
Le Font Populaire a 90 ans. Quel est son bilan sur la question coloniale, alors que la France exerçait sa domination sur un immense empire et que des colonisés commençaient une longue lutte pour l’émancipation ? Nous avons évoqué dans des éditions précédentes l’histoire de l’Etoile Nord-Africaine, dissoute en 1937 par le Front Populaire, et le témoignage de Daniel Guérin qui tenta en vain d’infléchir la politique coloniale du gouvernement de Léon Blum. « On ne tient pas parole aux colonisés », disait ce dernier. Dans un livre intitulé La Bourse ou la vie. Le Front Populaire, histoire pour aujourd’hui (La Découverte, avril 2026), l’historienne Ludivine Bantigny consacre un chapitre entier à ce versant de la politique coloniale du Front Populaire, qu’elle est allée interroger dans les archives, sous le titre « face au défi des colonies ». Nous en publions ici les premières pages, ainsi que la conclusion. Cette dernière souligne « l’ambivalence d’un projet qui se veut porteur de progrès mais reproduit la hiérarchie coloniale ».
Face au défi des colonies
(Extraits du chapitre VIII de Ludivine Bantigny, La Bourse ou la vie. Le Front Populaire, une histoire pour aujourd’hui (La Découverte, 2026)]
S’il y a un autre système qui résiste puissamment lui aussi, c’est bien celui des colonies. La France est à la tête d’un empire immense. Il couvre des territoires dix-huit fois plus grands que la métropole et compte environ cinquante millions d’habitants. Ce sont des sociétés diverses, des mondes à part entière, mais qui partagent une même condition : l’emprise coloniale de la domination. Les populations n’ont presque aucune voix pour se faire entendre, car les institutions n’accordent aux colonies qu’une représentation infime, fonctionnant par collèges restreints dont les « indigènes » sont les grands absents. Dans son empire, la France a renoncé à l’universalité proclamée des droits de l’Homme : les autochtones sont exclus de la citoyenneté, une inégalité fondamentale qui rompt avec les principes mêmes du droit civil républicain. Par un régime dérogatoire, les colonies échappent aux lois et au droit commun au nom des « nécessités locales » : le Code de l’indigénat crée des délits inexistants dans le droit français, assortis de peines collectives. Les administrateurs coloniaux concentrent l’essentiel des pouvoirs. En l’absence de véritable débat public sur le sujet, le dispositif est justifié par l’idée que les peuples colonisés ne seraient pas encore capables de bénéficier des libertés propres à la métropole 1. Bien sûr, l’empire constitue une ressource précieuse pour ses matières premières, ses débouchés et sa main-d’œuvre, surexploitée. D’où les ambiguïtés de la gauche, partagée entre la fidélité à ses idéaux au moins républicains et la préservation d’intérêts stratégiques.

L’homme qui incarne ces contradictions est Marius Moutet. Avocat, membre de la Ligue des droits de l’Homme, député socialiste depuis plus de vingt ans, il s’est illustré en défendant les populations « indigènes » contre l’arbitraire, les persécutions et les mauvais traitements. Léon Blum le nomme ministre des Colonies, dans les bureaux de la rue Oudinot à Paris : à des milliers de kilomètres, donc, des territoires dont il doit s’occuper. Désormais aux responsabilités, il entend conduire une « politique coloniale humaine 2 ». Mais l’ambition ne va pas sans limites. Car Moutet, au fond, ne remet jamais le colonialisme en question. À aucun moment. En homme de son temps, il reste attaché à l’idée d’une « mission civilisatrice », convaincu qu’il est possible de concilier impérialisme et humanisme, équité et domination 3. Son projet de réformes s’inscrit dans une vision paternaliste, qui repousse toute idée d’émancipation politique pour les colonisés. Dans ses notes confidentielles, il va jusqu’à mettre en garde contre le danger de parler aux colonisés de lutte des classes ou de socialisme, dont pourtant il se revendique : ces notions, « mal digérées », pourraient « déchaîner des forces incontrôlables » chez des Asiatiques soupçonnés de « dissimulation » ou des Africains réputés « émotifs » 4. L’essentialisation fait rage – et avec elle les préjugés racistes. L’indépendance, quant à elle, n’est pas envisagée, pas même concevable en réalité : ce n’est pas un sujet. Ni pour Moutet ni pour les formations du Front populaire, y compris le Parti communiste qui avait naguère affiché des positions résolument anticolonialistes. Les structures impériales paraissent immuables et les mêmes hommes demeurent en place – des hommes en effet et des hommes uniquement, tant la domination en général et la domination coloniale en particulier sont profondément genrées.
Dès lors, la contradiction devient patente et même flagrante. Tandis que le Front populaire nourrit les espoirs de justice et de progrès, les organisations autochtones réclament qu’ils soient mis en œuvre. Et avec eux, la liberté. « Ne plus courber la tête » : c’est le principe premier dans ces milieux militants, qui acceptent néanmoins et dans un premier temps de laisser sa chance au gouvernement. Mais aux revendications, le pouvoir répond souvent par la répression. Les réformes, difficiles à appliquer quand les administrations coloniales prennent l’essentiel des décisions, se heurtent au rejet des colons et aux entraves des autorités. Et l’humanisme du Front populaire se retourne, parfois, en son contraire. Par quels engrenages des personnalités sincèrement attachées aux droits humains en arrivent-elles à cautionner, voire à amplifier, un système colonial marqué par l’injustice structurelle ?
La confusion des sentiments
La crise économique mondiale a plongé l’agriculture et l’artisanat coloniaux dans une grande détresse. De la Tunisie au Tonkin, les images d’enfants faméliques illustrent la misère des populations, tandis que s’affiche le luxe insolent des élites, fruit de l’exploitation coloniale. Au congrès de la SFIO fin mai 1936, le délégué de Tunisie Jean Loubet exprime haut et fort cet écart abyssal : « Nous sommes étonnés de ne pas rencontrer plus d’amertume dans les cœurs et plus de haine dans les yeux que nous croisons. » À cette inégalité criante s’ajoute le poids du mensonge et de l’hypocrisie. Loubet le décrit : aux colonies, la liberté est quotidiennement outragée, piétinée par la corruption. Les populations dépossédées de leurs terres, spoliées, brimées, voient leurs ressources accaparées au profit des oligarchies. Le délégué arabe de Constantine, Larbi Tahrat, l’affirme : « Il ne peut y avoir de collaboration loyale entre deux peuples traités différemment 5. » Ce constat nourrit une méfiance à l’égard du Parti radical : de longue date, des dirigeants radicaux ont des intérêts financiers aux colonies et cuirassent le système impérial. Les socialistes le reconnaissent et promettent une rupture : amnistie des condamnés, abolition des régimes d’exception, instruction pour tous les enfants, grands travaux, moratoire des dettes agricoles, création d’un fonds de chômage… Le parti valorise les revendications démocratiques : libertés telles qu’elles existent en métropole et application intégrale de la législation sociale. Léon Blum formule ainsi son ambition : « extraire du fait colonial le maximum de justice sociale et de possibilité humaine ».
Mais, pour autant, les congressistes ne tirent pas toutes les conséquences du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes : il ne s’agit pas d’indépendance, au mieux d’une « assimilation » partielle, entendue comme l’intégration progressive des « élites indigènes ». Au sein du socialisme français, le colonialisme est souvent envisagé comme une quasi-fatalité : une étape de « progrès » 6. Et ce, même si Jaurès avait quant à lui évolué vers un anticolonialisme convaincu, dénonçant une violence consubstantielle à la domination et découvrant, au fil des luttes, la résistance des peuples colonisés : « Le socialisme ne veut pas de nations esclaves, de nations mutilées, asservies, ou même humiliées et mortifiées 7. » Partant, les congrès socialistes adoptent des motions généreuses, affichant l’idéal d’une colonisation moralisée, convertie en relation fraternelle entre les peuples. Mais demeure la contradiction centrale : comment concilier l’aspiration à l’égalité et la réalité brutale du système colonial ?

La Troisième Internationale, pour sa part, avait posé l’anticolonialisme comme condition à son adhésion : la rejoindre signifiait appuyer les mouvements libérateurs et cultiver une solidarité entre ouvriers de métropole et travailleurs colonisés. Mais de l’eau a coulé sous les ponts. Le Komintern a une nouvelle ligne, que l’on a observée par ailleurs : le Parti communiste, soucieux de ne pas froisser les radicaux, ne déroge pas à son attitude conciliatrice envers lui. Et ce n’est pas la seule raison. On peut le voir à Madagascar : Paul Dussac, militant anticolonialiste de toujours, tant de fois emprisonné, anime Le Prolétariat malgache, un journal communiste. Mais il reçoit une volée de bois vert en provenance des instances du parti, qui n’admettent pas ses positions « nationalistes » – c’est-à-dire indépendantistes. Au contraire, il faut des revendications minimales – libertés de presse et de réunion, organisations syndicales, lois sociales. Robert Deloche, de la section coloniale du PCF, indique aux militants sur place : « Il serait absolument contre-indiqué de réclamer de ce gouvernement l’indépendance. Ce n’est pas ainsi que ces problèmes se solutionnent. » Il est hors de question de diviser, par une « agitation tapageuse et stérile » : il faut avoir « le plus grand souci du respect de l’ordre et de la légalité ». En aucun cas le Parti ne doit paraître « anti-français » 8. Deloche incarne la ligne impulsée par Moscou : ne pas priver la France de ses colonies, ressources financières et militaires dont elle a besoin pour préparer une éventuelle guerre. C’est une conséquence logique du pacte franco-soviétique. Le gouvernement le confirme : en octobre 1936, Maurice Viollette, ministre des Colonies par intérim lors d’un bref congé de Marius Moutet, demande au gouverneur à Madagascar de ne « tolérer aucune agitation » et de prendre des mesures sérieuses contre les mouvements d’émancipation.
Moutet l’assure : l’empire doit engendrer le « labeur harmonieux de tous les hommes », ce qu’il nomme la « véritable colonisation » 9. Le ministre d’ailleurs ne met pas en cause les pratiques coloniales à l’œuvre jusqu’alors : il estime que, si l’on compare les « méthodes coloniales » de la France à celles d’autres puissances, « depuis toujours nos conceptions ont atteint le maximum de générosité et de libéralisme compatible avec les mœurs de l’époque ». La « tutelle » sur les populations d’outre-mer lui semble légitime : Moutet parle des autochtones comme de « nos protégés » 10.
Que faire ?
La tâche est gigantesque. Or, dans le programme du Rassemblement populaire, l’enjeu colonial ne tient qu’en une phrase, laquelle n’aborde qu’une idée : une commission d’enquête parlementaire. Sa création constitue un épisode singulier, porteur d’ambiguïtés. Le principal animateur en est Henri Guernut, ministre radical du gouvernement Sarraut et ancien dirigeant de la Ligue des droits de l’Homme. Autour de lui, quarante-deux membres, dont la composition étonne par son éclectisme : on y trouve des intellectuels critiques et des figures du mouvement associatif – la journaliste Andrée Viollis, le militant socialiste Maurice Paz, le président de la LDH Victor Basch et le député communiste Henri Lozeray –, des spécialistes reconnus des sciences humaines, tels l’historien Charles-André Julien et l’ethnologue Paul Rivet, mais aussi des représentants du lobby colonial comme Pierre Taittinger, Paul Reynaud ou Théodore Steeg. Et puis, pourquoi recourir à une commission, machine lourde et lente à mettre en branle, quand la documentation sur l’empire abonde déjà 11 ? La question est donc de savoir si cette initiative relève d’une véritable volonté d’enquête ou si elle ne traduit pas, implicitement, une stratégie dilatoire.
Marius Moutet a bien sûr son projet. Il faut d’abord alléger la fiscalité coloniale. Et ce, même si l’impôt comme « stimulateur du travail » ne doit pas être négligé. C’est qu’il faut tout de même, écrit Moutet, laisser à l’« indigène » de l’argent pour qu’il améliore sa nourriture et son logement : « Ces dépenses contribueront à l’amélioration de la race. » Et puis, lui permettre de garder une part du produit de son travail, ce sera accroître « son affection à notre égard ». On pourrait par exemple supprimer les petites patentes des colporteurs ou les droits de place sur les marchés. De toute façon leur rendement n’est pas énorme. Et les tracasseries qu’ils comportent ne contribuent pas à la popularité des autorités 12… C’est peu de le dire. Toutefois, les tentatives de réforme fiscale, même modestes, ne sont pas couronnées de succès. Elles rencontrent trop d’obstacles de la part du Conseil colonial, assemblée de colons dont l’avis est consultatif mais l’influence, décisive. Pierre Pagès, gouverneur de Cochinchine, déplore l’« égoïsme de la classe possédante attachée à ses privilèges ». Rien n’y fait. Aucune réforme fiscale n’est finalement menée, comme si la résignation devant les puissances locales devait systématiquement l’emporter. Pagès témoigne d’un même sentiment d’impuissance à propos des augmentations salariales : le Syndicat des planteurs lui oppose une fin de non-recevoir 13.
L’une des tâches auxquelles Marius Moutet entend également s’atteler est le « dossier des famines ». Elles sont dramatiquement fréquentes dans l’empire. À l’été 1936, plusieurs sévissent au Niger et dans l’Annam, en Indochine. L’action de la rue Oudinot consiste à mettre en place un « grand plan de petits travaux », qui donne la priorité à la construction de silos, encourage l’octroi de prêts aux paysans et réprime l’usure, véritable fléau colonial, en soumettant les prêts octroyés à la signature de fonctionnaires assermentés. La politique sanitaire met l’accent sur la délivrance gratuite de quinine, le relèvement des crédits affectés à la lutte contre la maladie du sommeil, l’extension des dispensaires… Le ministre en vient parfois à s’étonner. En Côte-d’Ivoire, pour quatre millions d’habitants, il n’y a que 9 757 élèves et 33 instituteurs : comment est-ce possible 14 ? Afin de remédier à ces pénuries gigantesques, Moutet aimerait créer un « fonds colonial » pour engager certaines dépenses d’infrastructures. Mais encore une fois, ce projet est repoussé par le Sénat, qui sape décidément toute volonté réformatrice.
Certains décrets sont néanmoins promulgués : l’un supprime le travail de nuit des femmes et des enfants, un autre interdit le travail obligatoire. Cependant, les trois lois de juin sur les quarante heures, les congés payés et les conventions collectives ne valent que dans les cinq « vieilles colonies » – Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane et Nouvelle-Calédonie, de surcroît avec des « adaptations » locales 15. Les limites sont considérables, comme le reconnaît dans L’Humanité le député Henri Lozeray : les réformes sociales se heurtent à une résistance opiniâtre du grand patronat colonial. Dans les villes, les salariés voient leurs maigres augmentations annulées par la flambée du coût de la vie. Dans les campagnes, les ouvrières et ouvriers agricoles, soumis à des « salaires de famine », ne bénéficient même pas des minima ; leurs conditions d’existence ne sont « améliorées que dans des proportions infimes » 16. Le sénateur Justin Godart, membre actif de la LDH, constate aussi un obstacle pratique contre les lois sociales : les gouverneurs peuvent décider d’en promulguer ou non les décrets d’application. Ce droit de veto « exorbitant » peut « annihiler la loi », simplement 17.
Mais en métropole, les milieux politiques demeurent dans l’ensemble indifférents, à quelques exceptions près. Magdeleine Paz, fervente militante anticolonialiste, s’en désole : « La venue au pouvoir du gouvernement de Front populaire signifie pour les indigènes l’espérance. Qui le sait en France ? Personne en dehors des spécialistes des questions coloniales 18. » C’est donc globalement le silence quand la répression bat son plein. Dans l’un des comptoirs de l’Inde, à Pondichéry, plus de 7 000 grévistes occupent en juillet 1936 les locaux des filatures Rodier et Savana. Leurs principales revendications sont l’application du Code du travail métropolitain et l’obtention du droit d’association. Les grévistes retiennent la direction dans les locaux des usines. Leur évacuation par la force fait plusieurs morts au cours d’une fusillade que le ministre lui-même qualifie d’« acharnée », avec de surcroît un refus de prodiguer les soins aux blessés. Marius Moutet télégraphie à Pondichéry : il espère obtenir rapidement un appel au calme de la part de la CGT. Léon Jouhaux assure alors les grévistes de son soutien et leur demande de « cesser toute agitation ». C’est un soulagement pour Moutet 19. […]
[conclusion du chapitre]
Ainsi, ici comme ailleurs, le Front populaire incarne d’un côté l’espoir d’un renouvellement démocratique et social, en étendant certains droits politiques et syndicaux aux travailleurs coloniaux, en dénonçant les abus les plus criants de l’exploitation et en esquissant, timidement, une reconnaissance de la dignité des peuples. Mais de l’autre, il reste prisonnier des logiques d’une République qui s’obstine à maintenir l’édifice impérial au nom des intérêts économiques et de la grandeur nationale. Cette tension entre idéal universaliste et violence dominatrice démontre l’ambivalence d’un projet qui se veut porteur de progrès mais reproduit la hiérarchie coloniale. Au fond, Marius Moutet est piégé. Le personnel de la haute administration est globalement resté inchangé. Or ce personnel ne lui veut pas du bien, ni à lui, ni au gouvernement, ni aux socialistes, ni au Front populaire. Le ministre peut bien écrire aux autorités sur place : « Je ne me sens pas dans une position de défense très solide », « je ne puis pas être uniquement le Ministre de la répression », l’argument n’est pas efficace 20. Comme le souligne l’historien Guillaume Blanc, « les contestations viennent s’ajouter à l’ordre colonial : elles n’enlèvent rien à sa violence quotidienne » 21. De ce point de vue, le Front populaire constitue moins une rupture qu’un moment charnière. En Indochine, La Lutte estime que c’est une politique « révoltante dictée par les radicaux ». En réalité, il y a une relative autonomie socialiste et communiste en matière coloniale, émancipée des exigences du Parti radical. Elle s’explique entre autres par une stratégie géopolitique au sein de laquelle la France a besoin de ses colonies, et par la recherche de capitaux pour relancer l’économie. Mais une part croissante des populations ne veut plus du « servage à perpétuité ». Ni de la politique d’« aumône ». Ni des appels à la patience, du type « Ne bougez pas, laissez-nous faire du bien » 22. Ce qui n’est pas « accordé », il faut le conquérir, par une lutte acharnée.
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Notes
- Cf. Pierre Singaravélou, « De la “mission civilisatrice” à la “République coloniale” : d’une légende l’autre », in Marion Fontaine, Frédéric Monier et Christophe Prochasson (dir.), Une contre-histoire de la IIIe République, op. cit., p. 179-180 ; Isabelle Merle, « Retour sur le régime de l’indigénat », French Politics, Culture & Society, vol. 20, n° 2, 2002 ; Claire Fredj et Emmanuelle Sibeud (dir.), « Quels citoyens pour l’empire ? », dossier, Outre-Mers, vol. 2, n° 404-405, 2019.
- Le Petit Journal, 29 août 1936.
- Marius Moutet l’exprime clairement dans un discours, le 10 juin 1936 : « Le plus grand nombre a bien compris les tâches immenses à accomplir en prenant au sérieux la mission civilisatrice qu’une Nation peut accomplir sans renier ses traditions et ses principes. » Et le 13 juin : « Nous prendrons au sérieux notre rôle civilisateur et émancipateur. » Cf. Alain Ruscio, « Le Front populaire et les colonies », Europe Solidaire Sans Frontières, juin 2024.
- Notes de Marius Moutet, s. d. [1936], ANOM 28PA3.
- Interventions de Jean Loubet et de Larbi Tahrat, congrès de Huyghens, 31 mai 1936.
- Cf. Manuela Semidei, « Les socialistes français et le problème colonial entre les deux guerres », Revue française de science politique, décembre 1968, p. 1120 sq. Voir aussi Claire Marynower, « La fabrique algérienne d’une politique coloniale socialiste », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 131, juillet-septembre 2016, p. 37-51.
- Intervention de Jean Jaurès à la Chambre des députés le 20 novembre 1903.
- Lettre de Robert Deloche à Paul Dussac, s. d., ANOM 28PA3.
- Intervention de Marius Moutet à la Chambre des députés, 15 décembre 1936 ; allocu- tion, 3 novembre 1937, ANOM 28PA1.
- Lettre de Marius Moutet au gouverneur général de l’Afrique équatoriale, 12 août 1936, note sur les principaux actes du ministre des Colonies, s.d., ANOM 28PA1.
- Alain Ruscio, « Le Front populaire et les colonies », art. cit.
- Lettre de Marius Moutet au gouverneur général de l’Afrique équatoriale, 12 août 1936, ANOM 28PA1.
- Cf. le rapport du gouverneur de Cochinchine à l’inspecteur général des colonies, 12 mars 1937 ; lettres des 29 janvier et 20 mars 1937, ANOM 28PA2.
- Lettre du ministre des Colonies aux gouverneurs, 24 juin 1936, ANOM 28PA1 ; mémento de l’Inspection des travaux publics des colonies, 15 juillet 1936 ; note de Marius Moutet, 9 juillet 1936, ANOM 28PA4.
- Note sur les principaux actes du ministre des Colonies, s. d., ANOM 28PA1.
- L’Humanité, 24 septembre 1937.
- Justin Godart, rapport de mission en Indochine, 1er janvier-14 mars 1937, ANOM 28PA3.
- Cité in Claude Liauzu, Histoire de l’anticolonialisme, Paris, Armand Colin, 2007, p. 176. Benjamin Stora relève la « sous-information vis-à-vis des réalités coloniales » (« La gauche socialiste, révolutionnaire et la question du Maghreb au moment du Front populaire », Aden, vol. 1, n° 8, 2009, p. 19.) Cf. aussi, dans le même numéro d’Aden, Anne Mathieu, « “Le vent se lève…” Magdeleine Paz face au colonialisme » et Thierry Hohl, « Daniel Guérin militant socialiste, un parcours anticolonialiste singulier ».
- Rapports du gouverneur à Pondichéry, 28 juillet et 1er août ; câble de Marius Moutet, 31 juillet 1936, ANOM 28PA4.
- Mustapha Kraïem, Mouvement national et Front populaire. La Tunisie des années trente, Tunis, ISHMN, 1996, p. 322 sq.
- Lettre de Marius Moutet au gouverneur général de l’Indochine, 8 septembre 1937, ANOM 28PA2.
- Guillaume Blanc in Pierre Singaravélou, avec Arthur Asseraf, Guillaume Blanc, Nadia Yala Kisukidi et Mélanie Lamotte (dir.), Colonisations. Notre histoire, Paris, Seuil, 2023, p. 198.