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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Musées et créations contemporaines

Centenaire de l’Académie des Sciences
devenues « d’outre-mer »,
institution fondée au service de l’empire
et qui possède une riche documentation

En mai 1923 fut fondée une Académie des Sciences coloniales, véritable laboratoire d’idées au service de l’expansion coloniale française. Le 23 mai 2023, l’Académie des Sciences d’outre-mer, qui lui a succédé, célébrera ce centenaire dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous le titre général « Cent ans de passion et au-delà pour l’outre-mer ». La séance inaugurale aura lieu en présence de Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. On indique que la « maîtresse de cérémonie » sera la journaliste Christine Kelly, connue du public de la chaîne CNews pour avoir tendu avec complaisance son micro à Éric Zemmour, nostalgique de l’ère coloniale et partisan de la théorie raciste du « grand remplacement ». Alain Ruscio retrace ici l’histoire de cette institution. On lira aussi un article de Pierre Singaravélou sur l’histoire des « sciences coloniales », ainsi qu’un texte d’Emmanuelle Sibeud sur la « décolonisation invisible » des sciences sociales.

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Racisme de couleur et islamophobie

Deux films rediffusés sur Arte et France.tv
explorent la condition noire en France

Alors que selon le dernier baromètre des discriminations du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), 91 % des personnes noires en France déclarent être victimes de racisme, Arte et France.tv rediffusent chacune en replay un film documentaire qui explore la condition noire dans notre pays : Trop noire pour être française ? d’Isabelle Boni-Claverie et Noirs en France d’Aurélia Perreau. Le premier, qui date de 2017, part de l’histoire personnelle de sa réalisatrice et s’appuie sur l’analyse de spécialistes, tels Eric Fassin, Pap Ndiaye ou Achille Mbembe, l’autre raconte les discriminations vécues dans le monde du travail ou dans leur vie quotidienne par des Français noirs connus ou inconnus.

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La reconnaissance du passé colonial

Les 70 ans du 14 juillet 1953 :
une projection-débat à Paris
le 14 mai 2023

Pour le 70ème anniversaire de la répression policière du 14 juillet 1953 qui a fait sept morts Place de la Nation, à Paris, un collectif d’associations animé notamment par des militants LDH de l’Est parisien prépare une exposition en plein air, une représentation du « procès qui n’a pas eu lieu » avec un réquisitoire théâtralisé, un bal « pour commémorer les balles », etc. En lien avec la problématique des libertés publiques partout dans le monde et des violences policières en France. Pour faire connaître cet événement trop oublié et pour débattre largement de l’idée de refaire le défilé populaire Bastille-Nation qui avait lieu jusqu’en 1953, la projection-débat de ce dimanche 14 mai à 11h, au Cinéma Escurial Panorama, 75013 Paris, est une étape importante.

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Musées et créations contemporaines

Films et débats sur l’esclavage au cinéma
et une exposition pédagogique
par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage

Le thème de l’esclavage est présent dans le cinéma depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle. La filmographie compte plus d’une centaine de films dont des œuvres marquantes qui ont façonné sa représentation dans l’imaginaire mondial. A l’initiative de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) et à la suite de la journée du 10 mai de commémoration par la France de l’esclavage et de ses abolitions, se tient au musée du Quai Branly, le 21 mai 2023, une journée de projections intitulée Marronnes ! Rebelles à l’image, dont nous publions le programme. On lira aussi sur le très riche site de la FME une série d’articles de l’historien du cinéma Antoine Guégan sur les films et les cinéastes qui ont traité de l’esclavage au cinéma. Et nous présentons l’exposition de la FME, #CESTNOTREHISTOIRE, à la disposition de tous les établissements qui veulent faire connaître cet épisode tragique et ses conséquences.

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Royaume-Uni

Le couronnement de Charles III à Londres
ravive un débat sur l’empire britannique
riche d’enseignements pour la France

Le couronnement de son nouveau souverain, Charles III, le 6 mai 2023, coïncide avec une confrontation du Royaume-Uni avec un passé colonial qui ne passe pas. L’entreprise coloniale qui a profondément marqué le développement du pays pendant quatre siècles continue à y faire polémique. Comme le souligne l’article de Marc-Olivier Bherer, envoyé spécial du quotidien Le Monde, que nous reproduisons ci-dessous, l’histoire et les historiens sont très présents dans le débat politique outre-Manche. En lien avec la question de la place dans le pays des citoyens britanniques liés par leurs origines aux anciennes possessions de l’Empire. Il est essentiel de l’observer en lien avec l’actualité française. L’auteur cite nombre d’ouvrages importants parus en Grande Bretagne et non traduits en français. Et il rappelle que c’est le député d’extrême droite Enoch Powell qui a lancé en 1968 le terme de « réémigration », repris aujourd’hui en France par l’extrême droite.

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

« L’Autre 8 Mai 1945 » :
à quand la reconnaissance claire
par la France
des crimes de cette répression massive ?

Le 8 mai 1945, en Algérie comme dans le reste du monde, on fête la défaite de l’Allemagne nazie. Dans plusieurs villes d’Algérie, des Algériens partisans de l’indépendance se joignent aux défilés. A Sétif, le jeune Saâl Bouzid, qui portait le drapeau algérien, est abattu par un policier et des Algériens fuyant la répression aveugle agressent à leur tour des Européens au hasard. La répression est massive et se prolonge dans tout le Nord-Constantinois. Des films et des livres éclairent cet événement qui a précipité la guerre d’indépendance, mais la République française n’a jamais reconnu officiellement sa responsabilité dans ce crime colonial. Ci-dessous la projection-débat qui a eu lieu à Paris, à l’ITS (dont les images ont été ajoutées), une émission de Dima TV, l’annonce d’un livre important paru en Algérie, d’une pièce de théâtre suivie d’une table ronde au CDN de Besançon, d’une rencontre à Saint-Denis autour du film « Héliopolis », et des initiatives organisées à Grenoble.

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1945-1962

« Désobéir en guerre d’Algérie »,
par Marius Loris Rodionoff

Dans Désobéir en guerre d’Algérie. La crise de l’autorité dans l’armée française (Seuil, 2023), Marius Loris Rodionoff propose une histoire sociale et politique de la relation d’autorité pendant la guerre d’Algérie. S’appuyant notamment sur les archives de la justice militaire, pratiquant la microhistoire, il montre qu’au delà des cas de désobéissances frontales et spectaculaires connus – celui d’un Noël Favrelière par exemple – se produisit une « multiplication de microrésistances dans le contingent qui ont participé à saper l’autorité militaire et plus généralement la machine de guerre française ». Nous publions ici l’introduction de ce livre ainsi que sa table des matières et la présentation de l’éditeur.

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Algérie

un ouvrage consacré à Boubaker Adjali,
révolutionnaire anticolonialiste
injustement oublié, par Sonia Combe

Les éditions Otium ont publié en 2023 dans leur collection « Argentiques » un livre consacré à un personnage peu connu de l’histoire des luttes anticolonialistes : Boubaker Adjali (1939-2007). Algérien, militant révolutionnaire, photographe et documentariste, « mi-Capa, mi-Curiel », selon la formule de l’historien Nedjib Sidi Moussa dans sa préface. Le livre Boubaker Adjali l’Africain. Un regard tricontinental comprend 162 photos de Boubaker Adjali, presque toutes inédites. Nous publions sa recension dans En attendant Nadeau par Sonia Combe, ainsi qu’une vidéo des Archives du cinéma numérique algérien et une présentation de Boubaker Adjali par Chaouki Adjali et aussi son portrait par le plasticien Mustapha Boutadjine.

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Rue d'Isly, mars 1962

L’OAS, seule responsable du massacre du 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, par Jean-Philippe Ould Aoudia

Tous les ans, le 26 mars, une délégation de « nostalgériques » se rend à l’Arc-de-Triomphe pour rendre hommage aux Français tombés rue d’Isly, à Alger, en 1962. Chaque individu ou groupe a évidemment le droit et le devoir de saluer ses morts, d’entretenir leur souvenir. Il reste que la récupération mémorielle et politicienne suscite un malaise chez ceux qui connaissent la réalité du drame : une provocation montée de toutes pièces par les éléments les plus radicaux, les plus fanatiques, de l’OAS, qui utilisèrent la population civile pour, une semaine après les accords d’Évian, tenter d’éviter l’indépendance de l’Algérie. Le Dr Jean-Philippe Ould Aoudia, fils de Salah Ould Ouadia, assassiné par l’OAS le 15 mars 1962, mène depuis toujours un combat courageux contre les falsificateurs de l’Histoire. Combat documenté, comme le prouve la présente étude.

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Madagascar et océan Indien

A Mayotte, une opération de police néocoloniale
vise des personnes originaires d’autres îles de l’archipel des Comores

Le 24 avril 2023 le gouvernement français a lancé à Mayotte une opération militaro-policière visant à raser des bidonvilles et à expulser de l’île 10 000 personnes au prétexte qu’elles sont originaires d’autres îles de l’archipel des Comores. Elle est dénoncée par de nombreuses associations, syndicats et partis comme une atteinte grave aux droits humains des habitants de ces bidonvilles. Dans Le Monde, l’ethnologue spécialiste de la région Sophie Blanchy rappelle que les Comoriens ne sont pas des étrangers à Mayotte où rien, sinon leur nationalité, ne les distingue des Mahorais, et pointe l’absurdité de la politique sécuritaire française. La revue Afrique XXI consacre un dossier mettant en perspective cette opération « Wuambushu » à Mayotte, « post-colonie au XXIe siècle ». Nous renvoyons aussi à un article d’Alain Ruscio qui montre que la situation dans l’archipel des Comores résulte du néocolonialisme français.

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Histoire et mémoire des anticolonialismes

« Revenir à Montluc »,
un film qui révèle la difficulté à intégrer
l’histoire coloniale française
projeté à Saint Etienne et à Lyon

Le Fort de Montluc, à Lyon, fut, de 1940 à 1944, une prison du régime de Vichy puis de l’occupant nazi. Il fut aussi durant la guerre d’indépendance algérienne un lieu de détention d’Algériens et de leurs soutiens français, ainsi que, de 1959 à 1961, celui de onze exécutions capitales de militants du MNA et du FLN. Dans Revenir à Montluc, un film de Béatrice Dubell, Claudie Duhamel, française engagée dans le soutien au FLN, revient sur sa détention dans ce lieu où elle fut notamment témoin de la dernière exécution capitale, celle de Salah Dehil en janvier 1961. Mais la réalisatrice Béatrice Dubell n’a pu filmer l’intérieur de Montluc, en raison d’une opposition à voir intégrer ce « passé algérien » à l’histoire de la prison, comme le rappellent ci-dessous la présentation du film et un article du Monde. Ce film sera projeté à Saint Etienne et à Lyon respectivement le 25 avril et le 3 mai 2023.

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1945-1962

Parution d’un
« Dictionnaire de la guerre d’Algérie »

La collection « Bouquins » a publié en mars 2023 un volumineux Dictionnaire de la guerre d’Algérie, sous la direction de Tramor Quemeneur, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thénault. Près de 1 500 pages de notices qui ambitionnent de rendre compte de tous les aspects de la guerre d’indépendance algérienne. Dans sa recension de l’ouvrage dans Le Monde, que nous reproduisons ici, l’historien André Loez souligne la grande pluralité des sensibilités des historiens et historiennes mobilisés. Selon lui, « au-delà de son caractère désormais indispensable pour qui s’intéresse à la période, ce dictionnaire réaffirme de manière exemplaire la capacité de l’histoire à établir des vérités partagées, sur les terrains les plus controversés ».

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