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Édition du 1er au 15 avril 2026

Guerre d’indépendance algérienne (1954-1962)

Affiche reprenant un dessin original de l'artiste Ernest Pignon-Ernest.
1962, la fin de la guerre d'Algérie

colloque Nice 10-11 février 2012 : 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie

La section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme organise à Nice un colloque pour le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. Les manifestations se dérouleront sur deux jours :

  • vendredi 10 février à 18h30 : représentation de Le contraire de l’amour, d’après le Journal (1955-1962) de Mouloud Feraoun
  • samedi 11 février de 9h à 17h30, le colloque proprement dit.

Ces différents événements se tiendront tous au CLAJ de Cimiez, 26 avenue Scuderi à Nice.

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Les camps

“Violence ordinaire dans l’Algérie coloniale”, par Sylvie Thénault

Pendant la guerre d’indépendance algérienne, les autorités françaises ouvrirent des camps d’internement pour les « suspects » arrêtés par la police ou par l’armée. Des dizaines de milliers d’Algériens y furent détenus. Recours ponctuel pour maintenir l’ordre public dans des circonstances extraordinaires ? Pas seulement. Ces camps n’étaient qu’une forme nouvelle de l’internement, dont les autorités françaises avaient usé, depuis longtemps, pour réprimer les résistances qu’elles rencontraient en Algérie. Y compris en dehors des périodes de guerre ou d’insurrection.

Cet ouvrage ne se borne pas à dénoncer les duretés des autorités ou leurs dérives aux moments de crise. Il retrace l’histoire, tout au long de la période coloniale, de la pratique de l’internement dans sa mise en œuvre concrète par la France, depuis l’époque de l’indigénat. Pourquoi était-il utilisé ? Qui en était victime ? Quel rôle jouait-il dans la tutelle exercée sur les colonisés ?

C’est toute la logique de l’arbitraire colonial que l’une des meilleures spécialistes démonte dans cet ouvrage dépassionné mais clinique, dont nous reprenons le début de l’introduction, ci-dessous, en “bonne feuille”.

Sylvie Thénault est chargée de recherche au CNRS, au Centre d’histoire sociale du xxe siècle. Elle est notamment l’auteur d’une Histoire de la guerre d’indépendance et d’Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie.

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Inauguration du carrefour Jacques de Bollardière, à Paris près de l’École militaire, le 29 novembre 2007, en présence du maire Bertrand Delanoë et de Simone de Bollardière, l’épouse du général (Photo DR)
Les résistances à la guerre d'Algérie

Jacques de Bollardière : le général qui a dit ‘non’ à la torture

Jacques de Bollardière est le seul officier supérieur à avoir ouvertement condamné la pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie : en mars 1957, au nom de ses convictions, il refusa de participer à la nouvelle stratégie mise en place par le général Massu qui, au nom de l’“efficacité”, intégrait des méthodes de torture. Cela lui valut deux mois de forteresse.

Ci-dessous, à la suite d’une brève vidéo, un article de Patrice Coulon, repris du N° 161, 4e trimestre 2011, de la revue Alternatives non-violentes.

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Les résistances à la guerre d'Algérie

Jacques Inrep : “le problème, ce n’est pas de raconter, c’est d’être entendu”

Pourquoi tant d’anciens soldats en Algérie vivent-ils emmurés silencieusement dans leurs souvenirs de guerre ? Seule la parole permet de se libérer de tels traumatismes quand une oreille se fait attentive, comme c’est le cas en psychanalyse. C’est ce que Jacques Inrep, pychologue clinicien, devenu, au fil des décennies, un des spécialistes des problèmes liés à l’utilisation de la torture, expose dans cet article repris du N° 161, 4e trimestre 2011, de la revue Alternatives non-violentes.

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L’hommage contestable rendu au commandant Hélie de Saint Marc

Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc, 89 ans, a été élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur par un décret du Président de la République paru samedi 26 novembre 2011 au Journal officiel1. Les insignes de la plus haute distinction française lui seront remis lundi 28 novembre en fin de matinée par Nicolas Sarkozy dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides.

Entré dans la Résistance en février 1941, puis déporté en 1943 au camp de Buchenwald, Hélie Denoix de Saint Marc commandait par intérim le 1er régiment étranger de parachutistes (REP, Légion étrangère) qui a été le fer de lance du putsch manqué d’avril 1961. Le 1er REP ayant été dissous le 30 avril 1961, une partie de l’effectif déserte et rejoint l’OAS. Denoix de Saint Marc qui s’était constitué prisonnier, a été condamné le 5 juin 1961 à dix ans de détention criminelle – voir sa déclaration devant le Haut tribunal militaire. Libéré en décembre 1965, il avait été ensuite réintégré dans son grade de chef de bataillon (commandant) par l’amnistie de 19682. Il avait été élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur le 29 mars 20033.

Nous reprenons ci-dessous un large extrait de l’allocution prononcée le 29 mars 2003 par le général Michel Guignon, lors de son élévation à la dignité de grand officier. Sa lecture permet de comprendre le sens qu’il faut attribuer à cette nouvelle élévation : « aujourd’hui nous pouvons dire avec la plus grande conviction [que] votre récompense, c’est aussi notre récompense […] car elle vous a été attribuée au titre de la guerre d’Algérie. » Pendant la bataille d’Alger, en 1957, Hélie Denoix de Saint Marc était chef de cabinet du général Massu, chargé à partir de mai 1957 des relations avec la presse ; il était donc parfaitement au courant des pratiques mises en oeuvre durant la Bataille d’Alger – voir l’article de Gilles Manceron « Hélie Denoix de Saint-Marc ou la fabrication d’un mythe».

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Le 17 octobre 1961

Cinquantenaire du 17 octobre : appels pour la reconnaissance

Le massacre de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 fait partie de notre histoire. En partenariat avec l’association Au nom de la mémoire, Mediapart lance, à l’aube du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, un appel pour «une nouvelle fraternité franco-algérienne» fondée sur la vérité, «gage de réconciliation». Pour le signer, utilisez ce formulaire.

Le second appel est proposé à la signature des associations, organisations (syndicats, partis politiques…). Les organisations qui souhaitent s’y associer doivent prendre contact en confirmant leur accord avec un message adressé à ">.

[Mis en ligne le 12 septembre, mis à jour le 12 octobre]

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Le Journal (1955-1962), de Mouloud Feraoun

journal_feraoun.jpgMouloud Feraoun a été assassiné en mars 1962 par un commando de l’OAS, quelques jours avant le cessez-le-feu. Instituteur puis directeur de cours complémentaires en Kabylie, il a été adjoint au chef du service des Centres sociaux éducatifs à Alger. Il a laissé un témoignage unique sur la guerre d’Algérie, son Journal des années 1955-1962. Cette œuvre d’un Algérien de double culture vient d’être rééditée dans une collection de poche, ce qui le rend à nouveau accessible4.

Cet ouvrage a fait l’objet d’une adaptation théâtrale : à partir d’une trentaine de pages du Journal, Dominique Lurcel a mis en scène un monologue intitulé Le contraire de l’amour, qui a subjugué les spectateurs lors de représentations données à Lyon et au Festival d’Avignon (off) en juillet dernier5.

Ci-dessous des extraits du choix scénique de Dominique Lurcel, reproduits avec son autorisation (les intertitres ont été ajoutés).

[Mis en ligne le 11 août 2011, mis à jour le 29]

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Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

Philippeville, 20 août 1955 : le début de la fin de l’Algérie française

Le 20 août 1955 peut à juste titre être considéré comme le second point de départ de la guerre d’Algérie6. Ce jour-là, une insurrection a secoué le Nord du Constantinois : à midi, malgré un rapport de force qui leur était très défavorable, les militants du FLN et la population algérienne ont attaqué des symboles de l’occupation française (gendarmeries, commissariats, casernes, etc.) ainsi que des structures économiques. Il y eut deux massacres d’Européens, à El Alia et à Aïn Abid. L’insurrection fit long feu. Dès le 20 août, la répression fut terrible ; elle se poursuivit au cours des semaines suivantes faisant autour de 10 000 morts du côté algérien ; on dénombra une centaine d’Européens.

Pour les Algériens cette révolte a sans doute été le résultat d’une prise de conscience : il leur était apparu impossible d’accéder à l’indépendance de façon pacifique. Quant aux plus lucides des Européens, ils ont dû ressentir comme Georges Apap que « la guerre était devenue inévitable ». Vivre ensemble ne peut se concevoir que dans le respect de l’égalité des droits…

Aujourd’hui, Skikda s’apprête à commémorer un des épisodes les plus sanglants de cette guerre. Comment parvenir à savoir ce qu’il s’est alors passé ? En consultant les historiens – voir l’ouvrage de Claire Mauss-Copeaux –, les journalistes – voir les articles de Robert Lambotte –, ou les survivants … Donner la parole à ces derniers c’est ce que Soraya vient de réaliser, au cours d’un séjour en juin dernier.

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victimes du terrorisme : la mémoire sélective

Un congrès international de victimes du terrorisme doit se réunir à Paris en septembre prochain. De nombreuses situations dramatiques y seront évoquées, la plus ancienne étant le terrible attentat du Milk Bar organisé par le FLN, à Alger, en septembre 1956.

Les attentats ont été nombreux à Alger en 1956-1957. Le plus sanglant, celui de la rue de Thèbes en août 1956 – officiellement 16 morts, en réalité plusieurs dizaines, tous algériens – a été commis par l’Organisation de la résistance de l’Algérie française (ORAF) de René Kovacs et Jean-Claude Perez7. Voici comment François Mitterrand, alors ministre de la Justice, a évoqué ce groupe terroriste au cours de sa déposition au procès Salan, le 18 mai 1962 :
«L’ORAF disons que c’était une première mouture de l’OAS. […] C’était un organisme de combat, le plus brut, le plus simple et, je n’hésite pas à le dire, le plus criminel à mes yeux.8»

Pourquoi les organisateurs du Congrès n’ont-ils pas prévu de donner également la parole aux familles des victimes de l’attentat de la rue de Thèbes ? Les familles de victimes des «ultras» de l’Algérie française ont-elles été invitées ?

[Mis en ligne le 26 juillet 2011 – le P.-S. a été ajouté le 27]

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Mémoire et histoire en Algérie

Mohammed Harbi : «les archives de la guerre de Libération sont explosives»

Dans un long entretien publié dans l’édition du 26 mai 2011 du journal El Watan, l’historien Mohammed Harbi aborde de très nombreux problèmes. Il revient sur les récentes controverses suscitées par des déclarations polémiques d’anciens acteurs de la guerre de libération algérienne. Il s’exprime sur les tabous, liés aux juifs d’Algérie, aux harkis et aux pieds-noirs : le fait de ne pas avoir traité ces problèmes a « fait le lit de l’islamisme». Il évalue le nombre de harkis et goumiers à environ 100 000 hommes et il estime à quelque 50 000, les victimes algériennes des bavures du FLN/ALN, dont nombre de militants nationalistes authentiques. Préconisant une déconstruction de la pensée nationaliste, il estime que la question identitaire et celle de l’autoritarisme sont deux problèmes majeurs qu’il est impératif de dépasser pour aller vers une Algérie nouvelle et apaisée…

Les propos de Mohammed Harbi ont été recueillis par Mustapha Benfodil et publiés dans l’édition du 26 mai 2011 d’El Watan9. A la suite, vous trouverez une mise au point de Mohammed Harbi, publiée dans l’édition du 28 mai, une brève biographie de Mohammed Harbi et enfin un glossaire repris de l’édition du 26 mai.

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Les fondateurs : Michel Delsaux, Rémi Serres, Armand Vernhettes et Georges Treilhou (de g. à d.).
Les résistances à la guerre d'Algérie

La 4ACG refuse la violence et la guerre comme moyens de résolution des conflits

Créée le 8 janvier 2004 à Albi par quatre anciens appelés en Algérie qui voulaient reverser leur retraite dite du «combattant» (environ 600 € par an), l’association Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre compte aujourd’hui plus de 250 membres.

Les membres de l’association ne se contentent pas de financer et d’accompagner des projets en faveur de la paix et du développement, en Algérie ou ailleurs, ils veulent aussi – et surtout – être des témoins, des «montreurs» de paix. Ils veulent dire l’absurdité de la guerre, l’inutilité des conflits, la perte d’humanité qu’ils entraînent automatiquement.

Ils se déplacent régulièrement, partout où on les sollicite : dans les écoles, les collèges, les lycées, dans les manifestations en faveur de la paix, les colloques, rencontres, conférences, associations… Pour témoigner, et également pour sensibiliser les jeunes aux dangers d’une obéissance aveugle à des ordres ou à des directives allant à l’encontre des valeurs humaines fondamentales.

Mehdi Lallaoui les a rencontrés. Il a réalisé en 2008 un documentaire visible sur le site Mediapart : En finir avec la guerre d’Algérie.

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