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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Fatima Besnaci-Lancou & Gilles Manceron, Les harkis dans la colonisation et ses suites (éd de l'Atelier, 2008, p. 97)
Harkis

 12 mai 1962 – 12 mai 2012 : commémoration du drame des harkis

Chaque année, les harkis d’Ile-de-France commémorent le 12 mai 1962, date symbolique du commencement du drame de ces victimes du colonialisme. Ce jour là en effet, le premier acte officiel était édicté par le ministre des armées, Pierre Messmer : l’abandon les harkis sur le sol algérien.

A l’occasion du cinquantième anniversaire du début de cette tragédie, les harkis d’Ile-de-France appellent toutes les associations de harkis qui le souhaitent, à commémorer le 12 mai 1962.
Cinquante ans aprés, le temps est venu pour que les harkis et leurs enfants s’approprient pleinement leur histoire.

A Paris, la cérémonie de commémoration aura lieu le 12 mai 2012 en fin d’aprés midi devant le mémorial situé dans le Parc de la Butte au Chapeau rouge dans le XIXème arrondissement de Paris, en partenariat avec l’association Harkis et droits de l’Homme.

Ci-dessous : la note de service du 12 mai 1962 (extrait), suivie d’une interview de Pierre Messmer publiée le 25 septembre 2001.

[Mise en ligne le 8 mai 2012, mise à jour le 9]

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Non ! à la banalisation de la torture

Dans un billet du 29 avril 2012, un blog alsacien, La Feuille de chou, s’émeut de la publication dans le quotidien L’Alsace d’une page qu’il qualifie d’«effarante» consacrée au général Paul Aussaresses. Dans une interview donnée au quotidien, le général justifie en effet l’utilisation de la torture pendant la guerre d’Algérie et affirme qu’il est du «devoir d’un soldat» d’y avoir recours.

On peut s’étonner avec La Feuille de chou que L’Alsace n’ait pas jugé opportun de rappeler que la France a ratifié le 11 avril 2001 le protocole n°1 du 8 juin 1977 additionnel aux conventions de Genève du 12 août 1949, qui précise en son article 75 que «la torture sous toutes ses formes, qu’elle soit physique ou mentale» est prohibée «en tout temps et en tout lieu», qu’elle soit commise «par des agents civils ou militaires»1.

Certes les amnisties successives qui ont suivi la guerre d’Algérie interdisent de poursuivre les responsables de «supplices infligés aux Algériens [qui] rappelaient de fort près ceux que pratiquaient la Gestapo et ses complices français» (Pierre Vidal-Naquet, La raison d’État, préface à l’édition de 2002 2), mais on peut rappeler que le général Aussaresses a été condamné en 2004 pour apologie de la torture.

Nous reprenons le commentaire qu’Henri Maler a consacré sur le site Acrimed à cet article de L’Alsace.

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Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

l’autre 8 mai 1945 : Sétif, Guelma, Kherrata…

Il y a 67 ans : les massacres du 8 mai 1945 dans le Nord-Constantinois.

Kateb Yacine, collégien à l’époque, est témoin oculaire à Sétif : «Je témoigne que la manifestation du 8 mai était pacifique. En organisant une manifestation qui se voulait pacifique, on a été pris par surprise. Les dirigeants n’avaient pas prévu de réactions. Cela s’est terminé par des dizaines de milliers de victimes.» (lire la suite)

À Guelma, les milices préfigurent l’OAS – voir l’article de Jean-Pierre Peyroulou.

À Marseille un colloque, le 12 mai 2012, commémorera les événements.

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Manifestation, au cours de l’été 2010, devant l’ambassade de France à Bucarest, pour protester contre la décision des autorités françaises d’expulser des Roms originaires de Bulgarie et de Roumanie (© AP Photo/Vadim Ghirda)
A-gens du voyage en France

l’antitsiganisme en France et en Europe

Le 2 février 2011, lors d’une session plénière à Bruxelles, le Parlement européen a procédé à une commémoration historique du génocide des Roms par les nazis : «Le moment est venu» de reconnaître l’extermination de 220 000 à 500 000 Roms sous le nazisme, un crime «trop longtemps oublié de la mémoire collective», a déclaré son président, le polonais Jerzy Buzek3.

Mais ne serait-il pas plus urgent de se pencher sur la réalité d’aujourd’hui, et de prendre conscience que « dans nombre de pays européens, les Roms et les Gens du voyage sont toujours privés de droits de l’homme essentiels et souffrent d’un racisme flagrant» ? C’est ce que suggère la lecture du rapport de Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Les droits de l’homme des Roms et des Gens du Voyage en Europe, publié en février dernier.

Ci-dessous l’introduction de ce rapport, qui fait un retour sur le passé de l’antitsiganisme, suivie d’un extrait consacré à la France.

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Algérie post 1962

Algérie : “réformes politiques” ou verrouillage supplémentaire ?

Dans un rapport conjoint publié le 19 avril 2012, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH), le Collectif des familles des disparu(e)s en Algérie (CFDA), la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) et le Syndicat national du personnel autonome de l’administration publique (Snapap) dénoncent les nouvelles lois adoptées en Algérie et les violations des libertés fondamentales et des droits humains qui s’intensifient.

Ce rapport révèle les contradictions entre les réformes politiques annoncées par le président de la République et les textes des nouvelles lois adoptées depuis janvier 2012. En passant au peigne fin la loi fixant les modalités augmentant les chances d’accès de la femme à la représentation dans les Assemblées élues, la loi relative aux partis politiques, à l’information et aux associations, le rapport accorde une grande partie de son analyse critique à la loi relative au régime électoral. «Les dispositions de la nouvelle loi n’apportent pas des garanties suffisantes pour que les élections se déroulent de manière libre et transparente», peut-on lire dans le document. Et pour étayer l’analyse, le rapport cite les failles du nouveau code électoral qui institue une commission supplémentaire de supervision des élections. (Lamia Tagzout, El Watan)

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(photo Arnaud Baur)
A-gens du voyage en France

Alexandre Romanès : “jamais un chef de l’Etat n’avait brutalisé à ce point les Tsiganes”

Poète, ami de Jean Genet et descendant des Bouglione, Alexandre Romanès planche à 61 ans sur son sixème ouvrage4. Chanteuse née en Roumanie, Délia a connu les pires heures de Ceausescu. Mariés depuis 1994, date à laquelle ils fondèrent le cirque Romanès, ils sont la voix du peuple tsigane de France. Ils reviennent sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le plus douloureux de la Ve République pour leur communauté.

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les deux principaux candidats à l’élection présidentielle et la reconnaissance du drame des harkis

Dans une lettre aux associations de harkis en date du 5 avril 2012, François Hollande s’est engagé « à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps en France ».

Quelques jours plus tard, à Perpignan, Nicolas Sarkozy s’est contenté de reconnaître la «responsabilité» » de la France dans «l’abandon» des harkis5. Un certain nombre d’associations de harkis n’ont pas caché leur déception devant cette reconnaissance qu’ils jugent «incomplète et relative». Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme, évoque de son côté le «caractère purement électoraliste du discours de Perpignan».

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roms et gens du voyage : discriminations et stigmatisation

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (Cncdh) a publié le 28 mars dernier un avis important 6 sur le respect des droits des “gens du voyage”, dont la plupart sont de nationalité française, et des Roms migrants, au regard des réponses récentes de la France aux instances internationales.

Les conclusions de la commission sont sévères. La Cncdh invite le gouvernement à prendre des mesures afin de lever les dispositions législatives discriminatoires. Elle pointe également « l’insuffisante mise en œuvre de mesures spécifiques prenant en compte le mode de vie itinérant [qui tend] à renforcer la stigmatisation et les discriminations dont souffrent ces personnes […] qui sont marginalisées et considérées comme des citoyens de seconde zone.» Des observations illustrées par les déclarations du maire de Royan, contre lequel la LDH vient de porter plainte.

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Contrôle de police à la gare de l’Est, par Alain Bachellier. (Publié sur Flickr sous licence CC BY-NC-SA 2.0)
Contrôle au faciès

Plainte collective contre les contrôles au faciès

Parfois, c’est dix contrôles dans le mois. Très souvent pour les mêmes motifs : couleur de peau, origine, accoutrement, âge. Ils en ont assez et ont décidé d’assigner le ministère de l’Intérieur en justice,devant le Conseil d’Etat, contre ce qu’ils considèrent comme des discriminations. C’est une première. Ces quinze étudiants, lycéens, salariés, artistes ou chômeurs de Villeurbanne, Lille ou Saint-Ouen refusent de continuer à être « catalogués comme délinquants ».

Les contrôles d’identité sont censés être motivés, ou ne se faire que sous réquisition du procureur. Or, selon un rapport de 2009 de l’Open Society Justice Initiative en collaboration avec le CNRS, dont nombre de policiers reconnaissent l’objectivité en off, les individus considérés comme « noirs » étaient alors en moyenne contrôlés six fois plus souvent que ceux vus comme « blancs ». Pour les individus considérés comme « arabes », c’était huit fois plus souvent.

[Mis en ligne le 11 avril 2012, l’éditorial de Dominique Baudis a été ajouté le 23 avril]

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

La guerre d’Algérie vue par les Algériens, de Benjamin Stora & Renaud de Rochebrune

Les deux auteurs précisent d’emblée, dans une note de la quatrième de couverture, l’ambition de leur livre : «rapporter, à partir de toutes les sources possibles, un récit, lisible par tous, de cette guerre telle qu’elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les militants et combattants indépendantistes. Comme l’aurait fait, en historien, un hypothétique envoyé spécial français de l’autre côté de la “ligne de front” pendant le conflit. »

Ils poursuivent : «Ce changement de perspective permet de jeter un regard neuf sur ce qu’on appelle généralement, du côté algérien, la guerre d’indépendance, la guerre de libération nationale ou la Révolution. Qu’il s’agisse des dates essentielles, du nombre des victimes, du déroulement des batailles, du comportement des populations civiles, des rapports entre Européens et Algériens, de l’utilisation de la violence ou de la torture, des objectifs de la lutte ou, bien sûr, des “héros”, tous les aspects du conflit, et notamment les plus tragiques, prennent un jour totalement différent.»

Ci-dessous la présentation de cet ouvrage publiée dans le Magazine de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, le 26 mars 2012.

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La place de la Bastille et la grande poste d'Oran.
Les mouvements nationalistes

Oran, avril 1949 : hold-up à la grande poste, par Benjamin Stora & Renaud de Rochebrune

Dans leur ouvrage consacré à La guerre d’Algérie vue par les Algériens7, Benjamin Stora et Renaud de Rochebrune font figurer en bonne place l’attaque de la grande poste d’Oran en avril 1949 : il s’agissait pour de jeunes nationalistes de trouver de l’argent afin de pouvoir financer les activités à venir de l’organisation spéciale (OS), bras armé du PPA-MTLD.

Ci-dessous l’extrait du premier chapitre de ce livre, où les deux auteurs narrent cet épisode peu connu de l’histoire du mouvement national algérien.

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comprendre la guerre d’Algérie, au collège de Paron

Au cours de l’année 2002-2003, un projet audiovisuel ambitieux, intitulé “Réalisons l’Europe”, a été initié au Collège André Malraux de Paron (Yonne) : participer à l’éducation civique européenne des élèves, de la Quatrième à la Terminale, en réalisant une série de documentaires sur l’histoire récente de l’Europe.

Chaque année, depuis dix ans, un ou plusieurs films sont conçus avec les élèves d’une classe de Troisième, partagée en groupes qui filment les reportages, préparent les interviews et le plan de montage, enregistrent les commentaires et montent leur chapitre intégralement. C’est donc un projet pilote, en particulier au niveau du montage et de l’éducation à la citoyenneté européenne. Sa spécificité est de permettre la réalisation d’un long métrage documentaire (DVD 90-120 minutes) ou de plusieurs courts-métrages (12 à 26 minutes), réalisés par et pour les élèves et les professeurs, et dont un certain nombre sont accessibles sur une chaîne vidéo. Vous pourrez voir ci-dessous trois courts-métrages relatifs à l’Algérie colonie française réalisés en 2010-2011.

Sur le plan historique et pédagogique, le projet a reçu le soutien du Conseil de l’Europe en 2006, dans le cadre du plan « l’image de l’autre dans l’histoire » et « l’éducation aux crimes contre l’humanité ». Le rayonnement de l’opération dépasse les frontières françaises : environ 90 partenaires pédagogiques français et européens de huit pays (musées, associations, institutions) ont collaboré au projet depuis 20028.
En 2009, “Réalisons l’Europe” obtient le soutien financier de l’Union européenne.

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