4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

algerie_dh.gif
Algérie post 1962

Algérie : l’Union européenne doit faire du respect des droits de l’homme une priorité

Le Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH), la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), et leurs partenaires – CFDA, LADDH, SNAPAP, RADDH et ACDA – appellent l’Union européenne (UE) à réorienter ses relations avec l’Algérie en donnant la priorité au respect des droits de l’Homme. Ils demandent à l’UE de mettre en pratique les engagements qu’elle a pris dans le cadre de la nouvelle Politique européenne de voisinage, si elle veut soutenir les aspirations démocratiques de la population algérienne.

Lire la suite »

Brahim Senouci : Algérie-France, quelle réconciliation ?

Il y a douze ans, Brahim Senouci, universitaire, écrivain et journaliste, appelait la France à reconnaître «cette zone d’ombre que constitue son passé colonial».

Aujourd’hui, déplorant que cette parole française ne soit pas encore venue, il appelle François Hollande à prononcer des mots, «pas ceux de repentance ni d’excuses, mais de reconnaissance et d’engagement à en finir avec la matrice culturelle qui a permis […] de commettre l’horreur» : une vision qui «cantonne les trois-quarts de l’humanité dans une altérité et une infériorité irréductibles».

Lire la suite »

Armelle Mabon : “Thiaroye, un passé à reconstituer”

Il y a 68 ans, le 1er décembre 1944, l’armée française a commis un massacre sanglant dans la caserne de Thiaroye (Sénégal). Plusieurs dizaines de « soldats africains qui s’étaient pourtant battus pour la France», selon les mots récents de François Hollande1, furent tués.

Combien de ces tirailleurs trouvèrent la mort ce jour-là ? Et pourquoi ? L’historienne Armelle Mabon, auteure de Prisonniers de guerre « indigènes ». Visages oubliés de la France occupée, a fouillé les archives2.

Lire la suite »

le 19 mars devient journée nationale du souvenir

Le Parlement a adopté définitivement le 8 novembre 2012 la proposition de loi socialiste qui fait du 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en 1962, la « journée nationale du souvenir » en mémoire des victimes de la guerre d’Algérie, après le vote en ce sens du Sénat3.
Le texte a été adopté par 181 voix contre 155, la gauche s’étant prononcée pour, la droite contre, à l’issue d’un débat passionné. Déjà votée en janvier 2002, et dans les mêmes termes, par l’Assemblée nationale, la proposition de loi est définitivement adoptée après le vote du Sénat et ne retourne pas devant les députés4.

Le Conseil constitutionnel a rejeté le 29 novembre 2012 les recours des députés et sénateurs UMP, la loi est donc validée5.

L’adoption de cette loi mettra-t-elle fin aux contestations violentes des commémorations du cessez-le-feu du 19 mars 1962 – comme à Claviers il y a deux ans ?6

[Première mise en ligne le 25 octobre 2012, mise à jour le 30 novembre]


Lire la suite »

Amnesty international : “il faut protéger les Roms contre les expulsions forcées”

Les autorités françaises doivent immédiatement mettre fin aux expulsions forcées qui touchent plusieurs milliers de migrants roms chaque année dans le pays, écrit Amnesty International dans le rapport intitulé Chassés de toutes parts : les expulsions forcées de Roms en Île-de-France qu’elle rend public ce 29 novembre 2012.

L’organisation de défense des droits humains «note une amélioration au niveau de l’approche et du discours par rapport aux années précédentes où les Roms étaient souvent stigmatisés par les autorités», mais dénonce «la pratique des expulsions forcées» qui se poursuivent «au même rythme alarmant ».

Lire la suite »

“l’accueil et l’accompagnement des gens du voyage”, synthèse du rapport de la Cour des comptes

La Cour des comptes a publié en octobre 2012 un rapport sur L’accueil et l’accompagnement des gens du voyage, ainsi qu’une synthèse qui en facilite la lecture et l’utilisation et que nous reprenons ci-dessous7.

On estime le nombre de gens du voyage en France à environ 250 000 personnes, réparties de la manière suivante : 70 000 itinérants, 65 000 semi-sédentaires et 105 000 sédentaires 8. Le rapport de la Cour des comptes rappelle que la loi du 5 juillet 2000 est centrée sur le dispositif d’accueil prévu pour les gens du voyage itinérants : elle prévoit la mise en oeuvre dans chaque département de schémas d’aires d’accueil pour répondre aux besoins des gens du voyage nomades, mais elle n’aborde pas véritablement l’habitat des gens du voyage en voie de sédentarisation, sédentarisés ou semi-sédentarisés – en la matière, elle ne crée pas d’obligation et se limite à inciter les communes à mettre en place des solutions adaptées9.

Lire la suite »
william_sportisse.jpg
Livres et films sur la guerre d'Algérie

Le camp des oliviers, parcours d’un communiste algérien

William Sportisse, né en 1923 à Constantine, a été élevé dans une famille juive
autochtone, française par le droit mais de culture judéo-arabe. Guidé par la
trajectoire de son frère aîné, Lucien, pionnier des luttes anticoloniales assassiné par la Gestapo à Lyon en 1944, il choisit très tôt le camp d’une Algérie
décolonisée et socialiste. Devenu citoyen de l’Algérie indépendante, il connaît à partir de 1965 les tortures et les prisons du régime, avant que l’explosion des années 1990 ne le contraigne à l’exil.

À travers le prisme d’une personnalité militante confrontée à des documents d’archives jusqu’ici inexplorées, ce livre d’entretiens avec Pierre-Jean Le Foll-Luciani, déploie autour d’un parcours minoritaire des pans méconnus de l’histoire sociale et politique de l’Algérie (post)coloniale. Pierre-Jean Le Foll-Luciani est doctorant en histoire contemporaine à l’université Rennes 2. Sa thèse porte sur les militants anticolonialistes juifs algériens (de l’entre-deux-guerres aux premières années de l’indépendance de l’Algérie). Nous reprenons ci-dessous l’introduction qu’il a rédigée pour la publication de ses entretiens avec William Sportisse.

Lire la suite »

“arrêtons de chasser les Roms !”

Nils Muznieks, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe s’alarme du sort réservé aux Roms dans différents pays d’Europe.

Il cite en premier la France, où «près de 5 000 Roms auraient été évacués de leurs campements entre juillet et septembre 2012». Il rappelle l’existence d’une circulaire interministérielle diffusée en août dernier qui «demande aux autorités de proposer une solution de relogement adéquate aux personnes évacuées» pour déplorer que «celles-ci ne reçoivent généralement aucune aide et se retrouvent souvent sans abri, à Paris, à Marseille et dans d’autres grandes villes françaises».

Lire la suite »
Michèle Tabarot et Jean-François Copé, au siège de l'UMP, le soir du 19 novembre 2012 (LP/CAROL AMAR.)
Les pieds-noirs « nostalgériques »

Michèle Tabarot ou la revanche de l’Algérie française, par Alain Ruscio

Le bras droit de Jean-François Copé dans son combat électoral pour la présidence de l’UMP a été Michèle Tabarot : pour elle «Jean-François [était] l’homme de la situation».

Michèle Tabarot n’est pas – pas encore – célèbre, mais l’apparition au premier rang de la scène politique de celle qui continue à tourner la tête quand son regard croise un portrait du général de Gaulle10, est un signe. Dans l’article ci-dessous, basé sur son ouvrage, Y’a bon les colonies ? La France sarkozyste face à l’histoire coloniale, à l’identité nationale et à l’immigration11, l’historien Alain Ruscio voit dans cet événement le retour du “vieux parti de la réaction colonialiste”.

On peut craindre en effet que la “droite décomplexée” poursuive le lent travail de réhabilitation de l’“Algérie française” bien amorcé sous la présidence sarkozyste.

Lire la suite »
À la Une des Dernières Nouvelles d'Alsace, le 2 juillet 2000.
Bigeard aux Invalides ?

Bigeard et la torture

Comment oublier que lors de l’inauguration d’une rue portant son nom à Trimbach (Bas-Rhin), le 1er juillet 2000, le général Bigeard avait justifié la pratique de la torture par l’armée française en Algérie ? Dans un entretien publié, dimanche 2 juillet 2000, par le quotidien Les Dernières Nouvelles d’Alsace, il avait en effet qualifié la torture de « mal nécessaire ».

Mgr Joseph Doré, archevêque de Strasbourg, et Marc Lienhard, président de l’Eglise (luthérienne) de la Confession d’Augsbourg d’Alsace-Lorraine, avaient vivement réagi à ces propos, en exprimant leur « indignation » dans une déclaration commune datée du 13 juillet 2000.

Le ministre saura-t-il s’associer à cette condamnation sans appel lors de l’inauguration de la stèle qui recevra les cendres du général Bigeard, à Fréjus, le 20 novembre prochain, comme l’y invite la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme dans son communiqué du 22 octobre dernier ?

[Mis en ligne le 11 novembre 2012, mis à jour le 19]


Lire la suite »