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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Jules Roy
1881-1944

Jules Roy : je suis né le 22 octobre 1907, à 30 kilomètres au sud d’Alger

Jules Roy (Rovigo 1907 – Vézelay 2000) fut officier dans l’infanterie puis dans l’aviation. Il participa au sein des Forces françaises libres à la Seconde Guerre mondiale. En juin 1953, il rompt avec l’armée, dont il désapprouve les méthodes.

Il se tourne alors vers la littérature. Dans ses oeuvres, il dénonce la brutalité de la colonisation de l’Algérie, et les atrocités de la guerre d’indépendance.

Il écrivit, le 25 janvier 1962: «La cause que je sers? Celle d’une humanité qui ne veut pas enlever le soleil, la patrie et le pain à ceux qui y ont droit. Petit-fils de colons, j’ai entendu, pendant la dernière guerre mondiale, sonner le glas du colonialisme et je dis que cela est juste. Fils d’une paysanne et d’un gendarme, je veux que mon armée soit le sel de la nation.»

En septembre 1960, après un séjour d’un mois dans son pays natal, il publie «La guerre d’Algérie» (éd. Julliard). Ci-dessous les larges extraits repris dans L’Express du 29 septembre 1960.

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Monseigneur Duval et Albert Camus, deux hommes dans la tourmente

Les événements tragiques qui ont accompagné le déclenchement de la guerre algérienne de Libération ont mis Monseigneur Duval et l’écrivain Albert Camus devant un choix qu’ils ne pouvaient faire.

A l’occasion du dixième anniversaire de la mort du cardinal Léon-Etienne Duval, El Watan publie un dossier de A. Benchabane qui lui est consacré 2.

[Mise en ligne, le 15 mai 2006,

mise à jour, le 14 janvier 2007]
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Retours sur la “bataille d’Alger”

Jusqu’en août 1956, Alger avait été relativement épargné par la guerre. Mais l’exécution de plusieurs prisonniers partisans du FLN, ainsi qu’un attentat terroriste meurtrier, accompli par un groupe « Algérie française », rue de Thèbes, dans la casbah, incitent le FLN à riposter. Devant la multiplication des attentats, Robert Lacoste, le ministre-résidant, décide en janvier 1957 de confier au général Massu la tâche de rétablir l’ordre à Alger …

Historien de la guerre d’Algérie, Mohamed Harbi revient ci-dessous sur les événements de 19573. Puis, vous pourrez constater que le cinquantième anniversaire du début de ce que les Français désignent par la “bataille d’Alger” est passé inaperçu en Algérie.

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échange de courriels entre l’association des victimes du 26 mars 1962 et la section LDH de Toulon

Nous souhaitons que les hommages rendus aux victimes de la guerre d’Algérie associent toutes les victimes et ne fassent l’objet d’aucune récupération.

Le courriel que nous avons adressé à Nicole Ferrandis, présidente de l’Association des Familles des victimes du 26 Mars 1962 et de leurs Alliés4, en réponse à son courriel du 21 juillet dernier, nous a donné l’occasion de rappeler notre point de vue.

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Le colonel Bigeard, le général Massu, le colonel Trinquier et le capitaine Léger, pendant la bataille d'Alger en 1957.
L'exportation du modèle français de guerre anticoloniale

des guerres d’Indochine et d’Algérie aux dictatures d’Amérique latine

L’enquête de Marie-Monique Robin sur les origines du « Plan Condor » par lequel, dans les années 1970, les dictateurs d’Amérique du Sud ont coopéré pour assassiner leurs opposants, dépasse de loin l’histoire de ce continent. Son livre5 et son film apportent aussi des éléments précis sur l’émergence au sein de l’armée française, à la fin de la guerre d’Indochine, d’une doctrine de guerre antisubversive impliquant notamment la torture, sur sa mise en pratique en Algérie et son exportation ensuite vers les Etats-Unis et l’Amérique du Sud.

Un entretien avec Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice, publié dans Hommes & Libertés, revue de la LDH, N° 128, oct. nov. déc. 2004.

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France-Soir, mercredi 7 janvier 1957.
L'exportation du modèle français de guerre anticoloniale

cinquante ans après la «bataille d’Alger», le retour de la torture

Au nom de la «lutte contre le terrorisme», le président George W. Bush légalise le recours à des «interrogatoires violents»7, après en avoir «délocalisé» l’utilisation8.

Nous, Français, n’avons pas de leçon à donner, mais au moins pouvons-nous faire état de notre «expérience» passée dans ce domaine : rappeler l’échec auquel nous ont conduits les gouvernants qui avaient imaginé pouvoir défendre la République en utilisant des méthodes qui sont la négation de ses valeurs.

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Mouloud Feraoun.
Chateau-Royal, mars 1962

“Mouloud Feraoun, un écrivain dans la guerre d’Algérie”, par Sylvie Thénault

Comment, au coeur de la guerre d’Algérie, concilier l’identité kabyle, la culture française et l’aspiration à l’indépendance ? A travers le cas de l’écrivain Mouloud Feraoun, assassiné par l’OAS quelques jours avant le cessez-le-feu, c’est aussi la question des violences d’aujourd’hui qui nous est ici posée.

Sylvie Thénault nous a permis de reprendre cet article publié en 1999 dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire9.

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l’Europe et ses populations issues de l’immigration, par Jürgen Habermas

L’Europe doit tout à la fois respecter l’altérité des populations issues de l’immigration et les intégrer dans la solidarité civique.

Mais l’intégration ne peut être à sens unique. Pour qu’elle soit possible, il faut que les cultures nationales s’ouvrent à un spectre plus large d’odeurs et d’idées.

C’est ce qu’a déclaré le philosophe Jürgen Habermas, dans son discours de réception du prix du Land de Rhénanie, dont vous trouverez ci-dessous un très large extrait10.

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Jean Müller, un chrétien contre la guerre d’Algérie

En avril 1956, le gouvernement Guy Mollet décide le rappel de plusieurs contingents qui seront envoyés en Algérie. Parmi les rappelés, Jean Müller, âgé de 25 ans, est membre de l’équipe nationale La Route des Scouts de France. Ses convictions chrétiennes l’incitent à refuser la guerre, mais il décide de ne pas se dérober afin de “témoigner”.

Il ne reviendra pas en France, car il trouve la mort, le 27 octobre 1956, au cours d’une embuscade. Mais, en février 1957, un cahier « De la pacification à la répression, le dossier Jean Müller », constitué à partir des lettres qu’il avait adressées à ses proches, est publié par les Cahiers de Témoignage chrétien.

Le gouvernement porte plainte pour diffamation contre Témoignage chrétien11, saisit des journaux qui reprennent des extraits du dossier… Mais les autorités ne pourront empêcher le retentissement considérable de cette publication.

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Plaintes de pieds-noirs contre l’Algérie jugées irrecevables

C’est au nom de 600 rapatriés d’Algérie que l’USDIFRA (Union de défense des intérêts des Français repliés d’Algérie et d’Outre-mer), avait déposé en 2004, auprès du Comité des droits de l’homme de l’ONU, une plainte pour spoliation contre l’Etat algérien. Selon l’USDIFRA, l’Algérie doit exactement 12,1 milliards d’euros aux rapatriés français12. Leur avocat, Me Garay, a cité plusieurs contentieux internationaux similaires, notamment l’indemnisation par l’Allemagne d’anciens propriétaires en RDA, ou les réparations versées par Chypre à des Grecs spoliés.
Pour l’USDIFRA, cette réparation aurait assuré le « travail de repentance et de réconciliation de la France avec l’Algérie».

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