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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

“guerre d’Algérie, guerre d’indépendance, paroles d’humanité”, par la 4acg

A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, l’association Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre – plus connue sous le nom de 4acg – publie un ouvrage qui rassemble des récits divers de combattants algériens et français, harkis, pieds-noirs, réfractaires, médecins, infirmières, membres de leur famille, tous mêlés d’une façon ou d’une autre à la guerre.

Ce dont témoignent tous ces acteurs, c’est qu’aujourd’hui l’heure est venue de parler et d’écouter, de donner et de recevoir, des deux côtés de la Méditerranée. C’est le sens de ce livre : faire entendre la multiplicité des voix et contribuer à une mémoire chorale de la guerre.

Les préfaces de Raphaëlle Branche et de Ouanassa Siari Tengour encadrent la liste des témoins qui ont contribué à cette œuvre collective.

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Zineb Ali Benali (Photo : Riad)
1962, la fin de la guerre d'Algérie

libération de l’histoire au colloque d’Alger (1er–3 juillet 2012)

Ainsi que l’avait souhaité Benamar Mediene, certaines des interventions au colloque “Algérie 50 ans après : libérer l’Histoire” organisé à Alger par La Tribune et le CNRPAH du 1er au 3 juillet 2012, à la veille du cinquantenaire de l’indépendance, ont permis de sortir de « la vision sacralisante de l’histoire »1.
Au yeux de l’universitaire, la « sacralité » et l’« instrumentalisation » entravent la libération de l’histoire, en raison de la notion même de « génération de novembre » qui, selon ses propres dires, n’a pas lieu d’exister, car, « au déclenchement de la guerre de libération, il y avait des hommes et non une génération entière ».

Les interventions au colloque de deux universitaires illustrent cette évolution : Zineb Ali Benali a évoqué les femmes violées par l’ALN, et Dalila Aït-El-Djoudi a traité des prisonniers français de l’ALN. Ci-dessous les entretiens qu’elles ont accordés à La Tribune et qui ont été recueillis par Badiâa Amarni.

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A-la France et les Roms “européens”

il n’y aura bientôt plus un seul Rom à Aix-en-Provence

Après le camp des Trois Sautets et celui de Luynes, c’est le camp Vasarely qui a été évacué et détruit par la force publique le 26 juin 2012. Il ne reste plus sur le territoire de la commune d’Aix-en-Provence que le bidonville de l’Arbois où vivent plus de 300 Roms – provisoirement, la justice ayant ordonné, le 19 juin, son expulsion qui devrait être effective autour du 23 juillet. Dans cette décision, le tribunal reconnaît l’injustice faite à ces populations, mais estime que le trouble à l’ordre public l’emporte sur toute autre considération : «L’urgence n’est pas une condition nécessaire de l’appréciation du trouble manifestement illicite. Les références aux dispositions sur le droit au logement garanti par la constitution, aux conventions internationales ratifiées par la France, à la considération de l’atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant, à la discrimination envers les minorités, fondent une crainte légitime que l’expulsion du campement aggrave une situation de précarité qui relève de la responsabilité générale de l’Etat, mais ne remet pas en cause le droit à faire cesser le trouble manifestement illicite.»

En l’occurrence, le “trouble à l’ordre public” est bien discutable (l’Arbois est situé à 15 km du centre ville et à 2 km des premières habitations …), mais il s’agit de la mise en œuvre d’une décision de Maryse Joissains : «Je ne veux plus un seul Rom sur ma commune», a-t-elle déclaré.

Les familles ont dû rassembler leurs affaires et quitter le site, comme la justice l’avait ordonné, sans qu’aucun lieu n’ait été prévu pour les accueillir.
Le Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-Papiers (CADDRIS) refuse d’accepter la logique de répression dans laquelle s’enferment les pouvoirs locaux2.

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

colloques d’historiens en Algérie

A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, plusieurs colloques vont se tenir en Algérie. Le premier, axé sur le problème de la reconnaissance par l’État français des crimes de la colonisation, se déroulera à Alger du 1er au 3 juillet 2012.Un article de ce site lui est consacré.

Quelques jours plus tard, un colloque organisé par El Watan se déroulera à Alger du 5 au 7 juillet. Puis une rencontre-débat se tiendra les 12 et 13 juillet 2012 à Ouzellaguen, lieu du Congrès de la Soummam en août 1956 ; elle sera consacrée à cet “acte fondateur” de l’État algérien.

Ci-dessous des informations sur ces trois événements.

[Mis en ligne le 26 juin 2012, mis à jour le 30]

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Fernand Iveton
L'affaire Audin

« Toi qui entres à la BNF François Mitterrand, n’oublie pas Fernand Iveton », par Jean-Luc Einaudi

La cérémonie de remise du prix Audin de mathématiques s’est déroulée le 22 juin à 14 h dans le petit auditorium de la BNF en présence de 140 personnes. Le Président du jury, Wendelin Werner, a remis leurs prix aux lauréats. A l’occasion du cinquantenaire de la signature des Accords d’Evian et de l’indépendance de l’Algérie, Gérard Tronel a remis, au nom de l’association Maurice Audin, un prix exceptionnel à Hacène Belbachir et à Tahar Boulemezaoud pour leurs contributions à la coopération franco-algérienne.

Au cours du colloque qui a suivi, La guerre d’Algérie, cinquante ans après, Henri Alleg, Roland Rappaport, Raphaëlle Branche, Mohamed Harbi, Nathalie Funès, Jean-Luc Einaudi, Gilles Manceron et Benjamin Stora, ont rappelé les circonstances dans lesquelles était née l' »Affaire Audin » et ce qu’elle avait de symbolique dans la mesure où elle avait généré des situations de non-droit « légalisées » par des procédures du type « pouvoirs spéciaux » et articles « ad-hoc » de la constitution de 1958. Le cas Audin n’est pas le seul dans lequel les autorités militaires, couvertes par les pouvoirs civils ont arrêté, torturé et fait disparaître des citoyens français et algériens. Les intervenants ont rappelé que la colonisation était à l’origine de crimes inadmissibles au pays des Droits de l’Homme et qu’il serait temps que la République française reconnaisse ses erreurs qui sont à l’origine d’actions criminelles non encore élucidées. L' »Affaire Audin » est emblématique dans la mesure où elle repose notamment les problèmes de la torture, du mensonge au nom de la raison d’Etat, et de l’amnésie collective que les gouvernements successifs ont justifié par un arsenal législatif de lois d’amnistie. La cérémonie s’est achevée par un rappel: nous continuerons à lutter pour connaître la vérité sur la mort de Maurice Audin, il y va de l’Honneur de notre pays et de l’instauration de relations fraternelles entre les peuples algérien et français.

Jean-Luc Einaudi nous a aimablement autorisé à reprendre son intervention, prononcée à cette occasion le 22 juin 2012,à la Très Grande Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand.

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Départ d'un bateau du port d'Alger, 1962 (Marc Riboud)
1962, la fin de la guerre d'Algérie

Yann Scioldo-Zürcher : il y a 50 ans, l’exode des pieds-noirs

Départ d'un bateau du port d'Alger, 1962 (Marc Riboud)
Départ d’un bateau du port d’Alger, 1962 (Marc Riboud)

1962 est un moment important dans l’histoire de la décolonisation : au cours des mois qui ont suivi le cessez-le-feu, la plus grande partie des Européens d’Algérie ont quitté le pays. Ce fut un moment de déchirement sans pareil pour des familles qui y vivaient parfois depuis plusieurs générations – voir cependant le livre de Pierre Daum.

La création en août 1961 du secrétariat d’État aux rapatriés confirme que le pouvoir politique s’attendait à un départ important d’Européens après l’indépendance de l’Algérie. Mais il n’avait sans doute pas prévu que plus de 800 000 d’entre eux débarqueraient à Marseille, Sète, Toulon ou Nice, entre avril et septembre 1962 …

Peu à peu cependant, les situations se sont régularisées. L’historien
Yann Scioldo-Zürcher, qui a consacré sa thèse à la politique d’intégration des Français d’Algérie rapatriés, écrit que « face au traumatisme de ce qu’ils vécurent comme un exil, les rapatriés d’Algérie bénéficièrent de nombreuses mesures facilitant leur intégration en France métropolitaine.» Il le montre dans une conférence qu’il a prononcée en janvier 2012 et dans un article de 2010.

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La base BA140 de Blida.
Affaire Kubasiak

Il ne s’est “rien” passé le 24 juin 1962

Lors du putsch du 21 avril 1961, le colonel commandant la base aérienne BA140 de Blida fut interpellé par des hommes de troupe sur sa position personnelle par rapport au putsch ; comme il tardait à répondre, ils le “destituèrent”. Compte tenu de l’indisponibilité du colonel, le commandant Joseph Kubasiak aurait pris le commandement de la base. Les parachutistes du 1er REP de Hélie Denoix de Saint Marc tentèrent de s’emparer de la base, dont les avions Noratlas leur auraient permis d’envoyer des unités vers la France. Ils en furent empêchés par les appelés du contingent … 3

Une fois les troubles apaisés et le commandement légitime ayant retrouvé sa place, le commandant Kubasiak fut mis aux arrêts de rigueur ; il purgea une peine de prison d’un mois pour prise illégale de commandement, puis il fut mis en retraite anticipée.

De retour en France, il s’installa à Aix-en-Provence et, le 24 juin 1962, alors qu’il était dans son jardin avec son beau-père, un commando de l’OAS, commandé par Gilles Buscia, vint les assassiner tous les deux, devant sa femme, tandis que ses enfants étaient enfermés dans leur chambre.

Cinquante ans plus tard, Jacques Lambour, qui était à la base de Blida en avril 1961, nous adresse ce texte d’hommage.

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violences et intolérance en Tunisie

Après le décrochage et le saccage de plusieurs oeuvres d’art exposées dans le cadre du Printemps des arts à La Marsa (Tunis) par des islamistes, les artistes se mobilisent pour que la liberté d’expression ne soit pas remise en cause par les salafistes. Voici l’appel que les artistes nous lancent – suivi d’un communiqué de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme.

Soutenons-les !

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vendredi 22 juin, à la BNF : remise du prix Maurice Audin et colloque

Il y a cinquante-cinq ans, Maurice Audin disparaissait… Arrêté et torturé en juin 1957 à Alger par des parachutistes français, Maurice Audin n’a jamais été revu vivant, et sa famille ne connaît toujours pas le sort qui lui a été réservé. Pour ne pas oublier, l’Association Maurice Audin a créé un Prix de Mathématiques qui récompense chaque année deux lauréats : un mathématicien algérien et un mathématicien français.

La cérémonie de remise de ces prix, pour les sessions 2011 et 2012, aura lieu vendredi 22 juin 2012, à 14 heures, dans un des auditoriums de la Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand. Elle sera suivie d’un colloque : “Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie”.

A cette occasion, nous publions ci-dessous la lettre signée par François Hollande, alors candidat à la présidence de la République, adressée le 26 mars 2012 à Gérard Tronel, président de l’Association Maurice Audin.

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François Hollande et le passé colonial de la France en Algérie

Le quotidien algérien El Watan du 19 mars 2012 et Le Monde daté du lendemain ont publié une tribune dans laquelle François Hollande, alors candidat à l’élection présidentielle, exposait son point de vue sur le passé colonial de la France en Algérie. Il appelait à un regard lucide et responsable sur ces pages d’histoire et incitait les deux pays à mener ensemble un travail de mémoire.

Il serait temps, cinquante ans après la fin de ce conflit cruel, que le vent mauvais de la censure cesse de souffler sur le midi méditerranéen.

La guerre d’Algérie n’a pas été vécue de la même manière par tous, et ce n’est pas manquer de respect envers quiconque que d’organiser des colloques consacrés à cette période de l’Histoire de France : il est donc injustifiable d’en demander l’annulation. Les réunions prévues à Nice, puis à Nîmes, ont pu avoir lieu, mais des manifestations culturelles ont été supprimées – notamment à Aix-en-Provence et à Venelles4.

Espérons également que le rétablissement des cérémonies officielles du 19 mars5 pourra se faire dans le respect de chacun6.

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Musées et créations contemporaines

“Algérie 1830-1962” aux Invalides : une exposition à ne pas manquer

Du 16 mai au 29 juillet 2012, le musée de l’Armée propose au grand public une exposition qui revient sur les 132 ans de présence militaire française en Algérie, de la conquête à l’indépendance, sans se limiter à la période de la guerre d’Algérie.

Les nombreux objets et documents présentés sont accompagnés par des dessins de Jacques Ferrandez, auteur et dessinateur des Carnets d’Orient, bande dessinée en 10 tomes qui constitue une fresque de l’Algérie coloniale.

“Algérie 1830‐1962. Avec Jacques Ferrandez”, exposition du 16 mai au 29 juillet au musée de l’Armée, Hôtel des Invalides, Paris 7e. Tous les jours de 10 heures à 18 heures, à l’exception du 4 juin.7

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Claude Juin, “des soldats tortionnaires”

Claude Juin est né en 1935. Après un long séjour dans une caserne de Coblence en Allemagne, il est envoyé en Algérie où il débarque le 22 mai 1957. Dans un premier temps son unité, le 435e RAA (régiment d’artillerie anti aérienne), est basée à Isserbourg, village proche de Bordj-Ménaïel, à 80 kilomètres à l’est d’Alger. En août 1957 son régiment est expédié dans le massif de l’Ouarsenis, au col de Kerba près de Boukhari. Il est libéré en janvier 1958.

Pendant toute sa période algérienne, il a rempli trois petits carnets bleus à carreaux, qui lui permettent de raconter sa guerre dans Le Gâchis, publié par les Editeurs français réunis en 1960 sous le pseudonyme de Jacques Tissier – le livre sera interdit. Cinquante ans plus tard il soutient une thèse de sociologie sous la direction de Michel Wieviorka « Guerre d’Algérie : la mémoire enfouie des soldats du contingent » (EHESS, 2011). Il en publie aujourd’hui la substance dans un livre de témoignages sur la guerre d’Algérie des appelés du contingent.

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