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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Pierre Serna : « L’esclavage était bien un crime contre l’humanité»

L’historien Pierre Serna, professeur à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut d’histoire de la Révolution française, souligne que les députés de la Convention avaient, dès 1794, qualifié la pratique de l’esclavage de « crime de lèse-humanité ». La loi Taubira de 2001 n’a donc fait aucun anachronisme en renouant avec cette qualification, contrairement à ce qu’affirment certains historiens.

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Première reconnaissance officielle du massacre d’Algériens à Paris, le 14 juillet 1953

En 1953, pour célébrer la fête nationale, le PCF, la CGT et les organisations proches, ont organisé un défilé populaire. Comme d’habitude, les Algériens forment un cortège autonome, encadré par le MTLD, derrière un immense portrait de leur leader, Messali Hadj, alors en résidence surveillée. Les mots d’ordre sont clairs : « À bas le colonialisme », « Nous voulons l’indépendance ». Le drame se déroule à la fin de la manifestation, place de la Nation. La police exige le retrait du portrait de Messali. Devant le refus des Algériens, une charge violente. Un cri : « Ils ont tiré à balles réelles ! » Le bilan est lourd pour les manifestants : 7 morts, 6 Algériens et un Français, 48 autres manifestants blessés par balles.

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Un message de Bouteflika appelle en 2017 la France à « reconnaître les vérités de l’Histoire »

A l’occasion de la « fête de l’Indépendance et de la Jeunesse » marquant le 55e anniversaire de l’indépendance, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a adressé un message à la Nation 1. Il y évoque notamment les relations de son pays avec la France et rappelé que le peuple algérien « exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d’hier, la France. »

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Patrice Lumumba
Belgique

Lumumba, le déshonneur des Belges

«C’est dans l’État indépendant du Congo, futur Congo belge, que les méthodes de conquête ont atteint un degré de brutalité qui en fait une sorte de modèle dans l’histoire des colonisations du XIXe et du XXe siècle.

Il faut partir de l’indépendance du Congo belge en 1960 pour mesurer à quel point les colonisateurs ont voulu légitimer l’entreprise colonialiste, au mépris de l’Histoire. Ne disait-on pas alors de ce pays qu’il était une colonie modèle : un modèle administratif grâce à son taux d’encadrement exceptionnellement élevé, et un modèle de rentabilité pour la métropole ?»

Elikia M’Bokolo, Afrique centrale : le temps des massacres


Henri Goldman, rédacteur en chef de la revue belge d’analyse et de débat Politique, revient sur un épisode dramatique de la “décolonisation” du “Congo belge” : la mort de Patrice Lumumba.

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Transmettre sur la guerre d’Algérie

Les anciens soldats appelés de la guerre d’Algérie ont maintenant entre 73 et 82 ans. Ils n’ont souvent rien dit sur leur vécu de cette guerre, et l’arrivée dans les dernières étapes de leur vie ravive des souvenirs, et parfois l’envie voire la nécessité de dire et de transmettre.

Les animateurs auprès des personnes âgées, mais aussi les proches, les familles, les autres personnels sont témoins de leurs souhaits de transmettre. Mais comment faire ? Quelle était cette guerre ? Comment peut se construire cette transmission ? Comment la faciliter ?

Un ouvrage paru en novembre dernier, Transmettre sur la guerre d’Algérie, tente de répondre à ces interrogations pour les anciens appelés de la guerre d’Algérie. Dans une première partie, Bernard Hervy, animateur en gérontologie, explique comment fonctionne la transmission, et de quelle manière elle peut être facilitée. En seconde partie, Louis Jeanneau traite de la transmission spécifique à la guerre d’Algérie. 3

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Quelle vie après la guerre ?

Quand la paix s’installe enfin, comment vivre ?

Les traumatismes individuels ou collectifs sont souvent soignés par le silence, l’amnistie ou l’amnésie. Pourtant, rien n’est réglé quand les cadavres pourrissent dans les placards. Pourrissent insidieusement le quotidien des survivants et de leurs héritiers.

En France, après la guerre d’Algérie, la hiérarchie militaire a fait prévaloir le déni ou le silence 4. Il a fallu attendre presque cinquante ans pour que des anciens appelés, hommes de troupe, se rassemblent dans une association, les 4 ACG, pour refuser la complicité du silence et imaginer de nouvelles solidarités. Pour eux, pas question de commémorations patriotiques autour du drapeau, pas de célébration du devoir accompli : ces hommes se sont réunis pour faire entendre leur condamnation de la guerre. En France et en Algérie où ils se rendent, ils dénoncent les violences dont ils ont été les acteurs ou les témoins. Sur les lieux du conflit, ils investissent leur pension d’ancien combattant dans des projets de paix.

Ils proposent aux générations futures un héritage d’espoir et de fraternité.

Un article paru dans le quotidien Libération sous le titre-choc « Mon père, ce tortionnaire » s’attache au traumatisme vécu par des enfants de tortionnaire en Argentine. Ils souligne les nouvelles solidarités qu’ils construisent.

A la suite d’une décision de la cour suprême conduisant à la libération des criminels de la dictature, des enfants de criminels se rassemblent, se mobilisent et protestent aux côtés des victimes et de ceux qui les soutiennent.

Claire Mauss-Copeaux
5, le 1er juilllet 2017

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Une pétition en mai 2017 pour que la clinique Larribère garde son nom

Il y a trois ans, Lucie Safia Hadj Ali, née Larribère, militante de l’indépendance de l’Algérie, engagée contre toutes les injustices et toutes les oppressions, nous quittait. Celle que tout le monde appelait Lucette, est décédée à l’âge de 94 ans, lundi matin 26 mai 2014 à La Seyne-sur-Mer, près de Toulon, entourée de ses enfants. Ses obsèques se sont déroulées quelques jour plus tard – une cérémonie de recueillement avant son incinération au crématorium de La Seyne. 6

Aujourd’hui, nous relayons l’appel à signer la pétition :

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Le triste bilan des 30 ans de la Convention contre la torture

La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants définit la torture comme « tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne. »

Cette convention, adoptée par les Nations unies en 1984, est entrée en vigueur en juin 1987. A ce jour, 162 Etats l’ont ratifiée. Ils s’engagent ainsi à prendre des mesures concrètes afin d’empêcher la torture à l’intérieur de leurs frontières et à ne pas renvoyer une personne dans un Etat dans lequel il y a une grande possibilité qu’elle y soit torturée.

Ci-dessous un article de synthèse repris du communiqué «Convention contre la torture : 30 ans après, un triste bilan» établi par le centre Primo Lévi. 7.

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Comores

Les «kwassa-kwassa» ou la persistance du refoulé raciste

Lors d’un déplacement en Bretagne, jeudi 1er juin, Emmanuel Macron a plaisanté sur ces fragiles embarcations à bord desquelles de nombreux migrants comoriens périssent en tentant de rejoindre Mayotte, le département français voisin. « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent », avait-il lancé. Ces propos, qui ont déclenché la polémique, montrent combien les esprits sont encore marqués par un imaginaire colonial.

Une avocate du barreau de Mamoudzou, Fatima Ousseni, présidente du Festival d’arts contemporains des Comores dénonce la persistance de schémas racistes imaginaires qui survivent dans la pensée républicaine moderne.

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