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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Shlomo Sand : l’exil du peuple juif est un mythe

L’historien Shlomo Sand affirme que l’existence des diasporas de Méditerranée et d’Europe centrale est le résultat de conversions anciennes au judaïsme. Pour lui, l’exil du peuple juif est un mythe, né d’une reconstruction a posteriori sans fondement historique, qui fait des populations juives un peuple, uni par une même origine et possédant une histoire nationale commune. Il a développé ses points de vue dans un ouvrage publié en septembre 2008 aux éditions Fayard : Comment le peuple juif fut inventé.

Shlomo Sand est né en 1946 à Linz (Autriche) et a vécu les deux premières années de sa vie dans les camps de réfugiés juifs en Allemagne. En 1948, ses parents émigrent en Israël, où il a grandi. Il finit ses études supérieures en histoire, entamées à l’université de Tel-Aviv, à l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire de l’Europe contemporaine à l’université de Tel-Aviv1.

Après une courte vidéo de Shlomo Sand avec Daniel Mermet, vous pourrez prendre connaissance d’un entretien que Shlomo Sand a donné en 2008 dans lequel il expose les réflexions qu’il développe dans son ouvrage.

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Uri Avnery : “Naissance d’une nation”

« Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie – elle célèbre la valeur de la liberté – mais nous devons reconnaître la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins. »

Retraçant l’histoire longue des communautés juives, Uri Avnery – membre fondateur et un des responsables de Gush Shalom – analyse avec une intelligence remarquable la contradiction, toujours irrésolue pour Israël, entre le fondement religieux basé sur les mythes bibliques et la réalité historique d’un état nation.

[Mis en ligne le 31 décembre 20082, mis à jour le 4 mars 2013]

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L'affaire Audin

Maurice Audin : une vie brève

Le dossier du ministère de la Défense sur la disparition de Maurice Audin, disparu, à Alger le 11 juin 1957, après avoir été arrêté par des militaires français, est désormais consultable, selon un arrêté paru au Journal officiel du 23 février 20133.

Cet arrêté du 1er février, signé du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est daté du jour où Josette Audin, la veuve de Maurice Audin, a reçu une copie de ce dossier des mains du ministre, conformément à l’engagement de François Hollande.

Peu de temps auparavant, Michèle Audin publiait Une vie brève, récit pudique consacré à son père.

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Mali : la politique de la canonnière n’est pas une solution

Tract diffusé par la LDH de Toulon, le 2 mars 2013 :

La France est en guerre au Mali

Cela nous concerne tous

L’intervention française ne sera sans doute pas un long fleuve tranquille. Les informations provenant du lieu des combats sont rares, mais les risques de dérapage sont importants.

Personne ne peut prévoir combien de temps elle durera ni comment elle se terminera.

Les résultats des guerres d’Afghanistan, d’Irak, ou de Libye, sur la population civile devraient susciter débats et questionnements.

Au-delà des justifications humanistes qui sont avancées – la défense de la civilisation et de la démocratie… – questionnons-nous sur les véritables buts et notamment sur les enjeux économiques bien réels de cette guerre.

François Hollande a déclaré le 12 janvier dernier que l’opération française au Mali n’avait pas d’autre but que « la lutte contre le terrorisme ». Mais il ne faut pas se laisser abuser par les éléments de langage : les Touareg qui demandent l’autonomie du Nord-Mali sont des rebelles et non des « terroristes ».

On peut s’interroger sur la légitimité des autorités gouvernementales maliennes actuellement en place – issues d’un coup d’État.

Interrogeons-nous surtout sur les origines de la crise. N’oublions pas que l’Afrique est pillée, déstructurée, appauvrie par ces mêmes puissances qui jouent les pompiers après avoir été des incendiaires – pensons aux armes, parfois de haute technologie, dont nous avons inondé la Libye. Peuples appauvris, gouvernements corrompus plus ou moins à la solde de puissances étrangères, agricultures détournées de leur fonction vivrière …

Les Maliens attendent autre chose qu’une intervention armée : le soutien à une véritable politique de développement, une politique d’immigration moins restrictive, la non-ingérence dans leurs problèmes internes qu’il leur appartient, et à eux seuls, de régler.

Toulon, le 19 février 2013

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La réédition d’une œuvre “incontournable” : la thèse d’André Nouschi sur les populations rurales constantinoises

«L’Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises d’André Nouschi4 reste une œuvre incontournable sur l’histoire de l’Algérie coloniale ; elle propose une réflexion, elle incite à la réflexion selon des vues qui, malgré les inévitables évolutions épistémologiques, ne sont pas périmées et ne peuvent l’être. Elle doit être connue de tous ceux qui veulent connaître ce passé d’échanges, traumatique mais partagé d’une rive à l’autre de la Méditerranée, par les Algériens, par les Français, de France ou originaires d’Algérie, par les métis de l’identité, par les férus d’histoire, par les citoyens d’aujourd’hui de la vivante humanité.»

Gilbert Meynier (extrait de la préface de la réédition)

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu publié en 1962 par Robert Émerit5, de la première édition de cette analyse de la colonisation dans la région de Constantine.

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Le meurtre de Farhat Hached et autres crimes coloniaux, par Gilles Manceron

L’assassinat de Chokri Belaïd le 6 février a ravivé en Tunisie la mémoire douloureuse de celui, il y a 60 ans, de Fahrat Hached, leader du syndicat et du mouvement national tunisien tué par le service français du SDECE. Un crime qui semble avoir été oublié par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, dans les commentaires qu’il a jugé bon de faire.

À la suite d’un colloque qui s’est tenu en janvier 2013, l’historien Gilles Manceron, délégué du groupe de travail Mémoire, histoire, archives de la Ligue des droits de l’Homme, revient sur ce crime comme sur d’autres commis contre des personnalités anticolonialistes. Il rappelle l’exigence que la vérité sur ces assassinats soit dite et reconnue par les autorités françaises.

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Autres pays arabes et Afghanistan

Bahreïn, “printemps arabe” oublié

A Bahreïn, petit archipel du Golfe, la dynastie régnante des Al-Khalifa est sunnite, alors que la population autochtone est en majorité chiite.
En février-mars 2011, un soulèvement populaire animé par des chiites réclamant une monarchie constitutionnelle a été réprimé par les autorités, avec le soutien de troupes venues des pays voisins du Golfe.

Depuis lors, le petit royaume reste secoué par des troubles : des Bahreïnis manifestent pour demander la démocratie et la liberté. La répression est dure – des condamnations, des morts par dizaines … Des organisations de défense des droits de l’Homme et les Nations unies dénoncent, mais peu d’informations parviennent à l’extérieur : Bahreïn ne délivre pas de visas aux journalistes.
A voir : une émission de LCP consacrée à Bahreïn.

Dernière minute – Une manifestation de soutien : jeudi 14 février à 13h, place Igor Stravinsky, 75004 Paris.

[Mis en ligne le 25 janvier 2013, mis à jour le 11 février 2013]

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Diverses questions d'histoire

Enfants de la guerre

À la Libération, quelques dizaines de milliers de femmes subirent l’humiliation d’être tondues en public : «En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On alla même jusqu’à les tondre»6. L’épuration … « sauvage » !

Plus de cent mille « enfants de la guerre », nés d’une mère française et d’un père soldat allemand pendant l’occupation, ont été les victimes innocentes d’un conflit qu’ils n’avaient même pas connu. La reconnaissance de leur situation n’est intervenue qu’en février 2009, après plus de 60 ans passés dans l’ombre de l’Histoire, quand l’Allemagne a accepté de leur accorder sa nationalité.

Une célèbre photo de Robert Capa a été le point de départ d’un spectacle qui sera donné au théâtre Liberté de Toulon les 8 et 9 mars prochains.

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Tirailleurs partant en colonne (Archives nationales du Sénégal).
La guerre du Mali (depuis 2013)

Mali : la dette de la France

Dans son discours de Bamako7, le 2 février 2013, François Hollande a déclaré que la France avait désormais payé sa dette à l’égard du Mali. Il faisait alors allusion aux “tirailleurs sénégalais” – dont beaucoup étaient en fait originaires du Mali – qui ont pris une part importante à la défense et à la libération de la France au cours des deux guerres mondiales. Mais la France l’a oublié et elle expulse aujourd’hui des descendants de Maliens morts naguère pour elle.

Pour les Maliens la dette de la France n’est sans doute pas éteinte et ils en attendent vraisemblablement davantage : le soutien à une véritable politique de développement, une politique d’immigration moins restrictive, la non-ingérence politique dans leurs problèmes qu’il leur appartient et à eux seuls de régler … Comme l’expose l’historien Francis Simonis, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest et de la période coloniale notamment au Mali et en Guinée, « pour la population malienne […] la France est sans doute encore loin, très loin d’avoir payé sa dette.»

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Tunisie

à travers Chokri Belaïd, c’est la démocratie qui est visée

Chokri Belaïd, avocat et grande figure politique en Tunisie, secrétaire général du Parti des Patriotes Démocrates Unifiés (la gauche tunisienne) et dirigeant politique du Front Populaire, a été assassiné le 6 février 2012 devant son domicile.

A travers et infatigable défenseur des droits humains, c’est la démocratie et la liberté qu’on cherche à assassiner en Tunisie.

[Mis en ligne le 8 février 2013, mis à jour le 9]

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L'Humanité du 28 février1962. A droite, Delphine Renard défigurée.
Charonne 8 février 1962

Delphine Renard demande une reconnaissance officielle de la répression de Charonne

Elle avait quatre ans lorsqu’elle fut grièvement blessée dans un attentat de l’OAS visant André Malraux. Le sort de l’enfant mutilée, aveuglée, souleva alors une grande émotion. Après cet attentat, une manifestation organisée le 8 février 1962 pour dénoncer les agissements de l’organisation terroriste fut violemment réprimée par la police sous les ordres du préfet de police Maurice Papon : 9 manifestants trouvèrent la mort dans la bouche du métro Charonne.

Un rassemblement a eu lieu le 8 février 2013, à Paris, au métro Charonne, en mémoire des victimes de la répression du 8 février 1962.

Ci-dessous un entretien avec Delphine Renard, réalisé par Rosa Moussaoui, et publié sur L’Humanité.fr le 8 février 2013.

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