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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Maghreb

Jules Roy
1881-1944

Jules Roy : je suis né le 22 octobre 1907, à 30 kilomètres au sud d’Alger

Jules Roy (Rovigo 1907 – Vézelay 2000) fut officier dans l’infanterie puis dans l’aviation. Il participa au sein des Forces françaises libres à la Seconde Guerre mondiale. En juin 1953, il rompt avec l’armée, dont il désapprouve les méthodes.

Il se tourne alors vers la littérature. Dans ses oeuvres, il dénonce la brutalité de la colonisation de l’Algérie, et les atrocités de la guerre d’indépendance.

Il écrivit, le 25 janvier 1962: «La cause que je sers? Celle d’une humanité qui ne veut pas enlever le soleil, la patrie et le pain à ceux qui y ont droit. Petit-fils de colons, j’ai entendu, pendant la dernière guerre mondiale, sonner le glas du colonialisme et je dis que cela est juste. Fils d’une paysanne et d’un gendarme, je veux que mon armée soit le sel de la nation.»

En septembre 1960, après un séjour d’un mois dans son pays natal, il publie «La guerre d’Algérie» (éd. Julliard). Ci-dessous les larges extraits repris dans L’Express du 29 septembre 1960.

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Monseigneur Duval et Albert Camus, deux hommes dans la tourmente

Les événements tragiques qui ont accompagné le déclenchement de la guerre algérienne de Libération ont mis Monseigneur Duval et l’écrivain Albert Camus devant un choix qu’ils ne pouvaient faire.

A l’occasion du dixième anniversaire de la mort du cardinal Léon-Etienne Duval, El Watan publie un dossier de A. Benchabane qui lui est consacré 1.

[Mise en ligne, le 15 mai 2006,

mise à jour, le 14 janvier 2007]
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Retours sur la “bataille d’Alger”

Jusqu’en août 1956, Alger avait été relativement épargné par la guerre. Mais l’exécution de plusieurs prisonniers partisans du FLN, ainsi qu’un attentat terroriste meurtrier, accompli par un groupe « Algérie française », rue de Thèbes, dans la casbah, incitent le FLN à riposter. Devant la multiplication des attentats, Robert Lacoste, le ministre-résidant, décide en janvier 1957 de confier au général Massu la tâche de rétablir l’ordre à Alger …

Historien de la guerre d’Algérie, Mohamed Harbi revient ci-dessous sur les événements de 19572. Puis, vous pourrez constater que le cinquantième anniversaire du début de ce que les Français désignent par la “bataille d’Alger” est passé inaperçu en Algérie.

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Mouloud Feraoun.
Chateau-Royal, mars 1962

“Mouloud Feraoun, un écrivain dans la guerre d’Algérie”, par Sylvie Thénault

Comment, au coeur de la guerre d’Algérie, concilier l’identité kabyle, la culture française et l’aspiration à l’indépendance ? A travers le cas de l’écrivain Mouloud Feraoun, assassiné par l’OAS quelques jours avant le cessez-le-feu, c’est aussi la question des violences d’aujourd’hui qui nous est ici posée.

Sylvie Thénault nous a permis de reprendre cet article publié en 1999 dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire4.

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Jean Müller, un chrétien contre la guerre d’Algérie

En avril 1956, le gouvernement Guy Mollet décide le rappel de plusieurs contingents qui seront envoyés en Algérie. Parmi les rappelés, Jean Müller, âgé de 25 ans, est membre de l’équipe nationale La Route des Scouts de France. Ses convictions chrétiennes l’incitent à refuser la guerre, mais il décide de ne pas se dérober afin de “témoigner”.

Il ne reviendra pas en France, car il trouve la mort, le 27 octobre 1956, au cours d’une embuscade. Mais, en février 1957, un cahier « De la pacification à la répression, le dossier Jean Müller », constitué à partir des lettres qu’il avait adressées à ses proches, est publié par les Cahiers de Témoignage chrétien.

Le gouvernement porte plainte pour diffamation contre Témoignage chrétien5, saisit des journaux qui reprennent des extraits du dossier… Mais les autorités ne pourront empêcher le retentissement considérable de cette publication.

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Les méthodes du colonel Argoud

Brillant officier, le colonel Antoine Argoud mit en pratique des méthodes particulièrement expéditives au cours de la guerre d’Algérie.

Farouche opposant à l’indépendance de l’Algérie et à la politique du général de Gaulle, il fut l’un des tout derniers dirigeants de l’OAS.

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« L’Algérie des origines. De la préhistoire à l’avènement de l’Islam», de Gilbert Meynier

Le premier tome d’une histoire générale de l’Algérie par Gilbert Meynier est annoncé pour début janvier 20076.

Il ne s’agira pas d’un ouvrage de recherche, mais d’une tentative pour diffuser le point des connaissances historiques dans un large public.
Dans le second volume, Gilbert Meynier traitera de la période « classique » (royaumes berbères, empires maghrébins, période ottomane), et le troisième concernera l’Algérie contemporaine (de la période coloniale à l’Algérie indépendante).

Vous trouverez ci-dessous l’avant propos de «L’Algérie des origines», ainsi qu’un aperçu de la table des matières.

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Salah Ould Aoudia, assassiné le 15 mars 1962.
Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

il y a eu 3197 disparus sous Pinochet… combien sous Massu ?

Ce que fut la répression à Santiago du Chili nous renvoie à celle d’Alger.

L’occasion de (re)lire «Pourquoi l’Algérie ?», contribution de Jean-Philippe Ould Aoudia à l’ouvrage de Michel Reynaud (dir.) Elles et Eux et l’Algérie, publié aux éditions Tiresias en 2004.
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L'Echo d'Alger des 21-22 août 1955.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

Août 1955 : répression dans le Constantinois

Les journées d’émeute des 20 et 21 août 1955 dans le Constantinois constituent à bien des égards une répétition des troubles de mai 1945.

Les émeutes paraissent avoir éclaté à l’initiative de Zighoud Youssef, responsable du Nord-Constantinois dans le but de montrer la force du FLN et de contrecarrer les avances faites par Soustelle à des Algériens modérés. Dans la zone Collo-Phillipeville-Constantine-Guelma, d’une part quelques centaines de soldats de l’ALN s’attaquent sans grand succès à des gendarmeries et des postes de police, d’autre part plusieurs milliers de paysans mal armés se lancent à l’assaut d’une trentaine de villes et villages, assassinent à coup de haches et de pioches. Il y aura 123 morts dont 71 européens.

L’armée riposte avec promptitude. Comme en 1945, des milices privées sont constituées, à l’appel du maire de Philippeville Benquet-Crevaux, dont les harangues passionnées constituent autant d’appels au meurtre. Le bilan officiel de la répression s’établit à 1 273 morts. Nul doute qu’il est bien plus élevé et que le nombre de victimes se situe aux alentours de 12 000. Ce drame convertit Soustelle au tout-répressif, il laisse carte blanche à l’armée. Honni à son arrivée, il sera adulé par les colons. Les élus algériens modérés se rallieront au FLN.

Le témoignage du capitaine Edmond Valéry sur la répression de ces émeutes, et sur le fonctionnement de la justice militaire en octobre 1955, a été publié dans L’Humanité, le 4 janvier 2001.

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Les Européens d'Algérie et leur exode

1962 : l’exode des pieds-noirs

Au cours de la seule année 1962, plusieurs centaines de milliers de pieds-noirs ont fui l’Algérie, pour venir se réfugier en France. Désemparés, hébétés, ils ont quitté leur pays.

Au cours des années précédentes, combien d’entre eux avaient imaginé qu’ils seraient un jour amenés à abandonner ainsi une terre qu’ils avaient toujours considérée comme la leur ? L’Algérie était leur pays8. Ils y vivaient – en dehors de l’Histoire.

De ce monde, les Arabes étaient exclus, à moins d’être domestiques, les fatmas, ou, au travail, les dockers, les ouvriers agricoles … – ils s’appelaient tous Mohamed. Ce qui n’empêchait pas les gosses arabes et les petits européens de jouer ensemble, d’aller à la même école. Mais ni les mariages mixtes, ni la promotion politique ne sont, ne sauraient être envisagées. “ Si l’un d’entre eux entre au conseil municipal, je tire mon Mauser de la guerre de 14 ”, disait un garagiste.»

Seule une minorité de pieds-noirs avaient envisagé que le pouvoir puisse un jour passer aux Arabes. Marc Ferro, évoquant la signature des accords d’Évian, écrit : « la foudre s’était abattue, alors que le ciel était tout bleu.» 9

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