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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Une maquette du “mur”.
Perpignan

le “Mur des disparus” : travail de mémoire ou entreprise de manipulations ?

Le 27 mars dernier, le maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy, afin de justifier l’attribution au Cercle algérianiste de la responsabilité d’édifier un “ Mur des disparus ”, avait déclaré sur FR3 régionale : « seul le Cercle algérianiste depuis 30, 35 ans a fait un vrai travail de mémoire avec des publications.»1

En réalité, ce qui va être inauguré à Perpignan, le 25 novembre prochain, à l’occasion du congrès national du Cercle algérianiste, ne résulte pas d’un «vrai travail de mémoire» : c’est le résultat d’un choix partisan au service d’une mémoire respectable mais particulière. Les nostalgériques, telle Michèle Tabarot, nous ont accoutumés à la réécriture mensongère de la période de l’Algérie française, mais ici la falsification atteint des sommets.

[Première mise en ligne vendredi 23 nov. 07,

mise à jour avec publication de la lettre de Slimane Benaïssa le 24 nov. 07]

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Perpignan

Jean-Paul Alduy et les opposants au “Mur des disparus”

Cette page contient deux éléments qu’il nous semble utile de rendre publics :
– une lettre adressée le 22 octobre dernier par Jean-Paul Alduy aux conseillères municipales communistes,
– le compte-rendu de la rencontre de Jean-Paul Alduy avec le collectif des opposants, le 22 novembre 2007.

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Michèle Tabarot
Les pieds-noirs « nostalgériques »

Michèle Tabarot, chantre du “passé glorieux de la France en Algérie”

Le député Jean Leonetti raconte que, à l’occasion d’une réunion de rapatriés, une femme âgée lui a déclaré : « Nous voudrions que vous arriviez, un jour, à dire à l’Assemblée nationale que ce que nous avons fait collectivement, en Algérie, c’était bien2. »

On comprend cette personne qui, comme beaucoup d’autres ayant vécu ce drame, n’a pas de responsabilité individuelle dans les inégalités du système colonial ni dans les atrocités commises à l’occasion de cette guerre. Mais ceux qui aujourd’hui détiennent un mandat politique ont le devoir, sinon de dire la vérité, du moins de ne pas énoncer des contre-vérités.

En raison du rôle qu’elle a joué dans l’adoption de la loi du 23 février 2005, Michèle Tabarot porte une lourde responsabilité dans la réécriture mensongère de la période coloniale en Algérie.

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l’appel de Perpignan

Deux communiqués pour dire l’inquiétude suscitée par la prochaine inauguration d’un “Mur des disparus” à Perpignan, l’un à l’initiative de la LDH et l’autre émanant de deux associations de descendants de victimes de l’OAS. Tous deux déplorent une manifestation qui risque de relancer une nouvelle guerre des mémoires.

[Première mise en ligne le 7 nov. 07, mise à jour le 21 nov. 07]
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Rwanda

Généalogie du génocide rwandais

Les Tutsis et les Hutus vivaient sur le même territoire, parlaient la même langue, pratiquaient une même religion et partageaient la même culture. Être hutu ou tutsi était un fait purement social. Il ne s’agissait donc pas de deux groupes ethniques. Et pourtant les Européens, en quelques dizaines d’années de colonisation, sont parvenus à imposer une vision ethnique de la société rwandaise — apportant leur soutien aux Hutus à partir des années 60, après avoir favorisé les Tutsis. Une racialisation à l’origine des conflits politiques qui ont engendré le génocide de 1994.

C’est ce que nous montre Etienne Smith3 dans la présentation qu’il a faite en septembre 2004 de l’ouvrage de Dominique Franche, Généalogie du génocide rwandais, Paris, Tribord, 2004.

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Perpignan

Perpignan, 24 nov. 07 : hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie

Samedi 24 novembre 2007 à Perpignan :

  • 11h : conférence de presse à la Bourse du travail, avec la participation de Olivier Dartigolles (PCF), Mouloud Aounit, Henri Pouillot, Anne Savigneux (MRAP), Fatima Besnaci (Harkis et Droits de l’Homme), Michel Tubiana (président d’honneur de la LDH),
  • de 14h à 16h, Place de la Victoire (en face le Castillet): prises de parole de personnalités nationales, entrecoupées de lectures de textes et d’intermèdes musicaux.
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Benoît Falaize : enseigner l’histoire de l’immigration à l’école

Fruit d’une enquête menée sur deux ans, le rapport de l’Institut national de recherche pédagogique (INRP) a été remis le 19 octobre 2007 à Jacques Toubon, président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI). Rédigé sous la direction de Benoît Falaize, avec Olivier Absalon et Pascal Mériaux, il propose un état des lieux de l’enseignement de l’histoire de l’immigration à l’école. En voici la synthèse4.

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Nicolas Sarkozy accusé à l’ONU de légitimer intellectuellement le racisme

Au moment où il savourait son triomphe à Washington, le président français était étrillé, aux Nations Unies, pour son discours de Dakar. Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme et de discrimination raciale, s’est inquiété, devant une commission de l’Assemblée générale, d’une tendance récente à la «légitimation intellectuelle du racisme […] sous couvert de la défense de l’identité et de la sécurité nationale». En juin dernier, il avait déjà insisté sur les discriminations envers les jeunes d’origine immigrée et la banalisation du racisme en France.

[Première mise en ligne le 9 nov. 07, mise à jour le 17 nov. 07]

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Nicolas Sarkozy et l’Afrique : où est la rupture ?

Après le discours de Dakar, la dernière loi sur l’immigration et l’intention affichée par Nicolas Sarkozy d’aller «chercher tous ceux qui restent [au Tchad], quoi qu’ils aient fait »5, commencent à ternir sérieusement l’image, déjà peu reluisante, de la France sur le continent africain. De nombreux pays d’Afrique noire évoquent désormais ouvertement un «néo-colonialisme» français depuis l’arrivée à l’Elysée de Nicolas Sarkozy6.

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© Plantu (Le Monde du 31 octobre 2007)
Racisme de couleur et islamophobie

L’expression du racisme n’est pas une opinion, c’est un délit, mon cher Watson

Après l’introduction du recours aux tests ADN dans la législation française pour tenter de limiter les “regroupements familiaux”, l’ADN fait une nouvelle victime en la personne de James Watson, prix Nobel de médecine en 1962 avec Francis Crick et Maurice Wilkins pour leurs travaux sur la structure moléculaire de l’ADN.

Ses propos racistes sur l’intelligence des Africains ont soulevé une vague d’indignation. En France, de telles déclarations seraient passibles de poursuites judiciaires.

Le journal Le Monde a publié le 31 octobre un article de Stéphane Foucart7 qui démonte la thèse de Watson sur le plan scientifique. Mais, comme le montre François Schreuer, on ne peut se limiter à une réfutation scientifique de ces préjugés racistes.

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Albert Camus en Algérie : la “trêve civile” de janvier 1956

Des associations de nostalgiques de l’Algérie coloniale tentent aujourd’hui de récupérer Albert Camus. Par exemple, sur un « Mur des disparus »8 érigé à Perpignan par le Cercle algérianiste, il est envisagé de graver une citation du Prix Nobel de Littérature.

Cette appropriation de l’écrivain né en Algérie par ceux qui défendent les bienfaits de la colonisation, est une réécriture de l’histoire car elle fait silence sur les choix de Camus pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie et la haine qu’ils ont suscitée chez les partisans de l’Algérie coloniale.

Cette détestation s’est exprimée avec violence lors de la venue du futur Nobel à Alger, fin janvier 1956, pour proposer une « trêve civile » dans le but d’épargner les vies innocentes. Cet épisode mérite d’être rappelé pour illustrer l’incompatibilité entre la lucidité et l’humanité de Camus et l’aveuglement obstiné des tenants de l’Algérie française.

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