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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Deuxième assemblée générale de l’Association des pieds-noirs progressistes

Après La Ciotat en 2009, c’est à Ortaffa, dans les Pyrénées-Orientales, que l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis – l’ANPNPA – a tenu son assemblée générale, le samedi 25 septembre 2010.

Le bilan de l’année écoulée par son président a été l’occasion pour l’association de prendre position sur la création du Centre de documentation des Français d’Algérie qui vient d’être votée par le conseil municipal de Perpignan et de manifester son approbation de l’opération de débaptisation d’un rond-point à Aix-en-Provence. Après avoir réélu Jacques Pradel à sa présidence, l’association a diffusé le communiqué suivant :

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rassemblement à Alger de familles de disparus pour le 5e anniversaire de la charte

Les familles des disparus ont célébré, à leur manière, le cinquième anniversaire de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, adoptée le 29 septembre 2005. Bravant l’interdiction les familles sont parvenues à se rassembler à Alger-Centre, et, contrairement aux réunions précédentes, elles n’ont pas subi de violences de la part des policiers.

Un reportage de Ghania Oukazi, publié dans Le Quotidien d’Oran le 30 septembre 2010.

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Aix-en-Provence : le rond-point Bigeard rebaptisé Maurice Audin

Le 25 septembre dernier, une cinquantaine de militants ont symboliquement débaptisé le Rond-point Général Marcel Bigeard d’Aix-en-Provence et l’ont renommé Maurice Audin en hommage au jeune mathématicien disparu depuis son arrestation par des parachutistes du général Massu, le 11 juin 1957 à Alger.

Les noms des généraux Bigeard et Massu sont associés à l’utilisation de la torture pendant la guerre d’Algérie. Et l’enquête menée par Pierre Vidal-Naquet a établi que Maurice Audin est mort sous la torture. Mais la vérité n’a toujours pas été reconnue par les autorités françaises : en juin 2007, sa veuve, Josette Audin, s’est adressée à Nicolas Sarkozy nouvellement élu président de la République pour lui demander de faire la lumière sur la mort de son mari, mais sa lettre n’a pas reçu de réponse à ce jour.

Le Conseil municipal d’Aix-en-Provence n’avait pas attendu le décès du général Bigeard pour attribuer son nom à un rond-point de la commune. Lors de sa réunion du 12 avril 2010, il avait adopté par 40 voix pour, aucune voix contre et 13 abstentions, une délibération en ce sens que Maryse Joissains-Masini, députée-maire d’Aix, connue pour ses positions favorables aux thèses de l’Algérie française, avait proposée – elle répondait ainsi à une demande de l’Union Nationale des Parachutistes1.

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Algérie : les victimes des violences des années 1990 élaborent une contre-charte

Une coalition de cinq ONG algériennes a commémoré à sa manière le cinquième anniversaire de l’adoption par voie référendaire de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale le 29 septembre 2005. Une contre-charte élaborée et rédigée par les victimes des violences a en effet été adoptée lors d’un vote symbolique, le 25 septembre 2010 à 15h, devant l’ambassade d’Algérie à Paris.

Le document, daté du 22 septembre, et intitulé «Projet de charte pour la vérité, la paix et la justice», a été cosigné par le Comité des familles de disparus en Algérie (CFDA), SOS Disparus, Djazaïrouna et Somoud, ONG fédérées en «Coalition d’associations de victimes de terrorisme et de disparitions forcées». Il est repris ci-dessous dans son intégralité.

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François Mitterrand, ministre de l'Intérieur, en tournée dans les Aurès en novembre 1954 (L'Humanité/Keystone).
Controverses

Benjamin Stora : les guerres des mémoires françaises et algériennes

Deux événements récents, la création de la “Fondation de la mémoire de la guerre d’Algérie” et l’abandon – provisoire ? – du projet de loi algérien de “criminalisation du colonialisme français”, ainsi que la sortie de deux films, Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, et Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, montrent, par les réactions qu’ils ont suscitées, que la mémoire de la guerre d’Algérie est devenue un enjeu politique important.

Nous reprenons ci-dessous, un entretien donné par Benjamin Stora2 au magazine L’Histoire, où l’historien évoque la réactivation des mémoires auquel on assiste depuis quelques années des deux côtés de la Méditerranée. Il fait le point sur les enjeux des “conflits mémoriaux” qui se développent non seulement entre la France et l’Algérie, mais également à l’intérieur de chacun de ces deux pays. Cet entretien est complété par une note sur les manuels scolaires algériens, et par une évocation des problèmes des archives.

Dans son prochain livre, François Mitterrand et la guerre d’Algérie, écrit avec François Malye et annoncé pour octobre, Benjamin Stora abordera un thème insuffisamment traité jusqu’à présent : le rôle dans cette guerre coloniale de celui qui a été successivement ministre de l’Intérieur puis de la Justice entre les années 1954 et 1957.

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Abandon de loi algérienne incriminant le colonialisme français

Après avoir subi de profondes modifications par rapport à sa version initiale, il semble que la proposition de loi incriminant le colonialisme français, annoncée début février par le député FLN Moussa Abdi, ait été abandonnée. D’après le président de l’assemblée algérienne, elle n’est pas inscrite à l’ordre du jour de la session actuelle et ne le sera probablement pas de la session suivante.
Abdelaziz Ziari a toutefois tenu à rappeler que l’Algérie reste «ferme sur sa position» et exige du colonisateur français de «reconnaître ses crimes commis dans ses anciennes colonies, en particulier l’Algérie».

Interrogé sur la difficulté de «solder le passé entre la France et l’Algérie », l’historien Mohammed Harbi avait rappelé que «l’essentiel, c’est la responsabilité historique de l’État français par rapport à la colonisation». «Il y aurait certainement moins de crispation entre les deux pays si la France reconnaissait simplement cette responsabilité historique.»

[Mis en ligne le 8 mars 2010, mis à jour le 27 septembre]

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la loi Besson (Louis) sur l’accueil et l’habitat des gens du voyage

La loi du 5 juillet 2000, dite également loi Besson (de Louis Besson), a été promulguée par le gouvernement Jospin. Elle fournit le cadre des règles de droit concernant les « gens du voyage », obligeant les communes de plus de 5 000 habitants à prévoir des aires d’accueil. Elle a été modifiée par des lois ultérieures, mais elle n’est pas encore respectée partout.

La loi : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000583573

Une fiche d’information de la LDH sur la situation des Roms et des Gens du Voyage dans l’Union européenne : http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/fiche_PMC_FRA_sur_Roms_Gens_du_Voyage_sept_2010_FR.pdf

[Mis en ligne le 5 septembre 2004, mis à jour le 25 septembre 2010]

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Une scène du film “Des hommes et des dieux”.
Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

L’absence de débat politique autour de la sortie en 2010 du film “Des hommes et des dieux”

La sortie du film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb a suscité de nombreux débats en France. En particulier, les historiens ont été interrogés sur le cadre historique du film. Benjamin Stora, spécialiste de l’Algérie contemporaine3, a noté de multiples erreurs du film, mais il a souligné que «Hors-la-loi a le mérite de faire entendre un point de vue nouveau, différent, celui de l’ancien colonisé ou de l’immigré; qu’il tente d’établir une généalogie de la violence coloniale en évoquant la dépossession des terres et la misère paysanne et qu’il installe dans son ancienneté l’immigration ouvrière algérienne en France.4».

Benjamin Stora s’interroge en revanche, ci-dessous, devant l’absence de discussion autour de la sortie du film Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois sur les moines sacrifiés en Algérie. L’explication tient sans doute en partie, comme Henry Quinson l’expose, au fait que le film n’aborde à aucun moment la raison profonde de la présence de chacun des moines de Tibhirine sur cette terre d’Algérie.

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Manifestation de nostalgiques du temps de la colonisation, lors de la présentation de Hors-la-loi au festival de Cannes le 21 mai 2010 (Reuters).
La Fondation Falco pour la mémoire de la guerre d’Algérie (2010)

la Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie sera installée le 19 octobre

Il n’y a sans doute pas de hasard … alors que le film Hors la loi de Rachid Bouchareb sort sur les écrans français, le secrétariat d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants publie un communiqué annonçant que Hubert Falco installera aux Invalides le 19 octobre prochain «la Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de la Tunisie, prévue par la loi du 23 février 2005»5.

«Une fondation au service de l’histoire» selon Hubert Falco … une fondation récusée par de très nombreux historiens, dont Jean-Charles Jauffret, spécialiste de l’histoire militaire coloniale … mise en place par un homme politique qui n’hésite pas à faire régulièrement fleurir un monument d’hommage aux « Martyrs de l’Algérie française » … «une fondation sous influence militaire» et qui n’a pas été demandée par les harkis, pour Fatima Besnaci-Lancou.

[Mis en ligne le 21 septembre 2010, mis à jour le 24]

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OSCAR : déni de citoyenneté européenne des Roms

La résolution adoptée le 7 septembre par le Parlement européen sur la situation des Roms et la libre circulation des personnes dans l’Union européenne « souligne que le relevé des empreintes digitales des Roms expulsés est illégal et contraire à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne […], aux traités et au droit de l’Union européenne ».

C’est pourtant ce que la France se propose de faire très prochainement par le biais de l’utilisation du fichier OSCAR6.

Ce fichier – que le Conseil d’État a légitimé le 20 octobre 2010 – vise l’ensemble des étrangers susceptibles de bénéficier d’une aide au retour. Mais, en pratique, ce sont majoritairement les Roms, qu’ils soient ressortissants bulgares ou roumains, qui sont visés puisqu’ils représentent 90 % des personnes qui se voient attribuer une aide au retour « humanitaire ». C’est pourquoi OSCAR représente aujourd’hui un danger immédiat et massif pour les Roms.

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“Hors-la-loi” de Rachid Bouchareb (2010)

L’extrême droite a tenté de perturber l’avant-première du film “Hors-la-loi” à Marseille

Une centaine de manifestants nostalgiques de l’Algérie française et militants d’extrême droite — dont six élus locaux du Front national — se sont rassemblés dans la soirée du lundi 20 septembre 2010 devant le cinéma Pathé Madeleine à Marseille pour protester contre l’avant-première nationale du film de Rachid Bouchareb. Ce rassemblement faisait suite à la manifestation organisée à Cannes, le 21 mai dernier, en marge du festival où le film était présenté, à laquelle de nombreux élus UMP des Alpes-Maritimes, dont le député Lionnel Luca, ont participé. Nous reprenons le compte-rendu de la manifestation de Marseille paru dans La Marseillaise ; un reportage de Jean-Baptiste Malet a aussi été mis en ligne sur le site Rue89.

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Histoire de France et rejets identitaires

la croisade des partisans d’un apprentissage passéiste de l’Histoire de France

Les nouveaux programmes d’histoire au collège sont mis en cause par un collectif intitulé «Notre histoire forge notre avenir». A lire leur pétition, Napoléon, Clovis et Louis XIV seraient réduits à la portion congrue au profit de l’étude d’empires africains comme Songhaï ou Monomotapa, de l’empire chinois des Han ou de l’Inde des Gupta. En réalité, selon le ministère de l’Éducation nationale, Louis XIV et Napoléon figurent toujours dans les programmes, et l’histoire des civilisations africaines ou indiennes ne concerne quant à elle que 10% du programme.

Trois historiens, membres du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire – Cvuh – regrettent la complaisance dont bénéficient auprès des médias ceux qu’ils qualifient de « partisans réactionnaires d’un apprentissage passéiste de l’Histoire de France ».

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