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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Condamnations pour diffamation de la mémoire du commissaire Roger Gavoury, mort pour la France

Jean-François Gavoury, fils du commissaire Roger Gavoury assassiné à Alger le 31 mai 1961 par un commando de l’OAS – voir cette page –, nous fait part des lourdes condamnations prononcées par le tribunal correctionnel de Créteil, le 6 novembre 2009, pour diffamation envers son père.

Espérons que ces sanctions mettront un terme aux injures faites à la mémoire des victimes de l’OAS, et aux initiatives visant à l’apologie de l’organisation terroriste.

Jean-François Gavoury se propose d’utiliser le produit des dommages et intérêts auxquels les prévenus ont été condamnés au développement de projets liés au combat que mène l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS – ANPROMEVO – dont il est le président-fondateur.

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Vincent Duclert : «ignorer le “grand débat” de Monsieur Besson»

Pour Vincent Duclert, il faut ignorer le débat sur “l’identité nationale” lancé ce lundi 2 novembre par le ministre de l’Immigration, en raison de trois problèmes majeurs :

  • il enferme une question légitime, “qu’est-ce qu’être français ?” dans le cadre idéologique de “l’identité nationale” emprunté aux bagages de l’extrême droite ;
  • il évacue tout l’effort de la République et des républicains pour fonder une relation des Français à la nation qui rejette le nationalisme ;
  • il politise les institutions publiques et les met au service d’une cause douteuse et partisane.

Le texte suivant a été publié par Vincent Duclert sur son blog, le 6 novembre 2009. Il est suivi d’un autre texte écrit par l’historien au cours de la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, mais resté jusqu’à présent inédit.

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Quand Claude Lévi-Strauss dénonçait l’utilisation politique de l’identité nationale

En 2005, Claude Lévi-Strauss prononçait un discours mettant en garde contre les dérives de politiques étatiques se fondant sur des principes d’identité nationale. « J’ai connu une époque où l’identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les Etats. On sait quels désastres en résultèrent », disait-il. Pour Philippe Descola, professeur au Collège de France et qui a succédé à Claude Lévi-Strauss à la tête du laboratoire d’anthropologie sociale, « c’est la double expérience, personnelle et politique d’un côté et d’ethnologue de l’autre, qui a conduit Lévi-Strauss à récuser et vivement critiquer l’accaparement, par des Etats, de l’identité nationale ».

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Dans le cimetière de Douaumont (Photo Pascal Brocard)
L'arbitraire de l'armée : les fusillés de 14-18

hommage à Pierre Millant et Henri Herduin, fusillés en 1916

Mercredi 4 novembre 2009, une stèle a été inaugurée à Fleury-devant-Douaumont (Meuse) en hommage aux deux sous-lieutenants fusillés sans jugement pour «abandon de poste» en 1916, durant la bataille de Verdun. Pierre Millant et Henri Herduin avaient été réhabilités dès 1926 grâce notamment à l’action de la LDH. «Leur dossier est béton. Ce ne sont ni des mutins, ni des déserteurs. Ils n’auraient jamais dû être fusillés », explique Serge Barcellini, contrôleur général des Armées et directeur de la mission histoire au conseil général de la Meuse.

Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Hubert Falco, n’a pas participé à cette inauguration en raison, semble-t-il, d’une polémique soulevée par le maire (divers droite) de Verdun, Arsène Lux. D’après le Républicain lorrain1, le maire de Verdun, inquiet de l’impact que la cérémonie prévue «risque d’avoir sur le moral de nos forces armées, notamment pour celles qui sont engagées […] sur les champs d’intervention extérieurs comme l’Afghanistan», avait exprimé dans une lettre ouverte adressée à Hubert Falco sa crainte d’assister au réveil de «pacifismes irresponsables et antimilitarismes primaires»2.

On ne peut manquer de rapprocher cette réaction du maire de Verdun de l’approbation des exécutions sommaires par la hiérarchie militaire de l’époque – Joffre, Pétain, Nivelle – que Gilles Manceron rappelait dans un article paru il y a un an.

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Benjamin Stora : «il faut se méfier des initiatives étatiques relatives à l’écriture de l’histoire et à la définition de la nation»

Historien de la colonisation, auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’immigration, Benjamin Stora juge suspecte l’injonction étatique à ouvrir un débat sur « l’identité nationale ». Pour lui, la mondialisation ou la construction européenne nourrissent, plus que l’immigration, une « crise de la question nationale » que la stigmatisation des immigrés et des Français d’origine étrangère ne saurait, en aucun cas, résoudre.

Dernier ouvrage paru :
le Mystère de Gaulle, son choix pour l’Algérie, Robert Laffont, Paris, 2009.

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Une manifestation visant à empêcher le départ pour l'Algérie d'un train de rappelés.
Villes du Midi et mémoire de l'Algérie française

Armande et le mémorial de Sète

Un Mémorial dédié aux 218 Héraultais morts dans les conflits d’Afrique du Nord a été inauguré à Sète mardi 27 octobre 2009, en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires, de dizaines d’associations d’anciens combattants et de plusieurs milliers de personnes. Ce monument a été implanté sur la Corniche de Sète à l’initiative de l’association du Mémorial héraultais présidée par Jacques Bousquet.

Un Mémorial où – espérons-le – on aura une pensée pour les morts algériens, lors des futurs hommages4. Sans oublier ceux qui se sont opposés à ces guerres coloniales, comme le rappelle Armande dont nous reprenons le cri de protestation.

[Mise en ligne le 1er novembre 2009, mise à jour le 2 novembre]

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Le 6 juin 2009, inauguration à Sète d’un mémorial des rapatriés d’Afrique du Nord

La ville de Sète possède maintenant au moins deux lieux de mémoire dédiés au passé colonial de la France en Afrique du Nord.

Un Mémorial dédié aux 218 Héraultais morts dans les conflits d’Afrique du Nord a été inauguré mardi 27 octobre 2009 sur la Corniche.
Quelques mois auparavant, samedi matin 6 juin 2009, un Mémorial Sétois d’Afrique du Nord avait été inauguré au Cimetière Marin, en présence d’une foule importante et de tout un aréopage de personnalités – Gilles d’Ettore, député maire d’Agde, François Commeinhes, maire de Sète, ainsi que le président du Haut Commissariat aux Rapatriés5.

Note : Le titre de cette page – initialement : “la ville de Sète candidate pour l’érection du prochain monument nostalgérique ?” – et son chapeau ont été réécrits le 2 novembre 2009.

[Première publication le 26 nov. 2007, mise à jour le 2 nov. 2009]

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“Ce n’est pas au pouvoir politique de décréter ce que c’est qu’être Français” (Patrick Weil)

Réagissant à l’intention du ministre de l’Immigration de lancer un débat sur l’identité nationale, l’historien Patrick Weil, auteur de Qu’est-ce-qu’un Français? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution6, a jugé lundi « insupportable » « la volonté de M. Besson d’encadrer quelque chose qui a toujours été très divers et fluide ».

« Etre Français, c’est se rattacher à des traditions extrêmement différentes », a déclaré à l’AFP Patrick Weil. « On peut se sentir Français en relation avec Jeanne d’Arc, Louis XIV, Danton ou Robespierre, de Gaulle ou Clemenceau. Il n’y a pas une seule façon d’être Français. M. Besson a une volonté d’encadrer quelque chose qui a toujours été très divers et fluide, ce qui est insupportable ».

Plutôt que de participer à la récupération populiste d’Eric Besson, profitons de l’occasion pour relire Ernest Renan : l’éditeur Les liens qui libèrent vient de publier un petit livre intitulé De la nation et du «peuple juif», dans lequel l’historien israélien Shlomo Sand reprend deux textes d’Ernest Renan : Qu’est-ce qu’une nation ? du 11 mars 1882 et Le judaïsme comme comme race et comme religion du 27 janvier 1883. Voici la dernière partie du premier de ces deux textes 7.

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Affaire Ben Barka

Le Maroc a besoin de vérité et de libertés

Depuis le 29 septembre 2009, le journal marocain Akhbar Al Youm ne paraît plus. Ses locaux de Casablanca sont sous scellés. Le directeur de la publication, Taoufiq Bouâchrine, et le dessinateur Khalid Gueddar, comparaîtront le 23 octobre devant le tribunal de Casablanca, poursuivis pour outrage au drapeau national et participation à l’outrage.

En rétorsion aux protestations et soutiens qui se multiplient8, les autorités marocaines ont bloqué jeudi la distribution du quotidien français Le Monde qui a publié, dans son édition datée du jeudi 22 octobre, une caricature jugée irrespectueuse de la famille royale. Le Monde daté du vendredi 23 octobre sera également interdit à la vente au Maroc.

[Mise en ligne le 21 octobre 2009, mise à jour le 23]

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L'enseignement

«la fabrique scolaire de l’histoire», par Laurence De Cock et Emmanuelle Picard (dir.)

Depuis la Révolution française, l’enseignement de l’histoire est associé à la construction d’une « identité nationale ». En prenant la forme d’un récit ethnocentré, l’histoire scolaire devait permettre l’intégration de tous les futurs citoyens de la République, quelles que soient leurs identités originelles, dans un ensemble politique unique.

Aujourd’hui, alors que la période est favorable à la reconnaissance des « identités plurielles », les exclus du roman national réclament l’ajustement des programmes scolaires et critiquent la fabrique scolaire de l’histoire vue comme un instrument de domination.

A la suite de Suzanne Citron qui a préfacé leur ouvrage, Laurence De Cock et Emmanuelle Picard interrogent la manière dont l’histoire scolaire est fabriquée. De fait, l’enseignement de histoire à l’école est le produit d’une chaîne de responsabilités dont il nous faut interroger chacun des maillons : pourquoi et comment apprendre l’histoire, et quelle histoire ? Car c’est une politique du passé qui s’exprime à travers ce montage. Une politique où la question d’une histoire commune et donc de l’universalité est en jeu.

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le gouvernement restera-t-il sourd aux recommandations de la HALDE ?

Les discriminations administratives infligées aux gens du voyage sont nombreuses. La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) avait adressé en janvier 2008 des recommandations au gouvernement, en vue de rétablir une égalité de traitement à propos notamment de la carte nationale d’identité, de la libre-circulation, de l’accès au droit de vote, de la scolarisation et du stationnement.

« En l’absence de suites favorables données» à ses recommandations, la HALDE a rendu publique une délibération du 14 septembre 2009, publiée au Journal officiel le 17 octobre 2009. Nous reprenons ci-dessous l’annexe de cette délibération : un rapport intitulé Régime applicable aux gens du voyage et discriminations où la HALDE insiste notamment sur les «titres de circulation» et l’accès au droit de vote.

La HALDE observe que les dispositions du Code électoral concernant les « citoyens français identifiés par leur appartenance à la communauté des gens du voyage » entravent «de manière excessive leur accès au droit de vote» – ce qui constitue une violation de la Constitution et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Elle recommande donc de réformer la loi afin de garantir un accès non discriminatoire des gens du voyage au droit de vote. Sera-t-elle entendue ?

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