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Édition du 1er au 15 février 2026

Racisme

Musées et créations contemporaines

De riches rencontres pour nous aider à comprendre l’héritage du passé colonial

Les études sur l’histoire coloniale et sur les traces qu’elle a laissées en France sont bien vivantes, en dépit des lamentations de ceux que ce travail nécessaire dérange dans leurs certitudes. Nombreux sont les chercheuses et les chercheurs travaillant sur ces sujets. Et leurs recherches sont indispensables à la compréhension d’une partie des difficultés de la société française — qui connait aussi d’autres formes de racisme et d’exclusion. Plusieurs rencontres sont organisées : à La Colonie, à l’Ecole normale supérieure et au centre Panthéon-Sorbonne, à l’Hôtel-de-ville de Paris et au Centre Condorcet à Aubervilliers, ainsi qu’aux archives de la Guadeloupe. Des échanges utiles pour nous aider à assumer l’héritage du passé colonial.

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Supprimer le mot race de la Constitution n’aiderait pas à combattre le racisme

Un projet d’amendement a été voté par l’Assemblée nationale pour supprimer le mot race de la Constitution. Ce mot n’a aucun fondement scientifique mais l’idée de race subsiste dans les esprits et il s’agit de reconnaitre ses effets. Ci-dessous une émission de radio dont les participants s’accordent à dire que, pour que le racisme soit combattu, le mot race ne doit pas être éludé. Et un texte du philosophe Etienne Balibar qui explique que le mot race n’est pas de trop dans la Constitution française.

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Racisme et islamophobie

Carole Reynaud-Paligot et Elsa Dorlin sur le racialisme et l’infériorisation des femmes

Lors de la Semaine anticoloniale 2018, les historiennes Carole Reynaud-Paligot et Elsa Dorlin ont participé à un débat sur la genèse de la notion de « Race ». La première a souligné que des conceptions racialistes se sont développées en France tout au long de la IIIe République ; et la seconde que, d’un point de vue historique, le sexisme et le racisme sont inextricablement liés. Autant de réflexions utiles pour éclairer les interrogations profondes auxquelles sont confrontés au XXIe siècle les mouvements antiracistes.

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Tag islamophobe sur la porte de la mosquée des Glonnières au Mans. 31 janvier 2015 (copie d’écran).
Islamophobie

« Islamophobie », un mot, un mal plus que centenaires, par Alain Ruscio

L’hostilité systématique à l’égard de l’islam est très anciennement ancrée dans la pensée occidentale. D’essence chrétienne, elle prend sa source dans l’esprit de croisade, fleurit pendant l’expansion coloniale et, après un temps de latence, reprend vigueur avec la « guerre contre le terrorisme ». Le mot « islamophobie » qui l’illustre a, quant à lui, une centaine d’années. Si désormais, au nom de la défense de la laïcité, certains intellectuels français très médiatiques ne craignent pas d’assumer la bêtise haineuse qu’il recouvre, d’autres, heureusement, s’emploient à la dénoncer.

Dans un article repris de la revue Orient XXI 1, l’historien Alain Ruscio 2 expose l’histoire de ce mot. 3

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à Tournan, la guerre d’Algérie n’est pas finie

Un conseiller municipal FN de Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne) a déclaré à un jeune conseiller municipal délégué à la jeunesse qu’il n’était pas digne de porter l’écharpe tricolore. Il a poursuivi, devant témoins : «des cons comme toi, j’en ai tué plein pendant la guerre».

Le jeune conseiller délégué est né à Tournan, mais il est d’“origine algérienne”.

Et derrière son écharpe, c’est la République qui a été bafouée, elle dont le premier article de la Constitution affirme : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.»

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Il y a trente ans, la «marche des beurs»

15 octobre 1983, départ à Marseille de la «Marche des Beurs». Son objectif : dénoncer le racisme, réclamer une France multiculturelle et obtenir l’égalité des droits pour les immigrés et leurs enfants.

Cette Marche pour l’égalité et contre le racisme, rebaptisée « Marche des Beurs », a pris naissance au cours de l’été 83 dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux. Le climat est tendu dans cette ZUP et les affrontements se multiplient entre les forces de l’ordre et les jeunes. Au cours des rixes, Toumi Djaïda, le président de l’association SOS Avenir Minguettes, est blessé par un policier. Les violences montent, des voitures sont brûlées, des bâtiments saccagés…

Partie dans l’anonymat, en octobre 83, la marche finit en apothéose à Paris, le 3 décembre, avec près de 100 000 personnes à la Bastille. Un documentaire revisite l’histoire de cette marche pour l’égalité qui a vu la prise de parole par des enfants de l’immigration. Mais la fracture existe toujours entre la France et ses banlieues…

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La psychiatrie coloniale au service des théories raciales : un texte d’Antoine Porot

Médecin-chef du Centre neurologique de la 197e Région militaire à partir de 1916 et professeur agrégé de neuropsychiatrie à la faculté de médecine, Antoine Porot est le fondateur de l’école psychiatrique d’Alger.

Pendant un demi-siècle, les psychiatres de l’école d’Alger ont défendu la théorie du « primitivisme », plaçant « l’indigène nord-africain » à mi-chemin entre l’homme primitif et l’occidental évolué. Leur thèse était que l’indigène, étant privé de lobe préfrontal, est dépourvu de morale, d’intelligence abstraite et de personnalité.

Nous reprenons ci-dessous un texte d’Antoine Porot publié en 1918 dans les Annales Médico-Psychologiques où ce qu’il présente comme une série d’observations cliniques permet de reconstituer le regard du psychiatre colonisateur sur son patient colonisé5.
On ne manquera pas de rapprocher ce texte de la découverte récente dans un musée parisien de restes mortuaires d’Algériens ayant résisté à la colonisation française.

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Discours de Dakar 2007

les amabilités d’Henri Guaino à ceux qui n’apprécient pas son discours de Dakar

Les propos de Fadela Amara qualifiant de « dégueulasse » l’instrumentalisation de l’immigration et donc les tests ADN ont provoqué l’indignation de Patrick Devedjian : « ce n’est pas bien d’injurier les députés de la majorité». Le député des Hauts de Seine, secrétaire général de l’UMP, a-t-il oublié que lui-même, peu après les législatives, avait qualifié Anne-Marie Comparini de « salope » ?

Fadela Amara évoquait un projet de loi, et n’injuriait pas des hommes, comme cela semble se pratiquer sans complexe au sommet de l’Etat : “petit con”, “connard”, “crétin”, “salaud”…

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Laurent Bazin : invoquer l’“identité nationale”, comme l’“ivoirité”, est un appel à la xénophobie

Huit professeurs engagés dans le projet de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), en France, ont démissionné le 18 mai dernier pour protester contre l’association des termes “identité nationale” et “immigration” dans l’intitulé d’un même ministère6. « Un acte fondateur » de la nouvelle présidence Sarkozy, estiment-ils, qui vise à « inscrire l’immigration comme un problème » et « menace d’installer la division ». Ils ont été rejoints dans leur démarche, à la fin du mois de mai, par l’association française des anthropologues (AFA)7. Son président, Laurent Bazin, chargé de recherche au CNRS, a longtemps travaillé sur la question de la Côte d’Ivoire. L’ethnologue a expliqué à Afrik en quoi la création de ce ministère est une menace, avec en filigrane l’expérience tragique de l’“ivoirité”8.

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Un projet de mosquée à Nice suscite l’hostilité du maire et de certains riverains

« Ce n’est pas le moment d’installer, en plein cœur de Nice, une terre d’islam », estime Jacques Peyrat, maire UMP de Nice.

Une manifestation de protestation contre cette « attitude raciste et discriminatoire » devrait être organisée devant la mairie, samedi 10 décembre, journée internationale de défense des droits de l’Homme.

[Première mise en ligne, le 16 novembre 2005,

mise à jour, le 3 décembre 2005.]

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