4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

mots_colonisation.gif
Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« Les mots de la colonisation », dirigé par Sophie Dulucq, Jean-François Klein et Benjamin Stora

Viennent de paraître Les mots de la colonisation, un ouvrage codirigé par Sophie Dulucq, Jean-François Klein et Benjamin Stora1. À travers l’analyse d’une centaine de mots — ceux des colonisateurs comme ceux des colonisés, mots de l’historiographie spécialisée, aussi —, où se côtoient bled et brousse, nègre et néocolonialisme, opium et otages, ce kaléidoscope linguistique veut permettre au lecteur d’appréhender la variété et la complexité des situations coloniales.

Lire la suite »

le blocus de Gaza doit être levé

Vous trouverez ci-dessous, à la suite du communiqué de la LDH, un appel signé par de nombreuses organisations palestiniennes, israéliennes et d’autres pays, pour qu’il soit mis fin à l’isolement de la bande de Gaza.

Lire la suite »
Le centre de rétention administrative de Rivesaltes (P-O).
Harkis

Torremila, nouveau centre de rétention administrative de Perpignan

Jusqu’à mi-décembre 2007, le centre de rétention administrative (CRA) des Pyrénées-Orientales se trouvait à Rivesaltes. Il avait été construit en 1984 à l’intérieur du sinistre camp Joffre où ont été internés, de 1939 à 1942, des Républicains espagnols, des Tsiganes et des juifs de toute nationalité, avant de devenir un centre d’hébergement particulièrement rude pour les harkis de 1962 à 1964. Aujourd’hui, trois stèles honorent les Républicains espagnols, les juifs et les harkis qui sont passés dans ce camp, et une quatrième est prévue pour rappeler le souvenir des Tsiganes. Prochainement, un mémorial y sera construit.

Le CRA se trouve maintenant dans le voisinage immédiat de l’aéroport de Perpignan. Indépendamment des plus grandes facilités de transport, les autorités ont sans doute tenu à éviter les rapprochements avec un passé qui n’est pas très loin de nous. D’autant que le recours croissant à la chasse aux “étrangers sans-papiers” est de plus en plus contesté, comme en témoigne l’organisation de manifestations en Europe le 19 janvier 2008.

[Première mise en ligne le 9 janv. 2008, complétée le 26 janv. 2008]
Lire la suite »
bachir_hadjadj.jpg
Le témoignage de Bachir Hadjadj

Le prix Seligmann 2007 attribué à Bachir Hadjadj pour son ouvrage « les voleurs de rêves »

L’intervention prononcée à la Sorbonne par Bachir Hadjadj, mardi 22 janvier 2008, lors de la remise officielle du prix Seligmann 2007 Contre le racisme qui a été attribué à son ouvrage Les voleurs de rêves, édité en 2007 aux Editions Albin Michel avec une préface de Jean Lacouture2.

Vous trouverez par ailleurs sur ce site une présentation de cet ouvrage ainsi que des extraits réunis sous le titre une éducation coloniale (1944-1954).

Lire la suite »
Siné (L'Express, juillet 1960).
Les résistances à la guerre d'Algérie

Ils ont dit “non” à la guerre sans nom, par Tramor Quemeneur

Près de 15 000 jeunes Français ont été insoumis, déserteurs ou objecteurs de conscience pendant la guerre d’Algérie — la même proportion de refus que celle des jeunes Américains pendant la guerre du Vietnam.

Ce fait, qui n’avait jusqu’à présent pas été révélé, ressort de la grande thèse que Tramor Quemeneur a soutenue en octobre 2007, au terme d’une étude longue et fouillée qui s’appuie sur une masse considérable d’archives déposées au service historique de l’armée française.

Lire la suite »
carnet_circulation.jpg
A-gens du voyage en France

la Halde demande la fin des discriminations administratives imposées aux gens du voyage

Les Gens du Voyage sont soumis à un droit dérogatoire ne s’appliquant à aucun autre citoyen français. Ainsi, d’après la loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 toujours en vigueur, toute personne de plus de 16 ans n’ayant pas de résidence fixe doit être en possession d’un carnet de circulation si elle n’a pas de ressources régulières ou d’un livret de circulation si elle exerce une activité professionnelle. Le premier doit être visé tous les trois mois, par un commandant de police, de gendarmerie ou une autorité administrative ; le deuxième tous les ans. Tout retard dans le renouvellement entraîne de lourdes amendes (750€ pour un jour de retard). La personne qui ne serait pas en possession de ce document est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement (art. 5).3

L’obligation de détenir un tel document ainsi que celle de le faire viser régulièrement constitue une discrimination flagrante.

Lire la suite »
1920. Mon père, Brahim, debout, légèrement de coté et son père Saïd assis sur une chaise, personnages magnifiques dans leurs somptueux habits traditionnels.
Le témoignage de Bachir Hadjadj

Une éducation coloniale (1944-1954) – 1. Bachir à l’école

Bachir Hadjadj est né en 1937 en Algérie. Il a grandi dans un petit village de la région de Sétif, au milieu des hauts plateaux du Nord de l’Algérie. Ce village s’appelle aujourd’hui Chelghoum Laïd, mais du temps de la colonisation de l’Algérie par la France, il portait le nom de Châteaudun du Rhumel.

Il nous expose ce qu’a été son éducation à l’époque de la colonisation française, avant le déclenchement de la guerre d’indépendance algérienne.4

Lire la suite »

Une éducation coloniale (1944-1954) – 3. Les deux mondes

Après son passage à l’école de Châteaudun du Rhumel, puis au lycée de Constantine, Bachir Hadjadj conclut dans ce dernier extrait de son livre : «Peu à peu, nous n’avons plus eu rien à nous dire ; les dés étaient jetés. Et il me semblait bien qu’avec eux les rêves, s’il en restait encore, pour revivre dans un même monde de “liberté, d’égalité et de fraternité”, s’étaient définitivement envolés.»

Cette page termine l’évocation de son éducation à l’époque de la colonisation française6.

Lire la suite »

“Interner en République : le cas de la France en guerre d’Algérie” par Sylvie Thénault

Pendant la guerre d’Algérie, la République a eu recours à des mesures d’exception, comme l’internement des suspects. Cette pratique étant contraire à la défense des libertés, elle pose la question de savoir ce qui distingue la République de régimes dictatoriaux, qui reposent sur l’arbitraire. Trois caractéristiques peuvent ainsi être dégagées en République : l’absence de projet liberticide, la nécessité d’un encadrement juridique et l’existence d’un espace public.

Cet article de Sylvie Thénault, de l’Institut d’histoire du temps présent, a été publié en septembre 2003 dans Amnis, revue de civilisation contemporaine de l’université de Bretagne Occidentale.

Lire la suite »