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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

France-Soir, mercredi 7 janvier 1957.
L'exportation du modèle français de guerre anticoloniale

cinquante ans après la «bataille d’Alger», le retour de la torture

Au nom de la «lutte contre le terrorisme», le président George W. Bush légalise le recours à des «interrogatoires violents»1, après en avoir «délocalisé» l’utilisation2.

Nous, Français, n’avons pas de leçon à donner, mais au moins pouvons-nous faire état de notre «expérience» passée dans ce domaine : rappeler l’échec auquel nous ont conduits les gouvernants qui avaient imaginé pouvoir défendre la République en utilisant des méthodes qui sont la négation de ses valeurs.

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Mouloud Feraoun.
Chateau-Royal, mars 1962

“Mouloud Feraoun, un écrivain dans la guerre d’Algérie”, par Sylvie Thénault

Comment, au coeur de la guerre d’Algérie, concilier l’identité kabyle, la culture française et l’aspiration à l’indépendance ? A travers le cas de l’écrivain Mouloud Feraoun, assassiné par l’OAS quelques jours avant le cessez-le-feu, c’est aussi la question des violences d’aujourd’hui qui nous est ici posée.

Sylvie Thénault nous a permis de reprendre cet article publié en 1999 dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire3.

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l’Europe et ses populations issues de l’immigration, par Jürgen Habermas

L’Europe doit tout à la fois respecter l’altérité des populations issues de l’immigration et les intégrer dans la solidarité civique.

Mais l’intégration ne peut être à sens unique. Pour qu’elle soit possible, il faut que les cultures nationales s’ouvrent à un spectre plus large d’odeurs et d’idées.

C’est ce qu’a déclaré le philosophe Jürgen Habermas, dans son discours de réception du prix du Land de Rhénanie, dont vous trouverez ci-dessous un très large extrait4.

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Jean Müller, un chrétien contre la guerre d’Algérie

En avril 1956, le gouvernement Guy Mollet décide le rappel de plusieurs contingents qui seront envoyés en Algérie. Parmi les rappelés, Jean Müller, âgé de 25 ans, est membre de l’équipe nationale La Route des Scouts de France. Ses convictions chrétiennes l’incitent à refuser la guerre, mais il décide de ne pas se dérober afin de “témoigner”.

Il ne reviendra pas en France, car il trouve la mort, le 27 octobre 1956, au cours d’une embuscade. Mais, en février 1957, un cahier « De la pacification à la répression, le dossier Jean Müller », constitué à partir des lettres qu’il avait adressées à ses proches, est publié par les Cahiers de Témoignage chrétien.

Le gouvernement porte plainte pour diffamation contre Témoignage chrétien5, saisit des journaux qui reprennent des extraits du dossier… Mais les autorités ne pourront empêcher le retentissement considérable de cette publication.

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Plaintes de pieds-noirs contre l’Algérie jugées irrecevables

C’est au nom de 600 rapatriés d’Algérie que l’USDIFRA (Union de défense des intérêts des Français repliés d’Algérie et d’Outre-mer), avait déposé en 2004, auprès du Comité des droits de l’homme de l’ONU, une plainte pour spoliation contre l’Etat algérien. Selon l’USDIFRA, l’Algérie doit exactement 12,1 milliards d’euros aux rapatriés français6. Leur avocat, Me Garay, a cité plusieurs contentieux internationaux similaires, notamment l’indemnisation par l’Allemagne d’anciens propriétaires en RDA, ou les réparations versées par Chypre à des Grecs spoliés.
Pour l’USDIFRA, cette réparation aurait assuré le « travail de repentance et de réconciliation de la France avec l’Algérie».

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La restitution des objets et restes mortuaires coloniaux

La France prête au Bénin des trophées de la colonisation

Le 17 novembre 1892, après avoir rencontré une forte résistance, le général Alfred Dodds entre à Abomey, capitale du royaume de Dahomey, à la tête d’une colonne des troupes coloniales françaises.
Le 3 décembre 1892, le général proclame la déchéance du roi Béhanzin et place le royaume sous le «protectorat exclusif de la France ».

Le pays a recouvré son indépendance en 1960, sous le nom de République du Dahomey (jusqu’en 1975) puis de République du Bénin.

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La France des camps d’internement de 1938 à 1946

« En France, nous n’aimons guère évoquer, nous ne tenons pas trop à connaître les aspects négatifs du passé national. Les manuels d’histoire savent se faire discrets et même la recherche historique ne se précipite guère sur les moments noirs s’il n’est pas possible de trouver un homme ou une petite minorité coupables auxquels on peut assigner le rôle de bouc émissaire.»

Alfred Grosser 7

Entre le décret du 12 novembre 1938, qui permit d’interner les «indésirables étrangers» dans des centres spécialisés, et la libération en 1946 du dernier interné – un nomade –, six cent mille hommes, femmes et enfants ont été enfermés dans les camps français.

Républicains exilés de la guerre d’Espagne, puis « ressortissants des puissances ennemies» – pour la plupart, ils avaient fui les persécutions antisémites et la répression politique –, enfin quelques communistes furent les premiers à subir les mesures d’exception nées de situations d’exception. Avec l’instauration du régime de Vichy et l’occupation, communistes, Juifs et Tsiganes, ainsi que les droits-communs et les marché-noir devinrent les victimes de la politique d’internement. A partir de l’été 1942, suivant la logique d’extermination de la solution finale, les camps se transformèrent en antichambres de la mort pour 75 000 Juifs de France déportés à Auschwitz. Ils furent remplacés, à la Libération, par tous les suspects de la collaboration.

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Il y a cinquante ans, Le portrait du colonisé d’Albert Memmi

Après avoir publié le «Portrait du colonisateur de bonne volonté» dans Les Temps modernes en avril 1957, Albert Memmi faisait paraître le « Le portrait du colonisé » dans Esprit, en mai 1957. Les deux textes devaient être réunis et développés dans « Portrait du colonisé – Portrait du colonisateur » 8. Nous reproduisons ci-dessous Le Portrait du colonisé tel qu’il est proposé sur le site de la revue Esprit à l’occasion de la parution de son numéro de décembre 2006 intitulé « Pour comprendre la pensée postcoloniale »9.

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Les méthodes du colonel Argoud

Brillant officier, le colonel Antoine Argoud mit en pratique des méthodes particulièrement expéditives au cours de la guerre d’Algérie.

Farouche opposant à l’indépendance de l’Algérie et à la politique du général de Gaulle, il fut l’un des tout derniers dirigeants de l’OAS.

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Alain Ruscio : les vieux fantasmes ont la vie dure

Un billet d’humeur inspiré par l’actualité à Alain Ruscio, historien, auteur de

  • Que la France était belle eu temps des colonies. Anthologie de la chanson coloniale française, Ed. Maisonnneuve & Larose, 2001
  • Le Credo de l’Homme blanc, Ed. Complexe, 2002
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« L’Algérie des origines. De la préhistoire à l’avènement de l’Islam», de Gilbert Meynier

Le premier tome d’une histoire générale de l’Algérie par Gilbert Meynier est annoncé pour début janvier 200710.

Il ne s’agira pas d’un ouvrage de recherche, mais d’une tentative pour diffuser le point des connaissances historiques dans un large public.
Dans le second volume, Gilbert Meynier traitera de la période « classique » (royaumes berbères, empires maghrébins, période ottomane), et le troisième concernera l’Algérie contemporaine (de la période coloniale à l’Algérie indépendante).

Vous trouverez ci-dessous l’avant propos de «L’Algérie des origines», ainsi qu’un aperçu de la table des matières.

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