4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

conquistadores.jpg
Diverses questions d'histoire

le pape reconnaît en 2007 les « ombres » de la colonisation en Amérique

Réagissant à la vague de protestations qui ont suivi ses récentes déclarations au Brésil, le pape Benoit XVI a reconnu les « souffrances » et les « injustices » que la colonisation et l’évangélisation de l’Amérique ont provoquées. En 1992, Jean Paul II, prédécesseur de Benoît XVI, avait demandé pardon aux peuples amérindiens pour le rôle joué par les chrétiens européens dans la conquête de l’Amérique.

[Première mise en ligne le 17 mai 2007, mise à jour le 23 mai 2007]
Lire la suite »
coeur_des_memoires.jpg
Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

la violence est au coeur des mémoires, par Claire Mauss-Copeaux

Déchirés entre l’impossible oubli et la mémoire impossible de cette « guerre sans nom », les récits des appelés de la guerre d’Algérie ont été longtemps retenus. L’historienne Claire Mauss-Copeaux a travaillé sur leur mémoire. Comment ont-ils vécu cette guerre et ses dilemmes moraux ? Comment vivent-ils aujourd’hui avec le souvenir de ces années de conflit ?

En interrogeant des appelés, Claire Mauss-Copeaux a mené une enquête de plusieurs années. Elle a conduit progressivement ses interlocuteurs à se confier; elle a décelé, au fil des mots, les ambiguïtés, les contradictions, les lapsus ; elle a traduit leurs silences, leurs hésitations. Elle a confronté ce matériau avec d’autres sources historiques, mesurant les forces et les limites du souvenir.
Vous trouverez ci-dessous un extrait de son ouvrage «Appelés en Algérie, la parole confisquée» 1.

Lire la suite »
Progrès, civilisation, commerce.
1881-1944

Un code pour les indigènes

Le redécouvrir fait scandale : la justice n’était pas la même pour les « indigènes ».

Un article de Isabelle Merle, chargée de recherche au CNRS, publié dans L’Histoire, N° 302 – otobre 2005.

Lire la suite »
Bernard Kouchner, sac de riz sur l'épaule, le 5 décembre 1992, en Somalie.
La Françafrique

de la “mission civilisatrice” coloniale à l’ingérence humanitaire, par Rony Brauman

Après la nomination, le 18 février 2007, de Bernard Kouchner au poste de ministre des affaires étrangères, la lecture de ce texte de Rony Brauman2
rappelle que, remplaçant le vieux discours colonial sur la “ mission civilisatrice ”, le “ droit d’ingérence humanitaire ” est souvent été invoqué de nos jours pour justifier les interventions militaires occidentales.

Dès sa prise de fonction, Bernard Kouchner, qui se bat depuis des années pour la reconnaissance de ce droit d’ingérence, a manifesté que le dossier Darfour est une de ses priorités …

[Première publication le 12 octobre 2005, repris le 21 mai 2007]
Lire la suite »
Affiche pour l'exposition coloniale de 1931 (Milleret)
La société française au temps des colonies

La construction d’une certaine image
de l’Afrique
sur fond d’idéologie coloniale

Des débuts des conquêtes aux années 1990, l’idéologie coloniale, en particulier le discours missionnaire, contribuèrent à forger des représentations stéréotypées des Africains, inspirées des doctrines raciales européennes. Cette question est abordée dans la thèse de Sophie Pontzeele, « Burundi 1972/Rwanda 1994 : L’efficacité “dramatique” d’une reconstruction idéologique du passé par la presse ». Nous reproduisons le début de son premier chapitre, intitulé « Les représentations du continent africain en France, des débuts de la conquête coloniale aux années 1990 ».

Lire la suite »
rene_gallissot.jpg
Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

René Gallissot, à l’occasion de la parution de deux ouvrages : « je suis contre la soumission des historiens aux commandes de l’Etat »

A l’occasion de la parution de deux ouvrages, Algérie. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et La République française et les indigènes, René Gallissot a accordé deux interviews que nous reprenons ci-dessous. Dans la première, publiée par BabelMed, il revient sur les polémiques auxquelles la loi du 23 février 2005, qui glorifie l’« œuvre coloniale française », a donné lieu aussi bien en France qu’en Algérie. Dans la seconde, publié par El Watan, il s’exprime sur l’évolution prévisible des rapports franco-algériens à la suite du changement de président de la République en France.

Lire la suite »
Les fondateurs : Michel Delsaux, Rémi Serres, Armand Vernhettes et Georges Treilhou (de g. à d.).
Réconciliation et réparations

quand on a fait du mal à quelqu’un, on lui demande pardon, c’est normal

«Nous sommes quatre anciens appelés qui avons fait la guerre d’Algérie. A cette époque-là, nous les gars du contingent nous ne disions rien et n’avons pas eu le courage de hurler notre désaccord au monde.

Aujourd’hui, bien que percevant de modestes retraites, nous avons décidé de refuser la retraite du combattant et d’en reverser le montant à des populations souffrant de la guerre ou à des organismes oeuvrant pour la paix.

Ce que nous avons vu et vécu en Algérie, l’inutilité de ce conflit, la conscience de “l’horreur de la guerre”, le désir de transmettre cette mémoire aux jeunes générations,
nous poussent dans cette démarche.

Dans ce but nous venons de créer l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre.»

[Déclaration des membres fondateurs,

lors de la première conférence de presse, le 3 fév. 2004 à Albi]
Lire la suite »
un rêve ...
Madagascar

Gallieni et la colonisation de Madagascar

« Le rêve européen […] s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation.», déclarait Nicolas Sarkozy à Montpellier, le 3 mai 2007.

Voyons donc quel fut le rêve français à Madagascar, le rêve de Gallieni3.

Lire la suite »
Tropiques amers.
La reconnaissance de l'esclavage

Création le 10 mai 2006 d’une journée des mémoires de la traite négrière,
de l’esclavage
et de leurs abolitions

Le 30 janvier 2006, Jacques Chirac, président de la République, annonçait que le 10 mai serait chaque année « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Nous vous proposons ci-dessous de larges extraits de son allocution du 10 mai 2006 au jardin du Luxembourg. Une cérémonie officielle s’y déroulera à nouveau en 2007, en présence de Nicolas Sarkozy, nouvellement élu président de la République. Opposé à la « repentance » durant sa campagne, il y participera néanmoins.

Lire la suite »

Nicolas Sarkozy endosse la vision des pieds noirs extrémistes

La lettre de Nicolas Sarkozy adressée le 16 avril dernier au président du Comité de liaison des associations nationales de rapatriés (CLAN-R) provoque de vives réactions, notamment en Algérie. L’entourage du candidat à l’élection présidentielle tente d’apaiser la polémique, sans toutefois revenir sur le contenu de cette lettre.

Vous trouverez ci-dessous successivement un article du Monde daté du 21 avril, la réaction d’El Watan du 21 avril, l’article du Monde daté du 22 avril, et, pour terminer, un extrait de l’entretien avec le premier ministre algérien publié dans Le Monde du 4 mai 2007.

[Première publication le 20 avril, mise à jour le 3 mai 2007]

Lire la suite »
sarko_colon3.jpg
De 2007 à 2012

Les propos inquiétants de Nicolas Sarkozy sur le passé colonial, par Gilles Manceron

Pour rallier, lors de sa campagne présidentielle, la partie de l’électorat la plus nostalgique de la colonisation, souvent proche de l’extrême droite, Nicolas Sarkozy a fait, dans ses discours et surtout dans ses déclarations et courriers à des associations de rapatriés d’Algérie, des références au passé colonial de la France en des termes souvent inquiétants. Il a laissé poindre une véritable relance de l’éloge de la « colonisation positive » que voulait imposer, avec les résultats que l’on connaît, la loi du 23 février 2005. En même temps, pour donner le change et éviter de provoquer les mêmes protestations que la loi en question, il s’est employé à démentir les interprétations que ses propos ont suscitées en France et en Algérie et a fait à des médias algériens des déclarations qui se veulent rassurantes.

sarko_colon3.jpg

Peu soucieux de cohérence, son langage s’est dédoublé et multiplié. Il a un langage pour les meetings, un autre, plus nettement « nostalgérianiste », réservé aux missives destinées à gagner les faveurs des nostalgiques de la colonisation, et même un troisième, « réservé à l’exportation », dévolu à des médias algériens soigneusement choisis, destiné, sans rien démentir du reste, à atténuer l’effet des précédents. Il est intéressant de rassembler les fils, pour faire apparaître les contradictions entre ces langages multiples, parfois simplement ambigus, parfois franchement choquants, mais qui suscitent les pires inquiétudes.

Lire la suite »