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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Jean Lacouture : le combat des européens “libéraux”

Un article de Jean Lacouture, publié dans Le Monde du 9 juin 1972, suivi de la présentation du témoignage de Jean Sprecher.

Pendant la guerre d’Algérie, un certain nombre d’Européens, allant à contre-courant de l’opinion conservatrice largement majoritaire dans la communauté des « pieds-noirs », s’efforcèrent de faire prévaloir une politique de réformes et de concessions, dans le but de préserver les relations futures entre les communautés.

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Antoine Abibou en 1938. Prisonnier de guerre en Bretagne, il a été condamné à dix ans de détention le 5 mars 1945, suite à la rébellion du camp de Thiaroye. (Archive famille Abibou)
Le massacre de Thiaroye décembre 1944

Thiaroye (Sénégal) : morts par la France

Pour Armelle Mabon, maître de conférences à l’Université de Bretagne-Sud, auteure de Prisonniers de guerre « indigènes » Visages oubliés de la France occupée (La Découverte, 2010), la réhabilitation des victimes de ce massacre colonial est indispensable.

De nombreux points doivent encore être élucidés, mais, pour l’historienne, il s’agit d’un crime que l’armée française a couvert par une succession de mensonges et que l’État a entériné.

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Photo S.B. (Var-Matin)
Hollande, Valls et les Roms

expulser … est-ce là le seul recours des pouvoirs publics ?

Mardi 19 mars, le préfet du Var a utilisé la force publique pour faire évacuer un bâtiment désaffecté cédé par la Défense à France Domaine, situé boulevard Commandant Nicolas à Toulon. Une quarantaine de personnes d’origine roumaine, que la préfecture a qualifiées à tort de “nomades”, l’occupaient 2, des familles que le Secours Catholique et l’Union diaconale du Var accompagnent depuis plusieurs années.

Parmi elles, sept enfants scolarisés. Où dorment-ils depuis ? Ont-ils pu retrouver leurs classes jeudi ? … Des questions qui ne semblent pas arrêter les pouvoirs publics qui, en l’occurrence, suivent sans état d’âme les incitations venues du ministère de l’Intérieur.

Vous trouverez ci-dessous la lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur et au préfet du Var par le collectif varois de soutien aux Roms et gens du voyage qui dénonce ces faits3. A la suite : signée par plusieurs associations nationales – notamment le collectif Romeurope, dont la Ligue des droits de l’Homme est membre –, une lettre ouverte adressée au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en réaction aux propos de Manuel Valls.

[Mis en ligne le 19 mars 2013, mis à jour le 22]

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Rony Brauman : “en Syrie, on a le choix entre le pire et le moins pire”

Une guerre qui dure depuis 2 ans, des morts tous les jours – au moins 70 000 victimes depuis mars 2011. Lors du sommet européen du 15 mars 2013 à Bruxelles, François Hollande a réclamé la levée de l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne.

Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, s’exprime, à titre personnel, sur ce conflit et notamment sur le fait que la France veuille livrer des armes aux rebelles. Il avoue sa perplexité «parce que l’on ne sait pas très bien quel est l’objectif réel» : «s’agit-il de soutenir les forces qui entendent renverser le régime», ou «de rééquilibrer un rapport de forces pour obtenir un compromis politique?» «Est-ce qu’on livre des armes pour plus de violence ou, au contraire, pour parvenir à contenir la violence?»

«On a le choix qu’entre le pire et le moins pire. La question est : quel est le moins pire?»

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expulsions de Roms : pas en notre nom


Communiqué de la LDH de Toulon

Après avoir établi en 2012 des records de reconduites à la frontière, le ministre de l’Intérieur annonce son intention de démanteler les campements de Roms et d’en expulser les occupants. Selon des bruits qui circulent, une telle opération serait prévue à Toulon pour le début de cette semaine. Ne pouvant rester silencieux, nous reprenons la déclaration de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse, en août 2010 :

« Nous ne pouvons nous résoudre à voir les Roms et Gens du voyage victimes de préjugés et d’amalgames, boucs-émissaires désignés des difficultés de notre société, alors qu’ils en sont souvent les premières victimes. Nous sommes convaincus que le remède à la peur et à l’insécurité ne se trouve pas dans une surenchère sécuritaire mais passe par une action de longue haleine nourrie de respect et de connaissance réciproques. 4 »

Toulon, le 17 mars 2013


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Manuel Valls va poursuivre les démantèlements de camps de Roms

Après la polémique provoquée par les démantèlements de campements roms décidé au cours de l’été 2010, on avait accueilli avec soulagement la déclaration du candidat François Hollande, dans sa lettre du 27 mars 2012 à Romeurope: «on ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution5». La circulaire interministérielle du 26 août 2012 prévoyant de proposer une solution d’hébergement lors des expulsions semblait aller dans le même sens d’une prise en compte de l’aspect humain des problèmes.

Le bilan pour l’année 2012 montrant que près de 12 000 Roms avaient été évacués de campements illégaux, dont les deux tiers au second semestre, aurait dû nous alerter. D’autant plus que sur les 63 évacuations de sites réalisées entre juillet et fin décembre, seules 15 ont été accompagnées d’une solution partielle de relogement.

Aujourd’hui les mots nous manquent : nous apprenons en effet que le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a annoncé jeudi 14 mars la poursuite des démantèlements de camps de Roms : «Plus que jamais les démantèlements sont nécessaires et se poursuivront, il en va du respect de la loi et de la sécurité de leurs résidents», a-t-il déclaré dans une interview publiée jeudi 14 mars par Le Parisien/Aujourd’hui en France, ajoutant : «nous procéderons avec humanité» sans oublier, « quand c’est possible, l’accès à un logement … ».

Et comment le ministre justifie-t-il cette politique ? par le fait que, selon lui, « les occupants des campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution6» …

[Mis en ligne le 15 mars 2013, mis à jour le 16]

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L'antisémitisme, les Juifs, la Palestine

Pierre Stambul : “pas en notre nom”

Dans l’entretien qui suit, Pierre Stambul, militant libertaire et antisioniste radical, évoque ses racines juives : le Yiddishland où s’est développée une culture et des courants d’idées prônant une émancipation universelle.

Pour le co-président de l’Ujfp – Union juive française pour la paix –, auteur de Israël/Palestine, Du refus d’être complice à l’engagement7, le colonialisme israélien est l’opposé du judaïsme multi-ethnique sans frontières de ses ancêtres – qu’ils aient été athées ou religieux.

Rappel – A l’invitation de l’intersyndicale – CGT, FSU, Solidaires – de l’Université de Toulon-USTV et de l’association Varois pour la Paix et la Justice en Méditerranée – VPJM – une rencontre-débat avec Pierre Stambul aura lieu lundi 18 mars de 18h30 à 21h, sur le campus de La Garde, amphi. Y’008.

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Accusations, incitations à la repentance

la repentance : nécessité ou alibi ?

Qu’est-ce que la repentance ? Qui peut la réclamer ? De qui doit-on l’exiger ? Et doit-on seulement la souhaiter ? Ne faut-il pas plutôt lui préférer un exercice de la mémoire, loin de tout calcul politicien, nourri au devoir d’histoire et de vérité, lui substituer une vigilance intraitable à l’égard des injustices d’aujourd’hui ?

Des intellectuels des deux rives de la Méditerranée – Hélé Béji, Michèle Bompard-Porte, Françoise Dastur, Salima Ghezali, Olivier Le Cour Grandmaison, Seloua Luste Boulbina, François Maspero, Hassan Remaoun, Emmanuel Terray – abordent ces différentes questions dans Aspects de la repentance, un ouvrage dirigé par Ismaël-Sélim Khaznadar et publié par les éditions Barzakh.

L’éditeur a organisé à Alger le 9 mars 2013, conjointement avec El Watan Week-end, un débat sur le thème «Repentance : nécessité ou alibi ?», avec la participation de Olivier La Cour Grandmaison, Malika Rahal, Abdelmadjid Merdaci et Ismaël-Sélim Khaznadar.

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des acteurs du plan Condor devant la justice argentine

Au milieu des années 1970, les gouvernements dictatoriaux du cône sud de l’Amérique – Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Paraguay, Uruguay – créaient une organisation criminelle supranationale, l’Opération Condor, dont la mission était d’éliminer leurs opposants politiques, dans leurs pays mais aussi à l’étranger. Que la CIA ait soutenu l’Opération Condor est un secret de Polichinelle. En revanche, et en dépit du travail de Marie-Monique Robin, le rôle joué par certains militaires français dans la genèse de cette organisation meurtrière semble moins connu.

Les méthodes employées par les responsables de l’Opération Condor sont précisément celles que les militaires français avaient mises en pratique durant la guerre d’Algérie, et que certains d’entre eux, comme le général Aussaresses, avaient enseignées par la suite : à l’École des Amériques de Panama, pas moins de 60 000 officiers furent entraînés par les « experts » français. On retrouve même certains de ces instructeurs à Fort Bragg, aux États-Unis, quelques années avant la guerre du Viêt-nam. Leur modèle : la bataille d’Alger. Leur bible : La guerre moderne du colonel Trinquier. Leurs méthodes : escadrons de la mort, torture et disparitions.

30 000 Argentins disparus furent directement victimes de ces méthodes. Pour la première fois, l’Argentine a entamé, mardi 5 mars 2013, le procès de certains acteurs de l’Opération Condor.

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