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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

un film sur le massacre d’Ouvéa privé de sortie en Nouvelle-Calédonie

Un film évoquant le drame d’Ouvéa en 1988 risque de ne pas pouvoir être diffusé en Nouvelle Calédonie.

Michel Rocard, dont le gouvernement est à l’origine des accords de Matignon, en 1988, s’est exprimé sur le refus du Cinécity de diffuser L’Ordre et la morale. « Je regrette profondément cette décision, a indiqué l’ancien Premier ministre. J’ai vu ce film. Il dit l’histoire et il la dit très correctement. Il est vrai que ce message est douloureux, mais il est vrai aussi qu’aucun peuple ayant été tragiquement divisé ne peut travailler à sa propre réconciliation sans assumer son histoire, et donc la connaître. » Michel Rocard a poursuivi en évoquant l’Afrique du Sud, qui « a su donner de cette conduite un exemple ». « Même en France il nous a fallu travailler sur Vichy, mieux connaître pour mieux comprendre », a rappelé l’ancien Premier ministre, pour qui « la société Hickson a choisi la régression culturelle ».1.

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Le général Nezzar.
Algérie : les affrontements des années 1990

le général Nezzar rattrapé en Suisse par une plainte pour «crimes de guerre»

L’ancien ministre de la défense et ex-homme fort du pouvoir algérien, le général Khaled Nezzar, a été interpellé lors de son passage à Genève jeudi 20 octobre 2011. Khaled Nezzar a été ministre de la défense entre 1990 et 1994. Selon l’ONG suisse TRIAL, c’était l’un des hommes les plus puissants du régime algérien à l’époque de la guerre civile.

Le ministère public a ouvert une instruction «pour suspicion de crimes de guerre», «sur la base d’une dénonciation de l’ONG suisse TRIAL, appuyée par les plaintes de deux victimes», selon une porte-parole du ministère public. Les crimes reprochés se sont déroulés «dans le contexte du conflit civil algérien, qui de 1992 à 1999, a opposé divers groupes islamistes au gouvernement». Nezzar a été remis en liberté vendredi soir, après avoir été « prévenu » (l’équivalent d’une mise en examen). L’instruction se poursuit.

François Gèze rappelle ci-dessous les responsabilités de ceux qui ont mis en place «un véritable terrorisme d’État […] qui a frappé la société algérienne dans les années 1990, au prix de quelque 200 000 morts, dont au moins 20 000 victimes de “disparations forcées” du fait des “forces de sécurité”»2.

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“La guerre civile au Rwanda : enjeux politiques et imaginaires ethniques”, par Jean-Pierre Chrétien

L’historien Jean-Pierre Chrétien et Jean-François Dupaquier, journaliste et écrivain, auteurs de Rwanda. Les médias du génocide et témoins-experts auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2002, sont l’objet de poursuite pour diffamation de la part d’un ancien ambassadeur du Rwanda en France.
La lecture du texte de la conférence donnée par Jean-Pierre Chrétien le 10 janvier 2006 à la Bibliothèque nationale de France, dans un cycle consacré aux « Guerres civiles », permettra de mesurer la distance qui sépare le travail des historiens des calculs politiciens et d’apprécier à sa juste valeur cette “tentative d’intimidation”.

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Bigeard aux Invalides !

En 2001, le général Bigeard téléphone au général Aussaresses qui avait déclaré en novembre 2000 s’être «résolu à la torture», et lui demande : «Pourquoi n’as-tu pas fermé ta gueule?»3

Seize mois après son décès, les cendres du général Marcel Bigeard devraient être transférées aux Invalides – et non au Panthéon comme cela a pu être écrit.

Il souhaitait qu‘elles soient larguées au-dessus de Dien-Bien-Phu, là où reposent ses camarades tombés pendant la guerre d’Indochine. Les cendres du Général Marcel Bigeard seront finalement déposées aux Invalides aux côtés des gouverneurs, des maréchaux de France et des plus illustres chefs militaires de la nation. […] Né à Toul en 1916, le général Bigeard est décédé le 18 juin 2010.

(EstRepublicain.fr, le 24 octobre 2011)

[Mis en ligne le 18 juin 2010, mis à jour le 25 octobre 2011]

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les harkis : ni rapatriés comme les autres, ni français comme les autres

Le terme harki est utilisé de nos jours pour désigner l’ensemble des
« Français musulmans d’Algérie » qui ont été engagés dans ou au côté de l’armée française. La terminologie utilisée par l’administration pour les désigner a varié dans le temps: Français musulmans rapatriés (FMR) à partir de 1962, puis Français rapatriés de confession islamique (FRCI) en 1970 et enfin Rapatriés d’origine nord africaine (RONA) dans les années 1980. Pour les autorités françaises, ce n’étaient ni des rapatriés comme les autres, ni des Français comme les autres.

Cette logique de «catégorisation» traduisait une gestion discriminatoire de leur prise en charge : à leur arrivée en France ils ont été d’abord logés dans des camps de transit, puis relogés par la SONACOTRA qui était pourtant chargée des travailleurs migrants étrangers. Pour les HLM, ils n’étaient pas prioritaires, une directive (circulaire Missoffe de 1964) ayant précisé qu’ils ne pouvaient y accéder qu’après les « Rapatriés français de souche européenne ».

Dans l’intervention que nous reprenons ci-dessous, Laure Pitti4. revient sur les modes d’administration discriminants qu’ont rencontrés les harkis en France.

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Rony Brauman : «la Libye est une dangereuse “revanche sur l’Irak”»

Rony Brauman, ancien président de l’association Médecins sans frontières (de 1982 à 1994), est professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris. Il a été l’un des premiers intellectuels à critiquer la guerre en Libye décidée par Sarkozy. Au lendemain de la mort de Kadhafi, il s’inquiète de ce nouveau «modèle» de guerre qui s’est déroulé en Libye.

Les propos de Rony Brauman, recueillis par Joseph Confavreux, ont été initialement publiés le 21 octobre sur le site de Médiapart5, et repris sur différents sites internet.

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le massacre du 17 octobre 1961 : vers une reconnaissance politique ?

Plus personne ne conteste la réalité du massacre des Algériens d’octobre 1961, et, en février 1999, un substitut a reconnu ce « massacre », mais, jusqu’à présent, il ne s’est pas trouvé un seul représentant des plus hautes autorités de l’État pour évoquer publiquement la responsabilité de l’État dans ce sinistre épisode de la guerre d’Algérie.

Aujourd’hui, alors que la pétition lancée par Mediapart a reçu près de 9 000 signatures en une semaine, la droite continue à s’en tenir à un refus hautain, tandis que la gauche semble prête à voter une loi reconnaissant le massacre des Algériens.

Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’Homme, déclare n’avoir « qu’un seul regret, c’est de constater que le gouvernement ne dit mot, et n’éclaire pas ce qui doit être éclairé ». Il poursuit : « On ne construit pas la démocratie […] sur l’oubli ou sur le mensonge ». 6

[Mise en ligne le 19 octobre 2011, mis à jour le 21]

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(Archive Robert Terzian)
Rejet des Roms et gens du voyage

l’interdiction de la mendicité à Marseille : une taxe sur les pauvres

La municipalité de Marseille a entériné, le 17 octobre 2011, un arrêté visant à lutter notamment contre les actes de mendicité : «il est interdit sur une grande partie du centre ville de se livrer à toute forme de sollicitation ou appel à la quête de nature à entraver la libre circulation des personnes, la commodité du passage dans les voies et espaces publics, l’accès aux immeubles ou, de manière générale, à porter atteinte par ces comportements au bon ordre, à la tranquillité et à la sécurité publique». La sanction prévue est une amende de 38 euros.

« Trop, c’est trop », s’indigne Rencontres tsiganes, « atterrant », pour Médecins du monde, « une déclaration de guerre », d’après Europe Ecologie-les Verts, « misérable » estime le PCF, « insupportable et inacceptable », pour le Modem… Les membres d’Emmaüs se déclarent «mendiants-solidaires», et la Fondation Abbé Pierre annonce l’organisation de «séances de mendicité» devant l’Hôtel de Ville – la première aura lieu jeudi 20 octobre à partir de 11h30. Quant à la LDH, c’est par voie de justice qu’elle entend contre-attaquer.

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Un bidonville parisien en 1960
Le 17 octobre 1961

la LDH de Toulon, le 17 octobre 2011 : “indignons-nous … engageons-nous !”

Un ancien habitant d’un bidonville de Bezons – il avait 8 ans en 1961 – a écrit son témoignage dont voici un large extrait7 :

«Le 17 octobre 1961, les Algériens ont voulu exprimer pacifiquement pour dire halte aux discriminations, aux rafles, aux ratonnades, mais aussi à la misère subie.

«50 ans après, je n’arrive pas à comprendre pourquoi la France et l’Algérie n’arrivent toujours pas à se réconcilier et à construire un avenir commun, sans pour autant oublier ce qui s’est passé. Après d’énormes déchirures, d’autres peuples ont réussi à marcher ensemble, alors pourquoi ne pas y parvenir nous aussi ?

«Pour moi, il y a des points communs entre le 17 octobre 1961 et la Journée mondiale du refus de la misère. En effet, il s’agit de deux combats pour la liberté, le bien-être, la volonté de vivre décemment et le refus de la violence subie. La misère génère aussi une violence. Par exemple quand après une vie de travail, on se retrouve sans emploi et pas assez d’argent pour manger, payer son loyer et faire vivre sa famille.

«Par ailleurs, le 17 octobre 1961 et la Journée mondiale du refus de la misère sont deux manifestations pacifiques, mais il n’empêche que tout en étant pacifiques, elles portent en elles une forme de violence car en exprimant son refus, quelque part, cela est perçu comme une provocation par les personnes qui nous contraignent à vivre dans de telles conditions.»

Voila pourquoi la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme s’est associée au Comité du refus de la misère pour commémorer ensemble les massacres du 17 octobre 1961, et voici le texte de son intervention, le 17 octobre 2011, sur le parvis des droits de l’Homme à Toulon.

[Mis en ligne le 17 octobre 2011, mis à jour le 19]

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reconnaître le crime d’État du 17 octobre 1961 et permettre l’accès aux archives

Afin que la lumière puisse être faite sur le massacre des Algériens par la police parisienne le 17 octobre 1961, la Ligue des droits de l’Homme demande dans un communiqué que soit assurée la liberté d’accès aux archives concernant cet événement dramatique.

L’historien Gilles Manceron, auteur de La Triple occultation d’un massacre (publié avec Le 17 octobre des Algériens, de Maurice et Paulette Péju, éd. La Découverte), revient sur l’occultation de ce massacre dans la mémoire collective et explique les mécanismes qui ont contribué à cette amnésie organisée.

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Le 17 octobre 1961

le détournement des travaux d’une historienne sur le massacre du 17 octobre 1961

Linda Amiri est une chercheuse en histoire, auteure de deux ouvrages sur le 17 octobre 1961 : La Bataille de France, la guerre d’Algérie en métropole (Editions Robert Laffont, 2004) et Les Fantômes du 17 octobre 1961 (Editions mémoires-génériques, 2001).
Historienne reconnue par la communauté scientifique, elle voit ses travaux détournés par des groupuscules d’extrême droite qui tentent par ce moyen dérisoire de s’opposer à l’émergence de la vérité à propos du massacre du 17 octobre 1961 à Paris.

La Ligue des droits de l’Homme proteste contre ces manœuvres et apporte son entier soutien à Linda Amiri.

Les réactions de deux hommes politiques locaux – Lionnel Luca, député-maire de Saint-Laurent-du-Var, et Christian Estrosi, député-maire de Nice – montrent que les préjugés coloniaux continuent à prospérer dans le midi méditerranéen.

[mis en ligne le 17 octobre 2011 à 15h, mis à jour à 23h25]

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