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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

1945-1962

Décès à Alger de Juliette Acampora,
« Algérienne » et non pas « amie de l’Algérie »

La combattante pour l’indépendance de l’Algérie Juliette Acampora, veuve de Georges Acampora, tous deux militants du PCA/Combattants de la Libération dans les années 1955-1957, est morte le 14 avril 2022, à l’âge de 92 ans, à Alger où elle avait toujours vécu. Une dépêche de l’Agence Algérie Presse Service la qualifie d’« amie de la Révolution algérienne ». Ne faudrait-il pas plutôt la désigner comme « Algérienne » puisqu’elle faisait partie de ces femmes et hommes d’origine européenne qui ont combattu au péril de leur vie pour l’indépendance de l’Algérie et contribué à l’avènement d’une Algérie indépendante ? Nous lui associons ci-dessous le souvenir de son mari, celui d’une autre militante de la guerre d’indépendance restée toute sa vie en Algérie, Annie Steiner, décédée il y a un an ; l’hommage rendu au cimetière chrétien d’Alger au patriote algérien Henri Maillot, tué par l’armée française, et un article qui demande justice pour le jeune Pierre Ghenassia, patriote algérien issu d’une famille juive de Ténès.

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La reconnaissance du passé colonial

Malika Rahal et Fabrice Riceputi :
« le travail se poursuit
sur les disparus de la guerre d’Algérie
du fait des forces de l’ordre françaises »

L’historienne Malika Rahal, Grand Prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois 2022, directrice de l’Institut d’histoire du temps présent et autrice notamment d’une biographie d’Ali Boumendjel (La Découverte, poche), et l’historien Fabrice Riceputi ont effectué en novembre 2022 un séjour en Algérie pour poursuivre leurs recherches sur les disparitions forcées durant la guerre d’indépendance du fait des forces de l’ordre françaises. Ci-dessous un entretien donné par Fabrice Riceputi à Berbère Télévision et la présentation par Malika Rahal d’un travail en cours sur la cartographie de la grande répression de 1957 dite « bataille d’Alger ». Dans l’ouvrage Les disparus de la guerre d’Algérie suivi de La bataille des archives 2018-2021 paru en 2021 (L’Harmattan), ils ont expliqué les objectifs du site 100autres.org.

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Foulard et voile

« La passion française sur le voile est liée à la colonisation »

Le débat d’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen n’évite pas une véritable obsession du débat public depuis plus de trente ans : le voile musulman, que la candidate d’extrême droite souhaite « interdire » dans l’espace public et dont le président sortant estime qu’il « divise » le pays. Nous publions un entretien réalisé par Mediapart avec l’historien de l’art et écrivain Bruno Nassim Aboudrar, auteur d’une histoire longue du voile intitulée Comment le voile est devenu musulman (2014). Il souligne que cette « passion française » pour ce sujet, unique au monde, est un héritage de l’époque coloniale. Elle est liée selon lui « à la façon très particulière dont la colonisation a, en France, été pensée dans le cadre d’une « mission civilisatrice » (…) censée universaliser la République. »

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Afrique subsaharienne et océan Indien

Lourdes condamnations
dans le procès de l’assassinat
de Thomas Sankara
et de ses compagnons

Trente-quatre ans après l’assassinat de Thomas Sankara, ancien président du Burkina Faso, tué avec douze de ses compagnons lors d’un coup d’Etat en 1987, le tribunal militaire de Ouagadougou a condamné, par contumace, le 6 avril 2022, Blaise Compaoré, son successeur et ancien ami, exilé en Côte d’Ivoire depuis sa chute en 2014, à la prison à perpétuité pour avoir commandité le meurtre de Sankara, alors âgé de 37 ans. Bruno Jaffré, historien de la révolution du Burkina Faso (1983-1987), militant associatif, membre de Survie, ingénieur de recherche dans une grande entreprise, ancien professeur de mathématiques, revient sur ce procès qui s’est terminé par un lourd verdict pour les principaux accusés, un procès exemplaire compte tenu des nombreux obstacles pour en éviter la tenue. Mais l’affaire n’est pas terminée. L’enquête sur le volet international se poursuit qui va se heurter en France au secret défense.

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L'accès aux archives coloniales

Des révélations sur l’usage des gaz toxiques
par l’armée française
dans la guerre d’Algérie

Le 7 avril 2022 s’est tenue au siège de la Ligue des droits de l’Homme une conférence de presse autour de la publication par la revue XXI d’un dossier sur la guerre des grottes pratiquée par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Ci-dessous l’article du journaliste du Monde Frédéric Bobin qui en a rendu compte ainsi qu’une dépêche de l’AFP et la tribune signée du chercheur Christophe Lafaye et du président de l’Association Josette et Maurice Audin, Pierre Mansat, publiée par le quotidien Libération. Et aussi les émissions de France culture et de TV5MONDE où la journaliste et documentariste Claire Billet a présenté ce dossier. Cette conférence de presse a suscité d’autres témoignages d’anciens appelés qui ont participé à ces opérations. Notre site fait appel aux témoignages.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« Les Oliviers de la justice »,
un film qui permet de revenir
sur 1962 et l’indépendance de l’Algérie

Le film « Les Oliviers de la justice », qui est projeté à Paris, au cinéma Le Louxor, le 14 avril 2022 sous l’égide du Maghreb des films, a été réalisé en 1962, à la fin de la guerre, dans une période confrontée aux attentats de l’OAS qui cherchaient à s’opposer par tous les moyens à l’indépendance de l’Algérie. Inspiré du livre éponyme de Jean Pélégri, un Européen né en Algérie en 1920 qui y a assisté aux ravages des inégalités et des injustices de l’Algérie coloniale, il témoigne de la cécité de la grande majorité de la population d’origine européenne devant l’émancipation inévitable de ce pays qui avait subi la colonisation. Le film est l’occasion d’une réflexion sur l’enchaînement des faits qui ont conduit aux départ des Européens.

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

René Vautier l’indépendant : l’Algérie au cœur
par Marie Chominot

À l’occasion de la parution d’un exceptionnel coffret-livre de DVD des œuvres de René Vautier, cinéaste essentiel et témoin crucial des luttes anticolonialistes, nous en publions l’introduction par l’historienne Marie Chominot, qui retrace le parcours hors norme de ce créateur engagé. Après avoir participé à 17 ans aux combats de la Résistance, René Vautier a témoigné comme cinéaste des luttes d’indépendance des peuples coloniaux, et, dès 1956, a rejoint les responsables du FLN en Tunisie et tourné les premières images dans les maquis algériens. Le 2 avril 2022, la ville de Stains (Seine-Saint-Denis) lui a rendu hommage en donnant son nom à l’auditorium de l’une de ses médiathèques. Lors de l’inauguration, le maire était entouré de représentants de familles de la commune liées à cette histoire et de responsables d’associations engagées dans le travail sur la mémoire de la guerre d’indépendance algérienne.

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Emmanuel Macron et les crimes du colonialisme

Rendre hommage à Paul Teitgen
par Fabrice Riceputi

Dans une tribune publiée dans Le Monde Afrique, l’historien Fabrice Riceputi relève que Paul Teitgen — qui s’opposa aux exactions de l’armée française à Alger en 1957, témoigna sur elles et fut sanctionné pour cela par le gouvernement de Michel Debré — n’a fait l’objet d’aucun hommage officiel. « Pour la même raison, selon lui, qui a fait annuler la panthéonisation de l’avocate Gisèle Halimi » : la difficulté pour les autorités de ce pays à reconnaître comme tels les crimes de l’armée française en Algérie. Outre cette tribune, nous publions la lettre de démission de Paul Teitgen au ministre Robert Lacoste, ainsi qu’un extrait de film dans lequel il explique son refus de la torture.

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Musées et créations contemporaines

Une exposition au Mucem
et une autre, itinérante,
sur la personnalité exceptionnelle
de l’émir Abdelkader

Comme l’a signalé notre site, suivant une des préconisations du rapport Stora, une stèle à l’émir Abdelkader (1808-1883) a été inaugurée à Amboise où il a été détenu de 1848 à 1852 avec plusieurs membres de sa famille. Du 6 avril au 22 août 2022, une belle exposition lui est consacré au Mucem, à Marseille, qui restitue à travers 250 œuvres originales sa riche personnalité. Au même moment, une exposition itinérante créée par la Ligue des droits de l’Homme de Toulon, diffusée par l’Association Ancrages et soutenue par histoirecoloniale.net est proposée à toutes les institutions, Archives départementales, centres culturels et établissements scolaires, qui souhaitent l’accueillir. Elle montre l’importance du travail intellectuel de l’émir lors de sa détention à Toulon, puis au château de Pau et celui d’Amboise. L’occasion de redécouvrir un grand personnage des histoires algérienne et française.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’accès toujours entravé aux archives
de la guerre d’Algérie

Soixante ans après la fin de la colonisation et de la guerre d’Algérie, on parle d’un « apaisement des mémoires ». Mais est-ce possible si la mémoire n’est pas d’abord restituée et si l’accès aux archives reste encore partiel ? Il en est ainsi de la « guerre des grottes » qui a fait rage durant la guerre d’Algérie dans les gigantesques réseaux souterrains de l’Aurès, du nord-est de l’Algérie et du massif du Djudjura dans la chaîne de l’Atlas, où des « sections de grottes » organisées par l’armée française ont été chargées d’utiliser des gaz toxiques contre les personnes, combattantes ou non, qui s’y trouvaient cachées. Le numéro du printemps 2022 de la revue XXI consacre un dossier à cette question.

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

26 mars 1962, rue d’Isly à Alger,
les archives militaires françaises
qu’Emmanuel Macron veut ignorer

La volonté d’Emmanuel Macron de « réconcilier les mémoires » des différentes catégories de victimes de la guerre d’Algérie, en faisant parfois l’économie d’un regard historique sur la véracité ou les mensonges des récits sur lesquelles certaines mémoires sont fondées, connait de sérieuses limites. Dans le cas du massacre de manifestants européens le 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, il a donné satisfaction aux associations « nostalgériques » qui en attribuent toute la responsabilité à l’armée française. Ci-dessous, en complément de l’article d’Alain Ruscio publié par notre site, un document qui montre que des armes automatiques installées par l’OAS ont ouvert le feu sur le barrage tenu par des militaires français. Cette organisation terroriste a donc une lourde responsabilité dans ce massacre.

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Les nostalgiques de la colonisation

Qui est Bernard Lugan,
le « conseiller Afrique » d’Éric Zemmour ?

Le candidat d’extrême droite Eric Zemmour a annoncé avoir un « monsieur Afrique » en la personne de Bernard Lugan. Dans cet article, l’historien Alain Ruscio indique que » Zemmour, épinglé par tous les historiens sérieux pour ses approximations, erreurs et mensonges, ne pouvait que choisir un compère en falsifications ». Il dresse le portrait de ce nostalgique de l’ordre colonial, jadis supporter zélé du régime d’Apartheid en Afrique du Sud, auteur prisé de toutes les publications racistes depuis des décennies. Un article de la revue AfriqueXXI montre par ailleurs que ce « spécialiste de l’Afrique » considéré comme un imposteur par les africanistes n’en est pas moins une référence pour nombre d’officiers de l’armée française aujourd’hui.

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