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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Emmanuel Macron et les crimes du colonialisme

Rendre hommage à Paul Teitgen
par Fabrice Riceputi

Dans une tribune publiée dans Le Monde Afrique, l’historien Fabrice Riceputi relève que Paul Teitgen — qui s’opposa aux exactions de l’armée française à Alger en 1957, témoigna sur elles et fut sanctionné pour cela par le gouvernement de Michel Debré — n’a fait l’objet d’aucun hommage officiel. « Pour la même raison, selon lui, qui a fait annuler la panthéonisation de l’avocate Gisèle Halimi » : la difficulté pour les autorités de ce pays à reconnaître comme tels les crimes de l’armée française en Algérie. Outre cette tribune, nous publions la lettre de démission de Paul Teitgen au ministre Robert Lacoste, ainsi qu’un extrait de film dans lequel il explique son refus de la torture.

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Musées et créations contemporaines

Une exposition au Mucem
et une autre, itinérante,
sur la personnalité exceptionnelle
de l’émir Abdelkader

Comme l’a signalé notre site, suivant une des préconisations du rapport Stora, une stèle à l’émir Abdelkader (1808-1883) a été inaugurée à Amboise où il a été détenu de 1848 à 1852 avec plusieurs membres de sa famille. Du 6 avril au 22 août 2022, une belle exposition lui est consacré au Mucem, à Marseille, qui restitue à travers 250 œuvres originales sa riche personnalité. Au même moment, une exposition itinérante créée par la Ligue des droits de l’Homme de Toulon, diffusée par l’Association Ancrages et soutenue par histoirecoloniale.net est proposée à toutes les institutions, Archives départementales, centres culturels et établissements scolaires, qui souhaitent l’accueillir. Elle montre l’importance du travail intellectuel de l’émir lors de sa détention à Toulon, puis au château de Pau et celui d’Amboise. L’occasion de redécouvrir un grand personnage des histoires algérienne et française.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’accès toujours entravé aux archives
de la guerre d’Algérie

Soixante ans après la fin de la colonisation et de la guerre d’Algérie, on parle d’un « apaisement des mémoires ». Mais est-ce possible si la mémoire n’est pas d’abord restituée et si l’accès aux archives reste encore partiel ? Il en est ainsi de la « guerre des grottes » qui a fait rage durant la guerre d’Algérie dans les gigantesques réseaux souterrains de l’Aurès, du nord-est de l’Algérie et du massif du Djudjura dans la chaîne de l’Atlas, où des « sections de grottes » organisées par l’armée française ont été chargées d’utiliser des gaz toxiques contre les personnes, combattantes ou non, qui s’y trouvaient cachées. Le numéro du printemps 2022 de la revue XXI consacre un dossier à cette question.

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

26 mars 1962, rue d’Isly à Alger,
les archives militaires françaises
qu’Emmanuel Macron veut ignorer

La volonté d’Emmanuel Macron de « réconcilier les mémoires » des différentes catégories de victimes de la guerre d’Algérie, en faisant parfois l’économie d’un regard historique sur la véracité ou les mensonges des récits sur lesquelles certaines mémoires sont fondées, connait de sérieuses limites. Dans le cas du massacre de manifestants européens le 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, il a donné satisfaction aux associations « nostalgériques » qui en attribuent toute la responsabilité à l’armée française. Ci-dessous, en complément de l’article d’Alain Ruscio publié par notre site, un document qui montre que des armes automatiques installées par l’OAS ont ouvert le feu sur le barrage tenu par des militaires français. Cette organisation terroriste a donc une lourde responsabilité dans ce massacre.

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Les nostalgiques de la colonisation

Qui est Bernard Lugan,
le « conseiller Afrique » d’Éric Zemmour ?

Le candidat d’extrême droite Eric Zemmour a annoncé avoir un « monsieur Afrique » en la personne de Bernard Lugan. Dans cet article, l’historien Alain Ruscio indique que » Zemmour, épinglé par tous les historiens sérieux pour ses approximations, erreurs et mensonges, ne pouvait que choisir un compère en falsifications ». Il dresse le portrait de ce nostalgique de l’ordre colonial, jadis supporter zélé du régime d’Apartheid en Afrique du Sud, auteur prisé de toutes les publications racistes depuis des décennies. Un article de la revue AfriqueXXI montre par ailleurs que ce « spécialiste de l’Afrique » considéré comme un imposteur par les africanistes n’en est pas moins une référence pour nombre d’officiers de l’armée française aujourd’hui.

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Musées et créations contemporaines

Un film retrace la vie et l’engagement
de Fernand Iveton
« guillotiné pour l’exemple »
à Alger en 1957

Le film De nos frères blessés, inspiré du roman éponyme de Joseph Andras (2016), lui-même issu du livre de Jean-Luc Einaudi, Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton, enquête, publié en 1986, préfacé par Pierre Vidal-Naquet, sort sur les écrans. Il restitue la vie brève d’Iveton (1926-1957), son amour pour Hélène, née Ksiazek, en 1921, près de Cracovie, épousée à Alger en juillet 1955, et son combat anticolonialiste pour l’indépendance de l’Algérie avec le parti communiste algérien. Comme l’écrit Pierre Vidal-Naquet : « Son communisme — est-il besoin de le souligner ? — n’est pas une adhésion directe et personnelle à l’ordre (ou au désordre) établi en URSS et dans les “démocraties populaires”, mais une protestation hautement morale et hautement politique contre l’ordre colonial, l’ordre infâme, raciste, qui règne à Alger ».

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

Condamner le système colonial
et son héritage de racisme

Dans une tribune collective publiée par Le Monde à l’occasion du 60e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, diverses personnalités, dont des historien.ne.s, soulignent les limites des initiatives mémorielles d’Emmanuel Macron et lui demandent « un discours de reconnaissance et de clarification de notre rapport moral et politique à la colonisation ». Ils soulignent aussi que « le travail mémoriel ne doit pas se substituer à une transformation du réel », alors que « la lutte contre le racisme est au point mort, si ce n’est suspecte ». Par ailleurs, l’historienne Sylvie Thénault et le politiste Paul Max Morin débattent des mêmes questions dans une émission vidéo de Mediapart.

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La reconnaissance du passé colonial

60 ans après le 19 mars 1962
Réflexions sur la reconnaissance
des crimes de la guerre d’Algérie

Autour des soixante ans de la fin de la guerre d’Algérie, que les Accords d’Evian signés le 18 mars 1962 avaient annoncée, des publications et des rencontres reviennent sur les nombreuses disparitions forcées impunies qui sont intervenues durant ce conflit. Aujourd’hui considérés comme des crimes, ces actes ont échappé à toute justice. Ci-dessous les réponses que Pierre Audin, fils de Maurice Audin, un militant de l’indépendance algérienne torturé et tué par des militaires français à Alger en 1957, a faites à TV5Monde. Et l’enregistrement du débat qui a été organisé le 12 mars 2022 autour du livre La vérité est en marche, rien ne l’arrêtera publié par les éditions de l’Humanité. Pierre Audin a intitulé sa contribution à ce livre : « Tout n’est pas dit ».

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Hommages aux victimes de l'OAS

Il y a soixante ans :
le massacre par l’OAS à Alger
des dirigeants des Centres sociaux

Le 15 mars 1962, quatre jours avant le cessez-le-feu qui mit fin à la guerre d’indépendance algérienne, l’Organisation Armée Secrète (OAS) massacrait six dirigeants des Centres sociaux éducatifs, fondés en 1955 par Germaine Tillion pour apporter instruction et soins aux enfants algériens et déjà visés en 1956-1957 par de nombreuses arrestations et tortures de la part de l’armée française. Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hamoutène, Max Marchand et Salah Ould Aoudia étaient assassinés par un commando dont les membres, bien qu’identifiés, restèrent impunis. Ce crime de l’OAS, organisation terroriste dont le rôle déterminant dans les tragédies de la fin de la guerre tend à être aujourd’hui passé sous silence, est rappelé ci-dessous par Jean-Philippe Ould Aoudia et Alain Ruscio.

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La société française au temps des colonies

Jacques Inrep, ancien appelé en Algérie,
demande l’accès aux circulaires
de Massu et de Salan
ordonnant officiellement
de torturer et de tuer les prisonniers

Jacques Inrep, ancien appelé en Algérie, a été interviewé en février 2022 par L’OBS et Le Monde magazine. Mais, pour le site histoirecoloniale.net, Il a tenu à préciser ses interviews sur plusieurs points. D’abord, ce jeune Normand issu de milieu ouvrier, devenu par la suite psychanalyste et responsable de la Ligue des droits de l’homme dans le Gard, a voulu souligner l’influence exercée sur lui par son père, militant communiste et républicain. Ensuite, revenant sur les photos qu’il a faites à l’armée de documents qui ont été transmis et publiés par Pierre Vidal-Naquet, il demande l’ouverture réelle des archives, y compris les circulaires officielles de Massu et de Salan ordonnant explicitement de pratiquer la torture et d’assassiner les prisonniers, qu’il n’a pas eu le temps de photographier.

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Les ratonnades d’Alger
en 1956,
par Sylvie Thénault

Le 29 décembre 1956, les obsèques du notable Amédée Froger, assassiné la veille à Alger, rassemblent des milliers d’« Européens ». En exploitant de nombreuses archives, Sylvie Thénault reconstitue l’assassinat, les obsèques et les violences racistes exercées par des participants à l’encontre des « musulmans », ainsi que les suites judiciaires. Elle montre que les violences qualifiées de « ratonnades », « non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de Français, nés là-bas, se nourrissent d’un rapport de domination, empruntant à toutes les formes d’oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s’ancrent dans un espace urbain ségrégué ». Ci-dessous un entretien donné par l’autrice au quotidien algérien L’Expression, ainsi qu’une vidéo de l’émission avec Sylvie Thénault et Annette Wievorka diffusée par la radio RCJ.

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Racisme de couleur et islamophobie

Le racisme structurel
dans la société française :
un spectacle de théâtre-forum

La section de la Ligue des droits de l’Homme de Paris 10e/11e propose avec la compagnie Naje un spectacle de théâtre-forum intitulé « Tu viens d’où toi ? ». A partir d’un scénario écrit par Fabienne Brugel, Farida Aouissi et Jean Paul Ramat, des comédiens blancs et racisés venant de différents milieux sociaux, dont certains sont jeunes et d’autres retraités, se demandent comment agir face au racisme structurel et comment s’allier dans la lutte antiraciste dans une société postcoloniale. Ils engagent le public à trouver avec eux des stratégies et des comportements appropriés. Ci-dessous également, afin d’encourager la réflexion critique sur ce sujet, l’annonce d’une émission de radio sur Aligre FM, « Fréquence Droits », un texte publié aux Etats-Unis à destination des étudiants, parents et enseignants qui tente une définition des différentes formes de racisme, et le lien vers un article de Fabrice Dhume.

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