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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Christiane Taubira accuse de mauvaise foi ceux qui comparent la loi du 23 février 2005 à celle qu’elle a fait voter sur l’esclavage

Dans un communiqué de presse du 22 avril 2005, Christiane Taubira dénonce les comparaisons fallacieuses entre la loi du 23 fév 2005 qui prescrit aux enseignants de montrer les « aspects positifs » de la colonisation et la loi du 21 mai 2001 reconnaissant que la traite négrière et l’esclavage constituent un crime contre l’humanité. Alors qu’il n’y a dans cette dernière aucune injonction sur la façon d’introduire cette histoire, l’article 4 de la loi du 23 février 2005 commande aux enseignants de diffuser une vision « positive » de l’œuvre coloniale, ce qui s’apparente à la sommation d’une histoire officielle.

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Mai 2005, clôture de la pétition des historiens, 1001 signatures contre une histoire officielle de la « colonisation positive »

Bien que les signatures continuent à arriver, les historiens à l’initiative de la pétition contre la loi du 23 février 2005 ont décidé de clore la pétition au nombre symbolique de 1001 signatures de chercheurs et enseignants. Elle a reçu l’appui du MRAP, de la LDH, de la LICRA, de la Ligue de l’enseignement, du Syndicat de la magistrature et du SNES-FSU. Ce nombre, atteint en trois semaines témoigne de l’inquiétude et de l’indignation de la profession face à la prétention de lui imposer une histoire officielle de la « colonisation positive ».

Vous lirez également ci-dessous un article publié par Témoignage chrétien le 21 avril 2005 :
Relents de négationnisme à l’Assemblée nationale
.

[Première mise en ligne, le 24 mars 2005

dernière mise à jour, le 4 mai 2005]

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Gilles Manceron : « des lobbies veulent imposer une histoire officielle »

Dans un entretien avec Nadjia Bouzeghrane publié dans El Watan le 28 avril 2005, Gilles Manceron1 explique qu’il est important, à l’heure où l’on parle d’un traité d’amitié entre la France et l’Algérie, d’avancer dans la connaissance et dans la qualification du passé colonial de la France. Le 40e anniversaire du 17 Octobre 1961 a été un moment important, et les 60 ans de la répression qui a suivi le 8 mai 1945 est aussi un événement majeur à faire connaitre à l’opinion française. La loi votée le 23 février 2005 montre que l’enseignement d’une histoire officielle a tendance à être imposée par le politique, suite à des pressions de lobbies minoritaires et nostalgiques de l’Algérie française qui s’appuient sur certains milieux pieds-noirs restés enfermés dans leurs représentations et leurs certitudes.

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Les Arméniens, le juge et l’historien,
par Madeleine Rebérioux

Au mois de juin 1995, le tribunal de grande instance a condamné l’historien Bernard Lewis pour s’être prononcé «sans nuance» sur le massacre des Arméniens en 1915 (Cf. le dossier de « L’Histoire » n°187). Madeleine Rebérioux, décédée en février 2005, était professeur émérite d’histoire et présidente d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme. Elle s’insurgea contre cette dérive qui fait des juges les arbitres des controverses nécessaires entre historiens.

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Racisme de couleur et islamophobie

Un souvenir d’enfance de Dieudonné

« Au début, je comprenais sa violence, comme par exemple le jour où je l’ai entendu parler d’Annie Cordy avec une violence inouïe; personne ne comprenait car tout le monde aime Annie Cordy… Tout le monde sauf un enfant à la peau foncée qui voyait à la télé Annie Cordy chanter « chaud chaud cacao » déguisée en cannibale avec un os dans le nez. Et ça quand tu as 10 ans et que tu vois une chanteuse populaire le visage noirci au cirage danser devant une grande marmite où mijote un explorateur : soit tu en prends pour 10 ans de psychanalyse soit un jour ou l’autre cette blessure remonte à la surface et se transforme en colère.« 2

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Pap Ndiaye : il n’y aura pas une histoire pacifiée

Pap Ndiaye, né en 1966, est historien à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et spécialiste des Etats-Unis et de l’esclavage. Il est membre du Capdiv, une association qui prône la diversité et la lutte contre les discriminations. De père sénégalais et de mère française, il a travaillé sur l’organisation et l’importance de la communauté noire aux Etats-Unis avant de s’intéresser à son pendant français. Il a écrit sur l’histoire de l’esclavage outre-atlantique et prépare un livre sur la question noire, en France.

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Un éditorial d’Edwy Plenel : cette loi déshonore la République

Un mois après le vote de la loi du 23 février 2005 prescrivant aux enseignants de montrer à leurs élèves les « aspects positifs » de la colonisation, Edwy Plenel a publié un éditorial dans Le Monde 2 du 23 avril 2005 accusant cette loi de déshonorer la République. Pour lui, ce n’est pas affaire de repentance contrite, mais de lucidité active. Ce passé-là est plein d’à-présent, et c’est pourquoi il faut le regarder en face, non par culpabilité rétrospective mais par souci du monde actuel.

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Claude Liauzu : Dire la vérité

Cet entretien avec Claude Liauzu3 réalisé par Nadjia Bouzeghrane et publié dans « El Watan » le 21 avril 2005 est l’occasion d’une réflexion sur les responsabilités et le rôle des historiens. Ainsi, au-delà de la critique de la loi du 23 février 2005, il considère que sa génération, engagée dans la solidarité avec les mouvements de libération, a mis au second plan une réflexion critique sur ce qui était porteur en leur sein de domination ou d’arbitraire.

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Une plate-forme des historiens

Au nom des historiens contre la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », opposés à une histoire officielle, Claude Liauzu et Gilbert Meynier ont rédigé une plate-forme pour servir à la mobilisation en cours des enseignants, chercheurs et autres citoyens. Elle considère que cette loi est une « loi de glaciation », qui va à l’encontre des acquis de la recherche historique et des aspirations des derniers témoins de cette histoire qui souhaitent engager des débats sereins. Et qu’elle constitue un obstacle à une intégration paisible dans le respect des différences.

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Madeleine Rebérioux et la loi Gayssot

La loi Gayssot du 13 juillet 1990 4 considère comme un délit « la négation des crimes contre l’humanité ». Pour Madeleine Rebérioux, historienne et ancienne présidente de la Ligue des droits de l’homme, il n’appartient ni aux juges ni à la loi de dire le « vrai » en histoire, même quand il s’agit de combattre le soi-disant « révisionnisme » qui nie l’existence des chambres à gaz et du génocide. Aux yeux de Madeleine Rebérioux, la vérité, que les historiens s’attachent à cerner, ne peut être fixée une fois pour toutes par des lois quelles qu’elles soient.

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