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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Les « tirailleurs sénégalais »

Un film sur le massacre de Thiaroye
de décembre 1944
diffusé le 14 janvier 2023
à 21 heures sur Public Sénat

Un film sur le massacre de Thiaroye est diffusé le 14 janvier 2023 à 21h sur Public Sénat, suivi d’un débat. Il y a 70 ans, près de Dakar, l’armée française a ouvert le feu contre des tirailleurs provenant de toute « l’Afrique occidentale française (AOF) » qui réclamaient le paiement de leurs arriérés de solde qui leur avaient été promis. Officiellement, 35 d’entre eux sont morts, mais le bilan réel est beaucoup plus élevé. En 2014, François Hollande s’est rendu sur place pour dénoncer cet événement sombre de l’histoire de France, mais toute la vérité n’a pas été dite. Biram, fils de Mbap Senghor tirailleur assassiné le 1er décembre 1944 par l’armée française, tente depuis des années et par tous les moyens de réhabiliter la mémoire de son père. En vain. Le combat continue.

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La reconnaissance du passé colonial

« Décolonial », « Universalisme », « Race »,
trois livres pour éclairer trois mots clés
du débat public

La riche collection « Le mot est faible », dirigée par Christophe Granger chez l’éditeur Anamosa, poursuit la publication de livres courts et incisifs, à prix modique, qui s’emparent chacun « d’un mot dévoyé par la langue au pouvoir » pour « le rendre à ce qu’il veut dire ». Après Race, par Sarah Mazouz en 2020, Universalisme, par Julien Suaudeau et Mame-Fatou Niang en 2022, elle vient de publier en 2023 Décolonial, par Stéphane Dufoix. On trouvera ici la présentation de l’éditeur et une recension pour chacun de ces trois ouvrages qui traitent tous trois de questions politiques d’actualité brûlante en rapport étroit avec les préoccupations de notre site.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Reportage par Malika Rahal et Fabrice Riceputi
sur un centre de torture de l’armée française durant la guerre d’Algérie :
la ferme Perrin

Dans le cadre du projet Mille autres consacré à la disparition forcée des Algériens du fait de la grande répression d’Alger en 1957, dite « bataille d’Alger », les historiens Malika Rahal et Fabrice Riceputi ont effectué une mission de recherche en novembre 2022. Ils ont notamment poursuivi un travail de localisation des très nombreux centres de torture mentionnés par les familles de victimes de la disparition forcée. C’est ainsi qu’ils ont pu retrouver et visiter l’un d’entre eux, l’ancienne ferme coloniale Perrin. On sait que l’avocat Ali Boumendjel y a été détenu peu avant son assassinat et que l’ingénieur Mohand Selhi y a disparu. Ils ont fait le récit de cette découverte pour Mediapart. Par ailleurs, la revue Annales Histoire Sciences Sociales vient de publier un long article de ces deux historiens sur le projet Mille autres, dont nous publions également ci-dessous le résumé.

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Afrique subsaharienne et océan Indien

« Le mirage sahélien »,
par Rémi Carayol

En 2013, François Hollande a lancé au Mali une opération qui s’achève en fiasco militaire et politique. Le journaliste indépendant et spécialiste du Sahel Rémi Carayol publie en janvier 2022 à La Découverte Le mirage sahélien. La France en guerre en Afrique. Serval, Barkhane et après ?. Il conclut que « sous couvert de la lutte contre la “barbarie”, la France a renié les principes qu’elle prétend défendre sur la scène internationale ». Nous publions la présentation de l’éditeur, un extrait du premier chapitre et l’émission « A l’air libre » de Mediapart avec l’auteur et la politiste Niagalé Bagayoko.

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Immigration algérienne en France

La vague d’assassinats racistes
de 1973 en France,
en particulier à Marseille

En 2023 seront à commémorer et à mieux faire connaître deux moments importants dans l’histoire de l’immigration postcoloniale et dans celle des luttes antiracistes en France : d’une part la vague de crimes racistes impunis de 1973 et la réaction antiraciste à ces crimes, et de l’autre, dix ans plus tard, la Marche contre le racisme et pour l’égalité de 1983, première mobilisation de masse réussie lancée par les racisés eux-mêmes. Notre site y reviendra. Nous publions ici un entretien publié par Mediapart avec la sociologue Rachida Brahim, autrice de La race tue deux fois, et la romancière Dominique Manotti, autrice de Marseille 73. Toutes deux reviennent sur l’année 1973 et sur la permanence de l’impunité.

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Séquelles politiques postcoloniales

Archives de la guerre d’Algérie
et traces psychologiques actuelles
du temps des colonies
par Jacques Inrep

Jacques Inrep a été l’un des jeunes Français appelés au sein du contingent lors de la guerre d’Algérie. Devenu psychanalyste et militant de la Ligue des droits de l’Homme, il a publié en 2022 un livre intitulé Les Fachos sur le divan. Psychanalyse de l’extrême droite qui s’enracine dans son expérience de la guerre d’Algérie. Choqué par les crimes de l’armée française, il a photographié à la sauvette en août 1961 des documents tamponnés « secret » qui en témoignaient, mais n’a pas eu le temps de clicher deux notes prescrivant explicitement de pratiquer la torture et d’abattre les prisonniers. Il revient ici sur ce qu’il a retenu de ces deux notes datant de la seconde moitié de l’année 1957 mais qui continuaient à être suivies à la lettre dans les unités de l’armée auxquelles il avait été affecté entre mai 1960 et août 1961. Et il demande l’ouverture réelle de ces archives.

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Séquelles politiques postcoloniales

Les « gueules noires » venus du Maroc,
leurs luttes et leurs enfants

Peu après l’indépendance du Maroc en 1956 et pendant près de vingt ans, 80 000 Marocains ont été recrutés par Félix Mora, surnommé le « négrier des Houillères », pour le compte des Charbonnages de France, en étroite collaboration avec le pouvoir marocain. La sociologue Mariame Tighanimine, fille d’un de ces mineurs, et la journaliste Ariane Chemin, après un documentaire diffusé en 2021 sur Arte, publient chez Stock Notre histoire de France sur cet épisode de l’histoire de l’immigration ouvrière, cet « angle mort du récit national ». Celui-ci est aussi l’histoire des luttes de ces mineurs pour l’égalité des droits. Nous publions ci-dessous l’entretien réalisé par Mediapart avec les deux autrices, ainsi qu’un texte de 2009 du militant du GISTI et de l’ATMF Ali El Baz qui retrace le combat des mineurs marocains jusqu’aux années 2000.

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Les nostalgiques de la colonisation

Un député d’extrême droite
nostalgique de l’Algérie française,
désigné vice-président
du groupe d’amitié France-Algérie !

Lors du renouvellement du groupe d’amitié France-Algérie pour la seizième législature, le député d’extrême droite José Gonzalez, nostalgique de l’Algérie française et négationniste du rôle criminel de l’OAS, a été désigné le 30 décembre 2022 comme vice-président de ce groupe. Appartenant au Rassemblement National (RN) présidé par Marine Le Pen, il s’était fait remarquer à l’ouverture de la législature par ses propos nostalgiques de l’Algérie française et négationnistes des crimes de l’organisation terroriste de l’OAS. Ci-dessous la composition de ce groupe d’amitié. Nous nous adressons aux autres parlementaires membres de ce groupe qui ne voudraient pas que le mot « groupe d’amitié » perde tous son sens pour qu’ils adoptent une qualification claire du caractère terroriste et criminel de l’OAS et reviennent sur cette désignation.

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Maroc

Casablanca, 1952,
une étape vers l’indépendance du Maroc

Avant le début de la guerre d’Algérie, les mouvements indépendantistes de Tunisie et du Maroc ont suscité une violente répression de la part des autorités françaises, jusqu’à ce qu’elles se résolvent en mars 1956 à reconnaître leur indépendance. Le 7 décembre 1952, en réaction à l’assassinat à Tunis du syndicaliste indépendantiste tunisien Farhat Hached, la confédération syndicale de l’UGSCM et le principal parti indépendantiste marocain, l’Istiqlal, lancent une grève générale. Dans le grand bidonville des Carrières centrales, dans la banlieue industrielle de Casablanca, son interdiction s’accompagne d’une répression qui fait plus de cent morts, tandis que quatre Européens et trois policiers marocains sont également tués. Mais le contrôle de la ville ne sera que provisoire. La résistance va s’y développer jusqu’à l’indépendance.

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Séquelles politiques postcoloniales

Des violences racistes en France
à la suite du match France-Maroc
de la Coupe du monde de football

Au soir du match France-Maroc de la Coupe du monde de football, le 14 décembre 2022, des manifestants d’extrême droite se sont rendu coupables de violences racistes contre des Français et des résidents étrangers d’origine maghrébine de notre pays, des violences qui s’enracinent dans les pratiques et les représentations léguées par l’époque coloniale. Ci-dessous : le témoignage du journaliste Pierre Daum qui en a été témoin à Montpellier, l’alerte lancée par le quotidien Libération, la chronique « média et politique » du journal L’Humanité et une dépêche de l’AFP. Par ailleurs, un commando d’extrême droite se revendiquant du Rassemblement national et d’un groupe intitulé « La cocarde » a tenté de s’opposer le 8 décembre à la Sorbonne à une rencontre organisée par le syndicat Solidaires étudiants, en lui reprochant d’avoir, comme notre site l’a annoncé, projeté le film « La Bataille d’Alger » dans un amphi de cette université. Vigilance et solidarité.

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Séquelles politiques postcoloniales

Le film “Nos frangins” alimente le débat
sur les violences policières à contenu raciste
qui persistent en France

Le film “Nos frangins” est inspiré de la mort de Malik Oussekine et de Abdel Benyahia, tués tous deux par des policiers dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986. L’étudiant Malik Oussekine a été victime, lors d’une manifestation contre le projet de réforme Devaquet à laquelle il ne participait pas, du peloton de « voltigeurs motocyclistes » mis en place par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et sa mort a suscité une indignation dont la mémoire collective garde le souvenir. Mais celle d’un autre jeune Français d’origine algérienne, Abdel Benyahia, tué la même nuit par un officier de police ivre, à Pantin, alors qu’il tentait de s’interposer dans une bagarre, est moins connue. A partir de ces deux drames, le film suscite le débat sur les violences policières, souvent à contenu raciste, qui continuent à être commises et sur l’absence de toute autorité indépendante de la hiérarchie policière pour enquêter sur ces faits.

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Les mouvements nationalistes

Une grève générale anticoloniale algérienne :
la « grève des 8 jours » en 1957

Qui sait que, deux ans après le début de l’insurrection, le FLN a organisé et réussi une massive mobilisation populaire non violente ? La « grève des huit jours » (28 janvier-4 février 1957) fut très suivie dans toute l’Algérie et dans l’émigration en France. Mais, dans la colonie, elle ne pouvait être tolérée et fut réprimée avec une brutalité sans précédent par les parachutistes du général Massu. Le pouvoir français parvint aussi à l’invisibiliser et installa durablement la fiction de son « échec ». Plus rien de tel ne put être tenté par la suite par le FLN. Dans cet article publié par Orient XXI, l’historien Fabrice Riceputi, en se fondant notamment sur les archives coloniales de la répression, fait l’histoire de ce tournant majeur de la guerre d’indépendance algérienne.

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