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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

La stèle de Perpignan.
Perpignan

Albert Camus à Perpignan

Un bel hommage a été rendu à Albert Camus, lors du colloque franco-algérien organisé à Perpignan du 11 au 13 octobre 2007, alors que l’écrivain est l’objet d’une tentative de “récupération” de la part des nostalgériques (= les nostalgiques de l’Algérie française) à l’occasion de l’inauguration prochaine d’un «Mur des disparus».

[Cette page a été mise en ligne dans une première version le 16 oct. 07, mais elle a été modifiée et complétée le 30 oct. 07]
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Albert Camus : l’Algérie en mai 1945

Albert Camus est mort en janvier 1960, au moment où l’option de la négociation avec le FLN pour préparer l’indépendance de l’Algérie commençait à être envisagée par le général de Gaulle. On ne sait pas comment il aurait réagi s’il avait vécu en 1960, 1961 et 1962, à un moment où chacun a eu à choisir entre cette acceptation de l’indépendance et l’option du putsch et de l’OAS. Le fait est que, jusqu’à sa mort, il a refusé l’idée d’indépendance de l’Algérie, en considérant que cela signifierait le départ des Européens d’Algérie et donc la mort de « son » Algérie1. Après s’être engagé en janvier 1956 en faveur de l’arrêt des violences contre les civils des deux camps2 ce qui l’a exposé à la haine des extrémistes européens qui l’ont empêché de parvenir à son objectif, il s’est réfugié jusqu’à sa mort dans un silence presque total sur ce sujet. Aurait-il suivi, s’il avait vécu, l’évolution d’amis comme l’écrivain Emmanuel Roblès ou le peintre Jean de Maisonseul en faveur de l’indépendance, ou bien une autre direction ? rien ne permet de l’affirmer.

Quoi qu’il en soit, les textes qu’il a écrits en mai 1945 pour le journal Combat3, montrent son estime et sa grande attention aux populations arabes déshéritées, ainsi que sa conviction qu’il s’agit « de faire jouer à leur propos les principes démocratiques que nous réclamons pour nous-mêmes ». Voici des extraits de ces textes4.

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El Watan, le 21 octobre 2007.
De 2007 à 2012

La France remet à l’Algérie les plans des mines posées aux frontières est et ouest

La Ligne Morice, constituée de barbelés et de mines, surveillée en permanence, a été construite à partir de juillet 1957, le long des frontières de l’Algérie avec le Maroc et la Tunisie. Sur 460 km de la frontière tunisienne et 700 km de la frontière marocaine, ces lignes étaient destinées à empêcher les infiltrations de combattants de l’Armée de libération nationale (ALN) à partir de la Tunisie ou du Maroc. Selon Alger, 3 millions de mines antipersonnelles sur les onze millions implantées par l’armée française lors de la guerre d’Algérie sont encore enfouies le long de ces frontières.

Il aura fallu attendre quarante cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie, et neuf ans après sa ratification de la Convention d’Ottawa, pour que la France fasse ce geste !

[Mise en ligne le 22 oct. 07, mise à jour le 27 oct. 07]
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Ligne Morice (barrage électrifié).
La reconnaissance du passé colonial

à l’ouest, rien de nouveau, les mines sont toujours là

Les souffrances et les déracinements qu’ont vécus des centaines de milliers d’Européens à l’occasion de la guerre et de l’accession à l’indépendance d’un pays où ils étaient nés, sont abondamment évoqués depuis 1962. Des centaines de milliers d’Algériens “de souche” ont également connu l’exode au Maroc ou en Tunisie, à cause de cette guerre. Cette page est consacrée à ceux qui ont dû se réfugier au Maroc à la suite de la construction de la ligne Morice.

En 1961, François Chevaldonné et Paul Moity, deux jeunes Français qui travaillaient alors au Maroc, avaient commencé à préparer un court métrage sur ces réfugiés algériens, mais le cessez-le-feu est intervenu avant que le film ne soit achevé. Quarante ans après, à l’occasion de l’année de l’Algérie en France, ils ont pu réaliser un livre et une exposition avec les photos et les éléments de documentation qu’ils avaient alors recueillis. Cette page a été réalisée à partir du site internet qu’ils ont consacré à ces oubliés de l’histoire.5

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Controverses

Guy Môquet, Ahmed Zabana, Huynh Khuong An …

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, avait demandé aux enseignants de lire à leurs élèves, ce 22 octobre, la dernière lettre de Guy Môquet, fusillé le 22 octobre 1941. Les réactions des enseignants ont été diverses.

Brahim Senouci salue la mémoire de Guy Môquet en y associant celle d’Ahmed Zabana, héros de la guerre de libération algérienne, et rappelle le combat sans cesse renouvelé de l’humanité tout entière contre l’injustice.

Alain Ruscio a saisi cette occasion pour rappeler – et sans doute pour apprendre à beaucoup – que, ce même jour, un Vietnamien avait lui aussi versé son sang pour la
France.

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Histoire de France et rejets identitaires

Henri Guaino fustige les professeurs qui refusent d’obéir

De nombreux enseignants refusent de participer à ce qui devait être un moment de rassemblement républicain, la lecture le 22 octobre de la lettre de Guy Môquet, ce jeune communiste de 17 ans fusillé en 1941 par les Allemands. Les textes adoptés par les enseignants du lycée Carnot (Paris) expliquent les raisons de leur prise de position.

Henri Guaino, conseiller spécial du président n’admet pas ce refus. Hier matin, au micro de RTL, il a fustigé ces professeurs « dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire », et qui refusent de lire à leurs élèves la lettre de Guy Môquet, comme le prévoit l’instruction officielle du 30 août dernier. Il expose son incompréhension dans un entretien publié par Libération.

[Mise en ligne le 19 oct. 07, mise à jour le 21 oct. 07]
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Discours de Dakar 2007

Henri Guaino aime le discours de Dakar

Dans un entretien publié le 20 octobre 2007 par le quotidien Libération, dont nous reprenons un extrait ci-dessous, Henri Guaino revient sur le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar. Après avoir longuement évoqué son incompréhension du refus de nombreux enseignants d’obéir à l’injonction qui leur est faite de lire à leurs élèves la lettre de Guy Môquet conformément à l’instruction officielle du 30 août dernier, Henri Guaino montre qu’il ne comprend pas plus la vague de critiques soulevée par un texte dont il est l’auteur

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Les juifs de l’Algérie coloniale

L’histoire des juifs d’Algérie à l’époque coloniale est souvent mal connue. Un événement fait exception : le décret Crémieux qui accorda la nationalité française en bloc à tous les juifs algériens. Le violent antisémitisme qui s’était développé parmi les Européens d’Algérie est souvent ignoré, ainsi que l’abolition en 1940 du décret Crémieux.

Nous vous proposons une brève histoire des juifs d’Algérie reprise de l’ouvrage «D’une rive à l’autre – La guerre d’Algérie, de la mémoire à l’histoire» de Hassan Remaoun et Gilles Manceron6, suivie d’extraits de «Les trois exils. Juifs d’Algérie» où Benjamin Stora revient sur l’abolition puis le difficile rétablissement du décret Crémieux7.

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Musées et créations contemporaines

la LDH se réjouit de l’ouverture de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration

La LDH a toujours considéré que le projet de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration — faire connaître et reconnaître l’apport de l’immigration en France à travers l’histoire des deux derniers siècles — était positif. C’est ce que Dominique Guibert, membre du Bureau national de la LDH, est venu dire lors de l’ouverture de la CNHI.

[Première mise en ligne le 4 oct. 07, mise à jour le 16 oct. 07]

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les historiens disent Non ! à la fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie annoncée par François Fillon

Dans son discours du 25 septembre 2007, lors de la cérémonie nationale d’hommage aux harkis, le premier ministre a annoncé la création en 2008 de la fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie :
«Nous avons besoin d’une réconciliation sincère des mémoires, d’un apaisement véritable des esprits et des coeurs. Une fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie sera créée à cet effet en 2008. Ces questions lui seront confiées. Des historiens indépendants effectueront ce travail.»
Une dotation en capital de 3 M€ en faveur de cette fondation est d’ailleurs inscrite au projet de budget 2008 du ministère des Anciens combattants (voir ci-dessous).

Cette fondation était prévue par l’article 3 de la loi du 23 février 2005 portant “reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés”, mais de nombreux historiens s’étaient exprimés contre la création de cette fondation, et le président Chirac avait eu la sagesse de “geler” ce projet.

Aujourd’hui, les historiens renouvellent leur opposition à cette fondation, déclarant qu’ «il est temps d’en finir avec la “guerre des mémoires”».

[Première mise en ligne le 18 janv. 06, complétée et mise à jour le 14 oct. 2007]
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Les promesses du candidat Sarkozy aux « nostalgériques »

La lettre adressée le 16 avril dernier par Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République, à Denis Fadda, président du Comité de liaison des associations nationales de rapatriés (CLAN-R)8, a beaucoup circulé pendant la campagne présidentielle du printemps 2007. Nous l’avions publiée sur ce site le 18 avril, précédée du commentaire ci-dessous.

Nicolas Sarkozy avait adressé le 6 avril une première lettre aux présidents des associations de rapatriés que vous trouverez plus bas

[Première publication le 18 avril, complétée le 14 octobre 2007]
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Albert Camus et l'Algérie

il y a cinquante ans, le prix Nobel de littérature était attribué à Albert Camus

Conférence donnée par Benjamin Stora9 au Musée de la Méditerranée de Stockholm, le 6 octobre 2007.

Vous pourrez également lire sur ce site un de ses articles datant de 1939 sur la misère de la Kabylie, son point de vue sur les événements de Sétif, et un article consacré à Albert Camus et Joseph Duval publié récemment dans un quotidien algérien.

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