4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

il faudra tirer les leçons du désastre absolu que représente la Centrafrique

« Il faudra un jour tirer les leçons du désastre absolu que représente la Centrafrique et se demander s’il fut bien raisonnable, au nom des politiques d’ajustement structurel, d’empêcher les Etats africains de se doter d’armées et d’administrations fonctionnelles et de fermer les yeux sur la corruption des régimes» écrit Colette Braeckman, avant de poursuivre sur son carnet : «Mais avant le temps des regrets, il faut passer à l’action : arrêter les massacres, sortir les Français de leur isolement, faire jouer la solidarité européenne. Car Bangui aujourd’hui, cela pourrait être demain Brazzaville, Abidjan, Yaoundé sinon Kinshasa…»1

Nous reprenons deux billets du carnet de Colette Braeckman, suivis d’un entretien avec l’écrivaine et femme politique malienne Aminata Traoré qui, un an après le début de l’opération Serval, réagit aux interventions françaises au Mali et en Centrafrique…

Lire la suite »
la_traversee.jpg
Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“la traversée”, film d’Élisabeth Leuvrey

Le Centre Social et Culturel Nelson Mandela de La Seyne sur mer, en coopération avec Les Amis des Rencontres de Tamaris, présente, jeudi 23 janvier 2014 à 18h :
LA TRAVERSÉE
,
documentaire de Elisabeth Leuvrey, suivi d’une rencontre/débat en présence de la réalisatrice.

Lire la suite »
Laurent Schwartz, L'Express 16 janvier 1958.
L'affaire Audin

«Maurice Audin est-il là ?»

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, assistant de mathématiques à l’université d’Alger, était arrêté par les parachutistes du 1er RCP. Depuis, nul ne l’a revu vivant. Dans un témoignage posthume, le général Aussaresses aurait reconnu avoir reçu du général Massu, officiellement chargé du maintien de l’ordre à Alger en juin 1957, l’ordre de le tuer.

Le 2 décembre 1957, le mathématicien Laurent Schwartz organisait la soutenance de thèse de Maurice Audin, en l’absence de son auteur. L’historien Michel Winock a assisté à cette soutenance qu’il évoque dans La République se meurt. A la suite de son témoignage, nous reprenons la préface de L’Affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet, constituée pour l’essentiel
d’un article de Laurent Schwartz publié dans l’Express du 16 janvier 1958.

Lire la suite »

reconnaître notre passé colonial en Algérie

Coïncidence ? … le jour où paraît un livre qui apporte quelques éclaircissements sur la disparition de Maurice Audin en 1957 entre les mains de l’armée française, on apprend qu’un ancien militaire allemand, âgé de 19 ans à l’époque des faits, va être jugé, en Allemagne, pour sa participation au massacre d’Oradour-sur-Glane en 1944.

Par contre, les généraux français qui ont conduit la guerre d’Algérie, avec les méthodes dont on découvre chaque jour un peu plus la brutalité, ont poursuivi leurs carrières sans être véritablement inquiétés. Ainsi que le demande Josette Audin, il serait temps que notre pays reconnaisse « ce qui s’est passé en Algérie, […] comme le président de la République Jacques Chirac l’avait fait pour la rafle du Vél’d’Hiv.» Il ne s’agit pas de responsabilité individuelle, mais il faut que la politique conduite par les gouvernements de l’époque soit clairement condamnée.

L’enjeu est majeur. Les historiens poursuivent leur travaux de recherche et d’analyse des archives. Mais il est maintenant de la responsabilité des politiques de reconnaître solennellement les faits.

Lire la suite »

Les débuts de la guerre : la responsabilité des politiques

Sans esquiver sa responsabilité personnelle, le général Aussaresses a reconnu les dérives de l’armée française durant la guerre d’Algérie. Mais ce sont les politiques qui en portent la responsabilité fondamentale : par refus des revendications des Algériens, ils ont engagé le pays dans la guerre et autorisé les militaires à utiliser les moyens les plus brutaux pour que l’Algérie reste « française ».

Deux étapes importantes ont marqué cette politique. La première est la loi du 3 avril 1955 créant l’état d’urgence, présentée par le gouvernement Edgar Faure pour, selon l’exposé des motifs, pallier « l’insuffisance des moyens de droit » 2.

La loi du 16 mars 1956 sur les pouvoirs spéciaux, présentée par le gouvernement Guy Mollet, a constitué une autre étape importante : elle donnait carte blanche au pouvoir exécutif pour « rétablir l’ordre » en Algérie. Son application a permis de confier, le 7 janvier 1957, la totalité des pouvoirs de police dans la zone d’Alger au général Massu commandant la 10e division parachutiste.

Le pouvoir politique avait ainsi donné à l’armée toute latitude pour lutter contre les “terroristes” algériens. Le témoignage du général Allard repris ci-dessous est à cet égard dépourvu de toute ambiguïté. Un livre récemment paru, centré sur un massacre dans le Nord-Constantinois en mai 1955, illustre à nouveau les rapports entre politiques et militaires3.

En se déchargeant ainsi sur les militaires, les politiques ont trahi les valeurs fondamentales de la République. Il incombe aujourd’hui à leurs successeurs de reconnaître cette responsabilité, et aux citoyens d’obtenir cette reconnaissance. Pour reprendre l’expression du philosophe d’Étienne Balibar, il s’agit d’une “urgence démocratique”.

[Mis en ligne le 12 décembre 2013, mis à jour le 11 janvier 2014]

Lire la suite »

L’interdiction préalable d’un spectacle de Dieudonné : une décision “lourde de conséquences”, estime la LDH

« On se trompe en pensant qu’on va régler la question à partir d’interdiction strictement juridique ». [AFP 9 janvier 2014] – La décision du Conseil d’Etat validant pour la première fois l’interdiction d’un spectacle de Dieudonné instaure un “cadre juridique lourd de conséquences pour la liberté d’expression”, s’est alarmé le président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) auprès de l’AFP. “Le juge n’a pas fait prévaloir la liberté d’expression sur l’interdit et c’est une décision qui est lourde de périls”, a commenté Pierre Tartakowsky.

“On se trompe en pensant qu’on va régler la question à partir d’interdiction strictement juridique. Le problème est d’ampleur”, estime le président de la LDH qui pense qu’il “faut mobiliser la pédagogie, la répression” et engager un “travail de long terme”.

Pierre Tartakowsky s’est dit par ailleurs “un peu surpris que le Conseil d’Etat puisse se réunir en moins de trois heures et prendre une décision sur quelque chose d’aussi important”.
La LDH avait mis en garde lundi contre toute interdiction préalable des spectacles considérant que ces décisions risquaient d’être “contre-productives” et de générer “de la sympathie” pour Dieudonné, condamné à multiples reprises pour antisémitisme.

Lire la suite »
Josette Audin (Copyright © France 24)
L'affaire Audin

la mort de Maurice Audin : un crime d’État …

Dans un livre paru le 9 janvier 2014 aux éditions des Équateurs, La vérité sur la mort de Maurice Audin, le journaliste Jean-Charles Deniau apporte des précisions sur la fin du jeune mathématicien communiste Maurice Audin, disparu à Alger après avoir été arrêté et torturé par l’armée française, le 11 juin 1957.

Alors que sa famille tente depuis d’obtenir la vérité et que l’armée française campe depuis 50 ans sur sa version officielle – Maurice Audin se serait évadé de prison –, ce nouvel ouvrage s’appuie sur le témoignage du général Aussaresses. Ce dernier aurait reconnu peu avant sa mort que c’est bien lui qui, sur ordre du général Massu et avec l’assentiment du pouvoir politique, a fait liquider Maurice Audin en 1957.

Josette Audin, veuve de Maurice Audin, a émis des doutes sur les déclarations du général Aussaresses : «C’est bien que le général ait dit sa vérité mais c’est seulement SA vérité. Ce n’est pas forcément LA vérité.» Au-delà du cas de son mari, Josette Audin a par ailleurs appelé le président de la République à condamner officiellement les tortures organisées par l’armée française pendant la guerre d’Algérie.

[Mis en ligne le 9 janvier 2014, mis à jour le 10]

Lire la suite »

affaire Dieudonné : pas d’interdiction préalable, mais des poursuites en cas d’atteinte à la loi

Déjà, en février 2004, la LDH avait publié un communiqué intitulé : «Condamner les propos de Dieudonné, préserver la liberté de création».

Elle ajoute aujourd’hui : «Puisque Dieudonné a fait son fonds de commerce de la haine, il faut qu’il soit condamné à chaque fois qu’il l’exprime, et que les peines prononcées soient effectives et décourageantes.»

[Mis en ligne le 6 janvier 2014, mis à jour le 8]

Lire la suite »
L'essai Béyl à In Eker, le 1er mai 1962
Les essais nucléaires français en Algérie

Les essais nucléaires français du Sahara continuent à faire des victimes

Du 7 novembre 1961 au 16 février 1966, treize tirs souterrains, dont quatre n’ont pas été totalement confinés, furent effectués à In Eker – également orthographié In Ecker ou In Ekker – dans le Sud-algérien, laissant le site pollué pour plusieurs dizaines de milliers d’années.

Les autorités françaises et algériennes ont-elles oublié les populations locales ? D’un côté, les responsables algériens semblent s’en désintéresser, d’autre part, les détails de la loi Morin la rendent quasiment inapplicable en Algérie.

Lire la suite »

Ilan Pappé : la machine à détruire ne s’arrête pas un instant

Ilan Pappé est un des “nouveaux historiens” israéliens qui ont contribué à remettre en cause les mythes de l’historiographie officielle de l’État d’Israël – en particulier concernant le déplacement de la population palestinienne en 1947-1948. Parmi ses ouvrages traduits en français : La Guerre de 1948 en Palestine. Aux origines du conflit israélo-arabe (La Fabrique, 2000), et Une terre pour deux peuples. Histoire de la Palestine moderne (Fayard, 2004).

Ci-dessous une traduction en français d’un entretien d’une heure avec Ilan Pappé, enregistré le 22 octobre 2013, publiée sur le site Le mur a des oreilles.

Lire la suite »

Roms : les bonnes intentions de l’Union européenne

Réunis à Bruxelles le 9 décembre 2013, les ministres de l’Emploi et des Affaires sociales des 28 États membres de l’Union européenne se sont engagés à l’unanimité à mettre en oeuvre un ensemble de recommandations, proposées par la Commission européenne, visant à accélérer l’intégration socio-économique des communautés roms. En adoptant ce premier instrument juridique pour l’inclusion des Roms, les États membres s’engagent à entreprendre des actions ciblées pour combler les écarts entre les Roms et le reste de la population.

D’autre part, réuni en session plénière à Strasbourg du 9 au 12 décembre 2013, le Parlement européen a appelé les Etats membres à mettre fin aux discriminations dont les Roms sont victimes – en particulier les expulsions illégales, le profilage ethnique et les abus de la police. Les eurodéputés ont également suggéré une série de mesures pour faciliter l’accès de ces populations au logement, à la santé, à l’éducation et à l’emploi.

Comment ne pas se féliciter de toutes ces décisions et préconisations ? Espérons qu’elles se traduiront rapidement dans la réalité, et que nous pourrons bientôt constater un changement du comportement des autorités – notamment en France.

Lire la suite »