4 000 articles et documents

Édition du 15 avril au 1er mai 2026

« Une armée « révolutionnaire ». Contre-insurrection et subversion militaire pendant la guerre d’Algérie », par Denis Leroux

Présentation de l’éditeur

Face à l’insurrection lancée fin 1954 par le Front de libération nationale (FLN), une partie de l’armée française a voulu jouer une  » révolution contre une révolution « . Au sein des fameux 5es bureaux, des officiers mettent en œuvre la contre-insurrection. Leur arme : la guerre psychologique. Leur objectif : conquérir la population algérienne et garder l’Algérie française.
Ces hommes ne se considèrent pas comme des contre-révolutionnaires, constate l’historien Denis Leroux, qui ausculte leur radicalisation progressive en s’appuyant sur une riche documentation d’archive. Ils estiment au contraire être au cœur d’une authentique révolution.
Aux yeux de ces soldats d’élite, l’armée doit – comme ses adversaires – mener une action politique et être à l’avant-garde d’une révolution socio-politique : la construction d’une  » Algérie nouvelle « , intégrant les Algériens dans le corps politique français en les mobilisant contre le FLN. Pour ce faire, elle ne doit pas craindre d’employer des moyens dictatoriaux ni de s’opposer aux institutions légales si celles-ci mettent en péril la nation française.
Anticommunistes virulents, ces officiers justifient les méthodes de l’armée par une vision apocalyptique : la France est, selon eux, impliquée en Algérie dans un conflit existentiel opposant l’Occident au bloc soviétique. Promoteurs de la  » révolution du 13 mai « , ils jouent un rôle déterminant dans le coup d’État qui permet au général de Gaulle de revenir au pouvoir en 1958. Mais, s’opposant bientôt à la politique du nouveau chef de l’État, les 5es bureaux sont dissous en février 1960, après la semaine des barricades, laissant une marque aussi profonde que sous-estimée dans la vie politique française.

Facebook
Email

Abonnez-vous à la newsletter

Envoyer un mail à l’adresse
, sans objet, ni texte.
Vous recevrez sur votre mail une demande de confirmation qu’il faudra valider.

Ou alors, remplissez ce formulaire :