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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

mémoire et histoire, par Benjamin Stora

Nous reprenons ci-dessous le compte-rendu publié dans l’édition du 22 janvier d’El Watan de l’intervention de Benjamin Stora le 20 janvier 2014 dans le cadre du Forum du quotidien algérien Liberté 1.

Concernant l’«affaire Maurice Audin», l’historien a fermement déclaré que « les autorités françaises ne peuvent plus se contenter de dire “on ne sait pas, il faut établir la vérité”», et il a conclu : « On sait ce qui s’est passé. Maintenant, il faut situer les responsabilités de chacun».

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Emmanuel Roblès, Mouloud Feraoun et ses fils en Kabylie, en 1952
Les Européens d'Algérie et leur exode

Emmanuel Roblès : itinéraire d’un engagement, par Jacqueline Roblès Macek

L’association Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons a organisé le 6 décembre 2013 un colloque qui s’est tenu au ministère de l’Éducation nationale, sur le thème Mouloud Feraoun, Emmanuel Roblès : centenaire d’une amitié. Nous reprenons ci-dessous, avec l’autorisation de l’association, l’intervention prononcée à cette occasion par Jacqueline Roblès Macek, fille d’Emmanuel Roblès2.

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Tunisie

la Tunisie donne l’exemple

Après avoir chassé du pouvoir l’autocrate Ben Ali, le 14 janvier 2011, la Tunisie a organisé des élections libres – elles ont donné une majorité relative au parti islamiste Ennahda avec 89 sièges sur 217, dans une assemblée constituante. La Constitution n’a pu être finalisée pour le troisième anniversaire de la Révolution, comme prévu mais elle n’en est pas loin, et quelques points importants semblent acquis.

La marche de ce pays vers la démocratie est un spectacle fascinant.

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A-rapports errc

nombre record de Roms évacués de force en 2013

Le recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms étrangers en France au cours de l’année 2013, établi par la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et l’European Roma Rights Centre (ERRC), en collaboration avec le Collectif national droits de l’Homme Romeurope, montre que jamais les autorités françaises n’avaient fait évacuer autant de campements roms : en 2013, 21 537 personnes ont été touchées. C’est deux fois plus qu’en 2012. «Il y a plus de personnes expulsées en 2013 que de gens vivant dans des bidonvilles ou des squats, précise Philippe Goossens, chargé par la LDH de coordonner ce rapport. Ce qui veut dire que certains ont vu leur campement évacué plusieurs fois dans l’année.»
Le rapport est téléchargeable.

Sur cette question des Roms, le président de la République s’est aligné sur la position de Manuel Valls, lors de sa conférence de presse du mardi 14 janvier 2014.

[Mis en ligne le 14 janvier 2014, mis à jour le 17]

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Chateau-Royal, mars 1962

L’amitié Roblès-Feraoun, par Christiane Chaulet Achour

L’association Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons a organisé le 6 décembre 2013 un colloque qui s’est tenu au ministère de l’Éducation nationale, sur le thème Mouloud Feraoun, Emmanuel Roblès : centenaire d’une amitié. Nous reprenons ci-dessous l’intervention prononcée à cette occasion par Christiane Chaulet Achour, professeur de Littérature comparée à l’Université de Cergy-Pontoise3.

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Siné 1960
L'affaire Audin

«… au couteau pour faire croire que c’était les Arabes …»

Les dernières déclarations du général Aussaresses rapportées dans un livre récent n’ont pas manqué de soulever une forte émotion de l’autre côté de la Méditerranée. Son affirmation sur l’usage du couteau pour assassiner Maurice Audin a particulièrement frappé les esprits, comme l’expose un historien algérien dans le billet qu’il nous a adressé et que nous reprenons ci-dessous.

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Maurice Audin à l’Assemblée nationale

La disparition de Maurice Audin entre les mains de l’armée française à Alger en juin 1957 a été évoquée à l’Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouvernement du 14 janvier 2014. Répondant au député François Asensi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a renouvelé l’engagement du président de la République : « le Gouvernement fait et fera tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à l’établissement de la vérité.»


Ci-dessous :

  • une vidéo de la question de François Asensi et de la réponse du ministre
  • la transcription de cet échange
  • un article paru dans le quotidien algérien El Moudjahid, le 13 janvier 2014 : «Nouvelles révélations sur l’assassinat de Maurice Audin : La vérité toujours occultée»,
  • un lien vers une vidéo sur l’affaire Audin (extrait du JT 20h, France 2)
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il faudra tirer les leçons du désastre absolu que représente la Centrafrique

« Il faudra un jour tirer les leçons du désastre absolu que représente la Centrafrique et se demander s’il fut bien raisonnable, au nom des politiques d’ajustement structurel, d’empêcher les Etats africains de se doter d’armées et d’administrations fonctionnelles et de fermer les yeux sur la corruption des régimes» écrit Colette Braeckman, avant de poursuivre sur son carnet : «Mais avant le temps des regrets, il faut passer à l’action : arrêter les massacres, sortir les Français de leur isolement, faire jouer la solidarité européenne. Car Bangui aujourd’hui, cela pourrait être demain Brazzaville, Abidjan, Yaoundé sinon Kinshasa…»4

Nous reprenons deux billets du carnet de Colette Braeckman, suivis d’un entretien avec l’écrivaine et femme politique malienne Aminata Traoré qui, un an après le début de l’opération Serval, réagit aux interventions françaises au Mali et en Centrafrique…

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“la traversée”, film d’Élisabeth Leuvrey

Le Centre Social et Culturel Nelson Mandela de La Seyne sur mer, en coopération avec Les Amis des Rencontres de Tamaris, présente, jeudi 23 janvier 2014 à 18h :
LA TRAVERSÉE
,
documentaire de Elisabeth Leuvrey, suivi d’une rencontre/débat en présence de la réalisatrice.

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Laurent Schwartz, L'Express 16 janvier 1958.
L'affaire Audin

«Maurice Audin est-il là ?»

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, assistant de mathématiques à l’université d’Alger, était arrêté par les parachutistes du 1er RCP. Depuis, nul ne l’a revu vivant. Dans un témoignage posthume, le général Aussaresses aurait reconnu avoir reçu du général Massu, officiellement chargé du maintien de l’ordre à Alger en juin 1957, l’ordre de le tuer.

Le 2 décembre 1957, le mathématicien Laurent Schwartz organisait la soutenance de thèse de Maurice Audin, en l’absence de son auteur. L’historien Michel Winock a assisté à cette soutenance qu’il évoque dans La République se meurt. A la suite de son témoignage, nous reprenons la préface de L’Affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet, constituée pour l’essentiel
d’un article de Laurent Schwartz publié dans l’Express du 16 janvier 1958.

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reconnaître notre passé colonial en Algérie

Coïncidence ? … le jour où paraît un livre qui apporte quelques éclaircissements sur la disparition de Maurice Audin en 1957 entre les mains de l’armée française, on apprend qu’un ancien militaire allemand, âgé de 19 ans à l’époque des faits, va être jugé, en Allemagne, pour sa participation au massacre d’Oradour-sur-Glane en 1944.

Par contre, les généraux français qui ont conduit la guerre d’Algérie, avec les méthodes dont on découvre chaque jour un peu plus la brutalité, ont poursuivi leurs carrières sans être véritablement inquiétés. Ainsi que le demande Josette Audin, il serait temps que notre pays reconnaisse « ce qui s’est passé en Algérie, […] comme le président de la République Jacques Chirac l’avait fait pour la rafle du Vél’d’Hiv.» Il ne s’agit pas de responsabilité individuelle, mais il faut que la politique conduite par les gouvernements de l’époque soit clairement condamnée.

L’enjeu est majeur. Les historiens poursuivent leur travaux de recherche et d’analyse des archives. Mais il est maintenant de la responsabilité des politiques de reconnaître solennellement les faits.

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Les débuts de la guerre : la responsabilité des politiques

Sans esquiver sa responsabilité personnelle, le général Aussaresses a reconnu les dérives de l’armée française durant la guerre d’Algérie. Mais ce sont les politiques qui en portent la responsabilité fondamentale : par refus des revendications des Algériens, ils ont engagé le pays dans la guerre et autorisé les militaires à utiliser les moyens les plus brutaux pour que l’Algérie reste « française ».

Deux étapes importantes ont marqué cette politique. La première est la loi du 3 avril 1955 créant l’état d’urgence, présentée par le gouvernement Edgar Faure pour, selon l’exposé des motifs, pallier « l’insuffisance des moyens de droit » 5.

La loi du 16 mars 1956 sur les pouvoirs spéciaux, présentée par le gouvernement Guy Mollet, a constitué une autre étape importante : elle donnait carte blanche au pouvoir exécutif pour « rétablir l’ordre » en Algérie. Son application a permis de confier, le 7 janvier 1957, la totalité des pouvoirs de police dans la zone d’Alger au général Massu commandant la 10e division parachutiste.

Le pouvoir politique avait ainsi donné à l’armée toute latitude pour lutter contre les “terroristes” algériens. Le témoignage du général Allard repris ci-dessous est à cet égard dépourvu de toute ambiguïté. Un livre récemment paru, centré sur un massacre dans le Nord-Constantinois en mai 1955, illustre à nouveau les rapports entre politiques et militaires6.

En se déchargeant ainsi sur les militaires, les politiques ont trahi les valeurs fondamentales de la République. Il incombe aujourd’hui à leurs successeurs de reconnaître cette responsabilité, et aux citoyens d’obtenir cette reconnaissance. Pour reprendre l’expression du philosophe d’Étienne Balibar, il s’agit d’une “urgence démocratique”.

[Mis en ligne le 12 décembre 2013, mis à jour le 11 janvier 2014]

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