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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

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Les “banlieues”

Villiers-le-Bel : condamnations sur dénonciations rétribuées

La mort, fin novembre 2007, de deux adolescents dans la collision de leur moto avec un véhicule de police avait entraîné deux jours de violences entre jeunes et forces de l’ordre à Villiers-le-Bel (Val d’Oise). La cour d’assises de Pontoise vient de condamner à des peines lourdes – de 3 à 15 ans de prison ferme – mais inférieures aux demandes du ministère public, cinq jeunes accusés d’y avoir pris part, fut-ce indirectement, accusation qui ne s’appuyait que sur un seul témoignage “sous X” 1. Un appel dénonçant «l’inacceptable verdict du 4 juillet 2010, condamnant sans preuves cinq jeunes de Villiers-le-Bel à des peines d’emprisonnement ferme» peut être signé : appel contre une condamnation pour l’exemple.

Il y a quelques années, Laurent Mucchielli, co-auteur de l’ouvrage Quand les banlieues brûlent, avait déclaré «tant que l’on refusera de traiter les questions de fond, on aura des émeutes»2. Il avait identifié «quatre problèmes cruciaux pour les banlieues» :

  1. les relations catastrophiques avec la police,
  2. le niveau de l’échec scolaire et le ressentiment envers l’école,
  3. le niveau du chômage des jeunes, y compris lorsqu’ils sont qualifiés et
  4. le statut global de la population dite “issue de l’immigration” dans la société française.

Il poursuivait : «Ils sont toujours là, et ils nourrissent toujours en permanence dans ces quartiers des sentiments de colère, d’injustice, d’exclusion, d’humiliation et de ce que j’appelle la “victimation collective” ».

L’article d’Oernella Guyet que nous reprenons ci-dessous sous contrat Creative Commons – il a été initialement publié sur le site BastaMag – montre que la situation ne s’est pas améliorée depuis lors.

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“Ulysse clandestin”, de Thomas Lacoste

Un film pour la nécessaire suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale (93’), produit par La Bande Passante.

Avec la participation des historiens Pap Ndiaye, Gérard Noiriel, Tzvetan Todorov et Sophie Wahnich, des anthropologues Michel Agier, Marcel Detienne, Françoise Héritier et Emmanuel Terray, des sociologues Luc Boltanski et Eric Fassin, tous membres du Collectif pour la suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale.

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Nicolas Sarkozy annonce la prochaine “décristallisation” des pensions des anciens ressortissants des colonies

Le Conseil constitutionnel a rendu le 28 mai 2010 sa décision concernant la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution de dispositions législatives relatives au régime spécial des pensions applicable aux ressortissants des pays et territoires autrefois sous souveraineté française.
Il a déclaré inconstitutionnelles, car contraires au principe d’égalité, des dispositions qui prévoyaient, pour les titulaires de pensions civiles ou militaires de retraite, des conditions de revalorisation différentes suivant leur lieu de résidence au moment de l’ouverture de leurs droits3.

Suite à cette décision du Conseil constitutionnel, le président de la République a annoncé le 13 juillet 2010, lors du déjeuner offert aux chefs d’Etat africains invités d’honneur du 14 juillet, que, dès la prochaine rentrée parlementaire, un projet de loi serait présenté en vue d’aligner les pensions servies aux anciens combattants avec un taux unique, indépendant de la nationalité et du lieu de résidence.

Une décision que les anciens combattants des colonies apprécieront4 – mais combien d’entre eux sont encore en vie ?

[Mise en ligne le 28 mai 2010, mise à jour le 16 juillet]

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La Une du Quotidien d'Oran du 14 juillet 2010.
Mémorial du Quai Branly

Une proposition de loi contre la réhabilitation insidieuse de l’OAS

Un groupe de sénateurs a déposé le 7 juillet 2010 une proposition de loi visant à mettre un point d’arrêt à la réhabilitation insidieuse de l’OAS qui se développe depuis plusieurs années, comme l’a encore montré la manifestation de Cannes, le 21 mai dernier, à l’occasion de la présentation du film Hors-la-loi.

Ces sénateurs voient dans la décision gouvernementale, annoncée le 5 décembre 2009 par le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants Hubert Falco, un détournement de la vocation du “Mémorial national” du quai Branly, un encouragement aux thèses développées par des organisations extrémistes nostalgiques de l’“Algérie française”. Un encouragement également aux manifestants qui tentent maintenant de s’opposer aux commémorations du cessez-le-feu en Algérie le 19 mars.

Cette proposition de loi reprend la demande des associations d’anciens combattants de voir le Mémorial national du quai Branly «retrouver sa vocation d’origine». Elle vise également à interdire les hommages publics à l’OAS et à pénaliser les atteintes à la mémoire de victimes de l’organisation terroriste.

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le quatorze juillet du cinquantenaire ne doit pas être la fête de l’impunité

Douze chefs d’État africains5 seront présents le 14 juillet à Paris pour célébrer, à la fois, la fête nationale et le cinquantième anniversaire des indépendances… ( y a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer ? )

Dans une lettre ouverte adressée à Nicolas Sarkozy, et après avoir rappelé leur critique du projet de loi d’intégration en droit français des dispositions du statut de la Cour pénale internationale (CPI), la FIDH et la LDH s’inquiètent de la présence éventuelle au sein des délégations officielles de personnes accusées de graves violations des droits de l’Homme.

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Photo aérienne du frontstalag de Lanniron prise pendant la guerre.
Les « tirailleurs sénégalais »

stèle de Lanniron : un devoir de vérité

Lors de la seconde guerre mondiale, les prisonniers de guerre coloniaux ont été détenus en France, car Hitler n’en voulait pas sur le territoire allemand (à partir de 1943, ils seront gardés par des Français… ). L’un de ces camps se trouvait à Quimper, où une stèle a été inaugurée le 18 mai 2010 pour rendre hommage aux milliers de prisonniers qui sont passés par l’ancien “Frontstalag 135” de Lanniron.

L’historienne Armelle Mabon, auteure du livre Prisonniers de guerre “indigènes” – Visages oubliés de la France occupée qu’elle a consacré à cet épisode peu connu de la seconde guerre mondiale6, s’est réjouie de cet hommage rendu à des milliers d’anonymes.

Mais elle se bat maintenant pour obtenir que soit corrigé le texte de la stèle qui évalue à 7 746 le nombre de «soldats issus des colonies françaises d’Afrique et d’Asie» qui ont été détenus dans ce camp. Une évaluation qui, d’après l’historienne, n’a aucune valeur et qui est certainement inférieure à la réalité. C’est pourquoi elle est intervenue auprès du maire de Quimper et du préfet du Finistère, et elle a pris contact avec le cabinet d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, en demandant que l’inscription figurant sur la stèle soit modifiée.

On ne peut imaginer que sa demande ne soit pas entendue, car

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur des hommes. »

Albert Camus

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« Massacre de Sétif et récit national », par Séverine Labat

A l’occasion de la sortie du film Hors la loi, Séverine Labat voit « l’amorce d’un débat, dans l’espace public, sur le bilan et les conséquences de cent trente ans d’occupation coloniale ». «Ce n’est qu’au prix d’un tel débat, écrit-elle, que les Français d’origine algérienne pourront à leur tour s’approprier notre histoire nationale – y compris sur son versant colonial – […] et, par là, pourront être à même d’avoir le sentiment de n’être plus objets mais sujets de leur histoire. » Cette tribune de Séverine Labat7 a été publiée dans Le Monde du 27 juin 2010.

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L'hôtel Montcalm en travaux.
Montpellier

Montpellier : un musée de l’histoire de la France en Algérie

Ce nouveau musée devrait ouvrir début 2012. Il réalisera une promesse de Georges Frêche, alors maire de Montpellier, à des associations de rapatriés afin de « rendre hommage à ce que les Français ont fait là-bas… ». Sa réalisation coûtera plus de 19 millions d’euros, et sera financée à 90 % par l’agglomération de Montpellier, le département de l’Hérault et la région apportant chacun 1 million d’euros.

Un projet fortement contesté en Algérie… et en France. Invités à participer à son conseil scientifique, des universitaires en ont démissionné dès 2005, refusant de « servir la soupe aux politiques et aux rapatriés ». Dès le lancement du projet, en 2003, élus communistes et Verts avaient fait connaître leur refus d’un musée à la gloire du colonialisme. Et Hélène Mandroux, maire socialiste de Montpellier depuis 2004, s’est désengagée du projet en 2007.

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Indemnisation des victimes des essais nucléaires français : des dispositions contestées

Après la publication du décret 2010-653 du 11 juin 2010 8, les premières indemnisations pourraient être versées d’ici la fin de l’année à des victimes des essais nucléaires français.

Mais de nombreuses dispositions de ce décret sont contestées par les associations AVEN (Association des vétérans des essais nucléaires) et Moruroa e Tatou, qui s’insurgent notamment contre le fait que « les zones retenues pour les essais au Sahara contournent les lieux d’habitation des populations sahariennes.»

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1945-1962

“des hommes dans la guerre d’algérie”

Conçu par Isabelle Bournier, directrice des affaires culturelles du Mémorial de Caen, cet album a pour ambition de faire revivre par le texte et l’image l’existence quotidienne des hommes et des femmes plongés dans la guerre, qu’ils soient combattants ou civils, français ou algériens. Le conflit est traité sous la forme de doubles pages thématiques, chacune évoquant un angle particulier de cette guerre (« Partir pour l’Algérie », « Refuser la colonisation », « Combattre pour l’indépendance », etc.). Chaque double page combine des textes courts et de nombreux éléments visuels – images d’archives, communiqués, photos, affiches, journaux, etc. –, dont la plus grande partie sont des dessins issus de la célèbre série BD en dix volumes Les Carnets d’Orient, où Jacques Ferrandez retrace l’histoire des 132 années de la présence française en Algérie.

Destiné aux jeunes – et aux moins jeunes – Français, «Des Hommes dans la guerre d’Algérie fera date par sa lucidité, son décryptage historique et son objectivité» (Walid Mebarek).

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Gaza : aux citoyens de réagir, après l’échec des gouvernements (Stéphane Hessel)

Stéphane Hessel, né à Berlin en 1917, a vécu à Paris à partir du milieu des années 20. Arrêté par la Gestapo pour ses activités dans la Résistance, il a été déporté à Buchenwald. A la Libération, il a occupé divers postes diplomatiques, ce qui lui a permis de participer à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies.

Après l’attaque israélienne contre la flottille d’aide humanitaire pour Gaza, Stéphane Hessel appelle à des «initiatives de solidarité de la société civile» analogues à celles qui ont mis fin aux lois de ségrégation aux États-Unis et à l’apartheid en Afrique du Sud.

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