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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Fernand Iveton (© D.R.)
1945-1962

Camus, Roblès et Fernand Iveton, par Christiane Chaulet Achour

Il y a 57 ans, le 11 février 1957, Fernand Iveton était guillotiné. Un article d’El Watan pour cet anniversaire a donné envie à Christiane Chaulet Achour de rassembler quelques faits concernant Albert Camus et Emmanuel Roblès.

Lectures en ces jours où peu de personnes pensent à Fernand Iveton : les réflexions de Christiane Chaulet Achour, suivies de l’article d’El Watan.

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Les essais nucléaires français en Algérie

Du nouveau sur les essais nucléaires français du Sahara

Une carte de l’armée française de 1960, déclassifiée en 2013 et publiée par Le Parisien, montre que les retombées radioactives du premier essai nucléaire français dans le Sahara algérien, baptisé Gerboise bleue, ont été beaucoup plus importantes qu’on ne l’avait admis jusqu’à présent, s’étendant à toute l’Afrique de l’ouest et au sud de l’Europe.

Selon ce document, « la carte du zonage des retombées montre que certains radioéléments éjectés par les explosions aériennes […] ont pu être inhalés par les populations malgré leur dilution dans l’atmosphère », affirme Bruno Barrillot, un spécialiste des essais nucléaires cité par Le Parisien. Or, selon cet expert, « personne n’ignore aujourd’hui que ces éléments radioactifs sont à l’origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires ».

Il n’est pas inutile de rappeler que la Loi n° 2008-696 du 15 juillet 2008 rend particulièrement difficile l’accès aux archives publiques concernant les contaminations par les essais nucléaires du Sahara ou du Pacifique…

[Mis en ligne le 14 février 2014, mis à jour le 15]

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Centrafrique : nettoyage ethnique

Selon Amnesty International, les soldats de la force internationale de maintien de la paix sont impuissants face au nettoyage ethnique qui se trame dans l’ouest du pays. Les civils musulmans, accusés d’être complices des rebelles de la Séléka, sont les cibles des anti-balaka. L’ONG constate un exode musulman «sans précédent». Les Centrafricains de confession musulmane, qui composent 15% de la population – contre 50% pour les chrétiens –, fuient notamment vers le Tchad ou le Cameroun.

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Rwanda

Rwanda, racisme et génocide, l’idéologie hamitique, par J.-P. Chrétien et M. Kabanda

Le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 est emblématique de la catastrophe qui a frappé toute l’Afrique des Grands Lacs depuis une vingtaine d’années. Il n’a été le fruit ni d’une fureur conjoncturelle, ni d’une fatalité ethnographique ou biologique, mais il est le produit très moderne d’une option extrémiste, jouant du racisme comme arme de contrôle du pouvoir. En effet, cette mise en condition de tout un pays aurait été impossible sans l’inscription durable dans la culture de cette région d’Afrique d’une idéologie racialiste, discriminant, sous les étiquettes hutu et tutsi, des autochtones et des envahisseurs, le «vrai peuple» rwandais majoritaire et une «race de féodaux ».

Ce livre décrypte la construction de cette idéologie, trop méconnue, qui oppose les «vrais Africains» à des «faux nègres », ceux qu’on a appelés les Hamites depuis les années 1860 dans la littérature africaniste. Cette maturation se situe à la fois en Europe, dans l’histoire de l’anthropologie, et en Afrique, dans la logique des politiques coloniales, et elle se joue sur deux siècles, donc bien en amont de la crise des années 1990, et jusqu’à aujourd’hui. Le schéma racial dit « hamitique » est né de la même matrice intellectuelle que celui opposant Aryens et Sémites, qui a embrasé l’Europe dans les années 1930-19401.

[Mis en ligne le 2 octobre 2013, mis à jour le 12 février 2014]

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Auguste Odde.
L'arbitraire de l'armée : les fusillés de 14-18

Auguste Odde, mort par la France

Un livre récemment publié, 14-18, les fusillés, de Frédéric Mathieu (éditions Séribot, 2013), dénombre trois Varois condamnés à mort et fusillés pour “abandon de poste en présence de l’ennemi” 2 :

  • Marius Gaytté, de Callian, blessé par balle à la main gauche, a été accusé de mutilation volontaire par le médecin-major Tauvet ; condamné à mort par un conseil de guerre le 6 juillet 1915, il est exécuté le même jour ;
  • Marius Marcel, de Carcès, dont Maurice Mistre expose par ailleurs la condamnation et la réhabilitation ;
  • et Auguste Odde, de Six-Fours, autre fusillé/réhabilité que Maurice Mistre présente ci-dessous.

Dans le cas de Odde, comme pour Gaytté et pour d’autres condamnés pour mutilation volontaire, on notera que les médecins militaires disposaient de formulaires polycopiés comportant une description type des blessures soi-disant constatées, qu’ils n’avaient plus qu’à compléter avec le nom du coupable… 3

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Har Homa. Pour HRW,
A-Israël

la campagne B.D.S. inquiète en Israël

Le gouvernement israélien révèle son inquiétude grandissante devant la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – qu’il considère comme une menace stratégique. Lancée en 2005 par la société civile palestinienne, BDS appelle à la fin de l’occupation israélienne de 1967 et à la pleine égalité dans la loi des citoyens palestiniens et des juifs, récusant ainsi la conception d’Israël comme un État essentiellement juif.

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Un fourneau.
L'arbitraire de l'armée : les fusillés de 14-18

Marius Marcel réhabilité après avoir été fusillé pour l’exemple

Au cours de la guerre de 14-18, plus de 2 500 condamnations à mort ont été prononcées en France par des tribunaux militaires, dont environ 650 ont été suivies d’exécution – sans compter les exécutions sommaires. Parmi la quarantaine d’entre eux qui ont été réhabilités par la suite, deux étaient originaires du département du Var : Auguste Odde – voir cette page – et Marius Marcel.

Condamné à mort pour « abandon de poste en présence de l’ennemi » le 28 mai 1915, Marius Marcel a été fusillé dès le lendemain. Il faudra attendre le 1er juillet 1927 pour qu’il soit réhabilité par la Cour de cassation. Il a fait l’objet d’un travail de recherche de la part de Maurice Mistre qui expose ci-dessous l’état des connaissances le concernant.

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Josette Audin attend une condamnation des crimes de guerre commis avec l’assentiment du pouvoir politique de l’époque

Florence Beaugé, dont les articles publiés dans le Monde ont largement contribué à la relance des débats sur la torture à partir de l’année 2000 – voir ses interviews de Louisette Ighilhariz et des généraux Bigeard, Massu et Aussaresses – revient sur les déclarations de ce dernier concernant la mort de Maurice Audin telles que Jean-Charles Deniau les rapporte dans son ouvrage.

Selon la journaliste, Josette Audin attend non pas une « repentance » de la part de la France, mais une reconnaissance et une condamnation des crimes de guerre commis avec l’assentiment du pouvoir politique de l’époque.
De François Hollande, la veuve de Maurice Audin espère un geste « comparable à celui qu’a fait Jacques Chirac pour la rafle du Vel’d’Hiv ». Pour elle, il serait grand temps que la France regarde son passé en face, si elle veut enfin pouvoir tourner la page de la guerre d’Algérie.

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Rwanda : premier procès en France d’un accusé de complicité de génocide

Le 4 février 2014 s’est ouvert devant la Cour d’assises de Paris le premier procès jamais organisé en France d’un ressortissant rwandais accusé de complicité de génocide. Mis en accusation devant la Cour d’assises pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité, Pascal Simbikangwa devra répondre de ses actes devant un jury populaire. 20 ans après le génocide, et alors que de nombreux ressortissants rwandais se sont installés en France, dont certains étaient mis en cause pour avoir participé au génocide, et que la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme en 2004 pour la lenteur des procédures judiciaires à leur encontre, nos organisations qui sont parties civiles attendent de ce procès – le premier d’une longue série – que la justice soit enfin rendue en France.

Ci-dessous, le dossier mis en ligne le 29 janvier 2014 sur le site de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme 4.

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A-Israël

le mur, une annexion qui ne dit pas son nom

“Barrière de sécurité” selon l’État israélien censée protéger des attaques terroristes, “Mur de l’Apartheid” pour ceux qui le condamnent comme une stratégie d’annexion de terres palestiniennes, le Mur a un coût économique et humain élevé. Déclaré illégal par la Cour internationale de justice, il incarne la violence physique et psychologique de l’occupation.

Dominique Vidal fait le point dans un dossier publié dans La Chronique d’Amnesty International de Novembre 2013.

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Diverses questions d'histoire

« Une vie contre une autre »,
de Sonia Combe

À Buchenwald en 1944, des communistes allemands sauvent un enfant juif âgé de trois ans d’un convoi pour Auschwitz en rayant son nom de la liste. Un autre partira à sa place. Les circonstances de ce sauvetage et la découverte de procès secrets de détenus politiques, kapos de Buchenwald, menés à la fin de la guerre dans la zone d’occupation soviétique et en RDA, ont soulevé un débat en Allemagne de l’après-réunification : victimes du nazisme, les antifascistes auraient-ils été aussi des collaborateurs ? Fondée sur l’écoute de témoignages essentiellement collectés par la Shoah Foundation, croisés avec la littérature mémorielle ainsi qu’avec des archives personnelles de déportés (notamment de David Rousset), l’étude de Sonia Combe montre comment la substitution de déportés a pu être une modalité de survie dans les camps de concentration dont ont bénéficié aussi bien Stéphane Hessel qu’Imre Kertész ou encore Jorge Semprun. Analysant la pratique de l’échange comme une situation à laquelle médecins déportés et prisonniers politiques ont été confrontés au quotidien, elle s’interroge sur les usages de la révision de l’histoire de l’antifascisme dans l’Allemagne actuelle. Loin d’idéaliser la conduite des détenus comme avait pu le faire une certaine vulgate de la résistance antifasciste, il s’agit de voir dans quelle mesure le jugement porté désormais sur eux serait tributaire d’un nouveau climat politique et d’une reconfiguration des mémoires.

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