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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

 64 ans après les massacres de mai 1945 en Algérie, la reconnaissance des crimes coloniaux reste un préalable

La nécessité d’«une véritable reconnaissance des crimes coloniaux» a été à nouveau mise en évidence en mai 2009, à l’occasion de deux colloques consacrés aux massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, qui se sont déroulés à Paris puis à Guelma. «On ne peut pas évoquer les droits de l’Homme au sujet du massacre des Arméniens en Turquie, et en même temps refuser de reconnaître les crimes dont on assume soi-même la responsabilité», a notamment déclaré l’historien Gilles Manceron.

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Mascaron négroïde à Bordeaux (poto R.Z.)
La reconnaissance du passé colonial

Bordeaux se retourne vers son passé négrier

Bordeaux a longtemps ignoré son passé de port négrier, mais, aiguillonnée par le mouvement associatif, elle ne pouvait rester à l’écart alors que Nantes poursuit son travail de mémoire. L’ouverture au musée d’Aquitaine de salles consacrées à l’esclavage mérite donc d’être remarquée. Nous reprenons un entretien accordé à ce sujet par Alain Juppé, maire de la ville.

L’inauguration officielle s’est déroulée le 10 mai dernier, à l’occasion de la Journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, en présence de la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Faut-il voir dans l’absence de Nicolas Sarkozy à cette cérémonie une nouvelle manifestation de l’«anti-repentance» présidentielle ?

Comme le rappelle ci-dessous l’historien Marcel Dorigny, «l’esclavage [est] une histoire qui concerne la nation entière».

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Vers la "décristallisation" du statut des anciens combattants coloniaux ?

Les oubliés de la République

Commémorant le 8 mai à Sainte Maxime, Nicolas Sarkozy a rendu un «hommage particulier» aux soldats de l’armée d’Afrique qui débarquèrent aux côtés des Américains en Provence en août 1944. Mais il n’a pas évoqué les écarts importants entre les pensions versées par l’Etat aux anciens combattants selon qu’ils étaient alors des Français de métropole ou issus des colonies.

Une pétition demande au gouvernement de généraliser la décristallisation des pensions militaires de retraites, et de permettre aux anciens combattants de les percevoir quel que soit leur lieu de résidence. Plus d’information :
http://oubliesdelarepublique.blogspot.com.

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il y a 64 ans, l’autre 8 mai en Algérie

A Marseille, un rassemblement en hommage aux victimes des massacres du 8 mai 1945 aura lieu vendredi 8 mai à 11h sur le Vieux Port où se feront une distribution de bougies et une minute de silence.

Samedi 9 mai à 14h30 le film de Yasmina Adi, « L’autre 8 mai 1945, aux origines de la guerre d’Algérie » sera projeté au CRDP de Marseille, 31 boulevard d’Athènes. Une projection qui sera suivie d’une conférence-débat en présence de la réalisatrice Yasmina Adi, avec la participation de l’historien Jean-Louis Planche et l’enseignant-chercheur Mohamed Bensalah.

Le film de Yasmina Adi bénéficiera de plusieurs diffusions à la télévision : voir cette page.

Un colloque international aura lieu samedi à Guelma : «Les massacres du 8 Mai 1945 et le droit international».

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“La République impériale”, par Olivier Le Cour Grandmaison

Au tournant du XIXe siècle, les républicains favorables aux conquêtes coloniales ont réussi là où leurs prédécesseurs avaient échoué. Entre 1871 et 1913, les possessions françaises outre-mer sont passées de moins d’un million de kilomètres carrés à 13 millions, le nombre d’ « indigènes » progressant de 7 à 70 millions en 1938. Comment diriger un empire aussi vaste ? Quelles orientations – assimilation ou association – mettre en œuvre dans les territoires de la « Plus Grande France » ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Olivier Le Cour Grandmaison tente de répondre dans La République impériale – Politique et racisme d’Etat1. Nous reprenons ci-dessous la présentation de son livre par l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, suivi d’un un extrait de celui-ci.

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A la Une de Var Matin, le 3 mai 2009.
Racisme de couleur et islamophobie

l’imam toulonnais El Idrissi a été expulsé vers le Maroc

L’avis (consultatif) de la commission départementale d’expulsion du Var n’a pas été suivi : elle avait émis le 4 mars un avis défavorable à son expulsion, estimant ne pas être en mesure de s’assurer « de la teneur exacte des propos éventuellement tenus de sorte que la preuve des faits allégués au soutien de la demande d’avis n’est pas rapportée ».

L’imam Mohamed El Idrissi, de nationalité marocaine, a été expulsé du territoire français et reconduit vers le Maroc le 28 avril 2009, en application d’une décision du ministère de l’Intérieur, au motif qu’il aurait tenu « des prêches hostiles à l’égard de la société occidentale et du monde non musulman ».

Une décision qui crée le malaise car, outre l’article 6 (le droit à un procès équitable) de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, elle en viole l’article 8 (le droit au respect de la vie privée et familiale) : l’imam laisse derrière lui une fille encore mineure qui vit en France depuis plusieurs années.
L’imam avait déposé, le 25 avril 2009, des recours en annulation et en référé suspension de l’arrêté ministériel d’expulsion.2

[Première mise en ligne le 22 avril, mise à jour le 4 mai 2009]

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(Photo : le Midi libre)
Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

Benjamin Stora et Mohammed Harbi à Alger : “écrire l’histoire”

La rencontre-débat, modérée par Ouanassa Siari Tengour et Abdelmadjid Merdaci, organisée le 28 avril dernier au Centre culturel français d’Alger autour des deux historiens a attiré un public très nombreux et attentif.

Benjamin Stora, professeur d’Histoire du Maghreb à Paris XIII, a traité de «La guerre d’indépendance algérienne : usages de ce passé en France, entre histoire et mémoire». L’historien a insisté sur le développement considérable de la connaissance de cette séquence auquel on assiste en France depuis une dizaine d’années, notamment à la suite de travaux universitaires. Mais il s’est interrogé sur le fait que cette histoire savante n’arrive pas à freiner les usages abusifs du passé s’exprimant par la puissance des revendications mémorielles, quelquefois portées par des nostalgiques du temps colonial.

De son côté, l’historien Mohammed Harbi a traité de «La connaissance de l’Algérie à l’épreuve de l’histoire contemporaine», s’interrogeant : «Où en sommes-nous dans l’écriture de l’histoire contemporaine de l’Algérie ? Comment a été élaborée son historiographie ?»
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Ci-dessous, deux articles faisant écho à cette rencontre.

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Harkis

personne n’a présenté d’excuses aux harkis pour les propos tenus par G. F.

Alors que Georges Frêche et certains médias voudraient nous faire croire que la justice a “absous” le président de région, il n’est pas inutile de revenir en détail sur les décisions concernant l’affaire des “sous-hommes”. Car la relaxe de la cour d’appel de Montpellier le 13 septembre 2007, confirmée par la cour de cassation le 31 mars 2009, tient à un point juridique de pure forme.

Sur le fond, la “justice de la République” n’a pas été tendre envers les propos tenus par l’élu.
Mais il semble que seul L’Hérault du jour ait expliqué dans un article du 2 avril comment le président de la région a pu bénéficier d’une relaxe.

Le site internet Montpellier journal revient sur cette question, en publiant notamment l’intégralité des décisions de justice :

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La plaque de Béziers.
Béziers

La LDH s’indigne de la présence d’un député UMP lors d’un hommage rendu à Béziers aux fusillés de l’OAS

Dans une lettre publique adressée le 1er avril au Président de l’Assemblée nationale, la Ligue des droits de l’Homme exprime son indignation face à la présence, le 26 mars dernier, du député Elie Aboud, président du groupe d’étude parlementaire aux rapatriés4, lors d’un hommage à quatre membres de l’OAS condamnés pour assassinat ou tentative d’assassinat, dont l’un pour plusieurs attentats contre le président de la République française.

Cette lettre de Jean-Pierre Dubois, Président de la LDH, à Bernard Accoyer, a été transmise à Jean-François Copé, Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

[Mise en ligne le 29 mars 2009,

la lettre de J.-P. Dubois ayant été ajoutée le 7 avril ]5
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Georges Frêche (octobre 2007)
Harkis

la cour de cassation confirme la relaxe de Georges Frêche pour ses propos sur les harkis

La cour de cassation a confirmé, le 31 mars 2009, la décision de la cour d’appel. Dans le commentaire de cette décision qu’il publie sur Mediapart6, Me Sylvain Manyach commence par rappeler que la cour de cassation considère que les harkis forment bien un groupe qui s’est constitué au moment de la guerre d’Algérie. Mais, ce groupe ne s’étant pas constitué « à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », les propos de Georges Frêche ne tombent pas sous le coup de la loi du 26 juillet 1881 sur la liberté de la presse. En revanche, les membres de ce groupe sont trop nombreux pour que les propos tenus à l’égard de certains d’entre eux « portent atteinte à l’honneur ou à la réputation de l’ensemble des harkis.»

Il est douteux que ces considérations puissent apaiser les harkis qui ressentent la décision de la cour de cassation comme une injustice grave, ainsi qu’en témoigne le dossier publié le 1er avril 2009 dans le Midi Libre, que nous reprenons ci-dessous.

D’autant plus que Georges Frêche, sans un mot pour évoquer la douleur de ceux qui avaient pu être blessés par la violence de ses propos, en a profité pour s’attribuer le rôle de la victime. Faisant mine d’oublier que, s’il avait été exclu du parti socialiste en janvier 2007, c’est en raison d’une autre affaire – il avait déploré, devant le conseil de l’agglomération de Montpellier, que l’équipe de France de football compte « neuf blacks sur onze » alors que, selon lui, « la normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre » – celui qui est toujours président de la région Languedoc-Roussillon est revenu sur ses conflits avec différents responsables du PS.

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