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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Madagascar

« Ambatomanga, Le silence et la douleur »,
par Michèle Rakotoson

Le roman de l’écrivaine malgache Michèle Rakotoson, Ambatomanga, Le silence et la douleur, revient sur un épisode tragique de l’histoire de la seconde colonisation française : la conquête de Madagascar en 1895 par les troupes de Joseph Galliéni. Une opération militaire qui s’inscrit pour la France dans l’Océan Indien comme une suite lointaine de l’esclavage dont l’abolition avait pourtant été décrétée en 1848. Elle fit de nombreuses victimes malgaches et provoqua également, du fait du climat, la mort d’une part énorme des soldats coloniaux engagés dans la conquête. On lira ci-dessous une recension de ce roman dans Le Monde, un entretien avec l’autrice dans Jeune Afrique, et un texte de l’historien Alain Ruscio sur l’épouvantable catastrophe sanitaire que fut l’expédition de Madagascar en 1895.

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Séquelles politiques postcoloniales

Adama Traoré,
mort le 19 juillet 2016 à Persan-Beaumont
Nous n’avons pas oublié !

Il y a six ans, Adama Traoré, jeune homme âgé de 24 ans, est mort le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), après son interpellation alors qu’il faisait l’objet d’un contrôle par les gendarmes. Six ans après, l’enquête patine. Elle n’a progressé qu’à la suite des démarches de la famille. Le collectif « Justice pour Adama » accuse la justice de protéger les trois gendarmes à l’origine de son décès. Cette affaire est emblématique : les violences des forces de l’ordre ne sont poursuivies qu’exceptionnellement et les victimes rencontrent les plus grandes difficultés à obtenir justice. Notre site s’est fait l’écho des marches qui ont eu lieu à Beaumont-sur-Oise de 2016 à 2021. Le 2 juillet 2022 une marche a rassemblé environ 700 personnes. Le collectif prévoit des actions coups de poings en septembre 2022.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

Emmanuel Macron veut-il
soutenir les adversaires de l’accession
de la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance ?

La présidente de la province Sud de la Kanaky Nouvelle-Calédonie, Sonia Backès, figure de la droite anti-indépendance, est nommée au gouvernement français comme secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur et de l’outre-mer chargée de la citoyenneté. Cette ministre va-t-elle cumuler son poste avec la présidence de la province Sud ? Le dialogue sur l’avenir de l’archipel est au point mort après l’organisation le 12 décembre 2021 d’un référendum d’autodétermination dont la date était contestée par les indépendantistes. Après s’être félicité dès son lendemain que « la Nouvelle Calédonie ait choisi de rester française », ce choix d’Emmanuel Macron apparaît comme un mauvais coup contre le processus des accords de Nouméa. Les quatre composantes du FLNKS ont décidé qu’aucune ne se déplacera à Paris en septembre 2022 pour le Comité des signataires des accords sur l’avenir de l’archipel. Veut-on qu’un blocage du dialogue favorise de nouveau le développement de la violence ?

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La reconnaissance du passé colonial

Autour du 14 juillet 1953 :
les projections d’un film,
une commémoration,
et un bal pour oublier les balles

Le 10 juillet 2022 au cinéma Majestic Bastille est projeté le film de Daniel Kupferstein Les balles du 14 juillet 1953, enquête sur la tuerie policière longtemps occultée intervenue à la fin du défilé populaire qui marquait la fête nationale : place de la Nation, sept manifestants tués, dont six Algériens. Film suivi d’un débat avec le réalisateur et les historiens Gilles Manceron et Alain Ruscio. Le 13 juillet, une commémoration aura lieu avec la maire de l’arrondissement suivie d’« un bal pour oublier les balles », et le 14 juillet à 22h une projection en plein air dans un quartier populaire de Nanterre. De nombreux militants associatifs et syndicaux pensent que les 70 ans de cet événement devraient être marqués en 2023 par un défilé Bastille-Nation comme il s’en déroulait entre 1945 et 1953.

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La reconnaissance du passé colonial

Une journée de débats
à l’Institut Tribune socialiste

Après de nombreuses initiatives et publications relatives au 60eme anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962, un rendez-vous est donné le samedi 9 juillet 2022 à Paris, au Maltais Rouge, par l’Institut Tribune socialiste qui est porteur de la mémoire du PSU, le parti politique français le plus nettement engagé en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Plusieurs intervenants algériens et français participent à cette journée dont les retours sur l’histoire et les questionnements sur le présent constituent la trame : des actrices et acteurs de l’époque et des historiens, des économistes et des écrivaines et écrivains d’aujourd’hui. Ci-dessous quelques témoignages de militants du PSU sur leur engagement anticolonialiste.

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Mémoire et histoire en Algérie

Algérie. 5 Juillet 1962 – 5 Juillet 2022
De quoi le 5 juillet 1962 est-il le nom ?
par Fouad Soufi

Le 5 juillet 1962 a son histoire. Depuis le 26 juillet 1963, c’est une fête légale, celle de l’Indépendance et du FLN. Le 26 avril 2005, elle est devenue celle de l’Indépendance, mais plus du Parti. La France avait transmis le 3 juillet, après le référendum du 1er juillet, ses compétences à l’Exécutif provisoire issu des Accords d’Evian, mais pas au FLN ni au GPRA. Pourquoi ce choix du 5 juillet ? La colonisation a commencé le 5 juillet 1830 et se serait achevée le 5 juillet 1962. Oublié aussi le 5 juillet 1961 où le GPRA a appelé à une grève nationale contre la partition de l’Algérie. A Alger en 1962 le calme est revenu après l’accord du 17 juin entre l’Exécutif provisoire et l’OAS, mais à Oran, l’OAS locale a continué son terrorisme aveugle. Les soldats français préféraient être soignés à l’infirmerie du FLN à M’dina Jadida, plutôt qu’à l’hôpital civil tenu par l’OAS. Le 27 juin, ses derniers chefs abandonnent la ville et la population européenne. Le 5 juillet, des coups de feu éclatent, des Européens sont enlevés et tués. En Algérie, cet autre 5 juillet est porté disparu.

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Commémorations

Gisèle Halimi au Panthéon
Lettre ouverte à la co-fondatrice de l’association
« Harkis et droits de l’Homme »

La demande du transfert des cendres de Gisèle Halimi au Panthéon est forte dans le pays. L’historien Benjamin Stora l’a reprise opportunément parmi les préconisations du rapport que le président de la République lui a demandé et c’est une demande que, parmi d’autres, la Ligue des droits de l’Homme soutient fermement. La mise en cause aux Etats-Unis du droit des femmes à l’avortement a contribué à relancer l’interpellation du président de la République, puisque ce droit a été une des causes que Gisèle Halimi a incarnée. Ci-dessous, la lettre ouverte à Fatima Besnaci-Lancou, co-fondatrice de l’Association Harkis et droits de l’Homme, que lui adresse un historien qui a collaboré avec elle à de nombreuses publications durant une quinzaine d’années.

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Les nostalgiques de la colonisation

À Perpignan, un collectif d’associations
réagit à l’extrême droite
qui organise trois jours de célébration
de l’Algérie française

À Perpignan, l’extrême droite ayant organisé trois jours de célébration de l’Algérie française, un collectif d’associations pour une histoire franco-algérienne non falsifiée a réagi en dénonçant une manipulation de l’histoire par le Cercle algérianiste et le Rassemblement national, fondée sur un récit mensonger de la colonisation et sur l’éloge des terroristes criminels de l’OAS et des factieux qui ont désobéi aux institutions de la République : le titre de citoyens d’honneur a été remis par la municipalité RN à trois militaires condamnés par la justice de la République pour leur implication dans le putsch d’avril 1961. De son côté, le collectif a organisé un hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie ainsi qu’une réunion publique animée par l’historien spécialiste du colonialisme, Gilles Manceron, à laquelle Benjamin Stora a adressé un message.

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Belgique

Une « relique » de Patrice Lumumba
restituée à la RDC (ex Congo belge)

Le 17 janvier 1961, le leader anticolonialiste congolais Patrice Lumumba était assassiné, son corps dissous dans l’acide. Le 20 juin 2022, sur décision de la justice belge, une dent du héros de l’indépendance congolaise, qu’un policier belge ayant participé à l’assassinat avait conservée, a été restituée à la RDC au cours d’une cérémonie à Bruxelles. Pour les descendants de Lumumba, ce geste symbolique, qui fait suite aux « regrets » du roi des Belges pour « les blessures, les exactions et les humiliations » coloniales, est important mais insuffisant. Ils réclament que la justice belge, saisie depuis 2011, fasse toute la lumière sur ce crime dans lequel, outre la Belgique, les Etats-Unis furent impliqués. Nous publions ci-dessous un article du Monde, une émission de RFI sur Patrice Lumumba, ainsi qu’un communiqué de la famille de Mehdi Ben Barka commentant cette restitution.

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La reconnaissance du passé colonial

Des « enfumades » de Bugeaud
lors de la conquête de l’Algérie
au gazage des grottes
durant la guerre d’indépendance

Des recherches récentes dues à l’historien et archiviste Christophe Lafaye, dont notre site s’est fait l’écho, ont permis de documenter le gazage des grottes pratiqué par l’armée française durant la guerre d’Algérie. A partir de 1956, sous le commandement du général Salan, des gaz asphyxiants ont été mis au point et des « Sections de grottes » mises en place pour tuer les personnes réfugiées dans diverses cavités naturelles des régions montagneuses d’Algérie, qu’il s’agisse de combattants de l’ALN, du personnel civil d’hôpitaux de campagne ou même dans certains cas de militaires français prisonniers. Cette pratique a réédité avec des moyens modernes les « enfumades » ordonnées par le général Bugeaud lors de la conquête de l’Algérie dans les années 1840. De nombreux témoignages d’anciens appelés français et d’Algériens viennent nourrir ces recherches que certains éléments au sein de l’armée française tentent d’entraver.

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La reconnaissance du passé colonial

De Gaulle et le massacre
des Algériens à Paris
en octobre 1961

Fabrice Arfi a publié dans Mediapart des documents inédits qui montrent que de Gaulle a été mis rapidement au courant du massacre des Algériens à Paris autour du 17 octobre 1961. Qu’il l’a jugé illégal et a demandé des sanctions contre les policiers responsables. Sanctions qui ne sont jamais intervenues. Réagissant à cette publication, Mehdi Lallaoui, pionnier du combat pour la vérité sur ce crime d’État, a demandé au président Macron de s’exprimer à ce sujet. Mediapart a publié ensuite les commentaires de quatre historiens. De son côté, Gilles Manceron a pointé la nécessité de croiser ces découvertes d’archives avec les notes prises au conseil des ministres par Louis Terrenoire, consultables aux Archives nationales, signalées aussi sur Mediapart dans un billet de blog de Marie-Odile Terrenoire qui a suscité d’intéressants commentaires.

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Afrique subsaharienne et océan Indien

Une émission spéciale sur les
« enfants réunionnais dits de la Creuse »
trompés et déportés sous l’égide de Michel Debré

Une émission spéciale sur Réunion la première est consacrée aux « enfants réunionnais dits de la Creuse » trompés et déportés entre 1962 et 1984, à l’initiative du député de la Réunion Michel Debré, dans le cadre d’une gestion totalement coloniale de cette île. Plus de 2 000 enfants réunionnais ont été alors arrachés à leur famille pour être transplantés, non pas uniquement dans la Creuse, mais dans de nombreux départements ruraux de France. Des associations défendent leurs droits. Plusieurs d’entre eux, devenus adultes, ont enfin pu redécouvrir récemment leur île natale et leur histoire. Sur la chaîne de télévision Réunion la première, cinq témoignages seront diffusés chaque jour à partir du 20 juin 2022.

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