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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Dans le camp de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) en juin 1962. (photo : La Montagne)
Harkis

l’arrivée des harkis en France : camps, hameaux de forestage et cités de transit

Le terme « harkis », au sens strict, désigne les membres d’une harka, l’une des formes d’unités supplétives de l’armée française en Algérie. Mais, progressivement, le terme s’est étendu à l’ensemble des « Français musulmans d’Algérie» engagés dans ou au côté de l’armée française. Au total, fin 1960, on comptait 60 000 « Français de souche nord-africaine » – selon la dénomination de l’époque – dans les forces régulières et supplétives, dont 20 000 harkis.

Les harkis et leurs familles qui ont fui l’Algérie pour la France en 1962 vont y être successivement catégorisés comme « Français musulmans rapatriés» à partir de juin 1962, puis comme « Français rapatriés de confession islamique », enfin comme « Rapatrié d’origine nord-africaine» dans les années 1980. Ce prisme de l’origine, omniprésent et durable, et qui n’est pas sans rappeler un des ressorts de la discrimination coloniale, marginalise doublement les harkis – ni rapatriés comme les autres, ni Français comme les autres.

En matière de logement, une note relative à « l’attribution des logements HLM aux anciens harkis », en date du 31 janvier 1964, émanant du ministre des Rapatriés, à l’attention des préfets, rend clairement compte de cette logique. Elle rappelle certes que «les anciens harkis sont considérés comme rapatriés et bénéficiaires, à ce titre, de la loi du 26 décembre 1961 ». Mais elle donne aux préfets la directive de ne « reloger les anciens harkis qu’après avoir relogé tous les rapatriés demandeurs de logement et particulièrement mal-logés. » Dans les faits, les harkis et leurs familles sont majoritairement logés en camps de transit puis en « cités d’accueil », lesquels perdurent jusqu’au milieu des années 19701.

Des informations sur ces camps et hameaux de forestage qui, les années passant, deviennent des lieux de mémoire, sont regroupés sur le site Harkis et droit de l’Homme : http://www.harki.net/article.php?rubrique=15

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Patrick Buisson
Identité nationale

La suppression du ministère de l’identité nationale

«Le ministère de l’immigration et de l’identité nationale n’est plus, et c’est tant mieux, écrit Eric Fassin. Mais, poursuit-il, le mal est fait» : stigmatisation des étrangers, amalgame entre immigration et délinquance …

Patrick Buisson
Patrick Buisson
«La stratégie de Patrick Buisson n’a pas marché», aurait lâché Nicolas Sarkozy à des conseillers, lundi 8 novembre, selon le Canard enchaîné. Une référence au politologue et conseiller élyséen associé à l’idée d’offensive sécuritaire et de campagne ancrée à droite. «Quand on gagne 1 point sur le Front national, on en perd 4, notamment au centre», aurait ajouté le chef de l’Etat, toujours selon le Canard.

Quand donc Nicolas Sarkozy se débarrassera-t-il de ce conseiller diabolique 2 qui, selon ses propres termes, «n’a rien faire à [ses] côtés»?

[Mis en ligne le 16 novembre 2010, mis à jour le 19]

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Grande Mosquée de Paris (Photo: Shutterstock/Tupungato)
Racisme de couleur et islamophobie

Thomas Hammarberg : “le discours populiste stigmatise les musulmans européens”

Le Conseil de l’Europe, dont le siège est à Strasbourg, regroupe aujourd’hui, avec ses 47 pays membres, la quasi-totalité du continent européen. Créé le 5 mai 1949 par 10 Etats fondateurs, le Conseil de l’Europe a pour objectif de favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu.

La déclaration3 du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, arrive à point nommé au moment où les préjugés islamophobes reprennent de la vigueur au bénéfice d’un racisme toujours rampant …

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« L’éloge de la colonisation est de retour », par François Gèze et Gilles Manceron

Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 11 novembre 2010, François Gèze, éditeur, et Gilles Manceron, historien et vice-président de la Ligue des droits de l’Homme, s’inquiètent de la réactivation d’un discours exaltant la colonisation et visant à réhabiliter «ceux qui ont dérivé vers le terrorisme pour tenter de maintenir à toute force l’Algérie française».

A la suite de cette tribune, vous trouverez des références pour différents points qui y sont évoqués.

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Campement (Max PPP)
A-gens du voyage en France

la LDH poursuit le maire de Cholet pour provocation à la discrimination raciale

La Ligue des droits de l’Homme a porté plainte contre Gilles Bourdouleix, député-maire UMP de Cholet et président du CNI, pour «provocation à la haine ou à la violence et à la discrimination raciales». La plainte s’appuie sur des déclarations sur les gens du voyage, tenues lors d’une réunion de quartier, en septembre dernier.

Gilles Bourdouleix affirme que ses propos ont été «déformés», dénonce «une volonté de nuire», et annonce qu’il va porter plainte pour «dénonciation calomieuse» à l’encontre de la LDH dès qu’il aura été entendu par les enquêteurs.

Comme Christian Estrosi en avril 2007, Gilles Bourdouleix avait tenu des propos délictueux sur les gens du voyage sans avoir pris la précaution élémentaire de s’assurer qu’aucun journaliste “malintentionné” ne les rapporterait…

[Mis en ligne le 8 novembre 2010, mis à jour le 10]

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La Françafrique

cinquantenaire des indépendances africaines : quelle commémoration ?

Les 50 ans des indépendances africaines ont été marqués par l’invitation de troupes africaines au défilé du 14 juillet, ce qui a suscité à la fois l’enthousiasme et la critique.

Pierre Boilley, professeur (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), directeur du Centre d’études des mondes africains (CEMAf), propose un décryptage des paradoxes liés à la célébration, par la France, de cet anniversaire.

Un article publié dans le N° 151, juillet-août-septembre 2010, de la revue Hommes & Libertés de la LDH.

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une fondation sous forte influence

Quinze jours après son installation officielle aux Invalides, la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie continue à alimenter la polémique. La constitution de son Conseil d’administration est très fortement contestée – ne serait-ce que pour les prises de position passées de certains de ses membres influents. Le général de la Presle et l’historien Tramor Quemeneur, chacun à sa façon, confirment par leurs déclarations les inquiétudes que l’on peut avoir quant à la la finalité de cette nouvelle institution.

Conséquence de cette contestation : Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, qui déclarait vouloir faire de la fondation un lieu de transmission de la mémoire, n’était pas parvenu à en constituer le conseil scientifique.

[Mis à jour le 23 novembre 2010] – L’ancien député Arthur Paecht, 80 ans, sera chargé du dossier des anciens combattants auprès du ministre de la Défense. Alain Juppé a souhaité appeler à ses côtés une « personnalité » afin de pallier la suppression du poste de secrétaire d’Etat aux anciens combattants dans le nouveau gouvernement.4

Afin de bien comprendre ce qui suit, vous pourrez consulter deux pages de ce site :

  • la liste des membres du Conseil d’administration de la fondation,
  • quelques informations concernant le Livre blanc de l’armée française en Algérie et le Manifeste des généraux ayant servi en Algérie.
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D'après un dessin de Plantu, publié dans Le Monde du 2 mars 2003.
Réconciliation et réparations

rencontre à Alger entre anciens de la guerre d’Algérie

Le président de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie (Fnaca) a rencontré pour la première fois à Alger son homologue algérien, le colonel Si Hassan, pour « croiser les mémoires » et rechercher la trace des centaines de disparus de la guerre d’Algérie. « Près d’un demi-siècle après la fin de la guerre d’Algérie, c’est la première rencontre officielle, d’association à association, entre des représentants des combattants français et algériens », a expliqué à l’AFP Wladyslas Marek, président national de la Fnaca, en la qualifiant d’« historique ». Deux représentants des anciens combattants français se sont rendus à Alger durant trois jours, du 26 au 28 octobre, à l’invitation du Colonel Si Hassan, président de la Fondation du mémorial de la Wilaya IV5.

On notera que l’association des 4acg avait effectué une démarche analogue en février dernier.

Rappelons d’autre part la lettre ouverte adressée au président de la République, par la Fnaca, lors de son 29e congrès national réuni à Dijon du 8 au 10 octobre 2010. Elle plaidait pour l’officialisation du 19 mars comme journée de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, en considérant que c’est la seule date qui serait acceptable par les deux pays pour marquer la fin de leur antagonisme6.

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1945-1962

Mitterrand, un passé algérien

Pendant les trois premières années de la guerre d’Algérie, de 1954 à 1957, François Mitterrand, futur Président de la République, a joué un rôle important dans la politique répressive mise en oeuvre en Algérie par les gouvernements de la IVe République. Lorsque le conflit éclate, il est ministre de l’Intérieur et, c’est à ce titre qu’il prononce la phrase définitive : « L’Algérie, c’est la France. » A partir de 1956, ministre de la Justice du cabinet Guy Mollet, refusant presque systématiquement les grâces, le futur président abolitionniste de la peine de mort fera exécuter quarante-cinq condamnés à mort – sur ce sujet, voir cette page.

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L’historien Benjamin Stora et le journaliste François Malye consacrent un livre à François Mitterrand et la guerre d’Algérie7.
Un documentaire abordant le même sujet sera diffusé le 4 novembre sur France 2. Ci-dessous un entretien avec Benjamin Stora.

[Mise en ligne le 29 octobre 2010, complété le 30]

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Mon oncle d’Algérie, par Nathalie Funès

Le long voyage dans le passé de Nathalie Funès à la recherche des traces de son oncle, en France, en Algérie, dans les archives, auprès des témoins qui ont croisé sa route… Une autre histoire de Français d’Algérie.

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La stèle de Marignane (été 2005).
Marignane

stèle de l’OAS à Marignane : le retour ?

Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a validé la convention signée par le maire avec l’Adimad – association de défense des intérêts des anciens membres de l’OAS. Le conseil s’est prononcé (2 voix contre, Mmes Azam et Gargani, et 4 abstentions – dont les élus socialistes) en faveur de la remise en place de la stèle d’hommage «aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française », à l’emplacement qu’elle occupait jusqu’au 18 novembre 2008 à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert.

L’Association des pieds-noirs progressistes avait alerté le préfet au sujet de cet événement qui s’inscrit dans un mouvement de réhabilitation de l’OAS. Une entreprise dont la cérémonie d’hommage rendu il y a quelques jours, dans l’enceinte de l’Ecole des Troupes Aéroportées de Pau, au colonel Pierre Château-Jobert, ancien commandant OAS du Constantinois, constitue une autre manifestation.

[Mis en ligne le 26 octobre 2010, mis à jour le 28]

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nouvelle plainte contre la France pour violation des droits fondamentaux de citoyens européens d’origine rom

Après une première plainte déposée en juillet 2008 mais qui n’a pas eu de suite, huit associations – CCFD, Cimade, Fasti, Gisti, Hors la Rue, LDH, Mrap, Collectif Romeurope – viennent de d’adresser à la Commission européenne une nouvelle plainte contre la France pour violation des droits fondamentaux de centaines de citoyens européens originaires de Bulgarie et de Roumanie, pour l’essentiel, d’origine rom.

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