ceux-ci l’avaient assassiné. Ce cénotaphe a été inauguré en juin 2019, après la dispersion des cendres de son épouse, Josette Audin, décédée le 2 février 2019. Le président de l’Association Josette et Maurice Audin, Pierre Mansat, a fait le point sur ses efforts pour l’ouverture des archives et sur les risques que comporte la nouvelle loi qui risque d’être adoptée à la va-vite en juillet 2021.

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La reconnaissance du passé colonial

Le rapport de Benjamin Stora
sur la mémoire de la guerre d’Algérie
provoque de riches débats
en France et en Algérie

Les autorités algériennes n’ont toujours pas réagi officiellement au rapport Stora sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie, et le membre du cabinet du président Tebboune que celui-ci a chargé de lui remettre un rapport de son côté ne l’a toujours pas rendu public ni peut-être même rédigé. Mais, en Algérie comme en France, le rapport Stora suscite réflexions et commentaires. Ci-dessous, le texte d’un universitaire algérien, Mouloud Hedir, qui le considère comme le point de départ d’un débat qui rassemble toutes les bonnes volontés en Algérie. Il souhaite par ses propres commentaires faire la jonction avec ceux qui, en France, travaillent dans la même direction. Ci-dessous aussi une émission de France culture où Benjamin Stora revient sur son rapport.

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Musées et créations contemporaines

“Des hommes »
un film de Lucas Belvaux
inspiré du livre de Laurent Mauvignier

Comme le montre l’interview croisé – dont nous reprenons des extraits – réalisé par le journaliste de Politis Christophe Kantcheff réunissant l’historienne Raphaëlle Branche, autrice du livre Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?, et le cinéaste Lucas Belvaux, qui a adapté le roman Des hommes de Laurent Mauvignier, ce film tout en faisant apparaître les traumatismes laissés chez les appelés par les horreurs de la guerre d’Algérie, montre aussi qu’ils y ont survécu différemment selon leurs personnalités et aussi leurs relations familiales. Plutôt que de parler du silence des appelés après la fin du conflit, l’historienne comme le cinéaste préfèrent souligner les « demi-dire » d’hommes que, bien souvent, leur environnement n’a pas souhaité entendre.

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La reconnaissance du passé colonial

“L’invention de l’Afrique”,
par Valentin-Yves Mudimbe
un classique enfin traduit en français

C’est un ouvrage pionnier lors de sa parution 1988 aux Etats-Unis, devenu un classique des études africaines et décoloniales. L’Invention de l’Afrique est souvent comparé à L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident (1978) d’Eward Saïd. Philosophe, poète et romancier congolais exilé aux Etats-Unis, Valentin-Yves Mudimbe y enquête sur les fondements du discours colonial présentant l’Afrique comme un monde primitif et hors de l’histoire. Comme le souligne un article du Monde que nous publions ici, cette traduction parait aux éditions Présence africaine alors qu’est engagé en France un débat sur ce qu’est ou ce que peut être une « pensée décoloniale». Ci dessous aussi, une émission que lui a consacré « La grande table » de France Culture.

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Autres colonialismes

Reconnaissant avoir commis un génocide
en Namibie il y a plus d’un siècle,
l’Allemagne demande pardon
aux descendants des victimes

Le 28 mai 2021, soit un peu plus d’un siècle après les faits, l’Allemagne a pour la première fois qualifié de « génocide » les massacres de 65 000 Hétéros et de 10 000 Namas, entre 1904 et 1908, dans son ancienne colonie du Sud-Ouest africain allemand, dont le territoire correspond à l’actuelle Namibie. « A la lumière de la responsabilité historique et morale de l’Allemagne, nous allons demander pardon à la Namibie et aux descendants des victimes », a déclaré le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas. Un traité de réconciliation entre les deux pays devrait être ratifié par le Bundestag avant les élections législatives du 26 septembre 2021. Dans son « contrat de coalition », le gouvernement de Angela Merkel s’était engagé en 2018 à « travailler sur le passé colonial du pays ».

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1881-1944

Un livre de Christian Phéline
souligne l’importance de
de la journée du 2 août 1936 à Alger

Le livre de Christian Phéline, La Terre, l’Etoile, le Couteau, publié en Algérie par les éditions Chihab et en France par les éditions du Croquant, a le mérite de montrer l’importance de la journée du 2 août 1936 à Alger marquée notamment par le retour en Algérie du leader du mouvement indépendantiste, l’Etoile Nord-Africaine, Messali Hadj. C’est la journée où le Congrès musulman algérien, dont l’Etoile ne fait pas partie, organise un grand rassemblement au stade municipal à Belcourt, où Messali se rend cependant et parvient à recueillir un vif succès populaire sur une orientation en faveur de l’indépendance s’opposant à celle du « rattachement à la France » prônée par les organisateurs. Ci-dessous deux entretiens parus dans des médias algériens. Mais reste à souligner et à approfondir la manière dont le mouvement indépendantiste algérien, qui s’est construit dans l’émigration en France de 1923 à 1936, a conduit à ce moment essentiel.

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Algérie

Octobre 1956 : un acte de piratage aérien
commis par la France
au mépris du droit international

L’interception d’un avion de la compagnie Ryanair, le 23 mai 2021, par la Biélorussie alors qu’il se dirigeait vers la Lituanie en survolant son territoire, afin d’arrêter le journaliste et opposant Roman Protassevitch qui se trouvait à son bord, a provoqué une large condamnation internationale. Mais on a oublié que cette pratique avait été employée en octobre 1956, lors de la guerre d’Algérie, par l’armée française et les militaires jusqu’au-boutistes de la guerre coloniale. Ci-dessous un article de Chloé Leprince publié sur le site de France culture qui le rappelle opportunément. Nous y ajoutons quelques précisions, fondées notamment sur le témoignage d’Hocine Aït-Ahmed, qui a relaté comment l’arraisonnement de cet avion dont le vol ne pénétrait pas dans l’espace aérien français avait été rendu possible.

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La reconnaissance de l'esclavage

Le passé esclavagiste de Bordeaux
mis en lumière,
une étape dans le long combat pour
la mémoire de l’esclavage

Avec un important retard sur la ville de Nantes, cente-cinquante-trois ans après l’abolition de l’esclavage, Bordeaux cherche un moyen de renouer avec sa mémoire. Des chercheurs ont mis en ligne une base de données recensant les noms d’anciens esclavagistes et les indemnités, parfois considérables, auxquelles ils ont eu droit lors de l’abolition. On y retrouve les noms de familles bordelaises connues, comme Gradis, Balguerie ou Journu. L’équipe du maire envisage de créer un lieu de mémoire dont l’emplacement n’est pas encore défini, qui implique un long travail avec des historiens, des archivistes et des associations, et qui devrait voir le jour avant la fin de son mandat.

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Maroc

Un livre important sur la médecine
coloniale au Maroc

La médecine moderne aurait été introduite au Maroc par le colonisateur français et serait une conséquence positive de la colonisation. Dans un livre récemment publié par la maison d’édition marocaine En toutes lettres, Médecine et colonialisme au Maroc sous protectorat français, le médecin Reda Sadiki revient sur ce postulat bien ancré pour interroger les liens entre médecine et colonialisme. Il démontre, historiographie à l’appui, que la médecine a en fait été un instrument consubstantiel de la politique coloniale et qu’il y a eu non pas un apport à sens unique, mais un ensemble d’interactions et d’échanges qui ont nourri la médecine mondiale.

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Les nostalgiques de la colonisation

Le groupe néomaccarthyste
intitulé « Observatoire du décolonialisme »
dispense une haine tous azimuts
déguisée en défense de la liberté

Le groupe intitulé « Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires » prétend « lutter contre la promotion de l’antisémitisme, du sexisme et du racisme par la pseudo-science et pour défendre les principes qui dépendent de l’Université : la langue, l’école et la laïcité ». En réalité, il s’agit d’un groupe néomaccarthyste, défenseur du colonialisme et du racisme, qui détourne en s’en prévalant les notions de liberté, de laïcité, d’éducation et de rigueur scientifique. Allié au « Printemps républicain », « Vigilance université » et autre « Vigilance collèges et lycées », il s’en prend à la liberté de la recherche et tout particulièrement à certains chercheurs qui ont travaillé sur l’antisémitisme et qui combattent aussi l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de sexisme. Comme le sénateur McCarthy, ils choisissent des cibles qu’ils diffament et dénigrent. C’est la cas en particulier du politiste Alain Policar et du sociologue Michel Wieviorka.

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La société française au temps des colonies

L’Exposition coloniale de 1931
apogée du discours colonial,
par Alain Ruscio

Il y a 90 ans, en mai 1931, s’est ouverte l’Exposition coloniale internationale de Paris qui a connu, jusqu’en novembre, un nombre exceptionnel de visiteurs. Plus de 33 millions de billets ont été vendus et on estime qu’il y eut quelque 8 millions de visiteurs. Le délégué général de l’Exposition, Marcel Olivier, en a tiré un bilan enthousiaste : « En six mois, l’idée coloniale a gagné plus de terrain qu’elle n’en avait gagné en cinquante ans » et le ministre des Colonies, Paul Reynaud, a déclaré : « L’opinion publique d’après l’Exposition coloniale ne sera pas l’opinion publique d’avant ». Les quelques contestations venant de colonisés, des « Anamites », ont été étouffées et celles émanant des communistes et des surréalistes sont restées marginales par rapport au grand succès populaire de cette œuvre efficace de propagande coloniale.

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Sénégal

Le parcours du militant sénégalais
Omar Diop Blondin
et la demande de vérité sur sa mort

Omar Blondin Diop, jeune philosophe sénégalais de gauche, participant actif du mouvement de Mai 68 à Paris et à l’université de Nanterre, était devenu à son retour au Sénégal un opposant au régime du président Léopold Sédar Senghor. Il a été arrêté et incarcéré dans une prison de l’île de Gorée où il a été retrouvé mort en détention le 11 mai 1973. Depuis près d’un demi-siècle, de nombreuses voix au Sénégal contestent la version officielle de son suicide et dénoncent son assassinat. Ci-dessous un article de Florian Bobin qui restitue son parcours de militant dans cette période marquée par de nombreux mouvements révolutionnaires dans le monde. Et la tribune qu’à la veille du 48ème anniversaire de sa mort, le même auteur a publiée dans le quotidien Le Monde, qui appelle à la réouverture du « dossier Omar Blondin Diop ».

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