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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

La torture dans « Muriel » d’Alain Resnais, par Raphaëlle Branche

Deux ans après avoir signé en 1960 le manifeste des 121 qui réclamait le droit à l’insoumission pour la guerre d’Algérie, Alain Resnais réalisait avec Jean Cayrol le film Muriel, ou le temps d’un retour où il dénonçait la torture en Algérie. Nous reproduisons ci-dessous le texte que l’historienne Raphaëlle Branche, maîtresse de conférences à l’université Paris-1, lui a consacré, initialement publié dans la revue L’Autre, 2002, vol.3, n°1, et qu’elle nous a autorisés à reprendre1.

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Le sac de Béziers (1205)
Béziers

Robert Ménard reconnaît les siens : l’extrême droite

Robert Ménard est né en 1953 à Oran dans une famille installée en Algérie depuis un siècle – on comprend le déchirement que représente toujours pour lui le départ brutal de son pays natal en 1962. Il est l’un des fondateurs en 1985 de l’organisation Reporters sans frontières dont il a été secrétaire général jusqu’en 2008.

Depuis lors, son parcours est particulièrement tortueux. Il s’affiche partisan de la peine de mort 2 et légitime l’usage de la torture 3. En avril 2011, il fait paraître un opuscule intitulé Vive Le Pen !, dont il a justifié la publication par la défense de «la liberté d’expression». L’année suivante, c’est Vive l’Algérie française !, écrit en collaboration avec le président du Cercle algérianiste, un pamphlet censé mettre un terme à la lecture de l’histoire de la guerre d’Algérie «avec des lunettes idéologiques»4.

Aujourd’hui Robert Ménard est candidat aux prochaines élections municipales à Béziers avec l’appui du FN, qui représente près de 20 % des voix dans cette commune de l’Hérault. Il a présenté sa liste le 4 mars 2014 : elle comporte notamment 6 FN, 1 Bleu marine, 3 DLR, 1 RPF, et 6 UMP ou ex-UMP… Par ailleurs, deux cadres du Bloc identitaire, Arnaud Naudin et Christophe Pacotte, seconderaient cette liste5. Ci-dessous quelques précisions sur l’itinéraire d’un individu en qui certains voient un poisson-pilote d’un projet de coalition FN-UMP6.

[Mis en ligne le 25 septembre 2013, mis à jour le 6 mars 2014]

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l’UAVJ condamne l’exigence d’Israël d’être reconnu comme “État-nation du peuple juif”

Dans une lettre ouverte adressée à l’Ambassadeur des Etats-Unis en France l’association Une autre voix juive condamne l’exigence israélienne de voir l’État d’Israël reconnu comme “Etat-Nation du Peuple Juif ”.

L’UAVJ rejoint ainsi la position exprimée par Uri Avnery, en considérant que cette définition d’Israël comme “État juif” donnerait une base légale aux discriminations envers les citoyen-ne-s de l’État d’Israël qui ne se reconnaissent pas comme juifs. L’association remarque d’autre part que cela poserait des problèmes aux citoyen-ne-s d’autres pays qui se reconnaissent comme juifs.

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pétition pour l’abrogation de la circulaire MAM pénalisant l’appel au boycott

En février 2010, la ministre Michèle Alliot-??Marie, alors Garde des Sceaux, demandait par une lettre-cir­cu­laire aux par­quets d’engager des pour­suites contre les per­sonnes appelant ou par­ti­cipant à des actions de boycott des pro­duits déclarés israé­liens. S’appuyant sur un article de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, elle
assi­milait ces actions à de la pro­vo­cation à la dis­cri­mi­nation ou à la haine raciale.

Le col­lectif national pour une paix juste et durable entre Pales­ti­niens et Israé­liens (CNPJDPI) – dont la LDH fait partie – demande l’abrogation de cette cir­cu­laire qui attaque direc­tement la liberté d’expression et vise, en tentant de les cri­mi­na­liser, à museler des actions citoyennes et non vio­lentes contre l’impunité d’un État, Israël, qui viole en per­ma­nence le droit, notamment par la colonisation. Pour s’associer à la demande du collectif, signer la pétition en ligne.

Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 6 mars 2014, Ivar Ekeland, Rony Brauman et Ghislain Poissonnier, déclarent : «Il faut abroger la circulaire Alliot-??Marie.»

[Mis en ligne le 21 novembre 2010, mis à jour le 6 mars 2014]

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Roms : une stigmatisation d’État

La politique à l’égard des Roms demeure celle d’une approche sécuritaire totalement inefficace qui en fait des boucs émissaires.
Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope7
dénonce le traitement spécifique dont sont victimes les personnes roumaines, bulgares ou venues de l’ex-Yougoslavie que les discours politique et médiatique dominants enferment dans une identité “rom” assignée et stigmatisée.

Dans son rapport 2012-2013, présenté le 5 mars 2014, le collectif Romeurope affirme qu’une autre politique qui mettrait un terme à l’exclusion que subissent ces familles est possible sur la base de principes incontournables et dans le respect du droit commun, et il fait des propositions en ce sens.

Ci-dessous la troisième partie de ce rapport intitulée “Une stigmatisation d’État”,
où le collectif fait le constat d’une libération de la parole, dans le discours politique dominant et dans certains médias, qui entraîne une légitimation des discriminations et des violences qui pèsent sur cette partie de la population.

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Source : http://amisdefreinet.org/lechani/
1945-1962

Mohand Said Lechani

Né en Kabylie en mai 1893 et mort à Alger en mai 1985, Mohand Said Lechani est une figure singulière de l’Algérie de la première moitié du XXe siècle. À la fois instituteur, berbérisant (diplômé à Rabat en 1919, puis à Alger en 1948) et militant socialiste de tendance jaurèsienne – il adhère à la LDH et à la SFIO en 1912 à sa sortie de l’École Normale d’instituteurs de Bouzaréah.

En 1922, avec quelques camarades, il fonde la revue La Voix des humbles, périodique des instituteurs d’origine algérienne. Il s’investit dans la pédagogie nouvelle (courants Decroly, Freinet et Piaget) dès les années 1933-19348.

Lechani participe activement au Congrès musulman de juin 1936, ainsi qu’à la naissance du journal de la gauche algéroise Alger républicain en 1938. À partir de 1945, il représente la Kabylie dans différentes assemblées. En septembre 1955, il fait partie des signataires de la “motion des 61” qui rejette la politique d’intégration prônée par Jacques Soustelle. En décembre 1955, il répond à l’appel du FLN en démissionnant de ses mandats politiques, et il rejoint la mission du GPRA de Rabat en 1958, où il s’occupe des questions d’éducation et d’information. À l’indépendance de l’Algérie, il met définitivement fin à sa carrière politique et se consacre à des activités intellectuelles et littéraires ainsi qu’à l’alphabétisation.

Nous reprenons ci-dessous l’article que Rosa Moussaoui a publié à l’occasion du centenaire de l’engagement anticolonialiste de Mohand Said Lechani.

[Mis en ligne le 11 novembre 2013, mis à jour le 3 mars 2014]

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Essais nucléaires : la France doit assumer ses responsabilités

L’émotion est grande en Algérie après les révélations sur l’ampleur des retombées radioactives suite aux essais nucléaires français dans le Sahara algérien au cours des années 1960-66.

Les autorités françaises affirment que le dispositif d’indemnisation des victimes n’établit aucune discrimination entre demandeurs français ou algériens. Certes ! Il se dit pourtant qu’aucun citoyen algérien n’a pu jusqu’à présent bénéficier d’indemnisations prévues dans la loi Morin – une loi difficilement applicable aux Algériens. Les services de l’ambassade de France à Alger n’ayant enregistré que quelque demandes d’indemnisation, l’ambassadeur de France en Algérie a annoncé la mise en place de “mécanismes pour améliorer l’information et aider les Algériens victimes des essais nucléaires à constituer leurs dossiers de demande d’indemnisations9.

Il en faudrait plus pour vaincre le scepticisme qu’exprime Akram Belkaïd, et convaincre de la volonté de la France d’indemniser les victimes et de décontaminer l’environnement.

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pour Uri Avnery, la revendication d’Israël d’être reconnu “État-nation du peuple juif” est absurde

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou pose comme condition absolue à la paix la reconnaissance d’Israël comme État-nation du peuple juif.
Pour lui, l’obstacle principal à la paix au Proche-Orient, est «l’absence de volonté des Palestiniens d’accepter un État juif», et non la politique de colonisation israélienne dans les territoires occupés, critiquée par de nombreux responsables.

Dans un article écrit en hébreu et en anglais, publié sur le site de Gush Shalom le 8 février 2014?, Uri Avnery expose l’absurdité d’une telle exigence. Ci-dessous la traduction française de cet article11.

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Congo

Le rapport Brazza (1905-1907)

Pierre Savorgnan de Brazza fut explorateur en Afrique. Il a signé un traité avec Illoy 1er, qui est fondateur de la présence française dans la région. Il a donné son nom à Brazzaville. En 1885, il est commissaire général du Congo. En 1905, à la suite du scandale de l’affaire Toqué-Gaud, il est envoyé à nouveau au Congo pour inspecter les conditions de vie dans les colonies. Au retour de sa mission, atteint de fortes fièvres, il est contraint de débarquer à Dakar, et meurt le 14 septembre 1905. Les informations qu’il avait rassemblées au cours de cette dernière mission sont restées jusqu’à présent inédites car jugées explosives. Elles font l’objet d’une publication sous la direction de Catherine Coquery-Vidrovitch.

Catherine Coquery-Vidrovitch est professeure émérite de l’université Paris-Diderot, historienne de l’Afrique et de la colonisation. Elle a publié récemment Etre esclave aux éditions La Découverte.

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