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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Séquelles politiques postcoloniales

Malaise et héritage colonial
dans les territoires français d’outre-mer

Après les élections législatives de juin 2022, sur les vingt-sept députés ultramarins, cinq seulement siègent sur les bancs de la majorité présidentielle. La Polynésie française a élu trois députés indépendantistes. Nommée ministre des outre-mers, Yaël Braun-Pivet, devait se rendre en Kanaky-Nouvelle-Calédonie le 26 juin 2022, date anniversaire des accords de Matignon de 1988, pour l’inauguration à Nouméa de la statue de la poignée de main entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, mais, ayant décidé de briguer la présidence de l’Assemblée nationale, elle a annulé ce déplacement. La nomination au gouvernement de Sonia Backès, leader de la droite anti-indépendantiste en Kanaky-Nouvelle-Calédonie, est insupportable à une bonne partie de l’opinion de l’archipel. Les territoires d’outre-mer souffrent d’un abandon, d’une condescendance et d’un mépris qui prolongent le rapport colonial.

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La conquête (1830-1871)

L’île Sainte-Marguerite,
au centre de l’archipel carcéral
de l’empire colonial français

La fonction de lieu de détention de l’île Sainte Marguerite, en face de Cannes, a déjà été évoquée par notre site avec la reprise de l’article de Sylvie Thénault issu de son livre Violence ordinaire dans l’Algérie coloniale. Camps, internements, assignations à résidence (2012). L’historien irlandais Dónal Hassett, après avoir visité les lieux, apporte ses propres réflexions dans l’article ci-dessous, traduit de l’anglais par nos soins, en particulier sur les peintures murales réalisées en 1992 au Fort Royal par un artiste contemporain en souvenir de ces détenus dont beaucoup y ont laissé la vie. Il souligne qu’il reste à la recherche historique encore un travail important à faire pour éclairer le sort des personnes incarcérées par l’État colonial français, notamment en Méditerranée, en Kanaky-Nouvelle Calédonie et en Guyanne.

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Emmanuel Macron et les crimes du colonialisme

La France va-t-elle enfin reconnaître
la guerre coloniale du Cameroun ?

En visite officielle au Cameroun les 25 et 26 juillet 2022, Emmanuel Macron a rencontré Paul Biya, au pouvoir depuis quarante ans. La veille, il avait été interpellé par un collectif international afin qu’il reconnaisse officiellement la guerre coloniale menée par la France au Cameroun dans les années 1950 et 1960. Le président français a évoqué cet épisode tout en évitant de se prononcer, préférant annoncer la constitution d’une commission d’historiens destinée à « faire la lumière », à laquelle seraient ouvertes « toutes les archives ». Ci-dessous la tribune collective publiée par Le Monde réclamant une reconnaissance officielle, ainsi qu’une vidéo de TV5 Monde dans laquelle Thomas Deltombe souligne que les faits sont déjà solidement établis et regrette que les archives ne soient pas ouvertes à tous.

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Musées et créations contemporaines

Débat à propos
de l’exposition Abd el-Kader
au Mucem à Marseille

Le Mucem consacre jusqu’au 22 août 2022 une grande exposition à la riche personnalité de l’émir Abd el-Kader, que notre site a annoncée dès son ouverture. Le journaliste Pierre Daum, tout en relevant qu’elle « a reçu un éloge unanime de la presse et de divers commentateurs », et en concédant qu’elle est accompagnée d’« un catalogue très intéressant », lui a consacré dans son blog personnel sur Mediapart un article qui lui reproche de donner « une vision coloniale de l’Émir ». Jacques Vénuleth, membre de la Commission nationale du Mrap pour un Musée national du colonialisme, lui répond qu’il n’a pas la même vision de cette exposition. De leur côté, notre site et l’association Ancrages diffusent une exposition itinérante qui complète et prolonge celle du Mucem.

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La reconnaissance de l'esclavage

Le président de la
Fondation pour la mémoire de l’esclavage,
Jean-Marc Ayrault,
rend hommage à la révolution haïtienne

Une enquête du New York Times dont notre site a rendu compte a attiré l’attention sur l’indemnité que Charles X a obligé en 1825 la République d’Haïti à payer aux anciens colons français pour prix de son indépendance conquise en 1804 après une guerre meurtrière contre les troupes envoyées par Napoléon Bonaparte. 150 millions de francs-or, pour lesquels Haïti dû s’endetter auprès de banques françaises, une véritable rançon qui a pesé sur l’économie et la société haïtiennes jusqu’à aujourd’hui. Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME), revient sur l’importance de ces faits qui, s’ils n’étaient pas inconnus, sont encore trop ignorés en France et rend hommage à la révolution haïtienne qui a apporté une contribution essentielle à l’histoire universelle.

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La société française au temps des colonies

Les communistes français
et l’indépendance de l’Algérie,
par Alain Ruscio

En ce 60ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, ont été publiées bien des articles, ouvrages, tribunes, numéros spéciaux de revues. Une fois encore, la controverse sur le rôle et les actions des communistes français est revenue sur le devant de la scène. Le PCF fut-il partisan de l’indépendance de l’Algérie, et si oui, dans quels termes, à quel moment du conflit ? L’historien Alain Ruscio, qui a consacré à cette question un ouvrage fondamental, Les communistes et l’Algérie, des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962, Paris, Éd. La Découverte, 2019, a réalisé sur ce sujet pour le site histoirecoloniale.net une synthèse précise et documentée.

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Madagascar et océan Indien

La longue persistance
de l’esclavage
à l’île de la Réunion

Malgré la première abolition de l’esclavage en 1794 par la première République et le décret de 1848 publié par la Deuxième, l’esclavage a longtemps persisté à la Réunion et dans les colonies françaises de l’Océan indien. Le système esclavagiste y a évolué. L’article ci-dessous du chercheur réunionnais Ho Hai Quang présente les principales transformations qui l’ont affecté entre son apparition dans la deuxième moitié du 17ème siècle et sa disparition tardive à la fin du 19ème. Il en a résulté des traces profondes dans la perception des différentes populations de l’île. Certains Réunionnais n’hésitent pas à dire qu’il a fallu attendre les lendemains de Mai 1968 pour que les séquelles de l’esclavagisme disparaissent véritablement dans la vie sociale de l’île.

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Madagascar

« Ambatomanga, Le silence et la douleur »,
par Michèle Rakotoson

Le roman de l’écrivaine malgache Michèle Rakotoson, Ambatomanga, Le silence et la douleur, revient sur un épisode tragique de l’histoire de la seconde colonisation française : la conquête de Madagascar en 1895 par les troupes de Joseph Galliéni. Une opération militaire qui s’inscrit pour la France dans l’Océan Indien comme une suite lointaine de l’esclavage dont l’abolition avait pourtant été décrétée en 1848. Elle fit de nombreuses victimes malgaches et provoqua également, du fait du climat, la mort d’une part énorme des soldats coloniaux engagés dans la conquête. On lira ci-dessous une recension de ce roman dans Le Monde, un entretien avec l’autrice dans Jeune Afrique, et un texte de l’historien Alain Ruscio sur l’épouvantable catastrophe sanitaire que fut l’expédition de Madagascar en 1895.

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Séquelles politiques postcoloniales

Adama Traoré,
mort le 19 juillet 2016 à Persan-Beaumont
Nous n’avons pas oublié !

Il y a six ans, Adama Traoré, jeune homme âgé de 24 ans, est mort le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), après son interpellation alors qu’il faisait l’objet d’un contrôle par les gendarmes. Six ans après, l’enquête patine. Elle n’a progressé qu’à la suite des démarches de la famille. Le collectif « Justice pour Adama » accuse la justice de protéger les trois gendarmes à l’origine de son décès. Cette affaire est emblématique : les violences des forces de l’ordre ne sont poursuivies qu’exceptionnellement et les victimes rencontrent les plus grandes difficultés à obtenir justice. Notre site s’est fait l’écho des marches qui ont eu lieu à Beaumont-sur-Oise de 2016 à 2021. Le 2 juillet 2022 une marche a rassemblé environ 700 personnes. Le collectif prévoit des actions coups de poings en septembre 2022.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

Emmanuel Macron veut-il
soutenir les adversaires de l’accession
de la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance ?

La présidente de la province Sud de la Kanaky Nouvelle-Calédonie, Sonia Backès, figure de la droite anti-indépendance, est nommée au gouvernement français comme secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur et de l’outre-mer chargée de la citoyenneté. Cette ministre va-t-elle cumuler son poste avec la présidence de la province Sud ? Le dialogue sur l’avenir de l’archipel est au point mort après l’organisation le 12 décembre 2021 d’un référendum d’autodétermination dont la date était contestée par les indépendantistes. Après s’être félicité dès son lendemain que « la Nouvelle Calédonie ait choisi de rester française », ce choix d’Emmanuel Macron apparaît comme un mauvais coup contre le processus des accords de Nouméa. Les quatre composantes du FLNKS ont décidé qu’aucune ne se déplacera à Paris en septembre 2022 pour le Comité des signataires des accords sur l’avenir de l’archipel. Veut-on qu’un blocage du dialogue favorise de nouveau le développement de la violence ?

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La reconnaissance du passé colonial

Autour du 14 juillet 1953 :
les projections d’un film,
une commémoration,
et un bal pour oublier les balles

Le 10 juillet 2022 au cinéma Majestic Bastille est projeté le film de Daniel Kupferstein Les balles du 14 juillet 1953, enquête sur la tuerie policière longtemps occultée intervenue à la fin du défilé populaire qui marquait la fête nationale : place de la Nation, sept manifestants tués, dont six Algériens. Film suivi d’un débat avec le réalisateur et les historiens Gilles Manceron et Alain Ruscio. Le 13 juillet, une commémoration aura lieu avec la maire de l’arrondissement suivie d’« un bal pour oublier les balles », et le 14 juillet à 22h une projection en plein air dans un quartier populaire de Nanterre. De nombreux militants associatifs et syndicaux pensent que les 70 ans de cet événement devraient être marqués en 2023 par un défilé Bastille-Nation comme il s’en déroulait entre 1945 et 1953.

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La reconnaissance du passé colonial

Une journée de débats
à l’Institut Tribune socialiste

Après de nombreuses initiatives et publications relatives au 60eme anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962, un rendez-vous est donné le samedi 9 juillet 2022 à Paris, au Maltais Rouge, par l’Institut Tribune socialiste qui est porteur de la mémoire du PSU, le parti politique français le plus nettement engagé en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Plusieurs intervenants algériens et français participent à cette journée dont les retours sur l’histoire et les questionnements sur le présent constituent la trame : des actrices et acteurs de l’époque et des historiens, des économistes et des écrivaines et écrivains d’aujourd’hui. Ci-dessous quelques témoignages de militants du PSU sur leur engagement anticolonialiste.

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