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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Abdoulaye Wade, Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Bockel et Rama Yade, à Dakar, le 26 juillet 2007.
Discours de Dakar 2007

et s’il n’en reste qu’un, Jean-Marie Bockel sera celui-là

Le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar sur «l’homme africain» jugé étranger à «l’idée de progrès» continue à être très mal reçu en Afrique.
«Se peut-il qu’il n’ait pas compris à quel point nous nous sommes sentis insultés?», lance l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop.
«D’un point de vue rigoureusement politique, son discours est une faute. Il ne tardera pas à s’en rendre compte: les Africains et les nègres de la diaspora ne le lui pardonneront jamais», souligne-t-il.

Vous trouverez ci-dessous, à titre de document, l’appui que Jean-Marie Bockel a cru devoir renouveler aux thèses de Nicolas Sarkozy1

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Controverses

en 40 ans, le Petit Robert n’avait pas modifié sa définition du terme colonisation

Mardi 5 septembre 2006, le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran)2 et le Mrap réclamaient «le retrait pur et simple» de l’édition 2007 du Petit Robert pour sa définition des mots « colonisation » et « coloniser ». Le Mrap dénonçait «cette nouvelle tentative de réhabilitation et de glorification du colonialisme», et accusait le Petit Robert de «reprendre à son compte l’esprit de la loi du 23 février 20053 qui reconnaissait à la colonisation française un rôle positif ».
Un an plus tard, dans son édition 2008, le Petit Robert ajoute à sa définition de la colonisation une citation d’Aimé Césaire, tirée de son Discours sur le colonialisme : «colonisation = chosification».

Tout ce qui suit a été publié sur ce site début septembre 2006, et n’a pas été modifié depuis.

[Première mise en ligne le 5 sept. 06, dernière mise à jour le 4 sept. 07]
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«Les crimes de l’armée française en Algérie», par Pierre Vidal-Naquet

Il est de bon ton, aujourd’hui en France, de considérer avec complaisance les épisodes coloniaux de notre histoire. Refuser la “repentance” c’est refuser la réalité des guerres de conquête, de la violence de la colonisation et de la décolonisation.

Pour s’en convaincre il suffit de relire Pierre Vidal-Naquet. Par exemple «Vingt-cinq ans après : réflexions sur un retour», préface que l’historien a rédigée pour la réédition en 2001 de son ouvrage Les crimes de l’armée française, Algérie 1954-1962, publié en 1975 aux éditions Maspero.

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Histoire de France et rejets identitaires

la solidarité des “grands commis de l’Etat”

Deux anciens premiers ministres, Raymond Barre et Pierre Messmer, sont décédés à quelque jours d’intervalles, le 25 et le 29 août 2007.

Les déclarations antisémites de Raymond Barre4 n’ont pas été oubliées, mais il faut également rappeler que les deux anciens premiers ministres avaient été témoins de moralité de Maurice Papon, en octobre 1997, au procès de ce dernier à Bordeaux.

Les textes ci-dessous sont repris du site Mémorial 98, les deux dessins de Riss étant reproduits de son Procès Papon5.

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Pierre Messmer
Cameroun

Pierre Messmer grand commis de la République coloniale

Avant de devenir un homme politique de premier plan, Pierre Messmer avait été acteur et témoin d’un chapitre de l’empire colonial français en Afrique. Une brillante carrière d’administrateur colonial lui avait permis d’être le dernier Haut-Commissaire en Afrique occidentale française de juillet 1958 à décembre 1959. David Servenay le rappelle dans un article que nous reprenons partiellement ci-dessous.

Mais au Cameroun, c’est la “pacification” du pays, à l’époque où Pierre Messmer était Haut-Commissaire — du 17 avril 1956 au 29 janvier 1958 — qui est restée présente dans la mémoire des Camerounais. Une page sanglante et souvent méconnue de l’histoire coloniale qu’entend exhumer l’Association des vétérans du Cameroun.

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«Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. Jamais il ne s'élance vers l'avenir, jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.» Nicolas Sarkozy (Dakar, 26 juillet 2007)[L'Express N° 2926 - 2 août 2007]
Discours de Dakar 2007

le discours de Dakar : un mois plus tard on en parle toujours

«Le discours de Dakar, on en parlera encore dans dix ans». Selon le Canard Enchaîné du 1er août 2007, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, se serait ainsi vanté du texte de 16 pages rédigé par ses soins, ajoutant «ceux qui ne connaissent pas l’Histoire ne font pas de bons discours».

Un mois plus tard, on parle encore beaucoup du discours de Dakar, les commentaires restant très sévères, et pas seulement en Afrique. Il ne reste que Jean-Marie Bockel pour le qualifier de “grand discours”.

[Première mise en ligne le 23 août, mise à jour le 28 août 2007]

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Thabo Mbeki et Nicolas Sarkozy, le 11 juin 2007, lors de la réunion du G8 à Heiligendamm (photo : Michael Urban / AFP)
Discours de Dakar 2007

Thabo Mbeki victime collatérale du discours de Dakar ?

Le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007 a été particulièrement mal reçu en Afrique. On comprend donc que l’évocation par le président français d’une lettre de félicitation — elle figure vers le bas de cette page — que lui a adressée Thabo Mbeki, président de la République sud-africaine, y ait causé une certaine surprise.

A la suite des remous provoqués par ce qui apparaît comme une vaine tentative pour sauver un discours calamiteux, une mise au point de la présidence sud-africaine rappelle que les félicitations de Thabo Mbeki ne concernaient que le soutien de la France au développement de l’Afrique.

[Première mise en ligne le 24 août 2007, mise à jour le 28 août]
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Achille Mbembe : la France peut-elle réinventer son identité ?

La crise dans les banlieues de France a pour origine la manière dont la France a historiquement voulu esquiver la question raciale tout en multipliant, à tous les niveaux de la vie quotidienne, des pratiques de « racialisation ». Elle révèle au grand jour l’impasse à laquelle a conduit le refus, par ce pays, de s’auto-décoloniser.

Dans ce texte datant de décembre 2005, l’historien camerounais pose la question : comment régénérer cette vieille société et donner un coup de fouet à cette vieille culture qui donne aujourd’hui l’impression de s’écrouler sous la sclérose ? 6

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Amadou Mactar Mbow : Sarkozy ignore les réalités profondes de l’histoire de l’Afrique

« On oublie que la traite des Noirs a contribué très largement dans l’accumulation primitive du capital ». Joint hier à Vichy7, l’historien sénégalais, ancien directeur général de l’Unesco, est sorti de sa réserve pour répondre à Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa. Une manière pour lui de célébrer ce 23 août « Journée internationale de commémoration de la lutte contre l’esclavage et de son abolition ». Amadou Mactar Mbow avait réussi sous l’égide de l’Unesco à rassembler d’éminents scientifiques africains dont Joseph Ki-Zerbo, Cheikh Anta Diop, pour écrire l’Histoire générale de l’Afrique. Premier ministre de l’Education et de la Culture du Sénégal, il affirme que « Sarkozy ignore les réalités profondes de l’histoire de l’Afrique. »8

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“la mémoire partisane du président”, par C. Coquery-Vidrovitch, G. Manceron et B. Stora

Le refus de la repentance a pour objectif d’entraver le travail des historiens et de réunifier la droite.

Ce texte des historiens Catherine Coquery-Vidrovitch, Gilles Manceron et Benjamin Stora, a été publié dans Libération le 13 août 2007. A sa suite vous trouverez une réaction de l’historien Gilbert Meynier.

[Mis en ligne le 13 août, complété le 21 août 2007]

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