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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Nicolas Sarkozy accusé à l’ONU de légitimer intellectuellement le racisme

Au moment où il savourait son triomphe à Washington, le président français était étrillé, aux Nations Unies, pour son discours de Dakar. Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme et de discrimination raciale, s’est inquiété, devant une commission de l’Assemblée générale, d’une tendance récente à la «légitimation intellectuelle du racisme […] sous couvert de la défense de l’identité et de la sécurité nationale». En juin dernier, il avait déjà insisté sur les discriminations envers les jeunes d’origine immigrée et la banalisation du racisme en France.

[Première mise en ligne le 9 nov. 07, mise à jour le 17 nov. 07]

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Nicolas Sarkozy et l’Afrique : où est la rupture ?

Après le discours de Dakar, la dernière loi sur l’immigration et l’intention affichée par Nicolas Sarkozy d’aller «chercher tous ceux qui restent [au Tchad], quoi qu’ils aient fait »1, commencent à ternir sérieusement l’image, déjà peu reluisante, de la France sur le continent africain. De nombreux pays d’Afrique noire évoquent désormais ouvertement un «néo-colonialisme» français depuis l’arrivée à l’Elysée de Nicolas Sarkozy2.

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© Plantu (Le Monde du 31 octobre 2007)
Racisme de couleur et islamophobie

L’expression du racisme n’est pas une opinion, c’est un délit, mon cher Watson

Après l’introduction du recours aux tests ADN dans la législation française pour tenter de limiter les “regroupements familiaux”, l’ADN fait une nouvelle victime en la personne de James Watson, prix Nobel de médecine en 1962 avec Francis Crick et Maurice Wilkins pour leurs travaux sur la structure moléculaire de l’ADN.

Ses propos racistes sur l’intelligence des Africains ont soulevé une vague d’indignation. En France, de telles déclarations seraient passibles de poursuites judiciaires.

Le journal Le Monde a publié le 31 octobre un article de Stéphane Foucart3 qui démonte la thèse de Watson sur le plan scientifique. Mais, comme le montre François Schreuer, on ne peut se limiter à une réfutation scientifique de ces préjugés racistes.

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Albert Camus en Algérie : la “trêve civile” de janvier 1956

Des associations de nostalgiques de l’Algérie coloniale tentent aujourd’hui de récupérer Albert Camus. Par exemple, sur un « Mur des disparus »4 érigé à Perpignan par le Cercle algérianiste, il est envisagé de graver une citation du Prix Nobel de Littérature.

Cette appropriation de l’écrivain né en Algérie par ceux qui défendent les bienfaits de la colonisation, est une réécriture de l’histoire car elle fait silence sur les choix de Camus pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie et la haine qu’ils ont suscitée chez les partisans de l’Algérie coloniale.

Cette détestation s’est exprimée avec violence lors de la venue du futur Nobel à Alger, fin janvier 1956, pour proposer une « trêve civile » dans le but d’épargner les vies innocentes. Cet épisode mérite d’être rappelé pour illustrer l’incompatibilité entre la lucidité et l’humanité de Camus et l’aveuglement obstiné des tenants de l’Algérie française.

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La stèle de Perpignan.
Perpignan

Albert Camus à Perpignan

Un bel hommage a été rendu à Albert Camus, lors du colloque franco-algérien organisé à Perpignan du 11 au 13 octobre 2007, alors que l’écrivain est l’objet d’une tentative de “récupération” de la part des nostalgériques (= les nostalgiques de l’Algérie française) à l’occasion de l’inauguration prochaine d’un «Mur des disparus».

[Cette page a été mise en ligne dans une première version le 16 oct. 07, mais elle a été modifiée et complétée le 30 oct. 07]
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Albert Camus : l’Algérie en mai 1945

Albert Camus est mort en janvier 1960, au moment où l’option de la négociation avec le FLN pour préparer l’indépendance de l’Algérie commençait à être envisagée par le général de Gaulle. On ne sait pas comment il aurait réagi s’il avait vécu en 1960, 1961 et 1962, à un moment où chacun a eu à choisir entre cette acceptation de l’indépendance et l’option du putsch et de l’OAS. Le fait est que, jusqu’à sa mort, il a refusé l’idée d’indépendance de l’Algérie, en considérant que cela signifierait le départ des Européens d’Algérie et donc la mort de « son » Algérie5. Après s’être engagé en janvier 1956 en faveur de l’arrêt des violences contre les civils des deux camps6 ce qui l’a exposé à la haine des extrémistes européens qui l’ont empêché de parvenir à son objectif, il s’est réfugié jusqu’à sa mort dans un silence presque total sur ce sujet. Aurait-il suivi, s’il avait vécu, l’évolution d’amis comme l’écrivain Emmanuel Roblès ou le peintre Jean de Maisonseul en faveur de l’indépendance, ou bien une autre direction ? rien ne permet de l’affirmer.

Quoi qu’il en soit, les textes qu’il a écrits en mai 1945 pour le journal Combat7, montrent son estime et sa grande attention aux populations arabes déshéritées, ainsi que sa conviction qu’il s’agit « de faire jouer à leur propos les principes démocratiques que nous réclamons pour nous-mêmes ». Voici des extraits de ces textes8.

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El Watan, le 21 octobre 2007.
De 2007 à 2012

La France remet à l’Algérie les plans des mines posées aux frontières est et ouest

La Ligne Morice, constituée de barbelés et de mines, surveillée en permanence, a été construite à partir de juillet 1957, le long des frontières de l’Algérie avec le Maroc et la Tunisie. Sur 460 km de la frontière tunisienne et 700 km de la frontière marocaine, ces lignes étaient destinées à empêcher les infiltrations de combattants de l’Armée de libération nationale (ALN) à partir de la Tunisie ou du Maroc. Selon Alger, 3 millions de mines antipersonnelles sur les onze millions implantées par l’armée française lors de la guerre d’Algérie sont encore enfouies le long de ces frontières.

Il aura fallu attendre quarante cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie, et neuf ans après sa ratification de la Convention d’Ottawa, pour que la France fasse ce geste !

[Mise en ligne le 22 oct. 07, mise à jour le 27 oct. 07]
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Ligne Morice (barrage électrifié).
La reconnaissance du passé colonial

à l’ouest, rien de nouveau, les mines sont toujours là

Les souffrances et les déracinements qu’ont vécus des centaines de milliers d’Européens à l’occasion de la guerre et de l’accession à l’indépendance d’un pays où ils étaient nés, sont abondamment évoqués depuis 1962. Des centaines de milliers d’Algériens “de souche” ont également connu l’exode au Maroc ou en Tunisie, à cause de cette guerre. Cette page est consacrée à ceux qui ont dû se réfugier au Maroc à la suite de la construction de la ligne Morice.

En 1961, François Chevaldonné et Paul Moity, deux jeunes Français qui travaillaient alors au Maroc, avaient commencé à préparer un court métrage sur ces réfugiés algériens, mais le cessez-le-feu est intervenu avant que le film ne soit achevé. Quarante ans après, à l’occasion de l’année de l’Algérie en France, ils ont pu réaliser un livre et une exposition avec les photos et les éléments de documentation qu’ils avaient alors recueillis. Cette page a été réalisée à partir du site internet qu’ils ont consacré à ces oubliés de l’histoire.9

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Controverses

Guy Môquet, Ahmed Zabana, Huynh Khuong An …

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, avait demandé aux enseignants de lire à leurs élèves, ce 22 octobre, la dernière lettre de Guy Môquet, fusillé le 22 octobre 1941. Les réactions des enseignants ont été diverses.

Brahim Senouci salue la mémoire de Guy Môquet en y associant celle d’Ahmed Zabana, héros de la guerre de libération algérienne, et rappelle le combat sans cesse renouvelé de l’humanité tout entière contre l’injustice.

Alain Ruscio a saisi cette occasion pour rappeler – et sans doute pour apprendre à beaucoup – que, ce même jour, un Vietnamien avait lui aussi versé son sang pour la
France.

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Histoire de France et rejets identitaires

Henri Guaino fustige les professeurs qui refusent d’obéir

De nombreux enseignants refusent de participer à ce qui devait être un moment de rassemblement républicain, la lecture le 22 octobre de la lettre de Guy Môquet, ce jeune communiste de 17 ans fusillé en 1941 par les Allemands. Les textes adoptés par les enseignants du lycée Carnot (Paris) expliquent les raisons de leur prise de position.

Henri Guaino, conseiller spécial du président n’admet pas ce refus. Hier matin, au micro de RTL, il a fustigé ces professeurs « dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire », et qui refusent de lire à leurs élèves la lettre de Guy Môquet, comme le prévoit l’instruction officielle du 30 août dernier. Il expose son incompréhension dans un entretien publié par Libération.

[Mise en ligne le 19 oct. 07, mise à jour le 21 oct. 07]
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Discours de Dakar 2007

Henri Guaino aime le discours de Dakar

Dans un entretien publié le 20 octobre 2007 par le quotidien Libération, dont nous reprenons un extrait ci-dessous, Henri Guaino revient sur le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar. Après avoir longuement évoqué son incompréhension du refus de nombreux enseignants d’obéir à l’injonction qui leur est faite de lire à leurs élèves la lettre de Guy Môquet conformément à l’instruction officielle du 30 août dernier, Henri Guaino montre qu’il ne comprend pas plus la vague de critiques soulevée par un texte dont il est l’auteur

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