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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

La source – mémoires d’un massacre : Oudjehane, 11 mai 1956, par Claire Mauss-Copeaux

Menée en Algérie par les Français, la guerre coloniale a été marquée
par de nombreuses violences contre la population civile algérienne,
accusée de soutenir les nationalistes.

Les responsables ont tenté de les dissimuler, de les effacer ou de les nier.
Mais est-il possible d’oublier ce qui s’est passé à Oudjehane?
Dans ce hameau de la presqu’île de Collo, le 11 mai 1956, plus de 70
personnes, des hommes, des femmes et des enfants, ont été massacrées
par des soldats du 4e BCP.

Soixante ans après les faits, André, un vétéran a tenté de savoir. En
menant ses recherches sur la Toile, il a rencontré Nour un proche des
massacrés préoccupé lui aussi par l’histoire d’Oudjehane. Nour a
accepté le dialogue que lui proposait André. Depuis leur rive, ils ont
discuté, échangé leurs découvertes et leurs interrogations. Informée
par André, l’historienne Claire Mauss-Copeaux les a rejoints. Elle a enquêté auprès des témoins en France et en Algérie. En Algérie, des survivants l’ont accueillie et accompagnée jusqu’aux ruines du hameau. Ce livre, dédié aux gens d’Oudjehane, est aussi l’histoire d’une rencontre et d’un cheminement accompli ensemble vers ce matin tragique du mois de mai 1956.

Claire Mauss-Copeaux, historienne de la guerre d’Algérie et des violences de guerre, est l’auteur d’un livre pionnier devenu un classique : Appelés d’Algérie, la parole confisquée1. Comme quelques autres, elle pense que si l’historien doit décrire les faits, il ne peut pas occulter les malheurs qui les ont accompagnés et les souffrances qu’ils continuent de provoquer.

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Albert Camus et l'Algérie

Camus brûlant, par Benjamin Stora

On n’a pas oublié les polémiques qui ont accompagné en 2012 le projet d’exposition sur Camus dont l’inauguration était prévue à Aix-en-Provence en septembre 2013. Intitulée “Albert Camus, l’étranger qui nous ressemble”, ce devait être un des principaux événements de “Marseille-Provence 2013” (MP 2013). L’historien Benjamin Stora et le documentariste Jean-Baptiste Péretié étaient officiellement chargés de cette exposition, mais on apprenait au cours de l’été que la maire (UMP-Droite populaire) d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains, avait décidé de les dessaisir.

Les raisons de ce limogeage ne sont pas toutes connues mais il semble qu’ils aient été des victimes collatérales de «la tentative de récupération idéologique» dont Albert Camus fait l’objet de la part de l’extrême droite. Comme ils l’exposent dans un livre paru le 4 septembre 2013, Camus est toujours brûlant2.

L’oeuvre de Camus est intimement liée à l’Algérie. Benjamin Stora saisit l’occasion de la parution de ce livre pour nous présenter la complexité et l’actualité de la pensée d’un homme qui se situait entre deux rives.

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Des milliers de Syriens ont récemment traversé la frontière vers l'Irak en quête d'un refuge. (@ HCR)
Autres pays arabes et Afghanistan

la France refuse d’accueillir des réfugiés syriens

D’après le HCR – Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies – plus de deux millions de personnes auraient fui la Syrie, environ 10 % de la population. Plus de la moitié seraient des mineurs.

Ces réfugiés restent en majorité dans les pays voisins. Mais certains États européens commencent à manifester leur solidarité en prévoyant d’accueillir de quelques centaines à plusieurs milliers de personnes.

La France continue à refuser d’accepter des réfugiés syriens bloqués dans les camps de réfugiés.

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François Hollande, Robert Hébras et Joachim Gauck, sortant de l'église d'Oradour (Photo AFP / Jean-Pierre Muller)
Diverses questions d'histoire

Oradour le 4 septembre 2013 : rencontre des présidents allemand et français

Le président de la République fédérale d’Allemagne Joachim Gauck et le président de la République François Hollande se sont rencontrés mercredi 4 septembre 2013 à Oradour-sur-Glane. Les deux présidents se sont rendus à l’église du village. A leur côté, un homme, Robert Hébras, 88 ans, l’un des derniers survivants du massacre, n’avait pas 20 ans à l’époque – sa famille a péri ce jour-là.

« Vous êtes la dignité de l’Allemagne d’aujourd’hui, capable de regarder en face la barbarie nazie d’hier », a lancé le président français à son homologue allemand. « Je vous regarde, monsieur Hollande, lui a répondu ce dernier, je regarde les familles des victimes assassinées, je voudrais tous vous remercier au nom des Allemands de venir au devant de nous avec cette volonté de réconciliation. »

Derrière le passé franco-allemand, il y a une vieille blessure franco-française qui n’est pas encore complètement refermée.

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Vincent Peillon contre la déscolarisation des enfants expulsés

«Il faut que tous les enfants soient accueillis scolairement et il ne doit pas y avoir de rupture scolaire. Donc quand il y a des déplacements qui peuvent être tout à fait nécessaires de camps de Roms, il faut avant qu’ils aient lieu s’assurer que les enfants ne vont pas avoir de rupture de leur scolarité», a déclaré à l’AFP le ministre de l’éducation nationale le 27 août. Il réagissait à l’expulsion d’un campement rom à Bobigny : 120 personnes jetées dehors dont des enfants parfaitement scolarisés.

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attaque chimique en Syrie : un crime contre l’humanité

Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) dénonce dans un communiqué l’utilisation aveugle d’armes de destruction massive contre des populations civiles : cela constitue un crime contre l’humanité dont les auteurs doivent être déférés devant la Cour pénale internationale.

Nous reprenons à la suite un entretien où Rony Brauman expose qu’il lui semble nécessaire d’envisager des frappes ciblées car en ayant recours à des armes chimiques Bachar el-Assad a “franchi un seuil qualitatif”.

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Albert Camus face à la question algérienne, par Christiane Chaulet Achour

Une analyse critique par Christiane Chaulet Achour, professeur de Littérature comparée à l’Université de Cergy-Pontoise, de la position d’Albert Camus dans la guerre d’Algérie/guerre de libération nationale.

Cette intervention dans le cadre de l’Université populaire de Chambéry, le 14 octobre 2011, paraîtra dans les Actes du colloque « 50 ans après les accords d’Evian ».

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Roms : les idées reçues

Les Roms qui vivent en France ont des droits … souvent méconnus. Les discriminations 4 dont ils sont l’objet s’appuient sur des préjugés toujours vivaces, conséquences d’une information insuffisante et d’une stigmatisation de la part de certains élus.

Il faut saluer la publication par Romeurope d’un petit livret qui fait le point sur la situation des Roms dans les domaines du séjour, de l’habitat, du travail, de l’éducation et de la santé5. Pour contribuer à changer le regard porté sur ces ressortissants européens, nous reprenons ci-dessous l’essentiel de ce document.

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Décès de Hélie Denoix de Saint-Marc, résistant puis putschiste

Hélie Denoix de Saint-Marc s’est éteint ce lundi matin, 26 août 2013, à l’âge de 91 ans. Entré dans la Résistance en février 1941, il a été déporté en 1943 au camp de Buchenwald.

Son nom reste attaché aux guerres d’Indochine et d’Algérie. Il a notamment été chef de cabinet, chargé des relations avec la presse, du général Massu, pendant la bataille d’Alger en 1957. Lors du putsch d’Alger d’avril 1961, il était commandant par intérim du 1er régiment étranger de parachutistes (REP, Légion étrangère) qui a été le fer de lance du putsch manqué. Condamné le 5 juin 1961 à dix ans de détention criminelle, il a été gracié en décembre 1966. C’est Nicolas Sarkozy qui l’a pleinement réhabilité en le nommant Grand’Croix de la Légion d’honneur en novembre 2011.

Vous trouverez sur ce site un article datant de 2007, « Hélie Denoix de Saint-Marc ou la fabrication d’un mythe », où Gilles Manceron pose la question de son rôle exact au moment du putsch et met en évidence son attitude ambiguë vis-à-vis de l’OAS.

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Le Conseil d'État a tranché
Jean-François Collin

Jean-François Collin définitivement privé de Légion d’honneur

Le Conseil d’État vient de valider le décret du 2 janvier 2013 par lequel le Président de la République avait exclu Jean-François Collin de l’Ordre de la Légion d’honneur. Ce décret avait fait l’objet d’une demande d’annulation dont le rejet rend définitive l’exclusion du responsable de l’ADIMAD.

Ci-après, précédée d’un bref commentaire de Jean-François Gavoury, la décision de rejet, minutieusement circonstanciée, que le Conseil d’État a prise il y a un mois, le 25 juillet, à la suite du recours engagé par cet ancien criminel de l’OAS contre le décret l’excluant de la Légion d’honneur. On ne peut que se féliciter que le Conseil d’État rappelle une nouvelle fois les valeurs fondamentales de la République.

[Mis en ligne le 24 août 2013, mis à jour le 25]

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