4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

Guerre d’indépendance algérienne (1954-1962)

La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’accès toujours entravé aux archives
de la guerre d’Algérie

Soixante ans après la fin de la colonisation et de la guerre d’Algérie, on parle d’un « apaisement des mémoires ». Mais est-ce possible si la mémoire n’est pas d’abord restituée et si l’accès aux archives reste encore partiel ? Il en est ainsi de la « guerre des grottes » qui a fait rage durant la guerre d’Algérie dans les gigantesques réseaux souterrains de l’Aurès, du nord-est de l’Algérie et du massif du Djudjura dans la chaîne de l’Atlas, où des « sections de grottes » organisées par l’armée française ont été chargées d’utiliser des gaz toxiques contre les personnes, combattantes ou non, qui s’y trouvaient cachées. Le numéro du printemps 2022 de la revue XXI consacre un dossier à cette question.

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

26 mars 1962, rue d’Isly à Alger,
les archives militaires françaises
qu’Emmanuel Macron veut ignorer

La volonté d’Emmanuel Macron de « réconcilier les mémoires » des différentes catégories de victimes de la guerre d’Algérie, en faisant parfois l’économie d’un regard historique sur la véracité ou les mensonges des récits sur lesquelles certaines mémoires sont fondées, connait de sérieuses limites. Dans le cas du massacre de manifestants européens le 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, il a donné satisfaction aux associations « nostalgériques » qui en attribuent toute la responsabilité à l’armée française. Ci-dessous, en complément de l’article d’Alain Ruscio publié par notre site, un document qui montre que des armes automatiques installées par l’OAS ont ouvert le feu sur le barrage tenu par des militaires français. Cette organisation terroriste a donc une lourde responsabilité dans ce massacre.

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Musées et créations contemporaines

Un film retrace la vie et l’engagement
de Fernand Iveton
« guillotiné pour l’exemple »
à Alger en 1957

Le film De nos frères blessés, inspiré du roman éponyme de Joseph Andras (2016), lui-même issu du livre de Jean-Luc Einaudi, Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton, enquête, publié en 1986, préfacé par Pierre Vidal-Naquet, sort sur les écrans. Il restitue la vie brève d’Iveton (1926-1957), son amour pour Hélène, née Ksiazek, en 1921, près de Cracovie, épousée à Alger en juillet 1955, et son combat anticolonialiste pour l’indépendance de l’Algérie avec le parti communiste algérien. Comme l’écrit Pierre Vidal-Naquet : « Son communisme — est-il besoin de le souligner ? — n’est pas une adhésion directe et personnelle à l’ordre (ou au désordre) établi en URSS et dans les “démocraties populaires”, mais une protestation hautement morale et hautement politique contre l’ordre colonial, l’ordre infâme, raciste, qui règne à Alger ».

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La reconnaissance du passé colonial

60 ans après le 19 mars 1962
Réflexions sur la reconnaissance
des crimes de la guerre d’Algérie

Autour des soixante ans de la fin de la guerre d’Algérie, que les Accords d’Evian signés le 18 mars 1962 avaient annoncée, des publications et des rencontres reviennent sur les nombreuses disparitions forcées impunies qui sont intervenues durant ce conflit. Aujourd’hui considérés comme des crimes, ces actes ont échappé à toute justice. Ci-dessous les réponses que Pierre Audin, fils de Maurice Audin, un militant de l’indépendance algérienne torturé et tué par des militaires français à Alger en 1957, a faites à TV5Monde. Et l’enregistrement du débat qui a été organisé le 12 mars 2022 autour du livre La vérité est en marche, rien ne l’arrêtera publié par les éditions de l’Humanité. Pierre Audin a intitulé sa contribution à ce livre : « Tout n’est pas dit ».

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La société française au temps des colonies

Jacques Inrep, ancien appelé en Algérie,
demande l’accès aux circulaires
de Massu et de Salan
ordonnant officiellement
de torturer et de tuer les prisonniers

Jacques Inrep, ancien appelé en Algérie, a été interviewé en février 2022 par L’OBS et Le Monde magazine. Mais, pour le site histoirecoloniale.net, Il a tenu à préciser ses interviews sur plusieurs points. D’abord, ce jeune Normand issu de milieu ouvrier, devenu par la suite psychanalyste et responsable de la Ligue des droits de l’homme dans le Gard, a voulu souligner l’influence exercée sur lui par son père, militant communiste et républicain. Ensuite, revenant sur les photos qu’il a faites à l’armée de documents qui ont été transmis et publiés par Pierre Vidal-Naquet, il demande l’ouverture réelle des archives, y compris les circulaires officielles de Massu et de Salan ordonnant explicitement de pratiquer la torture et d’assassiner les prisonniers, qu’il n’a pas eu le temps de photographier.

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Les ratonnades d’Alger
en 1956,
par Sylvie Thénault

Le 29 décembre 1956, les obsèques du notable Amédée Froger, assassiné la veille à Alger, rassemblent des milliers d’« Européens ». En exploitant de nombreuses archives, Sylvie Thénault reconstitue l’assassinat, les obsèques et les violences racistes exercées par des participants à l’encontre des « musulmans », ainsi que les suites judiciaires. Elle montre que les violences qualifiées de « ratonnades », « non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de Français, nés là-bas, se nourrissent d’un rapport de domination, empruntant à toutes les formes d’oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s’ancrent dans un espace urbain ségrégué ». Ci-dessous un entretien donné par l’autrice au quotidien algérien L’Expression, ainsi qu’une vidéo de l’émission avec Sylvie Thénault et Annette Wievorka diffusée par la radio RCJ.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« En guerre(s) pour l’Algérie »
une série TV importante
conçue par Raphaëlle Branche

Composée de six épisodes, la série TV « En guerre(s) pour l’Algérie », conçue par Raphaëlle Branche et réalisée par Rafael Lewandowski, consacrée à l’histoire de la guerre d’Algérie, est diffusée les 1er et 2 mars 2022 sur Arte. Fruit de plus de trois ans de travail d’une très vaste équipe, en Algérie comme en France, à partir d’entretiens inédits avec des témoins algériens et français (66 au total) et de quantité d’archives dont certaines sont inédites, c’est une création remarquable qui œuvre à la connaissance historique, aux antipodes de la problématique « réconciliation des mémoires ». Un livre l’accompagne, et l’actualité de cette historiographie est marquée aussi par la parution du gros dossier de la revue Mémoires en jeu et par l’ouvrage collectif, Algérie coloniale, dirigé par Giulia Fabbiano et Abderahmen Moumen. Au Théâtre Nanterre-Amandiers, « En guerre(s) pour l’Algérie » sera projeté le samedi 26 février 2022, suivi d’un débat avec Raphaëlle Branche.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« La vérité est en marche,
rien ne l’arrêtera »
par Charles Silvestre,
Gilles Manceron, Pierre Audin

Ce livre retrace le combat mené par ce qui a été baptisé « l’appel des douze », lancé le 31 octobre 2000 par L’Humanité, dans la continuité de la lutte du Comité Maurice Audin, fondé en 1957 à l’initiative de l’historien Pierre Vidal-Naquet et du mathématicien Laurent Schwartz. Le 13 septembre 2018, le président Emmanuel Macron a remis « au nom de la République » à Josette Audin, à laquelle il a demandé « pardon » pour l’assassinat de son mari par des militaires français, une déclaration encourageant les recherches sur les disparus de la guerre d’Algérie et a demandé ensuite à Benjamin Stora un rapport sur le passé franco-algérien. A l’occasion de la sortie de cet ouvrage, les Amis de l’Humanité organisent le 12 mars 2022 une rencontre avec Charles Silvestre, Gilles Manceron et Pierre Audin, qui y ont contribué, et la participation exceptionnelle de Florence Beaugé et de Benjamin Stora.

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Commémorations

« Oppositions intellectuelles
à la guerre d’Algérie »,
un colloque
qui fait suite au rapport Stora

Sur les « oppositions intellectuelles à la colonisation et à la guerre d’Algérie », un colloque s’est tenu les 20, 21 et 22 janvier 2022, correspondant à l’une des préconisations du rapport remis au président de la République par Benjamin Stora. Organisé par l’historien Tramor Quemeneur et l’anthropologue Tassadit Yacine, il a été l’occasion d’interventions passionnantes et de riches débats. Ci-dessous la présentation du film qui l’a ouvert, Le soleil assassiné d’Abdelkrim Bahloul, le programme et les films des débats ainsi que les textes provisoires des interventions de Christian Phéline et Gilles Manceron. Nous y ajoutons la lettre d’Aïssa Kadri, publiée par le quotidien El Watan, qui explique les raisons pour lesquelles il a finalement choisi de ne pas y participer. Nous accueillerons volontiers la réponse des organisateurs, qui ont annoncé la publication prochaine d’un ouvrage reprenant l’ensemble de ses travaux.

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Les pieds-noirs « nostalgériques »

Le chant des « indigènes »
enrôlés dans l’armée française,
annexé par les nostalgiques de la colonisation,
par Alain Ruscio

Le 5 décembre 2021, dans de nombreuses villes de France, les cérémonies officielles en hommage à la mémoire des soldats « morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie » se sont terminées comme à l’habitude par la reprise en chœur du fameux « Chant des Africains ». Alain Ruscio explique dans cet article pourquoi il s’agit d’une sorte de « larcin mémoriel » puisque ce chant dont la première version date de 1915 et qui était entonné par les « indigènes » de l’armée française est devenu durant la guerre d’Algérie un signe de ralliement des partisans de la colonisation. Et il le reste aujourd’hui pour les « nostalgériques ». Bien qu’il contienne les paroles, « lorsque finira la guerre, nous reviendrons dans nos gourbis », qui ne sont guère à la gloire du bilan de la colonisation…

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Français, musulmans, juifs d'Algérie

Paul Bouaziz (Oran, 1926- Paris, 2021)
avocat et militant du parti communiste algérien
favorable dès 1955 à la cause
de l’indépendance algérienne

Paul Bouaziz, né à Oran en 1926, qui avait été, jeune membre du parti communiste algérien, favorable dès 1955 à la lutte d’indépendance nationale de l’Algérie, est décédé à Paris le 20 novembre 2021. Plusieurs articles de la presse algérienne lui rendent hommage. Ci-dessous celui publié dans Le Quotidien d’Oran du 29 novembre 2021, qui a été repris le 2 décembre par Le Soir d’Algérie. Le quotidien arabophone Elkhabar lui a consacré sur son site un article très lu, signé Djaafar Bensalah, et un autre dans son édition papier du 30 novembre, plus bref qui rend aussi hommage à son épouse, Simone, née Benamara. Des hommages sont parus également sur d’autres sites en Algérie comme celui d’Alger Républicain et sur les réseaux sociaux. Nous reproduisons aussi la notice que lui a consacré l’historien René Gallissot dans le Dictionnaire Algérie du Maitron.

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Immigrations

« Un rêve, deux rives »
par Nadia Henni-Moulaï

Dans son nouveau livre, Un rêve, deux rives, la journaliste et écrivaine Nadia Henni-Moulaï revient sur la trajectoire de son père, engagé dans les groupes de choc de la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’indépendance algérienne, mais qui lui a peu parlé de cette époque de sa vie. Elle a dû mener ses propres recherches pour essayer de la reconstituer. Elle évoque aussi dans ce roman ce que fut sa propre enfance dans une cité française. Comme l’écrit l’autrice de ce récit aux évidentes qualités littéraires, « ce roman d’un homme de main du FLN, Algérien libre, violent, ouvrier ordinaire, père torturé et époux coriace, charrie toute la complexité de l’Histoire ».

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