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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

une loi pour chasser plusieurs dizaines de milliers de bédouins de nationalité israélienne

Le parlement israélien a approuvé en première lecture le 24 juin 2013 une loi, connue sous le nom de Plan Prawer-??Begin, dont l’objectif est de contraindre plusieurs dizaines de mil­liers de bédouins du Néguev (Pales­ti­niens d’Israël) de quitter leurs terres et leurs vil­lages et de se regrouper dans des villes et
quar­tiers qui leur seront assignés.

Le vote a été acquis à 3 voix de majorité. La loi doit revenir à deux reprises devant la Knesset pour être applicable. Il n’est pas trop tard pour tenter d’y faire échec – en particulier en signant et en diffusant la pétition d’Adalah (orga­ni­sation de défense juri­dique des Pales­ti­niens d’Israël).

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Roms : quand l’État ne respecte pas ses propres circulaires

L’été dernier, ils croyaient au changement. La circulaire interministérielle du 26 août 2012 encadrait enfin les évacuations des campements illicites des populations roms. Toute expulsion devait s’accompagner «d’un diagnostic et de la recherche de solutions d’accompagnement» pour, entre autres, reloger les familles et permettre la scolarisation des enfants. Les associations, le collectif Romeurope en tête, étaient optimistes. «Nous avions un espoir avec cette circulaire que nous appelions de nos vœux», résumait mercredi Pascale Quivy, membre du collectif, lors de la présentation du rapport annuel.

Dix mois plus tard, le constat est abrupt. Rien n’a changé. «La circulaire n’est pas appliquée par les préfets, assure Laurent El Ghozi, membre fondateur du collectif. Il y a toujours autant d’expulsions, les diagnostics quand ils sont faits, sont bâclés en trois jours et on entend toujours des discours très stigmatisants envers les populations roms au plus haut sommet de l’Etat.» Bref, conclut-il, «la politique menée aujourd’hui est absurde, vaine, destructurante.»1

Un constat sévère détaillé dans le rapport annuel de Romeurope et confirmé par le bilan de l’application de cette circulaire établi par le Défenseur des droits.

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A-Israël

“Israël, Afrique du Sud et apartheid”, par Alain Gresh

Michel Bôle-Richard a été correspondant du Monde à Johannesburg et à Jérusalem. Il a connu de près les deux situations et il en a tiré un livre important qui aurait dû ouvrir un débat majeur sur la politique française dans la région, mais aussi sur la vision dominante et lénifiante de la situation. Cette vision se résume ainsi : deux peuples, dont chacun a droit à un Etat, vivent sur la Terre sainte ; avec un peu de bonne volonté et en isolant les extrémistes des deux bords (surtout palestinien), on pourrait aboutir à la paix.

Rien n’est plus faux. Ce qui s’est mis en place, c’est un système de domination d’un Etat sur une population colonisée et privée de tous ses droits, un système qui rappelle (mais qui se différencie aussi, par certains aspects) celui qui a régné en Afrique du Sud et qui fut baptisé apartheid (lire « Gaza, Palestine et apartheid »). En refusant de le voir, nous nous faisons les complices d’une injustice majeure qui dure depuis des décennies et nous nous empêchons aussi de réfléchir à la manière de sortir de cette impasse.

Voici un extrait du livre de Michel Bôle-Richard, Israël, le nouvel apartheid. En le lisant, en le faisant circuler, vous contribuerez à rompre le mur du silence qui s’est établi autour de lui.

Alain Gresh2

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Guerre d’Algérie, la déchirure, par Gabriel Le Bomin et Benjamin Stora

Cinquante ans après les Accords d’Evian et l’indépendance de l’Algérie, le temps semble venu de raconter la Guerre d’Algérie en regardant l’Histoire en face, sans tabous ni silences. Réalisé à partir d’archives colorisées, en grande partie inédites et provenant de sources très diverses, le documentaire Guerre d’Algérie, La déchirure, diffusé sur France 2 en mars 2012, retrace chronologiquement l’histoire de la Guerre d’Algérie.

Une sale guerre dans laquelle 1,5 millions de soldats français ont été projetés – 30 000 ne sont pas revenus – ; une guerre qui a entraîné la mort de centaines de milliers d’Algériens et la destruction de centaines de villages, qui a déraciné près d’un millions de Pieds-noirs de leur terre natale et vu l’abandon et le massacre de milliers de Harkis.

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Non, les anciens de l’OAS ne regrettent rien (4 émissions de « Là-bas si j’y suis », juin 2013)..

Ce sont des papys qui prennent le frais, bien tranquilles, sur la côte. Au menu de leurs journées : soleil, pastis et rigolades. Sauf que. Sauf que ces gentils papys ont du sang sur les mains. Attentats et violences politiques, ils se voient comme des héros, des résistants. Non, décidément, les anciens de l’OAS ne regrettent rien…

Du mercredi 12 juin 2013 au lundi 17 juin, l’émission Là-bas si j’y suis de Daniel Mermet a diffusé une série de Charlotte Perry en quatre volets que vous pouvez [ré]écouter (voir ci-dessous).

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1945-1962

en Algérie, le courage c’était de rester fidèle aux valeurs de la République

Le dernier numéro (235, daté de juin 2013) de la revue le délégué de l’Éducation nationale comporte un entretien avec Michel Lambart, vice-président de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, repris ci-dessous.

Maintenir la mémoire de ces hommes attachés à l’idéal laïque et républicain, assassinés par l’OAS le 15 mars 1962 à Alger, contribue à empêcher une réécriture négationniste de l’histoire de la colonisation,

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1945-1962

Gaston Revel, instituteur communiste en Algérie (1936-1965)

Né en 1915 dans l’Aude, Gaston Revel entre en 1936 dans l’École Normale d’Alger, où l’on est censé lui apprendre à « éduquer l’indigène ».

De 1940 à 1955, il enseigne, d’abord dans le bled – à Aïn-Tabia, un des douars de la commune mixte de Collo dans le Nord Constantinois – où il découvre la misère, puis à Bougie (Bejaïa). De ces années d’enseignement au plus près des populations, qu’il aime et respecte sans réserve, il a laissé un témoignage fort et très engagé, beaucoup de lettres, de carnets, d’articles de presse et de photographies.

En 1945, à Bougie, il s’engage au Parti Communiste Algérien : en 1953, il se présente aux élections municipales dans le second collège, réservé aux Algériens et il siège à leurs côtés. Il est expulsé d’Algérie en 1955. Il y revient après l’indépendance, et reprend son métier d’enseignant. En 1965 il rentre définitivement en France – il décède en 2001.

Ces textes, présentés et annotés par Alexis Sempé, permettent de percevoir ces années algériennes de l’intérieur, à travers l’engagement et les combats d’un instituteur de la République, adversaire résolu de la colonisation. Gaston Revel était également photographe amateur ; le livre est donc très largement illustré : près de 250 photographies jalonnent un parcours de trente ans.

[Mis en ligne le 21 mai 2013, mis à jour le 16 juin]

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Royaume-Uni

La Grande-Bretagne va indemniser des victimes du régime colonial

Une décision historique : le gouvernement britannique va indemniser d’anciens “rebelles” kényans – des “Mau-Mau” – qui avaient été victimes de la répression coloniale au cours des années 50.

Quatre Kenyans avaient engagé en 2009 des poursuites pour les tortures et mutilations qu’ils avaient alors subies. A la suite de la décision de la justice britannique de reconnaître comme éléments de preuve des documents d’archives que l’on croyait détruits 3, le gouvernement britannique a décidé de négocier.
Il a reconnu que «des Kényans ont été torturés ou ont subi d’autres formes de mauvais traitement aux mains de l’administration coloniale» et a accepté d’indemniser.

La condamnation par le gouvernement britannique de ces violations des droits de l’homme4 est un fait important. Il fera sans doute jurisprudence pour d’autres États de l’Empire Britannique – Chypre, Ouganda, Nigéria, Malaisie etc. De plus, on peut s’attendre à d’autres plaintes de victimes de violences contre les anciennes puissances coloniales – le Portugal, la Belgique, la France …

[Mis en ligne le 10 juin 2013, mis à jour le 15]

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Christiane Taubira et Pap Ndiaye opposés à des compensations financières de l’esclavage

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, refuse de débattre des demandes de compensation financière de l’esclavage, comme celle du Cran (Conseil représentatif des associations noires). Elle prône en revanche des «politiques foncières» en faveur des descendants d’esclaves dans les territoires d’outre-mer : «là-bas, il y a eu une confiscation des terres, ce qui fait que, d’une façon générale, les descendants d’esclaves n’ont guère accès au foncier».

Une position approuvée par l’historien Pap Ndiaye qui préfère une volonté politique de combattre les inégalités contemporaines héritées de la traite plutôt qu’une réparation financière de l’esclavage.

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Maryse Joissains actuel maire d'Aix et Jean-François Picheral, ancien maire, dévoilent la stèle ...
Aix-en-Provence

Aix-en-Provence, Perpignan, Le Touvet : des hommages anti-républicains inacceptables

Depuis plusieurs années, le 7 juin, anniversaire de l’exécution en 1962, de deux des quatre membres de l’OAS condamnés à mort et exécutés, des nostalgiques de l’ancienne entreprise terroriste appellent à leur rendre hommage dans les cimetières de Perpignan et du Touvet. Cette année encore, cet hommage a été interdit par le préfet des Pyrénées-Orientales qui a accédé à la demande du Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée, en interdisant « tout rassemblement aux abords du cimetière » de Perpignan.

Il n’en a pas été de même le 9 juin dernier au Touvet (Isère), où la maire (PS), en l’absence d’arrêté préfectoral, s’est contentée de fermer l’accès au cimetière et d’en confier la clé à un responsable du groupement de gendarmerie de Meylan ; ce dernier a filtré les entrées, ne laissant passer que des soutiens de l’OAS. Un hommage a ainsi pu être rendu, sous la protection des forces de l’ordre, à Claude Piegts l’un des assassins du commissaire central d’Alger, Roger Gavoury.

Les valeurs de la République ont été plus gravement bafouées le 7 juin avec l’inauguration à Aix-en-Provence d’une nouvelle stèle sur le modèle de celles de Perpignan et de Marignane, par la maire (UMP – Droite populaire) Maryse Joissains, par René Andrès président du Collectif aixois des rapatriés, et par l’ancien maire PS Jean-François Picheral. Cette cérémonie scandaleuse a provoqué l’indignation de nombreux Aixois.

Quand donc ces sortes de tumeurs cesseront-elles de se multiplier dans le Midi méditerranéen ? Les responsables politiques vont-ils enfin prendre conscience des dégâts commis dans la société française par la complaisance qu’ils continuent à manifester envers ces nostalgiques de la France coloniale dans ses aspects les plus violents ?

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