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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

le discours de François Hollande pour le 70e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv

En déclarant le dimanche 22 juillet 2012, à l’occasion du 70e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv que celle-ci avait été « un crime commis en France par la France», le président de la République, François Hollande, s’est clairement situé dans la droite ligne de Jacques Chirac auquel il a rendu hommage.

Alors qu’il venait d’être élu à l’Elysée, ce dernier avait en effet été le premier chef d’État français à reconnaître la responsabilité des autorités françaises : « La France, avait-il déclaré en juillet 1995, la France, patrie des Lumières et des droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable ».

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Après un naufrage (2009)
Comores

Immigration et naufrages à Mayotte

Nouveaux naufrages entre Mayotte et les Comores.

Après la Ligue des droits de l’Homme, une commission sénatoriale met en cause la politique mise en place pour «maîtriser l’immigration» dans ce cent-unième département français.

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Sonia Combe : il faut réviser la loi sur les archives

La ministre de la culture aurait l’intention de réviser la loi sur les archives, et notamment de remettre en cause la catégorie d’archives dites « incommunicables ». Alors qu’un rapport d’expert vient de mettre en évidence un lien entre radiations et cancers, une telle décision rendrait accessibles des dossiers concernant des essais nucléaires français au Sahara ou en Polynésie, et permettrait l’indemnisation de personnes irradiées.

L’historienne Sonia Combe, auteur de Archives interdites. L’histoire confisquée (La Découverte, 3e édition, 2010), plaide pour la révision de cette loi des archives, dans une tribune publiée sur Le Monde.fr le 20 juillet 2012 et reprise ci-dessous.

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Essais nucléaires : un rapport fait le lien entre radiations et cancers

Un expert épidémiologiste vient de remettre à la justice un rapport établissant un « lien vraisemblable » entre les retombées radioactives des essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie et les cancers de personnes présentes sur place à l’époque. Ces nouvelles expertises devraient relancer les débats pour un élargissement des conditions d’indemnisation des victimes.

L’expert, Florent de Vathaire, conclut à un lien probable pour 6 personnes sur les 15 « expertisées », tant en Algérie qu’en Polynésie. « En rassemblant de nombreux éléments, j’ai pu construire un faisceau de présomptions qui permet de dire que le lien entre les retombées radioactives et les maladies est vraisemblable pour certains des cas expertisés », a-t-il déclaré au Parisien.

Ces résultats marquent une étape importante : jusqu’à présent, seuls quatre dossiers sur 720 portés par l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) ont été retenus par le comité compétent pour les indemnisations des victimes. Reste une difficulté : une partie des dossiers sont classés «secret-défense» ou même «incommunicables» ! D’où l’importance de l’intention prêtée à la ministre de la culture de réformer la loi sur les archives.

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A-gens du voyage en France

la loi du 3 janvier 1969 sur les gens du voyage : une loi discriminatoire

Il y a cent ans – le 16 juillet 1912 – était institué le carnet anthropométrique encadrant « l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades», une réglementation permettant de surveiller une population circulant en France sans domicile ni résidence fixe. On sait à quel usage ce fichage a pu servir sous le régime de Pétain.

La loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 a remplacé le «carnet anthropométrique» par un «livret ou carnet de circulation», sorte de passeport intérieur qui doit être visé tous les trois mois par la police ou la gendarmerie.

Afin de lutter contre la stigmatisation dont les quelques centaines de milliers de personnes baptisées «gens du voyage» continuent à être l’objet, Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne, a déposé une proposition de loi co-signée par les membres du groupe écologiste du Sénat, visant à abroger cette loi. Une loi qui « contraint des personnes, en raison de leur mode de vie, à attendre trois années avant de pouvoir s’inscrire sur les listes électorales au lieu de six mois dans les conditions du droit commun, à détenir un titre de circulation et de le faire viser régulièrement par les autorités administratives (trois mois pour les carnets de circulation), sous peine d’une amende voire d’une peine d’emprisonnement. Autant de restriction aux libertés civiques et individuelles que nous devons abroger. »

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Au Festival d’Avignon : “Une valse algérienne” d’Elie-Georges Berreby

La pièce “Une valse algérienne” d’Elie-Georges Berreby qui est donnée en 2012 au Festival d’Avignon (off) est une sorte de « Roméo et Juliette » dans l’Algérie de 1963. Ce spectacle, mis en scène par Geneviève Rozental, joué du 7 au 28 juillet 2012 à 11h, à l’Espace Roseau (8 rue Pétramale, Avignon), soutenu par la LDH, pose la question : l’Algérie d’après 1962 a-t-elle vraiment accepté les Européens qui ont voulu rester après l’indépendance ? Des débats sont organisés autour de cette pièce après certaines représentations.

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Les anciens départements d'Algérie (1848-1957) : Oran, Alger, Constantine.
La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Gilles Manceron : la nécessaire reconnaissance du passé colonial

La loi de 2005 sur la «colonisation positive» et le thème du «refus de la repentance» développé par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2007 ont encouragé les nostalgiques de l’Algérie française et de l’époque coloniale en général, et contribué à légitimer les discours racistes.

Un demi-siècle après la fin de la guerre d’Algérie, sera-t-il enfin possible de poser un regard apaisé sur celle-ci et sur la colonisation qui l’a précédée ? Sans «repentance», mais également sans occultation et sans instrumentalisation officielle. Comme Gilles Manceron, co-responsable du groupe de travail «Mémoire, histoire, archives» de la LDH, l’expose ci-dessous, cette question concerne toute la société et pas seulement les historiens
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Le 17 octobre 1961

 14 juillet 1953 : répression coloniale, place de la Nation

Les massacres d’Algériens, à Paris, en octobre 1961 font partie de la mémoire collective française – ils ont même été officiellement reconnus il y a quelques mois par le président de la République (note ajoutée le 15 juillet 2013). Il n’en est pas de même pour la violente répression qui a frappé des Algériens à Paris le 14 juillet 1953. Ce jour-là, un important cortège de travailleurs algériens s’était formé, encadré par le MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) de Messali Hadj. Ils scandaient “Non au colonialisme !”, “Nous voulons l’indépendance !” … Place de la Nation, les forces de l’ordre ont chargé ; des policiers ont tiré – il y aura 7 morts, six jeunes ouvriers algériens et un métallurgiste français, syndicaliste CGT.

Pour rappeler cet événement quasiment oublié, nous reprenons ci-dessous des extraits du chapitre que l’historien Emmanuel Blanchard lui a consacré dans son livre La police parisienne et les Algériens 2.

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l’appel “France – Algérie : dépasser le contentieux historique”

Cet appel a été lancé le 30 novembre 2007, mais il n’a rien perdu de son actualité. Rédigé à l’initiative d’historiens français et algériens, ce texte s’adresse « aux plus hautes autorités de la République française » pour « faire advenir une ère d’échanges et d’amitié entre les deux pays, et au-delà, entre la France et les pays indépendants issus de son ancien empire colonial ». Une version en arabe est également téléchargeable.

La pétition pouvait être signée en ligne, et il en existe une version imprimable, à l’intention de ceux qui ne disposent pas de connection internet. Lancée avec 167 premiers signataires dont vous trouverez la liste ci-dessous, elle devait recevoir 1483 signatures supplémentaires à partir de sa mise en ligne le 30 novembre 2007. Au total 1 650 signatures provenant des deux rives de la Méditerranée.

[La pétition a été mise en ligne le 30 novembre 2007.

Cette page a été mise à jour le 14 juillet 2012, puis le 23 mars 2015]
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comme les Blancs et les Noirs d’Afrique du Sud, comme la France et l’Allemagne, l’Algérie et la France doivent sortir des conflits du passé

Il y a cinq ans, des historiens des deux rives de la Méditerranée avaient lancé un appel à dépasser le contentieux historique franco-algérien. Les signataires, récusant le terme de «repentance» pour sa connotation religieuse, appelaient les plus hautes autorités de la République française à «reconnaître publiquement l’implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie».

Aujourd’hui, on ne peut malheureusement que constater l’absence de progrès dans cette direction. C’est sans doute la raison pour laquelle, après avoir rappelé le lourd passé de la France en Algérie, le politologue Mustapha Benchenane (Université Paris-Descartes) conclut une tribune publiée dans le Quotidien d’Oran le 5 juillet 2012, en écrivant : «Ce que les Français et les Allemands ont réussi, ce que les noirs et les blancs sont parvenus à surmonter en Afrique du Sud, devrait aussi être à la portée des Algériens et des Français..» Dans le même registre, l’universitaire Brahim Senouci plaide, également dans le Quotidien d’Oran, le 12 juillet 2012, pour que la France suive l’exemple de l’Allemagne en reconnaissant et en assumant son passé.

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