
Gaston Revel, instituteur communiste en Algérie (1936-1965)
Né en 1915 dans l’Aude, Gaston Revel entre en 1936 dans l’École Normale d’Alger, où l’on est censé lui apprendre à « éduquer l’indigène ».
De 1940 à 1955, il enseigne, d’abord dans le bled – à Aïn-Tabia, un des douars de la commune mixte de Collo dans le Nord Constantinois – où il découvre la misère, puis à Bougie (Bejaïa). De ces années d’enseignement au plus près des populations, qu’il aime et respecte sans réserve, il a laissé un témoignage fort et très engagé, beaucoup de lettres, de carnets, d’articles de presse et de photographies.
En 1945, à Bougie, il s’engage au Parti Communiste Algérien : en 1953, il se présente aux élections municipales dans le second collège, réservé aux Algériens et il siège à leurs côtés. Il est expulsé d’Algérie en 1955. Il y revient après l’indépendance, et reprend son métier d’enseignant. En 1965 il rentre définitivement en France – il décède en 2001.
Ces textes, présentés et annotés par Alexis Sempé, permettent de percevoir ces années algériennes de l’intérieur, à travers l’engagement et les combats d’un instituteur de la République, adversaire résolu de la colonisation. Gaston Revel était également photographe amateur ; le livre est donc très largement illustré : près de 250 photographies jalonnent un parcours de trente ans.



