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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Achille Mbembe : la France peut-elle réinventer son identité ?

La crise dans les banlieues de France a pour origine la manière dont la France a historiquement voulu esquiver la question raciale tout en multipliant, à tous les niveaux de la vie quotidienne, des pratiques de « racialisation ». Elle révèle au grand jour l’impasse à laquelle a conduit le refus, par ce pays, de s’auto-décoloniser.

Dans ce texte datant de décembre 2005, l’historien camerounais pose la question : comment régénérer cette vieille société et donner un coup de fouet à cette vieille culture qui donne aujourd’hui l’impression de s’écrouler sous la sclérose ? 1

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Amadou Mactar Mbow : Sarkozy ignore les réalités profondes de l’histoire de l’Afrique

« On oublie que la traite des Noirs a contribué très largement dans l’accumulation primitive du capital ». Joint hier à Vichy2, l’historien sénégalais, ancien directeur général de l’Unesco, est sorti de sa réserve pour répondre à Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa. Une manière pour lui de célébrer ce 23 août « Journée internationale de commémoration de la lutte contre l’esclavage et de son abolition ». Amadou Mactar Mbow avait réussi sous l’égide de l’Unesco à rassembler d’éminents scientifiques africains dont Joseph Ki-Zerbo, Cheikh Anta Diop, pour écrire l’Histoire générale de l’Afrique. Premier ministre de l’Education et de la Culture du Sénégal, il affirme que « Sarkozy ignore les réalités profondes de l’histoire de l’Afrique. »3

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“la mémoire partisane du président”, par C. Coquery-Vidrovitch, G. Manceron et B. Stora

Le refus de la repentance a pour objectif d’entraver le travail des historiens et de réunifier la droite.

Ce texte des historiens Catherine Coquery-Vidrovitch, Gilles Manceron et Benjamin Stora, a été publié dans Libération le 13 août 2007. A sa suite vous trouverez une réaction de l’historien Gilbert Meynier.

[Mis en ligne le 13 août, complété le 21 août 2007]

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Mémoire sans sépultures, par Houssine Mourad Salim

Les événements tragiques de l’année 1962 restent présents à l’esprit des Oranais des deux bords de la Méditerranée… Houssine Mourad Salim, psychologue clinicien, invite les historiens algériens à participer, au côté des historiens français, au travail nécessaire de mémoire et d’histoire sur tous ces drames.

Vous trouverez ci-dessous deux articles qu’il a publiés dans la presse algérienne à un an d’intervalle : le premier publié dans El Watan, le 19 août 2007, le second le 1er octobre 2006 dans Le Quotidien d’Oran.

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Benjamin Stora : « difficile de concevoir une union méditerranéenne indépendamment de la mémoire des peuples»

Ayant rédigé avec deux autres historiens français, Catherine Coquery-Vidrovitch et Gilles Manceron, une tribune où il est souligné que « le refus de la repentance pour les crimes coloniaux a pour objectif d’entraver le travail des historiens », Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb, revient dans cet entretien sur cette initiative.

Il explique le but de cette action et relève aussi l’importance du travail de mémoire dans la mise en place de tout projet politique tendant à renforcer les liens entre les populations des deux rives de la Méditerranée. Ainsi, selon lui, l’idée de l’Union de la Méditerranée prônée par le président français est difficile à concrétiser en dehors de la mémoire des peuples. Il invite, dans ce sens, Nicolas Sarkozy à se débarrasser de son double discours sur le passé colonial pour faire avancer les relations avec la rive sud de la Méditerranée, notamment l’Algérie.

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Mamadou Diouf : pourquoi Sarkozy se donne-t-il le droit de nous tancer et de juger nos pratiques…

Devons-nous réellement prêter attention à son discours ou devons-nous faire en sorte qu’il ne puisse plus prendre avec une telle arrogance et un tel mépris — un mépris fait de tant d’ignorance — cette liberté que s’octroie le maître vis-à-vis de l’esclave : lui dire son fait, le définir, lui attribuer une essence qui affiche son comportement, sa moralité douteuse, sa sexualité débridée tout en se rendant disponible pour le corriger et le punir parce qu’il le connaît mieux que tout le monde. Telle est la position de Mamadou Diouf, l’invité personnel du Président Chirac lors du dernier Sommet France-Afrique. Il balaie au passage le recours sélectif de la philosophie de Senghor par Nicolas Sarkozy. Pour l’historien sénégalais une protestation des Sénégalais et du Gouvernement étaient et sont toujours d’actualité.5

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Le racisme postcolonial

Tintin au tribunal

Un étudiant congolais résidant en Belgique vient de demander en justice l’interdiction de Tintin au Congo pour «racisme et xénophobie». S’il semble difficile d’approuver sa demande d’interdiction, il n’est pas inutile de rappeler que cet album de Hergé véhicule nombre de stéréotypes raciaux.

Ces stéréotypes sont toujours bien vivaces en France, jusque dans certains discours de nos gouvernants :
«Pendant que nous y sommes, que diriez-vous, bonnes gens, du président français, Nicolas Sarkozy, qui vient tout juste d’étaler à Dakar sa vision passéiste de l’Afrique ? Pour sûr, si la sentence devait tomber, Sarko serait plus coupable que Hergé.» 6

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géopolitique de la nostalgie

En matière de politique africaine, l’homme de la rupture disparaît sous le poids des traditions.

Par Florence Brisset-Foucault, doctorante, Paris-I- Sorbonne ; Marie-Emmanuelle Pommerolle, maître de conférences, université Antilles-Guyane : Etienne Smith et Emmanuel Viret doctorants, Sciences-Po, Paris.

[Libération, mardi 14 août 2007]
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France-Afrique : ces sottises qui divisent, par Achille Mbembe

Il y a quelques jours, et en réponse au discours controversé prononcé par Nicolas Sarkozy, chef d’état français, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), nous publiions un texte d’Achille Mbembe, « L’Afrique de Nicolas Sarkozy ». Ce texte a été très largement diffusé en Afrique francophone et en Europe. Repris par plusieurs organes de presse et dans les médias alternatifs, il a suscité de vigoureux débats sur plusieurs sites internet. Il a également donné lieu à de nombreuses réactions et nouvelles interrogations qui obligent son auteur à préciser sa pensée – ce qu’il a aimablement accepté de faire dans la note qui suit7. Entretemps, l’on apprend que le discours de Dakar fera bientôt l’objet d’une publication.

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