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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

les harkis, qui étaient-ils ?

« Les harkis étaient ces supplétifs de l’armée française qui avaient choisi de se battre avec elle contre les nationalistes algériens. A la fin de la guerre, la France les a abandonnés. En Algérie, ils furent l’objet de massacres, les familles des combattants n’étant pas épargnées. Ceux qui avaient gagné la France furent traités en parias, abandonnés dans des sortes de camps d’internement, sans le moindre soutien économique ou social. Ils ont été marginalisés, frappés d’ostracisme, victimes du racisme, comme si la France les reniait, en avait honte, après les avoir utilisés. » 1

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Dessin de Letuaire.
1881-1944

Le refus de la citoyenneté

La situation imposée aux Algériens au temps de la colonisation française était la suivante : devenir citoyen français, c’était remettre en question son appartenance religieuse. Ce refus de citoyenneté (qui

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La société française au temps des colonies

La colonisation française dans le manuel de Malet et Isaac de 1961

Le discours tenu sur la constitution de l’empire colonial dans le manuel d’histoire le plus utilisé dans les collèges et les lycées de France en 1961, le Cours de Malet et Isaac intitulé « La naissance du monde moderne » est peu différent de celui des manuels de la IIIe République. Cela bien que l’on soit depuis 1945 dans l’ère de l’émancipation des colonies et que l’empire colonial français est en passe de se disloquer.

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La société française au temps des colonies

Quelques réflexions sur les colonies et le colonialisme

Le fait colonial a été perçu et défini très différemment du XIXe au XXIe siècle. Dans son Dictionnaire des idées reçues, Gustave Flaubert donnait comme définition du mot « colonies » : « S’attrister quand on en parle ». Ernest Lavisse a fait l’éloge du colonialisme, Kateb Yacine l’a dénoncé. Raoul Girardet et Jean Sprecher, qui ont vécu dans l’Algérie coloniale, le premier partisan alors de l’Algérie française, le second « libéral » et favorable à l’indépendance, ont réfléchi, plus tard, sur cette idéologie. Au XXIe siècle, des historiens comme Marc Ferro et Gilles Manceron se sont efforcé d’en donner des définitions.

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Les pieds-noirs, constructions identitaires et réinvention des origines, par Jean-Jacques Jordi

Le peuplement de l’“Algérie française” s’est fait par assimilation de populations venues de toute l’Europe : des Allemands, des Suisses appelés par la puissance coloniale, des Espagnols, des Italiens s’installant sans avoir été sollicités…, tous ayant bénéficié des naturalisations, tous s’étant fortement enracinés. Si le “rapatriement” a d’abord créé une seule communauté de destin, le culte du souvenir, chez les pieds-noirs, dépasse désormais l’Algérie pour redécouvrir les origines “anté-algériennes” et la diversité d’une société qui fut multiculturelle.

par Jean-Jacques Jordi, historien, UMR-Telemme, Maison méditerranéenne des sciences de l’homme

[ Hommes et Migrations, n°1236, mars-avril 2002 ]

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