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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

 17 octobre 1961-17 octobre 2009 : vérité et justice

La Ligue française des droits de l’Homme (LDH), aux côtés de plusieurs autres associations, appelle à un rassemblement samedi 17 octobre 2009, place Saint-Michel à Paris (17h) pour commémorer le massacre du 17 octobre 1961, où plusieurs dizaines d’Algériens sortis manifester pacifiquement pour leur droit à l’indépendance furent tués par la police de Maurice Papon, des milliers d’autres torturés, emprisonnés, déportés vers des camps en Algérie. Quarante-huit ans après le drame, l’Etat français ne se contente pas de taire ce crime d’Etat, mais mène une politique de réhabilitation rampante du passé colonial français, s’inquiète Gilles Manceron, vice-président de la LDH et spécialiste du colonialisme français.

Samedi 17 octobre à 17 h, rassemblement Place Saint Michel à Paris.

[Mise en ligne le 13 octobre 2009, complétée le 17]

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Mammies de Sainte-Livrade (photo archives Sud Ouest)
Indochinois

la fin annoncée du “petit Saïgon” sur Lot

Au cours de la période de décolonisation plusieurs camps ont été réouverts dans le département du Lot-et-Garonne pour recevoir différents groupes de rapatriés. Le plus connu est sans doute celui de Bias par lequel de très nombreux harkis sont passés à partir de 1962 et qui fut à la pointe de la révolte de la jeunesse harkie en 1975.

Huit ans auparavant, un autre camp avait été réactivé à Sainte-Livrade-sur-Lot. Après la débâcle française en Indochine, consécutive à la défaite de Diên Biên Phu (1954), plus d’un millier de réfugiés d’Indochine y furent installés dans l’euphémique “Centre d’accueil des Français d’Indochine” (CAFI). Aujourd’hui le CAFI est en voie de «réhabilitation» – certains parlent de «destruction/reconstruction».

Un journaliste de Courrier International y a rencontré l’été dernier les dernières Indochinoises nonagénaires qui y habitent encore. A la suite de son article, vous trouverez quelques liens permettant de mieux appréhender la situation.

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Hooligarou
Racisme de couleur et islamophobie

Première condamnation d’un joueur de football pour injures racistes sur un stade

Un footballeur amateur de Lagnieu (Ain) a été condamné en juin dernier à quatre mois de prison avec sursis pour injures à caractère raciste. Il a été reconnu coupable d’avoir proféré à un joueur adverse, le 25 janvier 2009, lors d’un match de 2e division départementale :  » Va doucement, on en a mis cinq dans votre cul, sale Nègre, t’as rien à dire, sale singe ! » C’est la première fois en France qu’un joueur est condamné pour injures racistes. Le procès en appel s’est déroulé à Lyon. La décision du tribunal sera connue le 22 octobre prochain.

« Ce procès a été le strict reflet de la réalité de la France », a souligné Alain Jakubowicz, l’avocat de Makam Traoré.

Pour combattre racisme et violence dans le football, une série de courts-métrages de 2 minutes chacun, intitulée les « Insupportables», est en cours de réalisation. On y verra un père de famille se transformer en une bête assoiffée de haine,
Hooligarou, quand il va voir un match de foot… 1

Hooligarou
Hooligarou
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Assemblée générale de l'ANPNPA, à La Ciotat le 3 octobre 2009.
Les pieds-noirs « nostalgériques »

L’ANPNPA a fêté son premier anniversaire

L’association des “pieds noirs progressistes et de leurs amis” a tenu sa première assemblée générale le 3 octobre 2009. Une cinquantaine de ses membres se sont retrouvés à La Ciotat pour faire un bilan de l’année écoulée et évoquer des projets d’avenir.

«La démarche de l’association se fait par rapport à la mémoire pour reconstruire un contact avec l’Algérie, avec l’aide d’associations dont une qui est très active en Algérie : l’association des anciens appelés en Algérie contre la guerre » explique le président de l’ANPNPA, Jacques Pradel. «Nous œuvrons pour le rapprochement des peuples algérien et français ».

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Bernadette Chirac et soeur Adalberta.
Foulard et voile

Débat sur le port de la burqa : défense de la laïcité ou nouvelle occasion de stigmatiser ?

Le soi-disant “débat sur la burqa” se révèle être l’occasion d’un amalgame qui englobe dans une même réprobation les musulmanes portant le foulard islamique « classique » et les adeptes du voile intégral – niqab ou burqa.

Certes, la loi de 2004 interdisant les signes religieux à l’école n’a pas empêché les tribunaux d’être de plus en plus souvent saisis de contentieux sur le port du voile. Mais nombreux sont ceux qui voient dans la résurgence d’un débat sur ce thème une nouvelle stigmatisation de l’islam et des personnes de confession ou d’origine maghrébine.

Une dérive qui inquiète de nombreux observateurs. Au-delà de la proposition de loi de Christian Vanneste, cette situation soulève des questions de fond : serait-il bien laïque d’interdire le port du voile intégral sur la voie publique ? … Comment mettre un point d’arrêt au développement de la réglementation du comportement public des citoyens ?

Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, s’est déclaré «absolument hostile» à une loi qui réglementerait le port du voile intégral, tout en jugeant «nécessaire que cette pratique régresse».

[Première mise en ligne le 6 octobre 2009, complétée le 8]

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Rassemblement des volontaires de l'ACNV autour de l'obélisque le 11 mai 1960 (photo Guy Aguiraud).
1945-1962

l’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne, par Sylvie Thénault

La revue Matériaux pour l’histoire de notre temps éditée par la BDIC a consacré son numéro 92 d’octobre-décembre 2008 à « L’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne ». Sylvie Thénault, historienne au Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Paris 1-CNRS), spécialiste des législations d’exception et de la répression légale pendant la guerre d’indépendance algérienne2, en avait assuré la coordination. Nous reprenons ci-dessous l’introduction qu’elle a rédigée pour ce dossier, en la remerciant de nous avoir autorisés à le faire.

C’est dans le versant policier de la guerre que s’est inscrit le recours à l’internement. Il est alors apparu comme un des moyens de neutraliser ces ennemis qu’étaient les nationalistes algériens et leurs sympathisants. A l’époque, les camps d’internement n’étaient pas désignés comme tels par les pouvoirs publics. Ils étaient appelés centres de détention administrative (CDA) en Algérie, et, en France, centres d’assignation à résidence surveillée (CARS).

A la suite de cet article, vous trouverez le sommaire de ce numéro qui reste disponible auprès de la BDIC 3.

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pour Mohammed Harbi, il n’est pas pertinent de rapprocher la situation des harkis de celle des “collaborateurs” des années 40

L’ouvrage Les Harkis dans la colonisation et ses suites dirigé par Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron, est issu d’une série de rencontres qui ont débouché sur un important colloque, le 4 mars 2006, à l’Assemblée nationale, intitulé 1956-2006, cinquante ans, les harkis dans l’histoire de la colonisation et de ses suites.

Dans sa contribution, reprise ci-dessous, l’historien Mohammed Harbi4 rappelle le contexte de la guerre d’Algérie – les regroupements des populations des campagnes dans des camps, le recrutement des supplétifs, … – et explique pourquoi le rapprochement de la situation des «harkis» de celle des « collaborateurs » de l’occupation de la France entre 1940 et 1944, ne lui semble pas pertinent…

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De 1962 à 2006

Algérie, les années pieds-rouges, par Catherine Simon

Algérie, les années pieds-rouges. Des rêves de l’indépendance au désenchantement (1962-1969), un livre où Catherine Simon raconte l’aventure de ces Français – instituteurs, médecins, ingénieurs – qui ont traversé la Méditerranée pour bâtir la nouvelle Algérie indépendante.5

Grand reporter au quotidien Le Monde, où elle est entrée il y a plus de vingt ans, Catherine Simon en a été la dernière correspondante à Alger, au début des années 1990.
Nous reprenons ci-dessous l’introduction et la table des matières de ce livre.

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Contrôle d'identité d'un jeune (Sipa)
Contrôle au faciès

Une attestation pour lutter contre les contrôles d’identité au faciès

Une étude du CNRS, rendue publique en juillet dernier, a confirmé que les contrôles de police se fondent beaucoup plus sur l’apparence des gens – sexe, âge, habillement et couleur de peau – que sur un comportement suspect. En particulier, on contrôle surtout les hommes, les jeunes, des styles comme « hip hop » ou « gothique », et on contrôle davantage les Noirs et les Maghrébins.

Une situation inacceptable dénoncée par de nombreuses associations qui proposent une initiative intéressante pour sensibiliser à cette question : à chaque contrôle, les forces de l’ordre remettraient aux individus contrôlés une sorte d’« attestation » justifiant l’existence de ce dernier. Une mesure qui permettrait d’évaluer la portée réelle du « profilage racial » des contrôles, et offrirait une preuve matérielle aux personnes affirmant en être victimes. Ce projet est défendu par le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) et par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH).

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“massacre des harkis ou massacres de harkis ? qu’en sait-on ?” par Sylvie Thénault

L’ouvrage Les Harkis dans la colonisation et ses suites dirigé par Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron, est issu d’une série de rencontres qui ont débouché sur un important colloque, le 4 mars 2006, à l’Assemblée nationale, intitulé 1956-2006, cinquante ans, les harkis dans l’histoire de la colonisation et de ses suites. Sur l’abandon et le massacre des harkis, l’historienne Sylvie Thénault y a apporté une contribution que nous reprenons ici6.

Tout au long d’une enquête historiographique approfondie, l’historienne aborde de nombreux aspects du problème. La grande diversité des situations locales la conduit notamment à penser préférable de parler « des massacres de harkis » plutôt que « du massacre des harkis », et à conclure à l’impossibilité d’une évaluation précise du nombre de victimes. Sans esquiver la complexité du problème, elle met en évidence les responsabilités des différents acteurs de la guerre d’Algérie.

Sylvie Thénault, chargée de recherche au Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CHS-CNRS), est une spécialiste reconnue de la guerre d’indépendance algérienne. Elle a notamment publié Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie, éd. La Découverte, 2001 – réédité en poche, collection « Sciences humaines », 2004 –, et Histoire de la guerre d’indépendance algérienne, Flammarion, 2005. Elle a été la coordonnatrice du n° 92, oct-déc 2008, de la revue de la BDIC, Matériaux pour l’histoire de notre temps, consacré à «l’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne».

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confirmation par Hubert Falco de la création de la Fondation sur la guerre d’Algérie

Dans une allocution7 prononcée devant leurs associations réunies aux Invalides à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Harkis, vendredi 25 septembre 2009, le Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco, a confirmé la création d’une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie. Cette fondation, à laquelle de nombreux historiens ont manifesté leur opposition, avait été annoncée par François Fillon le 25 septembre 2007 – voir cette page.

Les réactions sont vives dans la presse en Algérie, où la Fondation du 8 Mai 1945 dénonce vivement l’annonce faite par Hubert Falco. Nous terminons cette page en reprenant l’entretien avec un fils de harki publié par le quotidien El Watan dans son édition du 26 septembre 2009.

Les autres mesures en faveur des Harkis annoncées par Hubert Falco ainsi que la modification de la loi du 23 février 2005 qui permettra de «condamner la diffamation et l’injure envers les Harkis, de la même manière que […] les propos à caractère raciste» sont abordées dans cette autre page.

[Mise en ligne le 26 septembre 2009, mise à jour le 28]

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Hubert Falco annonce des mesures en faveur des harkis

Dans l’allocution qu’il a prononcée le 25 septembre 2009, devant leurs associations réunies aux Invalides à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Harkis, le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants a annoncé la prolongation et le renforcement du plan emploi en faveur des enfants de Harkis jusqu’à fin 2010, ainsi que l’attribution de l’allocation de reconnaissance (20.000 euros) à une petite centaine de nouveaux bénéficiaires

Outre la décision de créer une Fondation sur la guerre d’Algérie, Hubert Falco a annoncé une modification de la loi du 23 février 2005 “portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés” de façon à permettre aux tribunaux de «condamner la diffamation et l’injure envers les Harkis, de la même manière que sont sanctionnés dans notre pays les propos à caractère raciste».

Nous reprenons ci-dessous la partie de l’allocution d’Hubert Falco consacrée aux Harkis8, suivie de quelques réactions et de la tribune d’Alexandre Gerbi intitulée «De Hortefeux aux Harkis».

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