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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Rony Brauman : “en Syrie, on a le choix entre le pire et le moins pire”

Une guerre qui dure depuis 2 ans, des morts tous les jours – au moins 70 000 victimes depuis mars 2011. Lors du sommet européen du 15 mars 2013 à Bruxelles, François Hollande a réclamé la levée de l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne.

Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, s’exprime, à titre personnel, sur ce conflit et notamment sur le fait que la France veuille livrer des armes aux rebelles. Il avoue sa perplexité «parce que l’on ne sait pas très bien quel est l’objectif réel» : «s’agit-il de soutenir les forces qui entendent renverser le régime», ou «de rééquilibrer un rapport de forces pour obtenir un compromis politique?» «Est-ce qu’on livre des armes pour plus de violence ou, au contraire, pour parvenir à contenir la violence?»

«On a le choix qu’entre le pire et le moins pire. La question est : quel est le moins pire?»

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expulsions de Roms : pas en notre nom


Communiqué de la LDH de Toulon

Après avoir établi en 2012 des records de reconduites à la frontière, le ministre de l’Intérieur annonce son intention de démanteler les campements de Roms et d’en expulser les occupants. Selon des bruits qui circulent, une telle opération serait prévue à Toulon pour le début de cette semaine. Ne pouvant rester silencieux, nous reprenons la déclaration de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse, en août 2010 :

« Nous ne pouvons nous résoudre à voir les Roms et Gens du voyage victimes de préjugés et d’amalgames, boucs-émissaires désignés des difficultés de notre société, alors qu’ils en sont souvent les premières victimes. Nous sommes convaincus que le remède à la peur et à l’insécurité ne se trouve pas dans une surenchère sécuritaire mais passe par une action de longue haleine nourrie de respect et de connaissance réciproques. 1 »

Toulon, le 17 mars 2013


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Manuel Valls va poursuivre les démantèlements de camps de Roms

Après la polémique provoquée par les démantèlements de campements roms décidé au cours de l’été 2010, on avait accueilli avec soulagement la déclaration du candidat François Hollande, dans sa lettre du 27 mars 2012 à Romeurope: «on ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution2». La circulaire interministérielle du 26 août 2012 prévoyant de proposer une solution d’hébergement lors des expulsions semblait aller dans le même sens d’une prise en compte de l’aspect humain des problèmes.

Le bilan pour l’année 2012 montrant que près de 12 000 Roms avaient été évacués de campements illégaux, dont les deux tiers au second semestre, aurait dû nous alerter. D’autant plus que sur les 63 évacuations de sites réalisées entre juillet et fin décembre, seules 15 ont été accompagnées d’une solution partielle de relogement.

Aujourd’hui les mots nous manquent : nous apprenons en effet que le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a annoncé jeudi 14 mars la poursuite des démantèlements de camps de Roms : «Plus que jamais les démantèlements sont nécessaires et se poursuivront, il en va du respect de la loi et de la sécurité de leurs résidents», a-t-il déclaré dans une interview publiée jeudi 14 mars par Le Parisien/Aujourd’hui en France, ajoutant : «nous procéderons avec humanité» sans oublier, « quand c’est possible, l’accès à un logement … ».

Et comment le ministre justifie-t-il cette politique ? par le fait que, selon lui, « les occupants des campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution3» …

[Mis en ligne le 15 mars 2013, mis à jour le 16]

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L'antisémitisme, les Juifs, la Palestine

Pierre Stambul : “pas en notre nom”

Dans l’entretien qui suit, Pierre Stambul, militant libertaire et antisioniste radical, évoque ses racines juives : le Yiddishland où s’est développée une culture et des courants d’idées prônant une émancipation universelle.

Pour le co-président de l’Ujfp – Union juive française pour la paix –, auteur de Israël/Palestine, Du refus d’être complice à l’engagement4, le colonialisme israélien est l’opposé du judaïsme multi-ethnique sans frontières de ses ancêtres – qu’ils aient été athées ou religieux.

Rappel – A l’invitation de l’intersyndicale – CGT, FSU, Solidaires – de l’Université de Toulon-USTV et de l’association Varois pour la Paix et la Justice en Méditerranée – VPJM – une rencontre-débat avec Pierre Stambul aura lieu lundi 18 mars de 18h30 à 21h, sur le campus de La Garde, amphi. Y’008.

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Accusations, incitations à la repentance

la repentance : nécessité ou alibi ?

Qu’est-ce que la repentance ? Qui peut la réclamer ? De qui doit-on l’exiger ? Et doit-on seulement la souhaiter ? Ne faut-il pas plutôt lui préférer un exercice de la mémoire, loin de tout calcul politicien, nourri au devoir d’histoire et de vérité, lui substituer une vigilance intraitable à l’égard des injustices d’aujourd’hui ?

Des intellectuels des deux rives de la Méditerranée – Hélé Béji, Michèle Bompard-Porte, Françoise Dastur, Salima Ghezali, Olivier Le Cour Grandmaison, Seloua Luste Boulbina, François Maspero, Hassan Remaoun, Emmanuel Terray – abordent ces différentes questions dans Aspects de la repentance, un ouvrage dirigé par Ismaël-Sélim Khaznadar et publié par les éditions Barzakh.

L’éditeur a organisé à Alger le 9 mars 2013, conjointement avec El Watan Week-end, un débat sur le thème «Repentance : nécessité ou alibi ?», avec la participation de Olivier La Cour Grandmaison, Malika Rahal, Abdelmadjid Merdaci et Ismaël-Sélim Khaznadar.

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des acteurs du plan Condor devant la justice argentine

Au milieu des années 1970, les gouvernements dictatoriaux du cône sud de l’Amérique – Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Paraguay, Uruguay – créaient une organisation criminelle supranationale, l’Opération Condor, dont la mission était d’éliminer leurs opposants politiques, dans leurs pays mais aussi à l’étranger. Que la CIA ait soutenu l’Opération Condor est un secret de Polichinelle. En revanche, et en dépit du travail de Marie-Monique Robin, le rôle joué par certains militaires français dans la genèse de cette organisation meurtrière semble moins connu.

Les méthodes employées par les responsables de l’Opération Condor sont précisément celles que les militaires français avaient mises en pratique durant la guerre d’Algérie, et que certains d’entre eux, comme le général Aussaresses, avaient enseignées par la suite : à l’École des Amériques de Panama, pas moins de 60 000 officiers furent entraînés par les « experts » français. On retrouve même certains de ces instructeurs à Fort Bragg, aux États-Unis, quelques années avant la guerre du Viêt-nam. Leur modèle : la bataille d’Alger. Leur bible : La guerre moderne du colonel Trinquier. Leurs méthodes : escadrons de la mort, torture et disparitions.

30 000 Argentins disparus furent directement victimes de ces méthodes. Pour la première fois, l’Argentine a entamé, mardi 5 mars 2013, le procès de certains acteurs de l’Opération Condor.

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Shlomo Sand : l’exil du peuple juif est un mythe

L’historien Shlomo Sand affirme que l’existence des diasporas de Méditerranée et d’Europe centrale est le résultat de conversions anciennes au judaïsme. Pour lui, l’exil du peuple juif est un mythe, né d’une reconstruction a posteriori sans fondement historique, qui fait des populations juives un peuple, uni par une même origine et possédant une histoire nationale commune. Il a développé ses points de vue dans un ouvrage publié en septembre 2008 aux éditions Fayard : Comment le peuple juif fut inventé.

Shlomo Sand est né en 1946 à Linz (Autriche) et a vécu les deux premières années de sa vie dans les camps de réfugiés juifs en Allemagne. En 1948, ses parents émigrent en Israël, où il a grandi. Il finit ses études supérieures en histoire, entamées à l’université de Tel-Aviv, à l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire de l’Europe contemporaine à l’université de Tel-Aviv5.

Après une courte vidéo de Shlomo Sand avec Daniel Mermet, vous pourrez prendre connaissance d’un entretien que Shlomo Sand a donné en 2008 dans lequel il expose les réflexions qu’il développe dans son ouvrage.

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Uri Avnery : “Naissance d’une nation”

« Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie – elle célèbre la valeur de la liberté – mais nous devons reconnaître la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins. »

Retraçant l’histoire longue des communautés juives, Uri Avnery – membre fondateur et un des responsables de Gush Shalom – analyse avec une intelligence remarquable la contradiction, toujours irrésolue pour Israël, entre le fondement religieux basé sur les mythes bibliques et la réalité historique d’un état nation.

[Mis en ligne le 31 décembre 20086, mis à jour le 4 mars 2013]

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L'affaire Audin

Maurice Audin : une vie brève

Le dossier du ministère de la Défense sur la disparition de Maurice Audin, disparu, à Alger le 11 juin 1957, après avoir été arrêté par des militaires français, est désormais consultable, selon un arrêté paru au Journal officiel du 23 février 20137.

Cet arrêté du 1er février, signé du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est daté du jour où Josette Audin, la veuve de Maurice Audin, a reçu une copie de ce dossier des mains du ministre, conformément à l’engagement de François Hollande.

Peu de temps auparavant, Michèle Audin publiait Une vie brève, récit pudique consacré à son père.

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Mali : la politique de la canonnière n’est pas une solution

Tract diffusé par la LDH de Toulon, le 2 mars 2013 :

La France est en guerre au Mali

Cela nous concerne tous

L’intervention française ne sera sans doute pas un long fleuve tranquille. Les informations provenant du lieu des combats sont rares, mais les risques de dérapage sont importants.

Personne ne peut prévoir combien de temps elle durera ni comment elle se terminera.

Les résultats des guerres d’Afghanistan, d’Irak, ou de Libye, sur la population civile devraient susciter débats et questionnements.

Au-delà des justifications humanistes qui sont avancées – la défense de la civilisation et de la démocratie… – questionnons-nous sur les véritables buts et notamment sur les enjeux économiques bien réels de cette guerre.

François Hollande a déclaré le 12 janvier dernier que l’opération française au Mali n’avait pas d’autre but que « la lutte contre le terrorisme ». Mais il ne faut pas se laisser abuser par les éléments de langage : les Touareg qui demandent l’autonomie du Nord-Mali sont des rebelles et non des « terroristes ».

On peut s’interroger sur la légitimité des autorités gouvernementales maliennes actuellement en place – issues d’un coup d’État.

Interrogeons-nous surtout sur les origines de la crise. N’oublions pas que l’Afrique est pillée, déstructurée, appauvrie par ces mêmes puissances qui jouent les pompiers après avoir été des incendiaires – pensons aux armes, parfois de haute technologie, dont nous avons inondé la Libye. Peuples appauvris, gouvernements corrompus plus ou moins à la solde de puissances étrangères, agricultures détournées de leur fonction vivrière …

Les Maliens attendent autre chose qu’une intervention armée : le soutien à une véritable politique de développement, une politique d’immigration moins restrictive, la non-ingérence dans leurs problèmes internes qu’il leur appartient, et à eux seuls, de régler.

Toulon, le 19 février 2013

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La réédition d’une œuvre “incontournable” : la thèse d’André Nouschi sur les populations rurales constantinoises

«L’Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises d’André Nouschi8 reste une œuvre incontournable sur l’histoire de l’Algérie coloniale ; elle propose une réflexion, elle incite à la réflexion selon des vues qui, malgré les inévitables évolutions épistémologiques, ne sont pas périmées et ne peuvent l’être. Elle doit être connue de tous ceux qui veulent connaître ce passé d’échanges, traumatique mais partagé d’une rive à l’autre de la Méditerranée, par les Algériens, par les Français, de France ou originaires d’Algérie, par les métis de l’identité, par les férus d’histoire, par les citoyens d’aujourd’hui de la vivante humanité.»

Gilbert Meynier (extrait de la préface de la réédition)

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu publié en 1962 par Robert Émerit9, de la première édition de cette analyse de la colonisation dans la région de Constantine.

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