Algérie-France, les leçons d’un malaise, par Florence Beaugé
Algériens et Français n’apprécient pas le passé commun de la même façon. Un bilan des nombreux contentieux par Florence Beaugé.
[Un article du Monde publié le 15 avril 2006.]
Algériens et Français n’apprécient pas le passé commun de la même façon. Un bilan des nombreux contentieux par Florence Beaugé.
[Un article du Monde publié le 15 avril 2006.]
L’autoamnistie a déjà été tentée ailleurs, et partout elle a connu l’échec. Car nul ne peut disposer du pouvoir d’effacer l’histoire. Il ne peut y avoir de paix et de réconciliation sans vérité ni justice. Le peuple algérien connaît son histoire et aucune manœuvre ne peut effacer des crimes imprescriptibles. Vouloir lui imposer le silence par la menace est strictement illusoire.

Bref télescopage mnémonique : le cycle des débats d’El Watan a démarré jeudi 2 mars 2006 à Alger.
Voici les comptes-rendus parus dans El Watan du 4 mars 2006.
[Paris, le 1er mars 2006] Un décret présidentiel assurera en Algérie, l’impunité aux responsables de crimes au regard du droit international et d’atteintes graves aux droits humains. En outre, comme le déclarent quatre organisations de défense des droits de l’Homme aujourd’hui, tout débat sur cette question sera désormais impossible, la discussion publique sur le conflit qui a déchiré le pays pendant plus d’une décennie étant explicitement criminalisée dans ce texte .
Les organisations signataires sont Amnesty International (AI), Human Rights Watch (HRW), le Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ) et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).
Les musulmans d’Algérie étaient français – formellement. Pratiquement, ils étaient soumis au code de l’Indigénat et avaient une nationalité dégradée, dénaturée. Pour devenir pleinement français, ils devaient d’ailleurs en passer par une naturalisation : entre 1865 et 1962, seuls 7 000 d’entre eux sont devenus ainsi français ! Et pourtant on leur tenait le discours sur la République, l’égalité et la fraternité.
Jamais ailleurs qu’en Algérie la distance n’a été aussi grande entre les mots du discours républicain et sa pratique 1.
[Première mise en ligne, le 6 mars 2005,
dernière mise à jour le 13 février 2006 2.]
Si nous voulons empêcher le retour de cette honte, il faut la regarder en face. Il ne faut pas que les fils retrouvent un jour l’horreur sur leur chemin parce que leurs pères auront menti.
ALGER [Reuters – mercredi 28 décembre 2005] – L’Algérie a demandé à la France de présenter ses excuses pour les crimes commis pendant la période coloniale, afin de favoriser l’amélioration
L’historien Mohammed Harbi est auteur, avec Benjamin Stora, de La Guerre d’Algérie, 1954-2004, la fin de l’amnésie, Robert Laffont, Paris, 2004.
Article publié dans Le Monde diplomatique de novembre 2005.

Dans un ouvrage intitulé « Algérienne » et publié en mars 2001, Louisette Ighilahriz explique avoir été torturée en 1957 pendant trois mois en Algérie « par le capitaine Graziani, qui agissait sous les ordres du général Massu et du colonel Bigeard« .
Lors d’une émission télévisée consacrée à la guerre d’Algérie, en mars 2002, le général Schmitt avait déclaré que ce livre était « un tissu d’affabulations et de contrevérités« .
Condamné pour ces propos, le 10 octobre 2003, à un euro symbolique de dommages-intérêts, le général avait fait appel. Le débat a repris le 8 septembre 2005 devant la cour d’appel de Paris.
Le général Schmitt a été relaxé en appel.
Selon cet article de Florence Beaugé, paru dansLe Monde daté du 26 novembre 2005, la signature d’un traité d’amitié franco-algérien, comparable au traité franco-allemand de l’Elysée (1963), est très peu probable.
par Abdelkrim Ghezali, La Tribune, mardi 1er Novembre 2005.
Cet article fait partie d’un dossier publié par le quotidien algérien à l’occasion du 51-ème anniversaire du 1er novembe 1954.

Mehdi Ben Barka était le leader de l’opposition marocaine au début du règne d’Hassan II. Condamné à mort par contumace par la justice marocaine, c’était un responsable important de l’Union nationale des forces populaires du Maroc.3