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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

la route Kaboul-Sarobi.
Autres pays arabes et Afghanistan

la guerre coloniale de l’Otan en Afghanistan

Nicolas Sarkozy a commencé son discours du 27 août 2008, devant les ambassadeurs français réunis à Paris, en évoquant l’Afghanistan :
«La France combattra les terroristes, partout où ils se trouvent, avec la conviction que le peuple afghan, appuyé par ses alliés, l’emportera sur la barbarie et pourra progressivement y faire face par lui-même».

Ce qu’il n’a pas dit, c’est que la guerre menée par l’OTAN depuis bientôt six ans a renforcé les talibans, au lieu de les affaiblir. Les bombardements aériens renforcent le rejet par la population de ce qu’ils considèrent comme une occupation étrangère. Et il ne s’agit pas de bavures, mais bien d’une logique de guerre coloniale.

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Autres pays arabes et Afghanistan

Nicolas Sarkozy : “aucune armée étrangère n’a réussi dans un pays qui n’était pas le sien”

Pour Immanuel Wallerstein, «la barbarie des autres, le devoir de mettre fin à des pratiques qui violent des valeurs universelles, la défense des innocents face à la cruauté des autres, la nécessité de faciliter la diffusion des idées universelles » sont « les quatre arguments de base qui ont toujours servi à justifier les “ingérences” des “civilisés” du monde moderne dans les zones “non civilisées”». 1

C’est bien ainsi que le président Nicolas Sarkozy justifie aujourd’hui l’implication croissante de la France en Afghanistan, oubliant les déclarations du candidat Sarkozy : « Si vous regardez l’histoire du monde, aucune armée étrangère n’a réussi dans un pays qui n’était pas le sien. »

Et c’est au nom de la civilisation que l’OTAN multiplie les bombardements et… les victimes civiles.

[Première mise en ligne le 23 août 2008, mise jour le 29 août]

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

il y a vingt ans, le massacre d’Ouvéa

Le 22 avril 1988, deux jours avant le premier tour de l’élection présidentielle qui vit l’affrontement du président sortant, François Mitterrand, et de son premier ministre, Jacques Chirac, la gendarmerie de Fayaoué, dans l’île d’Ouvéa, était attaquée par un groupe de militants indépendantistes. Quatre gendarmes sont tués, dont deux de sang froid dans des conditions peu acceptables ; les autres sont pris en otage.

Comme Gilles Perrault l’a écrit dans sa préface au rapport de la LDH, «une gestion intelligente de cette affreuse péripétie [aurait] permis de rétablir l’ordre et de récupérer les otages sans coup férir. Au lieu de quoi une poignée d’hommes politiques et de militaires choisirent de faire d’Ouvéa une Algérie de jadis en réduction. […] Une élection présidentielle était en cours et les victimes d’Ouvéa, gendarmes et ravisseurs mêlés, furent réduits au rôle d’agents électoraux involontaires. »

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Contrôle au faciès

Quotas d’expulsions et contrôles au faciès

«Il y a lieu de procéder à des contrôles d’identité des ressortissants roumains et bosniaques et, par extension, d’individus originaires des pays de l’Est», voilà ce qu’on pouvait lire en juin 2008 dans une note de service adressée aux commissariats de l’ouest parisien. Cette note révélait également l’existence d’un fichier à base ethnique — donc totalement illégal en France.

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Pourquoi ces “contrôles au faciès” ? Pour tenter d’atteindre le “quota” assigné par Nicolas Sarkozy de 25 000 reconduites à la frontière par an.

Quelques jours plus tard, Audrey Pulvar a demandé à Nicolas Sarkozy en personne «à combien de contrôles d’identité faut-il procéder pour pouvoir expulser 25 000 personnes ?» En l’absence de réponse du président de la République, un article de Laetitia Van Eeckhout repris ci-dessous apporte des éléments d’information.

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Les guerres des mémoires

la guerre des mémoires – la France face à son passé colonial

Il y a un peu plus d’un an, paraissait un livre d’entretiens de Benjamin Stora avec Thierry Leclère, La guerre des mémoires2. Il faut (re)lire ce petit ouvrage, où l’historien spécialiste du Maghreb nous aide à mieux comprendre l’imbrication entre histoire et mémoire, question coloniale et immigration… en attendant la parution de son prochain livre, Les guerres sans fin. Un historien, la France et l’Algérie.

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mort du poête Mahmoud Darwich

Mahmoud Darwich était né en 1941 à Al-Birwah, un village de Galilée de la Palestine mandataire. Après la guerre israélo-arabe de 1948 et un premier exil libanais, il rentrera en Galilée, militera au Parti communiste israélien puis deviendra un cadre dirigeant de l’OLP jusqu’en 1993. Il est mort à Houston (Texas) le 9 août 2008.

L’exil forcé, les souffrances et l’injustice faites à son peuple étaient une blessure profonde jamais cicatrisée. « On ne peut vivre avec la blessure de la disparition de la patrie que si une cohabitation équilibrée s’instaure entre les « deux réalités », juive israélienne et arabe palestinienne, dont aucune ne peut éradiquer l’autre. »

« L’espoir, assurait-il, est une maladie incurable chez les Palestiniens, l’espoir d’une vie normale où nous ne serions ni héros ni victimes. » L’espoir donc, malgré une occupation israélienne qui est « une déclaration permanente de guerre contre nos corps et nos rêves, nos maisons et nos arbres ».3

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Le tir Canopus au-dessus de Fangataufa, le 24 août 1968.
Les essais nucléaires français en Algérie

Pour la reconnaissance des conséquences des essais nucléaires français

Les États-Unis admettent que leurs expériences nucléaires ont fait des victimes ; ils ont voté en 1988 une loi pour indemniser tant les vétérans civils et militaires que les populations voisines de leurs anciens sites d’essais.

Une étude scientifique récente 4 vient de mettre en évidence, chez les vétérans néo-zélandais des essais nucléaires britanniques de 1957-58, un pourcentage d’anomalies de l’ADN trois fois plus élevé qu’habituellement.

Mais le ministère français de la Défense, qui a effectué 210 essais nucléaires dont 50 atmosphériques tant au Sahara algérien qu’en Polynésie française, continue à affirmer qu’ils ont été « propres» et sans conséquences sur la santé des personnes. Pour éviter toute remise en cause de ce “dogme”, les archives des essais nucléaires viennent d’être classées dans la catégorie orwellienne de celles qui sont «incommunicables», sans limitation de temps.

Depuis des années, deux associations, l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) et l’association Moruroa e tatou, se battent pour obtenir la vérité sur les essais nucléaires français et la justice pour les victimes. Elles demandent :

  • le vote d’une loi sur le suivi sanitaire et environnemental des essais nucléaires ;
  • la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes ;
  • la levée du secret défense sur les documents portant sur le niveau des retombées radioactives […] des essais nucléaires de la France au Sahara et en Polynésie française, entre 1960 et 1996.

Elles ont lancé une pétition.

Pour tout renseignement : ">.

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Pancho (Le Monde du 16 novembre 2007)
A-la France et les Roms “européens”

la Roumanie et la Bulgarie sont en Europe… leurs citoyens également

Comme tous les citoyens européens, les Roumains et les Bulgares peuvent circuler librement pendant trois mois dans l’Union européenne. Au-delà, à moins d’exercer un des 150 métiers qui leur sont ouverts en France, ils deviennent illégaux s’ils sont « une charge déraisonnable pour l’assistance sociale» (en français courant : s’ils ne justifient pas de ressources suffisantes)5.

A la veille de l’entrée de ces pays dans l’Union européenne, le ministre de l’intérieur d’alors, Nicolas Sarkozy, avait adressé aux préfets une circulaire sur les « modalités d’admission au séjour et d’éloignement des Roumains et des Bulgares ». Saisi de recours déposés par la Ligue des droits de l’homme, la Cimade, le Gisti d’une part, et SOS-Racisme d’autre part, le Conseil d’Etat a, le 19 mai 2008, annulé en partie cette circulaire.

Mais les autorités françaises ont trouvé le moyen de reprendre les expulsions de Roms : il suffit de les qualifier de « retours humanitaires ». Trois mille Roumains et Bulgares ont été reconduits à la frontière en 2007.

[Reprise et mise à jour le 5 août 2008 (première mise en ligne : 29 juin 2007
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Femmes et enfants roms.
A-gens du voyage en Europe

les Roms sont indésirables partout en Europe

Constituant la plus grande minorité d’Europe, les Roms seraient 7 millions en Europe — difficile d’être plus précis, car les statistiques du Conseil de l’Europe regroupent dans une même catégorie les Roms et les gens du voyage — originaires principalement de Roumanie et des Balkans. La Roumanie compterait 1,8 million de Roms et la Bulgarie 650 000. En France, 400 000 personnes sont recensées comme « gens du voyage et Roms », parmi lesquels les Roms sont très minoritaires.

Le 16 septembre 2008, à Bruxelles, le premier sommet européen consacré aux Roms se penchera sur les discriminations de plus en plus aiguës dont ils font l’objet.

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Les victimes de la fusillade de la rue d’Isly bénéficieront-elles d’une reconnaissance refusée aux victimes de l’OAS ?

Comme l’année dernière à pareille époque, d’anciens activistes de l’OAS ont obtenu l’autorisation de participer à la cérémonie du ravivage de la Flamme à l’Arc de Triomphe, le 26 mars prochain. Il s’agit pour eux d’honorer le souvenir des victimes de la fusillade du 26 mars 1962 à Alger
6.

Une fois encore, nous nous associons à la douleur des familles, mais nous devons à la vérité de rappeler que les manifestants du 26 mars 1962 répondaient à l’appel de l’OAS, organisation terroriste qui a fait de nombreuses victimes civiles et militaires, françaises et algériennes.

La compassion envers les familles des victimes est légitime. Mais la prise en compte d’une seule catégorie d’entre elles ne doit pas être une insulte à la mémoire des autres. A ce titre, nous ne pouvons que nous élever par avance contre le projet, dénoncé par deux associations de défense de la mémoire de victimes de l’OAS, d’accorder le statut de «Morts pour la France» aux victimes de la rue d’Isly.

[Article mis en ligne le 23 mars 2008, complété le 30 juillet 2008]
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Discours de Dakar 2007

Henri Guaino veut faire entrer le discours de Dakar dans l’histoire

Le conseiller spécial du président de la République revient dans une tribune du journal Le Monde sur le discours toujours très controversé prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy, en juillet 2007. La “plume du président” se défend de toute vision raciste de l’Afrique — il avait aimablement traité de «petit con prétentieux» BHL qui avait affirmé «Guaino, il est raciste» — mais il n’hésite pas à répéter, avec l’assurance qu’on lui connaît, que «l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

Achille Mbembe, professeur d’histoire et de science politique à Johannesburg, avec « L’Afrique de Nicolas Sarkozy », et Ibrahima Thioub, professeur d’histoire à l’Université de Dakar, avec sa « lettre à Nicolas Sarkozy », ont répondu en leur temps à cette vision “frivole et exotique” de l’Afrique. Ci-dessous, avant la reprise de la tribune d’Henri Guaino, un commentaire de David Servenay qui remarque que l’appréciation du rôle de la France dans le génocide rwandais ne semble pas avoir été affectée par le changement de président de la République.

[Mise en ligne le 28 juillet 2008, complétée le 30 juillet]
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Discours de Dakar 2007

le discours de Dakar : premier anniversaire

Il aura fallu attendre un an pour apprendre que Bernard Kouchner «juge avec une certaine sévérité» le discours prononcé par Nicolas Sarkozy il y a un an à Dakar. On notera que notre ministre des Affaires étrangères travestit la réalité quand il affirme, au sujet de Thabo Mbeki, qu’«il a en tout cas envoyé une lettre très claire de soutien au président Sarkozy». En effet, dans cette lettre, Thabo Mbeki remerciait Nicolas Sarkozy pour le soutien qu’il avait déclaré vouloir apporter au développement de l’Afrique — mais il semble que, là aussi, le président français en soit resté au stade des déclarations.

Bernard Kouchner n’ayant pas précisé ses critiques, vous trouverez ci-dessous un point de vue sur ce “fameux” discours.

[Première mise en ligne le 25 juillet, revue et complétée le 26 juillet 2008]
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