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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

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De 1962 à 2006

Algérie, les années pieds-rouges, par Catherine Simon

Algérie, les années pieds-rouges. Des rêves de l’indépendance au désenchantement (1962-1969), un livre où Catherine Simon raconte l’aventure de ces Français – instituteurs, médecins, ingénieurs – qui ont traversé la Méditerranée pour bâtir la nouvelle Algérie indépendante.1

Grand reporter au quotidien Le Monde, où elle est entrée il y a plus de vingt ans, Catherine Simon en a été la dernière correspondante à Alger, au début des années 1990.
Nous reprenons ci-dessous l’introduction et la table des matières de ce livre.

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Contrôle d'identité d'un jeune (Sipa)
Contrôle au faciès

Une attestation pour lutter contre les contrôles d’identité au faciès

Une étude du CNRS, rendue publique en juillet dernier, a confirmé que les contrôles de police se fondent beaucoup plus sur l’apparence des gens – sexe, âge, habillement et couleur de peau – que sur un comportement suspect. En particulier, on contrôle surtout les hommes, les jeunes, des styles comme « hip hop » ou « gothique », et on contrôle davantage les Noirs et les Maghrébins.

Une situation inacceptable dénoncée par de nombreuses associations qui proposent une initiative intéressante pour sensibiliser à cette question : à chaque contrôle, les forces de l’ordre remettraient aux individus contrôlés une sorte d’« attestation » justifiant l’existence de ce dernier. Une mesure qui permettrait d’évaluer la portée réelle du « profilage racial » des contrôles, et offrirait une preuve matérielle aux personnes affirmant en être victimes. Ce projet est défendu par le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) et par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH).

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“massacre des harkis ou massacres de harkis ? qu’en sait-on ?” par Sylvie Thénault

L’ouvrage Les Harkis dans la colonisation et ses suites dirigé par Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron, est issu d’une série de rencontres qui ont débouché sur un important colloque, le 4 mars 2006, à l’Assemblée nationale, intitulé 1956-2006, cinquante ans, les harkis dans l’histoire de la colonisation et de ses suites. Sur l’abandon et le massacre des harkis, l’historienne Sylvie Thénault y a apporté une contribution que nous reprenons ici2.

Tout au long d’une enquête historiographique approfondie, l’historienne aborde de nombreux aspects du problème. La grande diversité des situations locales la conduit notamment à penser préférable de parler « des massacres de harkis » plutôt que « du massacre des harkis », et à conclure à l’impossibilité d’une évaluation précise du nombre de victimes. Sans esquiver la complexité du problème, elle met en évidence les responsabilités des différents acteurs de la guerre d’Algérie.

Sylvie Thénault, chargée de recherche au Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CHS-CNRS), est une spécialiste reconnue de la guerre d’indépendance algérienne. Elle a notamment publié Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie, éd. La Découverte, 2001 – réédité en poche, collection « Sciences humaines », 2004 –, et Histoire de la guerre d’indépendance algérienne, Flammarion, 2005. Elle a été la coordonnatrice du n° 92, oct-déc 2008, de la revue de la BDIC, Matériaux pour l’histoire de notre temps, consacré à «l’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne».

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confirmation par Hubert Falco de la création de la Fondation sur la guerre d’Algérie

Dans une allocution3 prononcée devant leurs associations réunies aux Invalides à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Harkis, vendredi 25 septembre 2009, le Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco, a confirmé la création d’une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie. Cette fondation, à laquelle de nombreux historiens ont manifesté leur opposition, avait été annoncée par François Fillon le 25 septembre 2007 – voir cette page.

Les réactions sont vives dans la presse en Algérie, où la Fondation du 8 Mai 1945 dénonce vivement l’annonce faite par Hubert Falco. Nous terminons cette page en reprenant l’entretien avec un fils de harki publié par le quotidien El Watan dans son édition du 26 septembre 2009.

Les autres mesures en faveur des Harkis annoncées par Hubert Falco ainsi que la modification de la loi du 23 février 2005 qui permettra de «condamner la diffamation et l’injure envers les Harkis, de la même manière que […] les propos à caractère raciste» sont abordées dans cette autre page.

[Mise en ligne le 26 septembre 2009, mise à jour le 28]

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Hubert Falco annonce des mesures en faveur des harkis

Dans l’allocution qu’il a prononcée le 25 septembre 2009, devant leurs associations réunies aux Invalides à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Harkis, le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants a annoncé la prolongation et le renforcement du plan emploi en faveur des enfants de Harkis jusqu’à fin 2010, ainsi que l’attribution de l’allocation de reconnaissance (20.000 euros) à une petite centaine de nouveaux bénéficiaires

Outre la décision de créer une Fondation sur la guerre d’Algérie, Hubert Falco a annoncé une modification de la loi du 23 février 2005 “portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés” de façon à permettre aux tribunaux de «condamner la diffamation et l’injure envers les Harkis, de la même manière que sont sanctionnés dans notre pays les propos à caractère raciste».

Nous reprenons ci-dessous la partie de l’allocution d’Hubert Falco consacrée aux Harkis4, suivie de quelques réactions et de la tribune d’Alexandre Gerbi intitulée «De Hortefeux aux Harkis».

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Harkis

les harkis dans la colonisation et ses suites

Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron publient «Les Harkis dans la colonisation et ses suites», avec une préface de Jean Lacouture5.

Ci-dessous une présentation du livre, suivie d’extraits de la préface, puis d’un article que l’historien Jean-Charles Jauffret a consacré à cet ouvrage.

[Mise en ligne le 2 février 2008, mise à jour le 25 septembre 2009]


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Vincent Sardon
Racisme de couleur et islamophobie

Mustapha Kessous : « ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je me présente au téléphone »

Les propos discriminants récemment tenus par Brice Hortefeux éclairent la conception de l’“identité nationale” du ministre de l’Intérieur. Derrière une façade politiquement correcte magnifiant la “diversité », ils révèlent à quel point les stéréotypes coloniaux et l’idée d’“inassimilabilité”, qui jalonnent l’histoire de l’immigration en France et une vision biaisée de la société française, façonnent l’univers de la majorité actuelle6.

Mais a-t-on suffisamment souligné le fait que le président de la République n’a pas eu un mot pour condamner les propos de Brice Hortefeux7. Ce faisant, Nicolas Sarkozy « s’inscrit dans la dynamique de légitimation du racisme par les élites » qui classe les Français en deux catégories : les Français «de souche » et les « Français pas tout à fait comme les autres »8.

Le témoignage d’un journaliste du Monde que nous reprenons ci-dessous montre la persistance dans une (trop grande) partie de la population de préjugés à l’égard des personnes issues de l’immigration. La promotion de l’“identité nationale” à laquelle Nicolas Sarkozy s’est livré pour gagner les voix de l’extrême droite et qui continue à être un de ses thèmes politiques favoris ne fait que conforter ces fantasmes injustifiables, alors qu’il conviendrait tout au contraire de les combattre.

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de l’Algérie à l’Afghanistan : la France a-t-elle perdu la mémoire ?

L’Afghanistan n’est pas sa première guerre hors de ses frontières : l’Algérie est un épisode particulièrement tragique dont on pouvait penser avoir tiré des leçons.

Combien faudra t-il encore rapatrier de cercueils pour que l’opinion se réveille de sa léthargie et que la classe politique ose dire l’absurdité d’un engagement militaire français dans les lointaines montagnes de l’Hindou Koush ? C’est la même question que posent à un an de distance, chacun à sa façon, le chroniqueur Roland Hureaux et l’anthropologue Emmanuel Terray.

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1945-1962

un tournant de la guerre d’Algérie : le discours de de Gaulle sur l’autodétermination, par Benjamin Stora

Quand de Gaulle assume une fois de plus les pouvoirs de la République, en mai 1958, et forme un nouveau gouvernement, l’Algérie est à feu et à sang depuis quatre ans. Il semble bien être le seul à pouvoir tirer la France de ce bourbier. Mais choisira-t-il l’indépendance ou la fermeté ? Après avoir prononcé le slogan « Vive l’Algérie française » à Mostaganem, puis le fameux « Je vous ai compris» à Alger, il suscite de grands espoirs parmi les Algériens français. Aussi, le 16 septembre 1959, son discours télévisé créé la stupeur : il lève l’ambiguïté grandissante de son attitude face au conflit et lâche le mot tabou d’« Autodétermination» … Un basculement décisif, le rejet de « l’intégration» : le chef de l’État offre aux Algériens le choix entre l’association et la sécession – c’est donc la volonté de la population musulmane, très largement majoritaire, qui l’emportera. Les partisans de l’Algérie française crient aussitôt à la trahison…

Ce choix pour l’autodétermination a-t-il relevé d’une mûre réflexion, après bien des hésitations, ou d’une décision secrète prise de longue date ? En analysant de très nombreux témoignages, souvent contradictoires, en mettant en perspective les événements politiques, sociaux et culturels précédant le discours du 16 septembre 1959, Benjamin Stora tente dans son dernier livre, Le mystère de Gaulle. Son choix pour l’Algérie, de cerner les raisons profondes qui ont présidé à cette décision finale 9.

A la suite de la présentation de ce livre par Jean Daniel, vous trouverez un article récent de Benjamin Stora sur ce sujet.

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Abdelkader Rahmani, école des officiers de Bou Saada, 1944.
Les résistances à la guerre d'Algérie

Abdelkader Rahmani, officier FSNA – Français de souche nord-africaine – de l’armée française

Après avoir participé à la libération de la France, Abdelkader Rahmani s’engage dans l’armée française.

Au printemps 1957, il est embastillé pour avoir officiellement demandé à ne pas avoir à se battre contre ses frères qui luttaient pour l’indépendance de leur pays.Il occupe une cellule dans laquelle le général de Bollardière, seul officier supérieur à avoir condamné ouvertement la torture, lui succédera.

Après différentes péripéties, l’armée le place, le 2 février 1959, dans la position de non-activité par retrait d’emploi. Il y sera maintenu plus de quinze ans.

Sa carrière brisée ne sera jamais reconstituée, contrairement à celles des putschistes qui avaient tourné leurs armes contre la République, et qui ont pu bénéficier de la loi d’amnistie du 3 décembre 1982.

Aucune indemnité ne lui sera versée, contrairement aux activistes de l’OAS qui ont bénéficié de l’article 13 de la loi du 23 février 2005.

Ci-dessous, la reprise d’un article d’Hélène Bracco publié dans le n°159, juillet-septembre 2009, de la revue Gavroche10.

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Paul Girot de Langlade
Racisme de couleur et islamophobie

Un préfet suspendu après un violent accès de négrophobie

Une femme agent de sécurité à l’aéroport d’Orly a porté plainte le 31 juillet dernier pour propos diffamatoires à caractère raciste contre le préfet Paul Girot de Langlade, celui là même qui était encore le « patron » des États généraux à la Réunion il y a quelques jours. Le 14 août, on apprenait que le ministère de l’Intérieur avait suspendu le préfet.

On peut rappeler que Paul Girot de Langlade, avait déjà défrayé la chronique à deux reprises pour « provocation à la haine raciale» dans l’exercice de ses fonctions de préfet. En 2002, alors qu’il était en poste dans le Vaucluse, puis en 2006, dans La Nouvelle République, il s’en était pris vertement aux gens du voyage, les assimilant à «des délinquants». Il avait gagné les deux procès en appel, mais ses prises de parole lui avaient valu son placement hors cadre.

[Première mise en ligne le 10 août, dernière mise à jour le 2 septembre 2009]

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