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Édition du 1er au 15 février 2026

Guerre d’indépendance algérienne (1954-1962)

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

Dalila Aït-el-Djoudi : “l’armée française vue par l’ALN”

Alors que les militaires français luttaient contre des “rebelles”, les maquisards algériens étaient confrontés à une armée coloniale qui livrait un combat qu’ils jugeaient illégitime. C’est le thème auquel Dalila Aït-el-Djoudi, docteure en histoire militaire et études de Défense, a consacré sa thèse, soutenue en décembre 2004 sous la direction de Jean-Charles Jauffret. Pour cette recherche en histoire militaire comparative de la guerre d’Algérie, la jeune historienne a pu accéder à des archives aussi bien algériennes que françaises et elle a bénéficié également des témoignages de 79 Algériens originaires de la wilaya 3 (Kabylie).

Elle a publié en 2007 un ouvrage consacré au regard des membres de l’ALN sur l’adversaire français, qui constitue un condensé de sa recherche. Elle en a souligné la diversité selon qu’il s’agissait du colon, du soldat de l’armée de métier, du jeune appelé ou de civils demeurés en France.

Dans sa communication au colloque d’Évian, les 17 et 18 mars 2012, l’historienne est revenue sur ce sujet dans une communication dont Nadjia Bouzeghrane a rédigé une synthèse.

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il y a cinquante ans : la fusillade de la rue d’Isly

Des associations et des familles de victimes de la fusillade de la rue d’Isly à Alger appellent à un rassemblement au mémorial du Quai Branly.

Nous respectons la douleur des familles et nous rendons hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie.

Ci-dessous, un rappel des faits

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André Nouschi : “les deux parties ont sous-estimé le racisme toujours présent chez les Européens”

À l’occasion du cinquantenaire du 19 mars 1962, le quotidien El Watan a publié lundi 19 mars 2012 un supplément spécial téléchargeable (pdf).

Ci-dessous la contribution de l’historien André Nouschi. Né à Constantine le 10 décembre 1922, André Nouschi est spécialiste de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient contemporains. Il soutient sa thèse, «Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises, de la conquête jusqu’en 1919», en 1959, sous la direction de Charles-André Julien (publiée aux PUF en 1961). Il est coauteur de Algérie passé et présent avec Yves Lacoste et André Prenant, en 1960 ; il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont La naissance du nationalisme algérien, 1962, Paris, Editions de Minuit (2e éd. 1976) ; Les armes retournées : Colonisation et décolonisation françaises (éditions Belin, août 2005) et L’Algérie amère.

Il a créé le Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine, en 1968, à l’université de Nice. Il est professeur émérite depuis 1991.

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Le 31 mars 1961, Camille Blanc, maire d’Evian, disparaissait, victime d'un attentat de l'OAS.
1962, la fin de la guerre d'Algérie

colloque des 17 et 18 mars 2012 à Évian : un succès

Les 
samedi 17 et dimanche 18 mars 2012 s’est tenu au Palais des festivités d’Evian un colloque intitulé « Sortir de la guerre d’Algérie : regards croisés, regards apaisés » – son programme peut être téléchargé (pdf). Malgré la présence à l’extérieur de quelques contre-manifestants qui protestaient contre la tenue de cette rencontre, les débats des deux journées se sont déroulés dans le plus grand calme devant un public d’environ 150 personnes. Comme le rapporte Le Dauphiné libéré du 18 mars 2012, Gilles Manceron, l’un des deux conseillers scientifiques du colloque1, a justifié la commémoration du 19 mars, en faisant remarquer que, comme le 11 novembre 1918 ou le 8 mai 1945, cette date n’a pas marqué la fin immédiate des combats ni de la mort de civils, mais, comme ces deux autres dates, elle a été annonciatrice de la fin d’une guerre.

Ci-dessous, un compte-rendu du colloque, précédé d’un communiqué de la Ligue des droits de l’Homme et suivi d’un entretien donné par Gilles Manceron.

[Mise en ligne le 18 février 2012, dernière mise à jour le 21 mars]

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cinquantenaire du cessez-le-feu : apaiser les mémoires

Il n’y aura pas de commémoration officielle du Cessez-le-feu aujourd’hui en France, pas plus qu’il n’y en a eu hier pour le cinquantenaire des Accords d’Evian. Ainsi en a décidé Nicolas Sarkozy, cédant au lobby des ultras rapatriés, minoritaires mais très actifs et introduits jusqu’au plus haut de l’Etat français.

Seule la FNACA appelle à des rassemblements partout en France pour célébrer cet anniversaire. Pour l’Ile de France2 :

  • 16h45 : cérémonie au mémorial national, quai Branly (près de la Tour Eiffel)
  • 17h45 : rassemblement à l’angle rue Balzac / Champs Élysées (métro George v)
  • 18h30 : ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe.

Pour Claire Mauss-Copeaux3, historienne de la guerre d’Algérie, dont les recherches ont trait aux mémoires et aux représentations de la guerre, ce sont les historiens algériens et français qui permettront d’apaiser les mémoires.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Ces appelés qui ont dit non à la torture, par Xavier Jacquey

En 1959, âgé de 22 ans, le jeune Xavier Jacquey, appelé pour son service militaire est affecté comme infirmier dans le Sud-Oranais. Quarante ans plus tard, devenu psychiatre, il redécouvre les lettres qu’il avait alors adressées à ses parents, puis il les publie dans ce petit livre.

Il y parle du quotidien, des conditions précaires des nomades, des exactions des militaires, de ses démêlés avec ses supérieurs. Un témoignage sur une guerre où la torture est banalisée… mais qui lui permet de «découvrir» que, «dans mon secteur, là où où les troupes françaises commirent des exactions, nous avions été […] relativement nombreux à nous y opposer».

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Henri Alleg
Les résistances à la guerre d'Algérie

Henri Alleg : “l’idée internationaliste était primordiale dans notre engagement”

Un entretien donné par Henri Alleg, grande figure du combat anticolonialiste, qui continue de plaider 
pour que la torture et les crimes 
de guerre commis pendant 
la guerre d’Algérie soient reconnus officiellement.

Les propos ont été recueillis par Rosa Moussaoui et publiés dans l’édition du 10 mars 2012 du quotidien L’Humanité.

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Life, 3 octobre 1955.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

“Algérie, août 1955 : la mort filmée en direct”, par Marie Chominot

Les informations apportées par les archives, qu’elles soient textuelles ou iconographiques, peuvent toujours être trafiquées et donc contestées. Afin de résoudre les interrogations que peuvent poser les documents, la démarche historique s’applique à croiser les sources et à les analyser.

En ce qui concerne les événements du 20 août 1955, nous avons déjà présenté le livre que Claire Mauss-Copeaux leur a consacré. Aujourd’hui, Marie Chominot revient en détail sur l’histoire d’une vidéo actuellement disponible sur internet. Les images, extraites d’un film d’actualités, ont été prises le 22 août 1955, au cours des représailles qui ont frappé les habitants d’Aïn Abid, un petit village proche de Constantine. Elles sont connues et documentées par les historiens depuis des années4, mais elles suscitent encore aujourd’hui des interprétations erronées et restent instrumentalisées pour générer des polémiques.

Marie Chominot est docteure en histoire contemporaine. Son livre, consacré à la guerre par l’image en Algérie, sortira début 2013 aux éditions Payot.

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“Pacification en Algérie”, par André Gazut

Le choc de photographies de torture vues en novembre 1956 dans sa rédaction va bouleverser la vie d’un jeune reporter-photographe. Incorporé en Algérie à l’âge de vingt ans comme infirmier dans les parachutistes, André Gazut déserte. Obsédé par cette guerre qu’il s’est refusé de faire, il couvrira une quinzaine de conflits comme réalisateur.

En 1960, il entre à la Télévision suisse romande. Il a été le caméraman du documentaire Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophüls en 1969. Réalisateur de nombreux reportages pour le magazine suisse Temps présent, en 2002 il réalise pour ARTE la Pacification en Algérie5, un documentaire dénonçant la pratique de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie, que vous pourrez voir ci-dessous en deux parties, accompagnées de commentaires extraits du dossier de presse6 – une liste chronologique des intervenants peut aider à se repérer dans les deux vidéos.

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Manifestation pour l'ouverture de négociations en Algérie, le 27 octobre 1960, à Caen. (© Archives Ouest-France)
1962, la fin de la guerre d'Algérie

les “appelés” de la guerre d’Algérie

À l’époque, les jeunes Français étaient appelés, dans l’année de leur vingtième anniversaire, afin d’effectuer le service militaire obligatoire, à l’exception des “réformés” qui en étaient dispensés, et des “sursitaires” – notamment les étudiants – qui bénéficiaient d’un report7. La durée du service était fixée à 18 mois par la loi du 30 novembre 1950 ; l’objection de conscience n’était pas reconnue, et les insoumis – appelés qui ne s’étaient pas présentés lors de leur appel – pouvaient être recherchés et jugés pour désertion.

Pendant la guerre d’Algérie, de 1954 à 1962, après la durée légale de 18 mois, certaines “classes” furent rappelées, d’autres furent maintenues sous les drapeaux jusqu’à 30, puis 28 mois.

Les effectifs militaires en AFN (Afrique française du Nord : Algérie, Maroc et Tunisie) :
-en 1954, environ 50 000 hommes dont 38% d’appelés pour 18 mois de service,
– en 1955, les effectifs passent à 100 000 hommes,
– en 1956, le rappel sous les drapeaux porte les effectifs militaires à 200 000 hommes,
– en 1957, le maintien sous les drapeaux jusqu’à 30 mois permet d’atteindre un effectif de 400 000 hommes, dont 57% d’appelés.

Entre 1952 et 1962, 1 343 000 appelés ou rappelés et 407 000 militaires d’active ont participé “au maintien de l’ordre en Afrique du Nord”, opérations qui ne seront reconnues comme “Guerre d’Algérie” que le 5 octobre 1999. Au cours de la même période, 12 000 hommes ont été déclarés réfractaires, dont 10 831 insoumis, 886 déserteurs et 420 objecteurs de conscience8.

Ci-dessous : une cinquantaine d’années après, deux anciens appelés témoignent.

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Les camps

“Le camp de Lodi” par Nathalie Funès

Le village de Lodi, à une centaine de kilomètres au sud-ouest d’Alger, près de Médéa, incarne un épisode occulté de l’histoire. Parmi la dizaine de « centres d’hébergement », qui ont été créés en Algérie à partir de 1954, c’est au camp de Lodi que des centaines de pieds-noirs sympathisants de l’indépendance ont été enfermés de façon arbitraire. Des années durant, ils ont croupi dans des baraques délabrées, entourées de barbelés, inspectées jour et nuit par une armée de gendarmes mobiles, loin des regards indiscrets et des grandes villes. Sans avoir été jugés ni même inculpés. Sur simple arrêté préfectoral, la « lettre de cachet » des années noires du conflit algérien.

C’était le camp des Français. Là-bas se sont croisés médecins, architectes, cheminots, gaziers, électriciens, résistants de la Seconde guerre mondiale, anciens internés de Dachau… Parmi eux Georges Hadjadj, dernier voisin de cellule de Maurice Audin, ce jeune professeur de mathématiques «disparu» après une ultime séance de gégène, Albert Smadja, l’avocat de Fernand Iveton, seul Français du conflit guillotiné pour avoir tenté de faire sauter une bombe, mais aussi Henri Alleg, auteur de La Question, arrivé à l’été 1957, après avoir été torturé des jours durant par les parachutistes. Et beaucoup d’autres encore.

Nathalie Funès est journaliste au Nouvel Observateur. Elle est l’auteur de Mon oncle d’Algérie (Stock, 2010). Ci-dessous, l’introduction du Camp de Lodi.

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Les six inspecteurs assassinés par l'OAS, le 15 mars 1962.
1962, la fin de la guerre d'Algérie

ultras de l’Algérie française et ministres contre les colloques sur la guerre d’Algérie

Le Matin d’Algérie a publié, le 2 mars 2012 sur son site internet, un article qui s’inquiète de la montée en puissance des ultras de l’Algérie française, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie.

Nous reprenons ci-dessous le communiqué de l’Association les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, association qui entretient la mémoire des six enseignants froidement abattus par l’OAS, il y a cinquante ans, quelques jours avant la signature des Accords d’Evian.

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