Mercredi 4 novembre 2009, une stèle a été inaugurée à Fleury-devant-Douaumont (Meuse) en hommage aux deux sous-lieutenants fusillés sans jugement pour «abandon de poste» en 1916, durant la bataille de Verdun. Pierre Millant et Henri Herduin avaient été réhabilités dès 1926 grâce notamment à l’action de la LDH. «Leur dossier est béton. Ce ne sont ni des mutins, ni des déserteurs. Ils n’auraient jamais dû être fusillés », explique Serge Barcellini, contrôleur général des Armées et directeur de la mission histoire au conseil général de la Meuse.
Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Hubert Falco, n’a pas participé à cette inauguration en raison, semble-t-il, d’une polémique soulevée par le maire (divers droite) de Verdun, Arsène Lux. D’après le Républicain lorrain, le maire de Verdun, inquiet de l’impact que la cérémonie prévue «risque d’avoir sur le moral de nos forces armées, notamment pour celles qui sont engagées […] sur les champs d’intervention extérieurs comme l’Afghanistan», avait exprimé dans une lettre ouverte adressée à Hubert Falco sa crainte d’assister au réveil de «pacifismes irresponsables et antimilitarismes primaires».
On ne peut manquer de rapprocher cette réaction du maire de Verdun de l’approbation des exécutions sommaires par la hiérarchie militaire de l’époque – Joffre, Pétain, Nivelle – que Gilles Manceron rappelait dans un article paru il y a un an.