Les œuvres sur la guerre d’Algérie devront-elles être soumises à une « précensure »?
« On pensait la censure coloniale supprimée, mais non », déplorait El Watan le 24 avril 20101. Le quotidien algérien commentait ainsi l’accusation de « falsification de l’histoire » formulée par Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, à propos de l’évocation des massacres de Sétif dans le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb. Lionnel Luca, craignant que le film ne soit sélectionné sous les « couleurs françaises » à Cannes, avait saisi courant 2009 le secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, Hubert Falco, lequel a demandé au Service historique de la Défense (SHD) un « avis historique » sur le projet de M. Bouchareb2. Ces péripéties dignes d’une époque que l’on pensait révolue posent question. En particulier : le versement d’une aide technique du CNC pour les œuvres touchant à la guerre d’Algérie sera-t-il désormais conditionné par le respect d’une vérité « officielle » ? D’autre part, le fait que Lionnel Luca ait évoqué la future Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie3 n’est pas fait pour rassurer tous ceux que les finalités de ce nouvel organisme inquiètent.
![Sur le programme de la soirée du 13 avril 2010 aux Invalides (© Ministère de la Défense [1])](https://histoirecoloniale.net/wp-content/uploads/2010/04/programme_13avril2010-225x300.jpg)





